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Le retour de Tshisekedi au pays sanctionne la phase ultime de la lutte de libération !

Dans son allocution adressée à la communauté tant nationale qu'internationale à Bruxelles ce jeudi 19 avril 2001 lors d'une conférence de presse, Etienne Tshisekedi a tenu à expliquer personnellement les raisons qui motivent son retour au pays. En effet, il rentre ce lundi 23 avril après une absence au pays de 15 mois.

Cette absence était motivée selon ses propres termes pour «résoudre nos problèmes de santé; et d'autre part sensibiliser les décideurs au plus haut niveau de la Communauté Internationale ainsi que toute la Diaspora congolaise sur la grave crise dans laquelle notre pays est plongé».

Ce périple afro-euro-américain a produit des résultats concluants allant de l'effectivité du cessez-le-feu sur tous les fronts qui nous semble un élément très important dans le processus de paix, au désengagement des troupes combattantes qui a été suivi par le déploiement des forces de la MONUC. Ce désengagement doit à terme aboutir au retrait total de toutes les armées etrangères du Congo. Il fallait aussi et de façon prioritaire plaider pour secourir le peuple congolais affecté par les effets désastreux de cette guerre. Ce qu'il a amené à solliciter l'aide humanitaire non structurelle à acheminer à la population via les ONG. La tenue du Dialogue Intercongolais est l'épilogue de toute cette démarche car, elle est la seule voie, pour l'instant, susceptible de conduire à une solution négociée de la crise congolaise. C'est ainsi qu'il a sollicité l'appui diplomatique et matériel en faveur du Facilitateur du Dialogue Intercongolais, Sir Ket Masire. Avec le déclenchement de la guerre, un mécanisme de pillage systématique de nos richesses a été instauré par les envahisseurs et leurs valets. Ainsi, fallait-il avec force dénoncer ce pillage auprès des instances internationales. Etienne Tshisekedi s'en était occupé et une enquête de l'ONU sur le pillage des ressources naturelles de la RDC a été conclue ces derniers jours.

La démarche du leader de l'opposition congolaise ne s'est pas arrêtée là. Il a conféré à plusieurs reprises avec le peuple congolais de la diaspora. Il n'a pas manqué de leur relater la situation de souffrance et de misère qui frappe leurs frères et soeurs demeurés au pays sans leur recommander de continuer de lutter et de faire entendre la voie du peuple congolais auprès des autorités des pays respectifs où ils ont trouvé hospitalité.

La partie importante de son message se dégage dans sa vision de voir la situation politique évoluer au pays. C'est en homme sage et responsable du pays qu'il a parlé dans la lignée effective de son rôle et de son rang. Sur un ton magistral, il a voulu être rassurant et rassembleur aux yeux de tous. Il rentre au pays pour aller donner sa contribution à cette phase délicate des préparatifs qui précèdent le dialogue intercongolais et jouer ce rôle de rassembleur. L'on sait la turbulence qui a agité certains acteurs politiques et certaines composantes de la société civile pour le positionnement en vue du dialogue intercongolais; l'on sait l'aventurisme du pouvoir de Mobutu et des Kabila tendant à créer des «partis alimentaires» qu'il présente ensuite comme faisant parti de l'opposition politique pour brouiller les cartes; et l'on sait enfin les manoeuvres qui sont déployées par les mouvements rebelles soit pour résister soit pour se tailler la part du lion, alors même que le dernier rapport en date de l'ONU sur le Congo les tanguent proprement comme des pilleurs sans vergogne des richesses du Congo qui, à ce titre, sont indignes de conduire aux destinées de la nation congolaise. Aux uns et aux autres, il invite de se rendre «au Dialogue Intercongolais dans l'esprit de réconciliation» et aux belligérants particulièrement, il recommande de «continuer dans la voie de l'apaisement actuel».

Le discours que le leader de l'opposition a prononcé à Bruxelles prophétise sur le sens d'un long combat et estime, après en avoir mesuré toutes les conséquences, que le moment était propice pour rentrer au pays afin de «concrétiser la phase ultime de la lutte de libération que notre Peuple mène depuis bientôt plus de deux décennies». Il précise sa pensée, pour mieux donner la dimension de la tâche qui attend tout le monde : «cette phase ultime consiste à aller au Dialogue et à y aller dans l'entente, la concorde et la solidarité.» Son souhait ultime est que «le Peuple Congolais puisse vivre dans la paix et aller au Dialogue dans la fraternité».

Tout ceci suppose une prise de conscience de tous de l'état actuel des choses. La demeure est en péril et il faut, le plus vite possible, sauver les meubles. Ceci ne pourrait s'avérer qu'autour d'un dialogue franc et constructeur où «les animateurs des Institutions issues du Dialogue Intercongolais pourront travailler à établir le nouvel ordre politique».

Le dernier mot cependant le leader de l'opposition congolaise l'adresse à la population congolaise. Il est très conscient du fait qu'il appartient au peuple et au peuple seul de se libérer. C'est pourquoi, il lance un appel pathétique au peuple congolais en ces termes : «notre intime conviction est que les Congolais sont capables de faire de leur beau et riche pays qu'ils ont la chance d'avoir, au coeur de l'Afrique, un Etat démocratique fort et prospère; l'appel solennel que nous lançons, ce jour, au Peuple Congolais, c'est de démontrer qu'il en est capable».

Au peuple congolais, partout où il est, de saisir l'importance de ce message et de le traduire en acte pour qu'il porte ces fruits. Cette capacité qu'évoque le Président National de l'UDPS et leader de l'opposition est un engagement au changement véritable que tous attendons depuis plusieurs années. L'invitation est explicite. Il ne faut pas que l'on se contente des situations fardées où les lumières semblent être allumées pour aveugler le peuple et non pour l'éclairer. Au peuple congolais de comprendre et d'agir. C'est au travers d'un agir raisonnablement déterminé et déterminant que la capacité du peuple congolais pourrait prendre une forme décisive qui changera, une fois pour toutes, toute la donne de la situation politique du pays.

Que vive le Congo et le peuple congolais ! Que vive l'UDPS ! Que le retour de ce digne enfant du pays puisse être le signe du début de la fin de la crise congolaise que tous attendions depuis des lustres.

---- La rédaction


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