UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL

 

 


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 MEMORANDUM DE L ‘ UNION POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES SOCIAL,UDPS, A L’ATTENTION PARTICULIERE DE MONSIEUR LE SECRETAIRE GENERAL DE L’O.N.U.

 

 Aux bons soins de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies en mission en RDC

 

LA PROBLEMATIQUE DE LA TRANSITION DEMOCRATIQUE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO « RDC »

 

1.     Les acteurs politiques et sociaux de la République Démocratique du Congo ont négocié et signé en 2003 en Afrique du sud, un accord politique dit Accord Global et Inclusif « AGI » pour la gestion de la transition politique en RDC.

Cinq objectifs majeurs et incontournables étaient assignés à cette transition en tant que balises du chemin devant conduire aux élections, libres, démocratiques et donc crédibles afin de mettre fin à la crise profonde et multiforme qui secoue la RDC depuis des décennies.  

2.     Tout au long de ladite période initialement prévue pour 24 mois, allant du 30 juin 2003 au 30 juin 2005, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, l’UDPS, ainsi que les forces vives du pays notamment les confessions religieuses n’ont cessé de tirer  la sonnette d’alarme sur la manière déficitaire et chaotique dont le processus de transition était conduit.

 

3.     Aujourd’hui, 29 mois depuis le début de ce processus, tous les observateurs congolais ou étrangers s’accordent sur son échec dû aux problèmes de mauvaise gouvernance généralisée, elle-même engendrée par un manque de leadership responsable susceptible d’impulser des orientations nécessaires au processus et particulièrement dans les aspects politiques, juridiques, financiers et sécuritaires.

En outre, le processus électoral en cours, que certains qualifient d’irréversible n’est malheureusement pas crédible car imposé de l’extérieur au mépris de la volonté du Peuple congolais.

De plus , l’incompétence de la Commission Electorale Indépendante, CEI, est à la base de la décrédibilisation du travail engagé se caractérisant par :

 

§        La mauvaise évaluation des tâches à réaliser se traduisant par des surprises et des improvisations  sur terrain ;

§        L’absence d’un chronogramme mettant en exergue le chemin critique des opérations, permettant les rectifications nécessaires au moment opportun ;

§        Le manque d’indépendance véritable se traduisant par des interférences des tenants du pouvoir politique dans les activités et la gestion de la CEI ;

§        La mauvaise utilisation des fonds mis à sa disposition entraînant des mouvements sociaux du personnel commis aux opérations et leur prise en charge par des candidats potentiels des partis politiques des gouvernants à l’occasion de leur enrôlements dans leur fief.

§        L’absence du recensement, ne fut-ce que administratif de la population, pour disposer des données préélectorales et électorales fiables.

 

Au regard de tout ce qui précède, les forces politiques et sociales les plus représentatives ne sont pas partie prenante à un tel processus, ce qui l’expose d’ores et déjà à des contestations post électorales.  .

 

4.     C’est pour cette raison vitale pour l’avenir de la RDC que l’UDPS vous demande ce jour, face à l’incompréhension affichée par certains partenaires extérieurs qui pourtant nous accompagnent officiellement pour mener à bon port ce processus, de donner la chance à la RDC par la tenue d’un dialogue entre les forces politiques et sociales significatives en vue d’un nouveau consensus politique national destiné à baliser, dans la sérénité, le chemin qui reste avant l’achèvement de la période de la transition.

 

5.     Ce dialogue, d’une durée maximale de 4 semaines (1 mois), aura pour tâches :

 

v    Evaluer le niveau d’exécution des 5 objectifs assignés à la transition en tant que balises du chemin devant nous mener aux élections ;

v    Fixer pour chacun de ces objectifs la durée restante requise pour sa bonne finalisation ;

v    Elaborer l’architecture institutionnelle susceptible de mener sans encombre les tâches ainsi relevées ;

v    Designer de manière inclusive les acteurs politiques et sociaux aptes à animer cette architecture institutionnelle pour l’achèvement apaisé de la transition.

