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[Page principale] [Home page] Je signe et je persiste. Joseph Kabila la vérité étouffée.
Réponse à la réplique de Eric Kennes : Quelle vérité étouffée? Analyse du
livre “Joseph Kabila. La vérité étouffée” de Mwamba Tshibangu (L’Harmattan,
Collection “Etudes Africaines”, 2005, 266 p., ISBN 2-7475-9310-X) (par
Mwamba Tshibangu) 1. La question des attentes. La
question fondamentale des attentes en soulève une autre non moins
importante. Les attentes de qui n’ont pas été satisfaites ?
Malgré toute ma bonne volonté, je ne pourrais répondre aux attentes
de M. Kennes si nous n’avons pas la même approche de la problématique.
Mon livre a répondu pleinement aux attentes que je me suis fixées,
c’est-à-dire, rechercher
la vérité sur les origines controversées de Kabila Kanambe et démontrer,
noir sur blanc, que celle-ci a été étouffée. Ceci dit, mon
objectif premier n’était pas de mener une enquête sur le terrain
mais plutôt de faire l’état de lieu à partir du matériel déjà
disponible. La quête, minutieuse, a permis d’étaler les
contradictions, les contrevérités et les non-dits qui abondent dans
les déclarations de ceux qui défendent coûte que coûte J. Kabila.
Kabila lui-même s’en est sorti très mal. Il n’arrive pas à réfuter
clairement le fondement de toutes ces rumeurs, pire encore, il refuse
de s’expliquer là où même un petit enfant trouverait des réponses
adéquates et convaincantes. 2. La question de sources utilisées. Je
laisse à M. Kennes son jugement sur les sources utilisées. Je me
demande seulement pour que le travail soit crédible scientifiquement
s’il fallait cataloguer chaque déclaration en source sûre ou moins
sûre. Je note en passant que l’usage de la webographie pose encore
problème à l’ère de la numérisation et de l’évolution de
l’information technologique. En tout état de cause, la problématique
de la filiation de Joseph Kabila est une question qui peut se résoudre
facilement aujourd’hui sans nécessairement recourir à une panoplie
de sources. On peut, certes, reconstituer son passé et arriver à se
procurer des informations auprès des témoins sur sa filiation.
Cependant, il y a tout le problème de la fiabilité et de la crédibilité
des personnes qui témoignent sur un fait privé qui était alors sans
grand éclat et qui, grâce à une politisation à outrance, assume
aujourd’hui des proportions démesurées. Concernant mon travail, ce
n’est certainement pas la somme de sources citées qui en donnent la
force et la consistance. Mais, c’est plutôt leur pertinence et leur
persistance qui leur confèrent une force de pression avec laquelle il
fallait, toute somme, compter et non ignorer complètement au nom de
la validité scientifique des sources. 3. : “Les
manoeuvres politiciennes ont jusqu’ici réussi à étouffer la vérité
sur Joseph Kabila. Une vérité qui est pourtant claire à déchiffrer.
Une vérité qui ne tardera pas à éclater. Car la personne qui se
fait appeler Kabila-fils n’est pas le fils biologique de feu Kabila.”(p.
259). Sur base de quels éléments l’auteur peut-il avancer une
telle assertion? Dans
mon travail, plusieurs aspects de la situation ont été analysés.
