UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL


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Message du président national de l'Udps, M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba au peuple Congolais

"Ensemble changeons et construisons le Congo sur la base et autour des principes nobles : la démocratie, la justice, la vérité, la paix, l'unité et la réconciliation nationales"

Hommages aux martyrs de la liberté

Au moment où nous nous apprêtons à retourner au Pays après une absence longue de près de deux années, nous tenons, au nom de notre Parti, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, et en notre nom propre, à rendre publiquement hommage à tous les combattants de la liberté tombés sur le champ d'honneur pour la conquête de la Démocratie, le respect des droits humains et des libertés fondamentales,et l'instauration d'un Etat de droit.

La dernière victime connue est le combattant José Mukenge fauché le 15 Août 2003 à Kinshasa.

Leur sacrifice n'est pas vain. En effet, c'est grâce à leur courage, leur engagement, leur constance, persévérence et détermination allant jusqu'au sacrifice suprême que la République Démocratique du Congo avance petit à petit vers la Démocratie et l'Etat de droit. Ils sont de ceux qui n'attendent que la juste reconnaissance de leur mérite.

Le grand enseignement qu'ils nous lèguent est que la vie est un combat permanent. La liberté, la Démocratie, ne se donnent pas; elles se méritent et s'obtiennent grâce à un état d'esprit et à un degré de conscience élevé de la situation dans laquelle on se trouve.

Notons donc que les conditions d'oppression et de misère ne sont ni une fatalité, ni un destin de l'histoire.

L'UDPS et le sens de notre Lutte

L'UDPS, notre Parti politique, est créé depuis le 15 Février 1982. Il ambitionne d'arriver au pouvoir par des moyens pacifiques en vue de réaliser les aspirations profondes du Peuple Congolais, à savoir: - l'avènement d'un Congo où le citoyen en tant qu' être humain peut penser et parler, libéré de la peur, de la terreur et de la misère: - l'avènement d'une société humaine et fraternelle où les droits humains et les libertés fondamentales sont respectés pour ne pas contraindre le citoyen à la révolte armée comme ultime recours; - la libéralisation de l'espace public pour permettre le débat politique et social permanent à propos de l'intérêt général; bref, la participation effective de chaque citoyen au processus de démocratisation et de développement national.

A ce jour, la grande victoire du Peuple Congolais et de l'UDPS est l'arrêt de la guerre sur toute l'étendue du territoire national, le retour de la paix et de l'unité nationale, et la relance du processus de démocratisation sur base de nouveaux textes qui constituent un gage de la pratique démocratique pendant la période de transition.

Au moment où nous adressons ce message à notre Peuple, nous sommes sensibles et conscients de la profondeur de la misère qui frappe les Congolais dans leur âme et dans leur chair et qui, malheureusement, se révèle cruellement et de façon dramatique au grand jour actuellement, les parents étant contraints de démissionner de leurs obligations naturelles et primaires de père et de mère. C'est une situation qui doit interpeller la conscience de chacun d'entre nous.

C'est pourquoi, l'UDPS lutte pour l'application effective du cadre juridique de transition dans son ensemble lequel va permettre d'établir la Démocratie et la Bonne Gouvernance, bases du progrès social et du bien-être matériel, spirituel et moral.

Signification de notre absence prolongée du pays Dans la recherche des voies et moyens pour sortir notre pays de la crise, le Dialogue Inter-Congolais, DIC, représente le cadre idéal pour lequel tout devait être fait pour sa tenue d'abord, et sa conduite à bonne fin ensuite. Aussi nous sommes-nous investis totalement, plusieurs mois durant, avec d'autres forces politiques et sociales du changement et le concours de la Communauté Internationale, du Secrétaire Général des Nations Unies Monsieur Kofi Annan, des Etats-Unis d'Amérique, du Canada, de l'Union Européenne, de la Suisse, de l'Union Africaine et notamment de l'Afrique du Sud, de la Zambie, du Botswana, de l'Ethiopie et du Nigeria, pour obtenir la signature de l'Accord Global et Inclusif (AGI) et de la Constitution de transition c'est-à-dire d'un cadre juridique devant piloter la Transition jusqu'à l'organisation des élections générales, principale source de légitimité du pouvoir qui ne peut être conférée que par le peuple souverain.

A l'issue du DIC, nous nous sommes astreints à une absence volontaire du pays pour laisser le processus démocratique et la dynamique du DIC se développer sans interférence malgré la fraude et la tricherie qui ont marqué, dans ses premiers jours, la phase de mise en application de l'AGI. Ce faisant, nous tenons à marquer sans équivoque ni arrière pensée, notre volonté inébranlable de ne pas entraver la paix et la réconciliation nationale âprement désirées par tous.

Cadre juridique et non positionnement

Le cadre juridique pour lequel nous nous sommes battus depuis toujours est aujourd'hui une réalité acceptée par tout le monde, et tous les partenaires politiques s'en prévalent. Ce cadre juridique bénéficie même de la garantie de la Communauté Internationale à travers le CIAT.