 

7.  Le nouveau consensus national, inclusif des forces politiques et sociales significatives, qui sortira de ce dialogue, se penchera utilement sur des questions particulières, ci-après, intimement liées à la réussite de la transition, questions pour lesquelles, l’UDPS vous propose en annexe des pistes de solutions.

Ces questions sont :

 

I.                   le réajustement politique de la transition,

II.                le consensus sur les principales options de la constitution de la 3ème République,

III.             la requalification du processus électoral et

IV.            le respect des droits de l’homme.

   

Fait à Kinshasa, le 5 Novembre 2005

ETIENNE TSHISEKEDI wa MULUMBA

 PRESIDENT NATIONAL

 

 

                ANNEXE II  

DU REAJUSTEMENT POLITIQUE 

A.   Constat

 

Il est de notoriété publique  que, par rapport aux objectifs  assignés à la transition et dont le couronnement logique était l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes dans un délai de 24 mois, les institutions issues de l’Accord Global et Inclusif (AGI) ont échoué.

 Les principales causes de cet échec sont :

1.     le caractère non fonctionnel de la formule 1+4 matérialisée par 1 Président de la République et  4 Vice-présidents, inamovibles et tous issus des rangs des anciens belligérants ;

2.     le manque de volonté politique dans  le chef des animateurs de la transition qui ont sciemment  perdu  le temps dans la balade et les querelles de clochers ;

3.     l’amateurisme et  l’absence  du leadership responsable, capable de donner l’impulsion  à  la marche des affaires de l’Etat ;

4.     la rupture  du consensus né de l’AGI suite à l’exclusion, de la gestion de la transition, des forces politiques et sociales les plus représentatives de notre pays ;

5.     l’inversion des priorités, notamment sur le plan de la sécurité et de la défense en faveur du partage du pouvoir pour se remplir les poches ;

6.     la logique de la prolongation automatique pour se maintenir au pouvoir ;

La population congolaise s’est maintes fois exprimée pour rejeter la formule 1+4 et pour refuser la prolongation automatique de la période de transition telle que décidée en Afrique du sud. Des manifestations publiques, spontanées, ont eu lieu le 2, 3, 4 juin 2004 à Kinshasa ; les journées du 10 et 14 janvier 2005 au cours desquelles le pouvoir en place a assassiné 7 personnes ; le 30 juin et le 9 juillet 2005 à Kinshasa ainsi que dans d’autres provinces du pays.

Par ailleurs, ce rejet se matérialise également par des attaques ciblées des symboles de la Commission Electorale Indépendante, CEI, à travers tout le pays.

Enfin, la grogne sociale atteint toutes les couches socioprofessionnelles du pays si bien que la crise de confiance entre les dirigeants actuels et la population ne fait plus l’ombre d’aucun doute.

 

B.   Proposition

 

Afin  d’une part, d’assurer l’organisation et la tenue des élections dans un environnement sociopolitique  apaisé et d’autre part, d’éviter un

atterrissage forcé à la transition et  de donner  le crédit  et la légitimité nécessaires aux résultats qui sortiront des urnes avec la participation de tout le monde, l’UDPS propose la tenue d’un dialogue  entre les forces politiques et sociales significatives qui débouchera sur un nouveau consensus national.

Ce nouveau  consensus national qui en sortira, aura l’avantage :

Ø     d’être représentatif des principales forces politiques et sociales du pays ;

Ø     de sceller la réconciliation nationale à travers la participation de tout le monde à la gestion de la transition ;

Ø     d’imposer la bonne gouvernance et d’assurer la répartition équitable  du revenu national entre toutes les couches sociales ;

Ø     de disposer de la volonté politique susceptible  d’accélérer l’organisation,  dans un délai raisonnable, des élections libres , démocratiques et transparentes.

   

ANNEXE II

 

DU CONSENSUS SUR LES PRINCIPALES OPTIONS CONSTITUTIONNELLES

DE LA  3ème RÉPUBLIQUE

 

A.   Constat

 

Pour la majorité du peuple congolais, le projet de constitution que l’on veut imposer  à  la sanction populaire n’a pas tenu compte des réalités de notre pays mais aussi n’a pas tiré les leçons  du passé.