Ainsi, chaque lecteur ou lectrice a le loisir de se faire librement
son opinion. De mon côté, grâce au recoupement systématique de
certaines sources parmi lesquelles les déclarations personnelles de
Kabila lui-même, les mensonges habilement confectionnés par
James Kabarebe, et j’en passe, je me suis permis à la fin de
l’ouvrage d’en tirer une conclusion logique. Selon mon appréhension
des faits, qui reste à vérifier, Joseph Kabila n’est pas le fils
biologique de M’zee Kabila. Jusqu’ici, toutes les réactions qui
me sont parvenues après la lecture de mon livre abondent dans le même
sens. Analyses a) Les études de Kabila : 4. L’auteur émet des doutes sur les études de
Joseph à l’université Makerere. Dans l’interview cité du
“Washington Post” (p. 155, note 124), le président dit clairement
qu’il n’a fait que “one term” – donc tout au plus un
semestre, un élément que l’auteur ne semble pas avoir remarqué. À moins de vouloir attribuer tout l’article de la
journaliste américaine à Joseph Kabila, il semble, dans le jeu d’écriture
de la journaliste, que la période indiquée, “one term”, ne soit
pas imputable directement aux déclarations de Kabila. C’est
pourquoi, je l’ai bien dit que les propos des autres ne semblent pas
engager Kabila lui-même(p.154). Je livre ici le contenu des deux
versions pour que cela soit plus clair. En effet, dans la version française
qui cite les lieux où Joseph Kabila a vécus, on dit explicitement :
« Ils
ont respectivement vécu à Naïrobi, à Dar es-Salaam, en Tanzanie,
à Kampala en Ouganda où Joseph Kabila fréquenta l’Université de
Makerere avec sa sœur jumelle Jaynet, l’un des sept enfants Kabila.
»[1]
Tandis que dans la version originale [anglaise],
la journaliste et non Kabila, souligne la durée de son séjour à
l’université : « They
lived in Nairobi; in Dar Es Salaam, Tanzania; in Kampala, Uganda,
where for a term Joseph Kabila attended Makerere University along with
his twin sister, Jane, one of his seven siblings. »[2]
Si
on concède le fait que Joseph Kabila ait réellement fréquenté
l’université Makerere pendant un semestre, on devra plutôt se
tourner vers d’autres considérations que j’ai opportunément
soulevées dans le livre. Une petite analyse démontre
l’inconsistance des faits présentés. Kabila, après avoir passé
entre 4 à 6 mois à l’université rejoint son père en septembre
1996. Or, entre juillet et septembre, les étudiants sont en vacances.
Du semestre, on tombe d’aplomb au trimestre ! La question : à
quand relève exactement son inscription à l’université, est-ce au
début, en cours ou à la fin de l’année académique 1995-1996 ?
N’est-ce pas aussi une contradiction pour quelqu’un qui a fréquenté
les bancs de l’université que de dire : "I was
planning to study law," he says with a tinge of regret. "I
wanted to be a really good lawyer." [3] 5. « M. Mwamba Tshibangu aurait pu éviter un
nombre d’erreurs s’il avait lu attentivement notre ouvrage sur
Laurent Kabila” Je
crois avoir fait un bon usage de votre livre en le lisant
attentivement. Au moment où je l’ai acquis, j’avais effectivement
terminé la première mouture de mon travail. J’ai dû exploiter,
bien après, certaines parties de vos investigations sans [erreur de
ma part] modifier le contenu de mes notes. 6. L’auteur
parle de sa “démarche méthodologique” qui consisterait à ne
toucher “qu’aux liens de parenté entre les fils de Kabila sans
entrer dans d’autres considérations”(p. 120-121) mais il est
difficile de voir où et comment l’auteur a rigoureusement appliqué
cette méthodologie. L’éventail
de ce que l’on peut écrire sur JK est désormais très vaste.
J’ai fait un choix de ne parler que de l’intrigue autour de sa
filiation et des autres aspects connexes de son passé obscur tel que
son enrôlement au sein des FPR ou encore, le fait avéré - mais non
explicitement déclaré - qu’il parle le kinyarwanda. Les deux
aspects sont le revers d’une même médaille. Je n’ai pas voulu
approfondir les aspects concernant sa gestion politique, moins encore
ses capacités d’homme d’Etat. C’est un choix découlant d’une
démarche méthodologique où je limite l’étendue de mon sujet.
Que celle-ci ne soit pas apparente, c’est tout a fait
relatif. En bout de compte, le travail parle de lui-même et justifie
amplement la démarche entreprise. 7. Les
fameuses fiches biographiques distribuées dans le dossier de presse
lors de la visite du Ministre De Gucht à Kinshasa en février 2005
(p. 183, note 162) sont prises comme des sources. Si l’auteur avait
demandé une copie de ces fiches à un journaliste qui faisait partie
du voyage, il aurait pu se rendre de leur qualité plus que médiocre.
