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[Page principale] [Home page] L'épouvantail : plus on s'approche du dialogue intercongolais, plus la panique gagne du terrain chez certainsLa succession «monarchique» de Kabila II à la tête du pays a permis, en l'espace de peu de temps, une avancée significative sur certains dossiers. Le cas le plus éclatant est son ouverture au médiateur désigné, Ket Masire, alors que ce dernier fut, du temps de son père, récusé et considéré à tort comme étant impartial pour être en mesure d'offrir ses bons offices pour un dénouement heureux du dialogue intercongolais. Il s'agit là d'une grande barrière qui vient de s'écrouler et dont les effets bénéfiques sont en train de se concrétiser avec notamment l'acceptation par tous les belligérants de retirer leurs forces de part et d'autre de la ligne de front sur une profondeur de 15 km, à partir du 15 mars et cela conformément à un accord qu'ils avaient signé à Harare le 6 décembre, accord qui est resté non appliqué jusqu'à la disparition de Kabila I. Ceci n'est qu'un prélude pour le retrait total de toutes les troupes étrangères du territoire congolais. Selon notre vision, cette démarche n'est qu'une suite logique des événements. Même un Kabila I vivant aurait fini par se plier face à ces exigences qu'il s'obstinait, malheureusement, à repousser dans le temps. Son régime n'avait qu'à faire évoluer le processus de réconciliation nationale en appliquant les recommandations de Lusaka. Aujourd'hui, les proches collaborateurs de Kabila fils, qui sont les mêmes qui ont entouré son père, ont vite réalisé la nécessité de changer le cap en vue de s'acheminer vers la recherche d'une solution durable du conflit militaire et de la crise institutionnelle persistante. Ce revirement tant attendu par tous les Congolais n'est pas accueilli favorablement par une certaine frange des caciques du régime. Plus particulièrement, il y a une certaine presse, vouée à la cause du régime, qui continue à véhiculer les idées qui ont été à la base du statu quo avec Kabila. Pour cette presse, il n'est point question d'accepter l'idée d'un dialogue intercongolais. Bien plus, elle s'acharne à ce que les accords de Lusaka soient révisés alors que cette initiative n'avait pas trouvé un écho favorable en dehors de leur cercle. Y revenir avec insistance au moment où finalement la voie semble balisée pour un début de décrispation de différents noeuds qui ont longtemps bloqué l'ouverture de négociation entre belligérants est un signe manifeste qui relève d'une stratégie visant à maintenir le chaos en fonction de petits calculs égocentriques. Ainsi, cette presse présente-t-elle le dialogue intercongolais comme un épouvantail. Cette rencontre signifierait la fin annoncée de leur régime qui, à leur façon de voir les choses, devrait continuer à asseoir sa pérennité au lieu de s'ouvrir afin de se fondre en un bloc qui aura, de façon consensuelle, mandat légitime de conduire le pays aux élections. Cette attitude drôle ne nous induit-elle pas à croire que nous sommes, ni moins ni plus, en face de tenants d'une dictature ? Des gens pour qui aucun changement à la tête des institutions n'est envisageable. Le pouvoir conquis par la force ne se marchande pas. Il est devenu une affaire de famille et doit être, en tant que tel, conservé à tout prix. Pas question, allègue cette presse de partager le pouvoir avec les mobutistes ou avec des gens qui n'ont reçu aucun mandat du peuple et qui veulent seulement se repositionner ! Cette litanie est un exercice exécrable qui relève apparemment d'une cécité teutonique. Confondre les esprits de gens avec des jérémiades pour camoufler l'illégitimité d'un régime semble être l'objectif poursuivi par les ennemis du changement. Ces animateurs du statu quo feront mieux de commencer à se préparer à une longue période de mutations. Celle-ci, par la profondeur de son action, exigera un effort de reconversion mentale de beaucoup d'entre-nous. De toute façon, l'apologie d'un régime ne peut s'appuyer que sur des éléments objectifs convaincants. Or, la politique menée par Kabila I a été, tout le long de son parcours, mal orientée. Le pays est aujourd'hui au bord du gouffre pris en otage par les étrangers. Pour ne pas compromettre l'unité du pays, il n'y a pas d'autre choix que d'aller au dialogue intercongolais. C'est ce carrefour qui sanctionnera le chemin à suivre pour que les institutions du pays aient des assises solides. Le fils, sans doute conscients (via ses mentors ?) de son maque d'exprérience sinon de compétences, semble percevoir cette réalité et est forcé de s'impliquer dans ce processus. Les irréductibles tentent par tous les moyens, de l'induire en erreur en s'accrochant aux fantasmes du passé et à une rhétorique vieux style. La gestion d'un pays aussi grand que le Congo est une responsabilité qui doit être prise très au sérieux. Sans cela, l'on ne peut faire face aux très nombreux et pertinents problèmes qui demandent des solutions courageuses de la part d'un garant légitime de l'unité du pays et des intérêts du peuple congolais.
---- La rédaction
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