 

Ses rédacteurs ont superbement  ignoré qu’en  1964, par referendum populaire, libre, démocratique et transparent, le peuple s’était sans équivoque exprimé en cette matière.

 

Plus tard, à l’occasion  de la Conférence Nationale Souveraine, non seulement les options de 1964 ont été réaffirmées, mais  plus est, le projet de constitution élaboré par ce forum, était extirpé de toute ambiguïté susceptible de favoriser les conflits de compétences entre les institutions.

 

Malheureusement  l’examen  sommaire  dudit  projet  permet  de relever, sans peine, les germes de la répétition de ce genre de conflits, notamment au sein du pouvoir exécutif.

 

B. Proposition

 

L’UDPS propose un consensus sur les principales options du projet de  constitution de la 3ème République  avant  de le soumettre au referendum.

 

 

                                                                  ANNEXE III

 

DE LA  REQUALIFICATION DU PROCESSUS ELECTORAL

        

La requalification du processus électoral en cours  en RD Congo doit viser  les axes ci-après : la création d’un nouveau pouvoir organisateur neutre, pouvant même relever des Nations Unies,  la correction de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs par une action jumelée de nettoyage des listes par un serveur central avant leur affichage obligatoire d’une part, et d’autre part, la consolidation des listes définitives par un recensement administratif de la population.

 

3.1. Le nouveau pouvoir organisateur

 

A.   Constat

 

La Commission électorale indépendante s’étant  disqualifiée, pour s’être transformée en caisse de résonance du pouvoir en place, s’est avérée incapable de sécuriser tout le monde, comme cela transparaît, tout au long de ses deux années de  fonctionnement à travers entre autres les faits suivants :

 

1. la politisation à outrance de par sa composition entièrement  dominée

    par les Ex             belligérants  et alliés ;

2. sa partialité affichée, notamment lors  du lancement  de l’opération

    d’identification et d’enrôlement des électeurs , à 10 jours de la fin de la

    transition  sans le recensement préalable prévu par l’AGI et en

    l’absence de la loi électorale, dans l’unique but de sauver  le pouvoir en

    place  auquel il est inféodé ;

3. le maquillage des chiffres d’enrôlés partant des estimations fantaisistes;

4.     la répartition discriminatoire des centres d’inscription qui a abouti à l’exclusion de nombreuses parties du territoire national;

5.     son implication  dans de nombreux cas de la fraude préélectorale massive et du bradage  de la nationalité congolaise ;

6.     son affairisme dans  la passation des marchés ;

7.     son amateurisme en matière électorale.

   

B.   Proposition

 

En vue  de garantir la neutralité, l’indépendance et l’impartialité  que l’on est en droit  d’attendre  d’un pouvoir organisateur  neutre  et de renforcer ses capacités institutionnelles, l’UDPS propose :

 

1.     l’extension du mandat de la MONUC en l’impliquant dans

     l’organisation et la supervision  des élections aux côtés des forces

   sociales congolaises;

2. l’élaboration concertée  entre la classe politique et la MONUC, d’un

   calendrier électoral réaliste.

 

3.3. Les Kits électoraux

 

A. Constat

 

Les faiblesses du  matériel proposé par la  société belge ZETES PAS et que l’UDPS avait  dénoncées  en son temps, se sont  confirmées chaque jour lors de l’opération d’identification et d’enrôlement  des électeurs et ce, dans  tout le pays. Il s’agit notamment :

 

1. de l’insuffisance des  kits électoraux délivrés à compte goûte, en

    violation des dispositions du marché conclu à cet effet à cause de la

    faiblesse de la couverture financière de cette entreprise  au bord de la

    faillite en Belgique ;

2. du manque quasi total d’autonomie desdits kits ;

3. des pannes fréquentes  et quasi chroniques des générateurs ;

4. de la faiblesse du système mis en place incapable de déceler des

   enregistrements individuels multiples.