On peut par exemple lire que Olivier Kamitatu est …. Katangais
! Alors, quel crédit y accorder? La fiche sur Joseph Kabila met
d’ailleurs les hypothèses sur sa filiation dans le conditionnel. Ce n’est pas parce qu’il y a des erreurs dans certaines fiches que tout
ce qui y est rapporté est faux ou sans fondement. En cédant à cette
tentative, ne risque-t-on pas de tomber dans l’amalgame ?
J’ai à plusieurs reprises minimisé l’importance de certains témoignages
pour ne bien retenir que ce qu’il y avait d’essentiel dans le
message. 8. Concernant
l’enquête indépendante menée par l’UDPS/Belux qui voulait
“s’enquérir de données de première main afin de disposer
d’informations fiables” (p. 89). Dr François Mpuila, représentant au Belux de cette formation politique,
sans avoir lu au préalable mon livre, a pris la parole lors de ma
conférence tenue à Bruxelles pour réaffirmer devant une grande
assistance ce qu’il savait de cette affaire et comment ils avaient
recueilli des renseignements auprès de personnes enquêtées. 9. Des
simples opinions, qui n’avancent aucun élément concret, sont
acceptées comme sources crédibles. Kin-Kiey Mulumba affirme (p. 85
et 113) que la famille Kanambe est connue à Kigali et que Joseph
serait devenu Kabila. On veut bien, mais pourquoi n’y a-t-il aucun témoin
direct qui a fait une déclaration à ce sujet? “Des témoignages éloquents
et publics existent” (p.51) sur l’incorporation de Joseph dans
l’APR au Rwanda – mais lesquels? L’auteur ne cite que
l’interview de James Kabarebe, qui mérite de s’y attarder un peu. Je ne peux engager la responsabilité d’autres personnes. Je m’imagine
qu’en faisant leur travail, les professionnels de la presse sont à
prendre au sérieux. Autrement, ça sera la catastrophe. Sur
l’incorporation de JK dans l’APR, j’ai cité 10 sources différentes.
J’ai compris, à la suite de votre critique, qu’il ne s’agissait
pas des sources. Je me demande seulement quelle crédibilité dois-je
désormais accorder aux journalistes même ceux ou celles qui passent
pour être des spécialistes et qui ont écrit par surcroît des
livres si, ils ne sont bons que pour radoter des faussetés et qu’en
sais-je encore ! Quant aux témoignages publics, je me demande si
l’on doit remettre aussi en question le témoignage de Jean-Pierre
Ondekane rendu public lors de la tenue du dialogue inter-congolais à
Sun City. Si j’ai bien compris la leçon, les témoignages éclairés
et dignes de foi ne sont seulement que ceux qui proviennent de votre
propre enquête. Tous les autres témoignages ne rentrent pas dans
votre typologie. Par ailleurs, Ondekane n’est pas le seul à avoir
fait une déclaration de ce genre. Enfin, j’espère que tous les
« paresseux » et autres conteurs de faussetés - cités
par vous-même - qui manipulent, par profession, les opinions de
citoyens se sentiront interpeller pour répondre de leurs actes afin
que l’opinion soit définitivement éclairée sur l’exactitude ou
la fausseté de ce qu’ils écrivent à longueur des journées. 10 Alors,
la formation militaire au Rwanda? Ce n’est certainement pas
impossible. Le grand problème de JK c’est son absence de communication qui n’est
pas due seulement à sa timidité ou à son incapacité de communiquer
brillamment. Il sait très bien ce qu’il fait. Le mutisme qu’il
affiche sert certainement sa cause mais pas la cause des Congolais.
