![]() |
|
|
[Page principale] [Home page] COMMUNIQUE DE PRESSE
Réf.: UDPS/PN/EXT/023/00 En ma qualité de Président National de l'UDPS, Chef de file de l'Opposition démocratique congolaise, Premier Ministre démocratiquement élu à la Conférence Nationale Souveraine et Porte- parole légitime de mon Peuple, je tiens à exprimer mon grand étonnement par rapport au Sommet des Chefs d'Etat de certains pays de l'Afrique centrale tenu à Kinshasa ce 27/10/2000. En effet, au moment où mon Peuple et toute la Communauté internationale attendaient la réunion d'évaluation consécutive à la rencontre organisée à Maputo pour faire progresser le processus de paix de Lusaka, certains chefs d'Etat de l'Afrique centrale se sont permis de prendre une initiative parallèle visant à court-circuiter la réalisation de l'aspiration légitime et profonde de mon Peuple à la démocratie et à entraver d'énormes efforts déployés par toute la Communauté internationale pour l'instauration de la paix dans mon pays et dans toute la Région des Grands Lacs. En outre, ces Chefs d'Etat ont tenté de cautionner la légitimité par les armes de M. Kabila et donc de reconnaître en un président autoproclamé le Président légal et légitime de mon Pays, de lui octroyer un pouvoir légal d'avoir invité certains pays à venir sauver, par les armes, son pouvoir dictatorial et arbitraire et de conditionner la tenue du dialogue intercongolais au seul retrait, du Congo, des troupes des alliées des rébellions armées congolaises. Je rappelle que depuis la Conférence Nationale Souveraine (1991-1992), mon Peuple, à l'instar des autres peuples des pays libres, civilisés et démocratiques, a déjà arraché, au prix du sang, son droit inaliénable d'être le Souverain primaire, c'est-à-dire l'unique source et fondement de tout pouvoir politique au Congo, de sa légitimité, de son organisation et de son exercice. Le processus démocratique initié au Congo par la Conférence Nationale Souveraine est irréversible et nous nous opposerons, avec toute notre énergie, à tout individu ou fraction d'individus, congolais ou étrangers, qui viendraient tenter de faire revivre la barbarie et l'arbitraire d'antan d'une légitimité par les armes, la force et la violence. Il est donc clair que nous ne pouvons, en aucune façon, reconnaître M. Kabila, un président autoproclamé et dont la légitimité est celle des armes. M. Kabila n'est que l'une des composantes - aux côtés de l'Opposition démocratique non armée et des rébellions armées - des forces qui doivent, toutes, interagir positivement pour l'instauration de la paix et d'un Etat de droit démocratique au Congo. Toutes les troupes étrangères présentes au Congo, aussi bien celles alliées de M. Kabila que celles alliées des rébellions armées, ont un même statut, car aucune d'elles n'a été invitée par un pouvoir légal et légitime. La solution de la crise congolaise étant une priorité et un préalable à la solution de la crise globale qui sévit dans toute la Région des Grands Lacs, tout celui, congolais ou étranger, qui encourage M. Kabila à bloquer la solution de la crise congolaise porte une lourde responsabilité dans l'aggravation de la souffrance et de la misère de mon Peuple, l'exacerbation des haines et conflits intertribaux et interethniques, l'embrasement de toute la Région et la division au sein de l'OUA et de la SADC. Je lance donc un appel pressant à tous ces Chefs d'Etat afin qu'ils s'impliquent désormais positivement dans la dynamique globale déclenchée par mon Peuple et par toute la Communauté internationale pour obtenir, de tous les belligérants, l'application stricte de l'Accord de Lusaka. C'est là le service que les peuples meurtris de la Région des Grands Lacs ont en droit d'attendre de tous les peuples frères et amis, des Responsables politiques africains et des décideurs de la Communauté internationale. Ainsi fait à Bruxelles, le 5 novembre 2000.
Etienne Tshisekedi Wa Mulumba,
Adresses de contact (Représentation en Belgique et Luxembourg): [Page principale] [Home page] | |