L'exclusion de l'UDPS, notre Parti Politique, des Institutions de la Transition ne remet pas en cause notre foi dans le cadre juridique de transition. Cette exclusion procède, en fait, d'une simple lutte de positionnement politique que l'UDPS considère comme un fait secondaire, le fait majeur étant l'obtention et la conservation du cadre juridique.

Aussi, l'absence de l'UDPS des Institutions de la Transition doit-elle être comprise comme un refus par nous de cautionner la fraude et la tricherie dénoncées, en son temps, par notre Parti dans sa Déclaration Politique du 23 Mai 2003.

Cependant, pour davantage donner la chance à la paix et à la réconciliation nationale, l'UDPS reste ouverte à tous contacts politiques et diplomatiques susceptibles de contribuer à créer un climat politique de détente et d'entente dans le pays, et s'inscrit dans le respect de tous les textes et toutes les dispositions qui régissent la République Démocratique du Congo pendant la Transition.

Rendez-vous à ne pas manquer

L'espoir suscité par l'aboutissement heureux du DIC a été fortement tempéré au point de créer le doute quant au déroulement paisible de la Transition.

Il faut éviter la réedition des tragédies qui ont résulté des rendez-vous historiques manqués et d'importance semblable: - Violation de la Loi Fondamentale en 1960 ayant entraîné le pays dans plusieurs rébellions faisant des centaines de milliers de morts et de déplacés; - Violation de la Constitution de Luluabourg en 1965 occasionnant le coup d'Etat du 24 Novembre 1965, l'occupation et les menaces de partition du pays; - Violation de la Constitution de 1967 par la création du Parti unique qui a précipité le pays dans la dictature et provoqué les rébellions d'Idiofa et Gungu et plus tard les deux guerres du Shaba (Shaba I et Shaba II) et de Moba (Moba I et Moba II).

- Violation en 1992 de l'Acte portant Dispositions Constitutionnelles relatives à la Période de Transition adopté à la Conférence Nationale Souveraine, CNS, qui a aggravé le déficit de la Démocratie et occasionné l'intolérance et les épurations ethniques du Shaba, de Kinshasa et du Kivu causant des milliers de morts, les rébellions de l'AFDL, du RCD, du MLC et divers conflits armés, ainsi que les révendications des mouvements politico-religieux tels que Bundu dia Kongo.

C'est pourquoi, l'UDPS et moi-même, sommes de ceux qui sont déterminés à tout faire pour l'aboutissement de la Transition grâce au respect du cadre juridique de transition.

Aussi, lançons-nous ici un appel patriotique aux Partis Politiques, aux organisations de la Société Civile, aux Eglises et aux Institutions de la République issues du DIC, pour concourrir à la réalisation de ce but. C'est traduire dans la réalité pratique les dispositions de l'AGI et le serment constitutionnel.

Exhortation Nous saluons la sagesse et félicitons la maturité dont le Peuple Congolais a fait preuve pour avoir, à juste titre, compris que la paix et l'unité du pays sont sacrées. Il a, par conséquent, oeuvré activement pour refuser la partition du pays et sauvegarder notre unité nationale.

C'est pourquoi, nous invitons notre Peuple à s'investir davantage dans cette voie, notamment par la défense du cadre juridique de transition, l'exigence du respect de son application correcte, le banissement de la culture de haine et du discours d'injures, de discrimination et d'exclusion, afin de donner la chance à la paix et à la réconciliation de tous les enfants de notre pays. La concertation, le dialogue et le sens du compromis doivent l'emporter dans tous nos conflits sur les solutions de violence avec mort d'hommes.

Nous invitons par conséquent notre Peuple à comprendre et à réaliser que le cadre juridique de transition l'a libéré. Il est désormais un Peuple libre. Il lui appartient de vivre cette liberté dans tous les secteurs de la vie nationale, conformément à ce cadre.

Pour y parvenir, il doit élever le niveau de sa conscience politique, s'assumer et s'organiser en vue de mieux défendre, non seulement ses intérêts et ses droits, mais aussi et surtout, l'intérêt supérieur de la Nation. Aussi, doit-il s'impliquer totalement pour garantir l'application de l'Accord Global et Inclusif qui conditionne la réussite de l'organisation des élections libres, démocratiques et transparentes.

Ainsi, sur la base et autour des principes nobles de Démocratie, de Justice, de Vérité, de Paix, d'Unité et de Réconciliation nationale, nous pouvons, ensemble, changer et construire notre pays.

Nous avons foi dans le bel avenir de notre pays, nous avons confiance en notre peuple, ensemble nous réussirons.

Que vive le Congo de nos Ancêtres

Fait à Johannesburg, le 15 Septembre 2003.

Etienne Tshisekedi wa Mulumba
Président National


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