Dans quel autre pays, avez-vous déjà vu un inconnu être hissé à
la tête du pays sans aucun questionnement ? Si cela peut-être
acceptable ailleurs, il faut bien l’admettre qu’il s’agit
d’une grosse aberration. L’on ne peut maintenir à la tête du
pays un individu dont le passé est totalement ignoré de ses
concitoyens. Vous affirmez avec beaucoup de légèreté que « ce
n’est certainement pas impossible » que Joseph Kabila ait
suivi une formation militaire au Rwanda. S’il en est ainsi, puisque
vous semblez détenir la vérité absolue sur lui, pourquoi reste-il
muet sur son passé ? S’il fallait que mon livre sorte pour que vous
puissiez passer aux aveux, alors je peux me retenir partiellement
satisfait de ce résultat. Mais, je n’en serai complètement que
lorsque Kabila lui-même s’expliquera devant une juridiction ad hoc
pour répondre des faits gravissimes qu’il a jusqu’ici occultés. 11. Est-ce
que Joseph serait un espion au service du Rwanda qui aurait été
imposé par James à la tête de la hiérarchie militaire congolaise?
(p. 157-158). En dépit de nombreuses explications données, je ne me représente pas
toujours le choix opéré
par James Kabarehe sur un néophyte, version non véridique, par
ailleurs. Joseph Kabila n’était pas le seul « Congolais »
du groupe formé, cela est vrai, essentiellement des Rwandais. Il
n’y a pas que ça. On peut raisonnablement penser à une duplicité
de sa part au travers de son silence coupable de ne point révéler au
monde et aux Congolais en particulier qu’il parle couramment le
kinyarwanda, qu’il connaissait très bien Kagame et James Kabarehe
pour avoir combattu ensemble dans l’Armée Patriotique Rwandaise…
Son silence coupable et injustifié révèle, tout le moins, que son
jeu n’est pas clair et qu’il y a effectivement quelque chose de
louche, de bizarre dans son comportement. En fait, il est à
constater que Joseph Kabila s’évertue avec brio à éluder son passé.
Nous sommes nombreux à en déduire qu’il le fait parce qu’il a
manifestement beaucoup de choses à cacher. Pour s’en convaincre,
sur le site officiel de la présidence de la république du Congo, la
rubrique « biographie » est et reste toujours en
construction. Un président de la République qui n’a aucune
biographie officielle jusqu’à ce jour et qui ne cache pas ses
ambitions de continuer à diriger ce pays, n’est-ce pas là un
signal qui dépasse toutes les bornes ? Non, on peut tout défendre
mais pas l’indéfendable. La publication de mon livre est une
incitation à aller vers un Etat de droit où des situations de ce
genre ne peuvent pas passer. B.
L’analyse
des faits 12) Le
“témoignage” de Jacques Matanda. Comme pour les autres témoignages, faut-il prendre acte qu’il est faux
parce que n’émanant pas d’une enquête de terrain conduite par
vous-même ? Et pourtant, le même Matanda, sûr de ses
affirmations, a demandé plusieurs fois à ce que JK puisse se
soumettre à un test ADN pour prouver qu’il était réellement,
comme il le prétend, le fils biologique du Mzee et contredire, par le
même fait l’imposture de Jacques. Rien n’est fait du côté de
Kabila pour faire taire les rumeurs. Je vais y revenir. 13) Ce
problème aurait été facile à résoudre si on pouvait faire la
distinction entre les enfants légalement reconnus et les enfants
naturels non-reconnus. Comme le remarque pertinemment l’auteur (p.
208-209) impossible de faire cette distinction – mais il faut au
moins tenir compte des circonstances du maquis PRP où il n’y avait
pas d’état civil ! Ce point est intéressant à plusieurs égards. Il souligne davantage d’un
côté, la persistance du droit coutumier qui sanctionne la vie de
beaucoup de personnes et de l’autre, la non-conformité des usages
par rapport à la législation courante (droit écrit). Cette
dichotomie crée effectivement une situation d’anomie. Mais, s’il
faut mettre l’accent sur l’absence d’état civil, toute la
question revient à savoir d’où Joseph Kabila s’est fait octroyer
ses pièces d’identités actuelles sachant aussi qu’il était détendeur,
comme vous l’affirmez, d’une autre nationalité. Dans l’enquête
juridique qui sera menée contre lui, on examinera aussi les pièces
d’identité des autres membres de sa famille. Vous verrez et j’en
suis convaincu, qu’il y aura des révélations et des disparités
d’importance majeure. Oh, dois-je dire comment je suis arrivé à
cette conviction ? Il s’agit d’une simple hypothèse. 14. La
contradiction que voit l’auteur entre les déclarations de Hortense
Kibawa et notre arbre généalogique (dans Essai Biographique, p.
