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[Page principale] [Home page] La disparition de Kabila et ses conséquencesEn dépit de la situation très critique que traverse notre pays depuis le déclenchement de la guerre actuelle le 2 août 1998 par une frange des ex compagnons de Kabila, rien et rien alors ne présageait le scénario de brutalité auquel la nation se trouve présentement confrontée avec l'assassinat de M. Kabila qui a lieu à Kinshasa dans l'après-midi du mardi 16 janvier. D’autant plus que les tentatives pour réussir un jour à mettre tous les protagonistes de la crise congolaise autour d’une table continuaient inlassablement, bien que tortueusement Cet assassinat risque de jeter une ombre sur la recherche des voies et moyens pour parvenir à trouver un compromis politique. Dans nos traditions africaines, la mort d’un individu est ressentie par toute la communauté comme un drame. Quel que soit le jugement -- et dans ce cas c'en est un qui est très sévère -- que l’on peut porter sur son œuvre, l’humanisme bantou et le bon sens commun condamnent avec vigueur le recours à la force et par surcroît à l’assassinat pour mettre terme à un conflit politique. Fidèles à notre doctrine de la non violence, nous ne pouvons accepter que s’installent chez nous des usages basés sur la force, sur la puissance de feu et sur l’anarchie. Nous sommes pour une dialectique politique et pour une concertation des idées dans un cadre juridique formel. En réalité, la culture de la mort et surtout si celle-ci vise un chef d’Etat, ne rentre pas dans nos mentalités. Autrement, il aurait été facile au peuple congolais, meurtri par plusieurs années de dictature sous Mobutu, de chercher à attenter à la vie de ce dernier. Le peuple lui en voulait, c’est certain, mais, purement sur le terrain politique. La mort de Kabila -- fut-il président auto-proclamé que l'UDPS ne reconnaît donc pas -- risque d’ouvrir à la foi une culture d'assassinat de Chefs de l'Etat et une autre période d’instabilité. Les "institutions" mises sur pieds par Kabila étaient très précaires, taillées sur mesure pour le dictateur et aucun mécanisme pour son remplacement en cas de mort subite n’était prévu. C’est dans ce sens-là qu’était orientée notre bataille pour la légalité et la création d'institutions dignes d'un véritable état de droit. C'est cela aussi l'un des thèmes directeurs du message de Dr Etienne Tshisekedi sur la situation actuelle au Congo. Toutefois, le moment n’est pas propice pour soulever des objections ni d’ordre politique ni moins encore de nature constitutionnelle. Nous voulons parer au plus pressée pour mesurer les conséquences de l'assassinat de Kabila et focaliser sur ce qu'il nous faut éviter pour ne pas tomber dans le chaos. Comme M. Tshisekedi ainsi que notre Secrétaire Général Dr Phongo l'ont fait remarquer, la disparition de Kabila laisse un vide de pouvoir à Kinshasa. Deux alternatives sont possibles dans la situation actuelle: soit la guerre continue avec les deux camps armés tentant de prendre le pouvoir par la force comme ils l'ont fait depuis deux ans, soit le calme étonnant observé depuis l'assassinat de Kabila est mis à profit pour ENFIN revenir à la raison en ravivant le processus du Dialogue Inter Congolais prévu par les accords de Lusaka. Le pays sera plongé dans la première alternative si, contrairement à la voix de la raison, "Bébé" Kabila suit le sentier d'une guerre que son père adoptif n'avait pu avoir les moyens de gagner, ou si "Bébé" Bemba et consort sont tentés de profiter du semblant de vide de pouvoir observé à Kinshasa. Nous urgeons les rebelles et leurs alliés ougandais et rwandais de faire preuve de retenu. Il n'est nullement dans leur intérêt de monter une offensive qui ne sera pas nécessairement gagnante. Il est à cet égard important de noter que les principaux alliés de l'Ouganda et du Rwanda dont les Etats-Unis (par le biais de Richard Holbrooke, leur ambassadeur sortant à l'ONU) ainsi que la Grande Bretagne (par le biais du ministre des affaires étrangères en personne) ont sévèrement mis ces deux pays en garde de ne pas oser franchir ce pas. Nous urgeons aussi Kabila junior de faire preuve de grand courage en prenant les devant rapidement pour reconnaître la nécessité du vrai Dialogue Inter Congolais devant faire sortir le Congo de la crise actuelle. En ce sens il ferait oublier, le temps de son passage à la tête du régime de Kinshasa, que le Congo n'est pas une monarchie et le pouvoir n'y est pas héréditaire. Ainsi il sortirait grandi dans l'histoire. Auront-ils suivi ces conseils que le régime de Kinshasa et la "rébellion" aideront-ils à engager le pays vers la deuxième alternative susmentionnée. Nous osons croire que la voie de la sagesse triomphera pour devoir arrêter une ligne de conduite qui puisse éviter au pays de tomber dans l’abîme le plus profond. Il faudra que le pays retrouve vite ses repères pour sauvegarder son unité. Nous, à l'UPDS, ne laisserons en tout cas pas pourrir la situation. Nous sommes de ceux-là sur lesquels la nation devra compter. Nous prendrons nos responsabilités en main pour remettre le pays sur les rails pour l’intérêt commun. Kabila, en chef de guerre, est mort par l'épée qu'il a maniée. Malgré nos profondes divergences sur la façon de conduire les affaires de l’Etat, nous présentons nos condoléances à sa famille. ---- La rédaction [Page principale] [Home page] | |