 

B. Proposition

 

l’UDPS  fait les propositions ci-après :

 

1.     l’accès des représentants des partis politiques à l’unité de traitement au niveau central ;

2.     la vérification par une équipe d’experts neutres, des programmes et du logiciel utilisés dans le matériel mis en oeuvre ;

3.     la couverture nationale du processus d’enrôlement incluant les centres extra coutumiers car le corps électoral national ne peut  être en dessous de 30.000.000 pour une population estimée à 60.000.000 d’âmes.

 

3.4. Le recensement  et l’identification des électeurs.

 

A. Constat

 

N’ayant pas  procédé  préalablement au recensement, conformément aux  textes légaux en la matière, toutes les estimations avancées par la CEI demeurent fantaisistes et donc sujettes à discussion. Par ailleurs, la légèreté avec laquelle l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs balaye et viole les dispositions pertinentes de la loi sur la nationalité congolaise ne peut qu’inquiéter. Enfin, le refus de recenser la population congolaise permet le bradage de la nationalité congolaise, l’enrôlement des mineurs, des hommes en uniforme, bref, la programmation de la tricherie préélectorale  et électorale à grande échelle.

 

B.   Proposition

 

Devant les difficultés reconnues de  procéder  au recensement scientifique face à la nécessité de dénombrer la population afin de permettre  de déterminer objectivement les sièges à pouvoir par circonscription électorale en fonction de leurs poids  démographiques respectifs réels d’une part, et d’autre part,  de mettre fin au bradage de la nationalité congolaise et de minimiser la fraude, l’UDPS propose :

 

1.     le recensement administratif amélioré partant des données existantes à savoir les fichiers démographiques des confessions religieuses, les chiffres des 4 éditions des journées nationales des vaccinations, les fichiers  démographiques des officiers de l’état civil attitrés : les chefs d’avenues, des rues et des quartiers, en villes, les chefs coutumiers, c ‘est à dire, les chefs des secteurs ou des chefferies, les chefs des villages et des groupements ,dans les milieux ruraux ;

2.     le recours aux statistiques de l’Institut National de la Statistique et aux données du recensement administratif disponibles datant de 2002 ;

3.     le recours au Haut –Commissariat aux réfugiés pour recueillir les informations sur  les réfugiés congolais qui rentrent au pays et sur les réfugiés  étrangers vivant au Congo et qui doivent être cantonnés pendant les  opérations préélectorales et électorales ;

4.     la limitation de la carte d’électeur à des fins électorales et non pas  en faire une carte d’identité, même à titre provisoire ;

5.     le droit légitime des congolais vivant à l’étranger, de remplir  leur devoir civique dans  leurs  pays d’accueil respectifs.

  

3.5. La sécurisation électorale.

 

A. Constat

 

En dépit de la fin officielle  de la guerre consacrée par l’Accord  de cessez-le-feu de Lusaka et l’Accord Global et Inclusif de Sun City, le peuple congolais, et plus particulièrement nos compatriotes de l’ITURI  dans la province  Orientale, du Nord et du Sud Kivu ainsi que du Katanga, continuent à tomber sous  les balles des bandes armées issues des anciens belligérants et des  forces négatives d’origine étrangère.

 

Il s’avère donc que la situation  sécuritaire en RD Congo est préoccupante  et porte une entrave à la bonne marche du processus à cause entre autres :

1.           de la survivance des  factions des Ex-belligérants et de leurs alliés    et donc l’absence d’une armée républicaine intégrée et restructurée ;

2.           de la survivance des foyers de tension entretenus par des rebelles étrangers (FDLR, LRA…), opérant en RDC avec l’appui  de certains dirigeants congolais reconnus par les Nations Unies coupables de trafic d’armes dans la sous région des grands lacs ;

3.          de la divagation des bandes armées sous  le couvert  des milices  et autres Maï-Maï, en Ituri, au Kivu et au Katanga.

4.           l’échec de l’embargo sur les armes à destination de la RDC

 

Dans cet environnement, les partis politiques de l’opposition démocratique  ne savent pas opérer librement sur toute l’étendue de la RD Congo et ne sauront pas, le moment venu, battre campagne  en toute liberté et en toute sécurité.