38-39) n’y est pas. Les trois ainées de Joseph citées par Mme
Kibawa sont Jeanne (Jeanne Mafik Mwad, fille du Mzee avec Albertine
Kashala), Hortense (Hortense Kibawa, fille du Mzee avec Pauline Nkoso),
et Getu (sobriquet pour Gertrude Mwamini, fille également de LDK avec
Pauline Nkoso). Mme Kibawa ne mentionne nulle part qu’elles seraient
toutes les enfants de Albertine Kashala, comme le mentionne l’auteur
(voir p. 141 et 190). Dans
sa déclaration au journal l’Avenir, Mme Hortense affirme
textuellement ceci : « Joseph est mon fils. Ses trois
aînées sont Jeanne, Hortense et Getou nées du mariage de Mzee avec
Kashala Albertine.»[4] Je ne sais pas si nous avons lu le même texte. Comme je viens de le démontrer,
je ne fais que citer la source. Il me semble évident que les faits
rapportés sont en contradiction avec vos données. J’en conviens
qu’il peut s’agir d’une erreur de la part de Mme Hortense. Mais,
le fait demeure grave du fait que c’est elle, en sa qualité de sœur
de L-D Kabila, qui aurait dû éventuellement trancher en livrant les
données conformes à la réalité. De ma part, je note tout
simplement l’inexactitude entre vos deux versions. 15. Pourquoi
personne ne semble retrouver la fameuse “Marcelline”? La question sur la présence de Mme Marcelline est pertinente. Cependant,
j’ose espérer qu’elle n’est pas un personnage fantomatique. Mme
Marcelline existe effectivement d’après plusieurs sources. Quant à
la sortie médiatique d’Albert Mbanza, je fais remarquer
l’amalgame qu’il y avait en attirant l’attention du lecteur sur
les tentatives, toujours possibles, de dépister la vérité qui
semble gêner. La recette est simple : on mêle vérité et
mensonge pour confondre les gens. 16. M.
Mwamba Tshibangu se pose la question pourquoi Maman Sifa ne parle pas
de ses autres enfants et pourquoi elle ne montre pas des photos avec
ses filles, insinuant qu’elle ne serait pas leur mère. Cependant,
il y a une photo de Maman Sifa avec ses quatre filles dans un article
cité par lui même (p. 201, note 183) ! Le fait que Mme Sifa ne parle pas de tous ses enfants est indéniable.
J’ai tenté d’en donner une explication (p.204). Quant à la photo
indiquée, elle n’est pas datée. Ce qui ne nous permet pas
d’avoir des certitudes sur le passé de la famille de JK. Le fait
qu’il y ait la photo des quatre sœurs est
également un grand avantage. Pour se rassurer qu’elles sont
toutes les quatre filles d’une même mère (Sifa) et d’un même père
(M’zee Kabila), on peut facilement confronter le taux de
ressemblance de leurs ADN pour arriver à la vérité. C’est un pas
à franchir absolument pour valider de la manière irréfutable les résultats
issus des enquêtes auprès des témoins. C.
La filiation du président Joseph Kabila 17. Malheureusement,
nous n’aurons jamais de “preuves irréfutables” de la filiation
de Joseph Kabila, non seulement par la nature du débat, mais par l’état
dans lequel se trouve le pays. Le débat autour de la filiation
n’est pas scientifique mais politique. On ne peut réfuter la récupération politique du débat autour de la
filiation de JK. Cependant, toute la faiblesse de ceux qui soutiennent
mordicus la filiation de JK à Mzee Kabila se résume dans cette
phrase clé de M. Eric Kennes qui affirme : « Même si
on appliquait un teste ADN (mais a-t-on jamais vu un président
accepter une telle humiliation?), les résultats seront toujours
contestés (comme le concède indirectement l’auteur, p. 246). Il n’est
point question d’humiliation d’un président de la république.
J’ai donné plusieurs raisons pourquoi il fallait absolument procéder
à ce test. (p.250, 256, 257) Il faudra plutôt arrêter
l’humiliation que subit Kabila, président de la république, d’être
affublé continuellement de falsificateur, de fraudeur etc. La même
humiliation touche aussi directement ou indirectement tous les
Congolais qui continuent à subir les effets néfastes d’une
controverse qui n’en finit point. 18. L’auteur
demande également un “jugement” qui statuerait mais comment
le faire dans un pays où l’appareil judiciaire est totalement
corrompu? Et que dire alors de la déclaration du procureur général
de la république au moment que Joseph Kabila a prêté serment?
Aucune valeur juridique? S’il est vrai que le jugement dont vous faites allusion a une valeur
juridique, il est aussi vrai qu’il est largement contesté. De ce
fait, il s’avère impérieux de soumettre cet avis à un autre
jugement qui se baserait, cette fois-ci, sur le test ADN et non sur
des propos facilement manipulables. Par ailleurs, l’on ne peut
continuer à laisser planer le doute sur ses origines à cause de l’état
de corruption généralisé au Congo. Il faudra justement rompre cette
spirale de la mauvaise gouvernance en permettant aux Congolais de
s’acheminer vers un Etat de droit. Il faudrait également songer à
transformer l’éthique actuelle de dirigeants congolais basée sur
la prédation de biens publics vers une éthique plus soucieuse de la
bonne gestion. 19. On ne
peut se défaire de l’impression que M. Mwamba Tshibangu a écrit
son livre avec des visées politiques plus que scientifiques. S’il
critique à juste titre « la logique des tranchées, imprégnée
de sentimentalisme aveuglant » (p. 76), il n’est pas exempt du
reproche du parti pris…. Si par visées politiques que M. Kennes
m’attribue il y a un prolongement du souci de soigner le vécu
de la population congolaise, de se préoccuper du droit élémentaire
à la justice et à l’équité pour tous, alors j’assume. Et je
trouve même que c’est prendre parti pour une cause noble.
Toutefois, c’est sans souligner que toute ma démarche a été fondée
essentiellement sur la recherche de la vérité, sans a priori. En
tant qu’un individu, je ne me fais aucun doute que si j’entre en
politique, je ferai nettement mieux que nombreux de ceux qui sont au
pouvoir actuellement. Mon livre, qui est impartial, selon l’avis de
beaucoup de gens qui l’ont lu, apporte une contribution visant à
comprendre certains épiphénomènes de la société
congolaise. Ainsi, se questionne-t-il sur la léthargie étonnante de
la classe politique devant un fait d’une aussi grande importance
comme la tutelle de l’intégrité du poste de la présidence de la république,
sur la bataille rangée des deux camps tintée d’un dynamisme
flamboyant et fanatique visant à défendre coûte que coûte une
certaine thèse, transformée en dogme au détriment de l’intérêt
national. Et d’autres questions encore. 20. L’état
du pays et de la famille Kabila explique beaucoup dans la problématique
posée. S’il n’y a plus d’état civil au Congo (à l’exception
de Lubumbashi depuis quelques années), comment y aurait-il eu au
maquis du PRP en 1971, dans un maquis où on devait écrire sur des écorces
d’arbre? Je partage largement cette argumentation. Il vient à point nommé soutenir
la thèse probable de la falsification (faux et usage de faux) des
documents d’identité par JK comme je l’ai dit dans le point 11
ci-dessus. 21. Les
informations que nous avons recueillies nous permettent de retracer
son parcours à partir de sa naissance à Mpiki (près de Hewa Bora),
son passage en Ouganda, sa scolarité à Dar Es Salaam jusqu’à son
arrivée au sein de l’AFDL. Aucune autre source prétendant une
filiation “rwandaise” n’est capable de donner autant de détails.