 

Il est donc à craindre qu’on assiste aux hold-up électoraux dans  les circonscriptions électorales jugées favorables à l’opposition  à l’instar de ce qui s’est passé dernièrement au Togo.

 

Cette crainte est d’autant fondée que plusieurs bataillons de la garde du chef de l’Etat (GSSP) qui échappent au contrôle de l’Etat-Major Général des Forces Armées de la RDC, FARDC, ont été déployés dans toutes les provinces du pays où ils sèment la mort, la terreur et la désolation, alors qu’ils sont censés être basés à Kinshasa.

 

B. Proposition

 

En vue d’une part, d’assurer la sécurisation électorale et de permettre ainsi  à tous les partis politiques de  se déployer  et de concourir sans être inquiétés et  à la population de remplir  partout son devoir civique, et d’autre part, de garantir la sécurité des leaders politiques de l’opposition non armée, l’UDPS propose :

 

1.     l’accélération du brassage des factions des Ex-belligérants  y compris les bataillons de la garde présidentielle, en  vue de la formation d’une armée nationale, restructurée et  intégrée ;

2.     l’incorporation des ex-Faz dans le processus du brassage de l’armée car leur expérience et leur formation doivent profiter à la nouvelle armée en restructuration ;

3.     le désarmement,  la démobilisation  et la réinsertion  des milices et autres éléments des FARDC , ne répondant pas aux critères et en  fonction de la taille  de cette armée qui doit être préalablement déterminée ;

4.     l’organisation, la formation et le déploiement de la police électorale qui doit  dépendre de la MONUC et non  du Ministère de l’intérieur.

5.     la restructuration des services de sécurité afin qu’ils deviennent républicains, neutres, apolitiques au service de la nation ;

6.     le cantonnement et le désarmement des soldats non brassés lors des opérations préélectorales, électorales, et post-électorales.

  

 

ANNEXE IV

 

DU RESPECT DES DROITS DE L’HOMME

 

A.  Constat

 

En RD Congo, tous les indicateurs de la situation des droits  humains sont

au rouge.

         Le pouvoir 1+4 en place, issu des belligérants d’hier ne peut que torpiller ou fortement limiter la jouissance des droits et libertés fondamentaux.

 

Les médias publics de l’Etat qui ont l’avantage de couvrir l’ensemble du territoire national, notamment la radio et la télévision nationales, sont confisqués par une seule famille politique, en l’occurrence, le PPRD de Joseph KABILA.

 

Au moment où l’on doit se préparer pour aller aux élections, la marge  de manœuvre des partis politiques d’opposition  et plus particulièrement celle  de l’UDPS est systématiquement verrouillée.

 

Malgré son assise nationale incontestable, l’UDPS est réduite à   fonctionner à peine à Kinshasa et dans les chefs-lieux des provinces.

 

A titre d’exemple, lors de l’ouverture de la session ordinaire du Comité National (Parlement de l’UDPS), en avril 2005, l’UDPS n’a pas été autorisée  à se réunir dans les édifices publics sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa. L’injonction a même été faite aux privés de ne pas l’accueillir, jusqu’ à ce qu’elle a dû ériger un hangar de fortune au sein de sa permanence pour finalement tenir sa session,  six mois après.

 

Partout à l’intérieur du pays : dans les districts, territoires, cités, collectivités…,la territoriale politisée et inféodée au pouvoir s’emploie par toute sorte de prétextes, à empêcher les activités du parti.