Evidemment, ceci n’est pas une preuve. Nous croyons seulement que
sur base de l’information disponible, les indications que la version
officielle est la bonne sont infiniment plus importantes que les
indications du contraire. Nous ne pouvons pas aller plus loin. Si
jamais d’autres informations nous révèlent le contraire, il faudra
adapter notre version des faits. C’est propre à la démarche
scientifique. Il est indéniable que vous avez fait une recherche de fond remarquable.
Cependant, comme vous l’avez constaté, en dépit de votre recherche
fouillée et documentée, les rumeurs sur l’identité réelle de JK
ont continué de plus belle. J’en conviens avec vous que le propre
d’une démarche scientifique est d’adapter sa version des faits à
la lumière d’éclairages nouveaux. Cet éclairage ne peut venir que
du test de l’ADN comme je le soutiens dans mon livre. Puisqu’il
s’agit d’une preuve irréfutable scientifiquement, ayons tous le
courage d’assumer nos thèses pour voir enfin laquelle sera réconfortée
par les résultats de l’ADN. Il ne serait pas non plus trop demander
au nom du principe que nulle personne n’est au dessus de la loi, que
Kabila ne constitue pas un mauvais exemple et un obstacle vers l’édification
d’un Etat de droit au Congo. Finissons-en, une fois pour toutes,
avec ce feuilleton Kabila II, un feuilleton de disgrâce pour le
peuple congolais. Un feuilleton qui neutralise toute la dynamique au
sommet de l’Etat et ternit dans le même temps l’honneur et la
dignité de la fonction présidentielle au pays de Lumumba. D.
L’importance
du débat 22 Il
avait sans doute la nationalité tanzanienne. Pour des raisons de sécurité
il y a adopté des noms comme Mutwale. Le débat a toute son importance. Il ne pourra s’arrêter que si JK dit la
vérité au peuple congolais. En tant que scientifique et historien,
il est peut être acceptable que vous affirmiez sur base de vos
investigations que JK
avait sans doute la nationalité tanzanienne.
Si cette affirmation correspond à la moindre vérité, le
peuple congolais a droit de le savoir de l’intéressé lui-même. Ce
dernier ne peut prétendre aimer et servir son peuple et son pays
s’il cache, en sa qualité de premier magistrat du pays, des faits
pouvant compromettre largement l’exercice de ses fonctions. C’est
assez symptomatique et même très grave que ce soient d’autres
personnes qui s’arrogent le « droit » de parler à la
place de Joseph Kabila, de compiler de biographies et d’indiquer à
répétition des dates et des endroits de sa naissance qui - voyons
donc - diffèrent finalement suivant les sources
et de la version avancée par l’intéressé lui-même. C’est une
situation inacceptable, vous conviendrez avec moi. Quelle image
devrions-nous avoir de notre « président de la république » ?
Dois-je croire qu’il est complètement ignare au point de tout déléguer
aux autres même la simple connaissance de l’endroit où il est né ?
Je pense qu’il est temps qu’il respecte la volonté d’une partie
au moins de la population congolaise, parmi laquelle je me compte,
pour nous donner des explications sur les raisons de sécurité avancées
concernant le nom qu’il portait d’Hyppolite Kanambe Mutwale et les
autres noms que d’autres enfant du M’zee ont pris, sans oublier
Mme Sifa. Nous devrions enrouler la spirale de l’énigme jusqu’au
bout. 23. Les
informations que nous avons recueillies nous permettent de retracer
son parcours à partir de sa naissance à Mpiki (près de Hewa Bora),
son passage en Ouganda, sa scolarité à Dar Es Salaam jusqu’à son
arrivée au sein de l’AFDL. Aucune autre source prétendant une
filiation “rwandaise” n’est capable de donner autant de détails. Il est déjà arrivé plusieurs fois que des procès ayant des tonnes et des
tonnes de documents contre les inculpés finissent par reconnaître
l’innocence des infortunés grâce au test ADN. Je n’ai pas de la
peine à vous concéder raison sur vos affirmations de disposer de
plus détails que d’autres points de vue soutenant le contraire de
votre thèse. Mais, une fois de plus, ayez le courage de soumettre
cette montagne de vérité au test ADN en s’associant à nous pour
demander à JK d’effectuer le test de vérité. Nous vous en serons
reconnaissants. C’est la moindre des choses. Autre chose, étant
donné que vous passez pour être celui qui est le mieux informé sur
JK pourquoi ne compilez-vous une biographie officieuse qui ne
souffrirait pas des observations et des incohérences que j’ai relevées
dans mon livre ? Ça serait en tout cas œuvre utile. 24. La
confusion entre Selemani, fils de Kanambe Adrien, et Joseph Kabila est
nee là. Quid de l’hypothèse que Joseph serait le fils de Kanambe
et de Kestina Mbeya, vu l’habitude qu’avait le Mzee de prendre les
femmes de ses subordonnés? J’ai réfuté ce point dans mon livre, (p.195, note 175). J’estime que
le doute ou encore la confusion ne peuvent perdurer toute la vie. À
un certain moment les gens doivent se convaincre de la vérité.
Malheureusement, ce n’est pas le cas pour JK. L’importance
du débat 25. Finalement,
quelle importance? Attester
la vérité, voilà là où se situe l’importance de ce débat à
mes yeux. Nous devrions remettre les pendules à l’heure si nous
voulons, en tant que peuple, amorcer un bon virage qui nous conduira
vers la 3ième république. On ne peut en effet permettre
qu’il y ait une intrigue au sommet de l’Etat. On
ne peut non plus permettre qu’un individu, qui qu’il soit, puisse
être au dessus des lois et qu’il puisse se prévaloir abusivement
de l’impunité. Si JK est en règle avec son état civil, si nous
n’avons rien à lui reprocher sur les faits de son passé qu’il
continue d’occulter alors, il aura la carte blanche pour continuer
à diriger la RDC. Autrement, c’est à un autre avenir qu’il est
destiné. Et ce n’est pas à moi de le déterminer.
La question de la controverse identitaire de JK trouvera à mon
avis une réponse claire et nette. Qu’on le veuille ou non, la vérité
étouffée est désormais largement connue. Elle sera d’une façon
ou d’une autre prouvée par le biais du Test ADN soit du vivant de
JK ou après sa mort. Il ne peut y échapper. Je
crois ainsi avoir répondu à votre critique. Je laisse quant à moi
la place aux lecteurs et aux lectrices d’émettre leurs opinions. Il
est opportun que les dirigeants congolais se saisissent de ce dossier
afin de lui réserver le traitement qu’il mérite. Au nom de la démocratie
et d’un Etat de droit, nous exigeons de connaître au mieux la
personne qui a été portée au pouvoir à la suite de l’assassinat
du M’zee Kabila. Qui est-il au juste ? Quel est son parcours
militaro-politique ? Est-il crédible pour continuer à présider
aux destinées des Congolaises et Congolais ? Voilà
quelques-unes des questions qui attendent des réponses non évasives
mais largement expliquées et documentées s’il le faut. [1]
MMC :
Joseph Kabila à Washington Post : « Je ne peux pas encore déclarer
ma candidature à la présidence de la République »
Kinshasa, 08.11.2003, publié sur la page Web in :
http://www.digitalcongo.net/fullstory.php?id=30577 [2]
Lynne Duke
: The Troubled Inheritance Of Joseph Kabila .Leader Faces Congo's
Past, and His Family's Washington
Post ,Wednesday, November 5, 2003, publié sur la page Web in : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A882-2003Nov4.html?referrer=emailarticle
. [3] Lynne Duke : The Troubled Inheritance Of Joseph Kabila : op.cit. [4]
Stanis Nkundiye. Soeur aînée de feu L.D. Kabila maman
Kibawa Hortense tranche : « Le prétendu Etienne Kabila est un
escroc inconnu par notre famille » journal l’Avenir, édition
du 18.04.2002. Publié sur le Web in : http://yahoogroups.com/group/mediascongolai/message/19729
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