Les membres et cadres  des partis politiques d’opposition, singulièrement ceux de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, sont tués, battus, molestés, incarcérés des mois et des mois sans jugement ou condamnés à cause de leurs opinions politiques. C’est le cas du responsable de l’UDPS pour la Province Orientale, monsieur RAMAZANI qui est emprisonné depuis 7 mois à Kisangani ; c’est aussi le cas des combattants de l’UDPS emprisonnés à la prison centrale de Kinshasa dont les noms sont :

1.     Simon KIONGA

2.     Guy Guy NZENGELE

3.     MONDA

4.     Trésor ESWABO

5.     TOTO

6.     Fils MUKAMBALA

L’UDPS est d’autant plus inquiète que  malgré les assurances reçues  de la MONUC, celle-ci n’a pas réussi à obtenir comme promis, la libération de ses membres arrêtés à Kinshasa au moment où d’autres arrestations nous sont signalées à travers le pays.

                                                      

Par ailleurs, malgré l’intervention ponctuelle de la MONUC dont le mandat et la capacité opérationnelle sont, du reste limités,   les congolais continuent d’être victimes des massacres, des viols, des spoliations et des  destructions de leurs biens  sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo et plus particulièrement à l’Est du pays.

Au fur et  à mesure que l’on s’approche de la fin annoncée de la transition, l’insécurité juridique croît sur  l’ensemble du territoire national. Celle-ci est non seulement caractérisée par   la violation  massive des droits de l’homme mais aussi et surtout par l’impunité des auteurs des crimes et délits.

 

Ainsi, pour ne citer qu’un cas récent, on a assisté au cours de ce mois d’octobre 2005, à l’appel à la haine tribale, au meurtre et au cannibalisme lancé par un parti politique au KATANGA, sur les ondes de la radio et de la télévision sans que ses dirigeants qui siègent  aussi bien dans les institutions  nationales que provinciales et locales  en soient autrement inquiétés.

 

B. Proposition

 

L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social :

1.     prie instamment le Conseil de Sécurité par le truchement de Monsieur le Secrétaire  Général de L’ONU de bien vouloir inviter le gouvernement de fait  en place à libérer, sans conditions, toutes ces personnes ;

2.     demande à l’organisation  planétaire d’ordonner de toute urgence, l’ouverture d’une enquête approfondie et la poursuite judiciaire, contre  les auteurs  des massacres  odieux dont les charniers viennent d’être découverts au Nord Kivu et de tous les autres massacres, crimes de guerre et crimes contre l’humanité  perpétrés  à travers les pays par les Ex belligérants ;

3.     exige la dépolitisation de l’administration publique, plus particulièrement la territoriale, ainsi que la libéralisation  des médias publics.

 

CONCLUSION

 

En guise de conclusion, la communauté internationale est appelée à tenir compte des erreurs et des faiblesses qui ont jalonné et fait déraper le processus en cours, pour  encourager et soutenir sa requalification, seule voie de sortie de la crise.

 

L’obstination constatée aujourd’hui, à organiser à la vaille que vaille et par défi, un simulacre d’élection au seul motif du temps et de l’argent déjà dépensés, nous paraît être une erreur grave d’appréciation aux conséquences inimaginables.

 

Par conséquent, l’UDPS, demande,  à l’Organisation des Nations Unies, de regarder la réalité  en face et de s’inspirer de sa longue expérience en la matière à travers le monde, plus particulièrement au Mozambique, au Nicaragua, en Namibie, en Haïti, en Afghanistan, et plus récemment en Cote d’Ivoire, pour revisiter les termes actuels de son mandat en RD Congo. C’est de cette manière que toutes les parties impliquées dans ce processus profiteront utilement du temps et rentabiliseront les sacrifices consentis jusque-là par la communauté internationale.

 

Au demeurant, l’UDPS pense que l’accord de Sun City dont les faiblesses nous ont  précipité  dans l’impasse actuelle et le mandat subséquent de l’ONU qui en est résulté ne doivent sous aucun prétexte, ni celui du temps, ni celui  de l’engagement financier de la communauté  internationale déjà consenti, être considérés comme immuables, au risque de condamner tout un peuple à rater son rendez-vous avec l’histoire par un scrutin mal organisé et dont les résultats contestables risquent de plonger le pays dans une autre crise beaucoup plus grave.  

 

Fait à Kinshasa, le 5 Novembre 2005

ETIENNE TSHISEKEDI wa MULUMBA

PRÉSIDENT NATIONAL

 


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