UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Les fossoyeurs de l'opposition contre la dictature Kabiliste : à quel jeu jouent-ils ?

L'expérience de la dictature de Mobutu devrait avoir ouvert les yeux à tout le monde. Personne n'était censée ignorer les conséquences ignominieuses d'une politique qui a conduit le pays à la dérive. Les plus jeunes, les enfants de 8 à 10 ans savaient réciter les méfaits d'une gestion politique blafarde et calamiteuse. Ils furent parmi ceux et celles qui réclamaient à cor et à cri le départ du despote. Loin de demeurer un mystère, les multiples formes sous lesquelles la dictature se camoufle parfois sont bien connues du peuple congolais. Les acteurs politiques, toute tendance confondue, ne pouvaient qu'en être doublement conscients et prendre toutes les précautions pour ne plus retomber dans les erreurs du passé.

Le peuple congolais a été témoin de la prise de pouvoir par Kabila et ses compagnons de l'AFDL et a vu la manière dont ledit pouvoir jetait, petit à petit, les bases d'une autre dictature. Le départ amorcé avec l'autoproclamation de Kabila comme président de la République n'augurait pas une aurore meilleure sur le chemin de la démocratie. Sans attendre, notre parti, l'UDPS, dénonça cette façon de procéder qui nous rappelait, malheureusement, les affres du mobutiste. Beaucoup de gens reclamèrent l'état de grâce pour le nouveau pouvoir. Les discours du genre «Kabila devrait avoir le bénéfice du doute» étaient devenus un slogan pour les «tenanciers ou souteneurs» du nouveau régime. Nous avions, en parti responsable, saisi cette opportunité pour multiplier les gestes en vue d'un rapprochement entre le pouvoir établi et le reste de la classe politique, en même temps que nous indiquions les voies qu'il fallait suivre pour ériger un état de droit. Mais, rien ne se fit et on nous accusa de mille maux.

Comme du temps de Mobutu, les nouveaux «maîtres» du pays, pour cacher la face de leur pouvoir dictatorial et non représentatif, se sont tournés vers certains membres de l'opposition pour perpétrer la classique opération de débauchage. Il fallait réussir l'opération maquillage d'une démocratie de façade sans aucun fondement juridique et institutionnel. Les loups, qui en avaient assez d'une opposition exigeante et soucieuse de l'intérêt collectif ont embarqué, en leurs noms personnels --- les y a-t-on forcés? ---, dans le gouvernement Kabila, reniant par de-là même les années de lutte combattues pour faire triompher les valeurs démocratiques.

Ce jeu n'est pas aussi nouveau. Ils y allaient et quand ça ne marchait pas, ils revenaient au bercail, larmes aux yeux, après s'être rendus compte que pour le régime en place, ils ne constituaient ni plus ni moins que des pions dont on se débarrassait à la première occasion après en avoir tiré profit, citrons qu'on jetait après en avoir sucé le jus. De même avec Kabila, les fossoyeurs de l'opposition n'ont pas hésité à changer casaque. Ils l'ont fait en âme et conscience appuyant l'action du nouveau prince et discréditant leurs anciens compagnons de route qui sont restés fidèles à l'idéal du début.

Pas étonnant que durant le moment du partage des gains, ils fassent l'éloge du maître et à peine ils sont écartés de ce petit cercle des profiteurs du régime, ils redécouvrent la vertu de la vérité et la saveur de la sagesse que l'UDPS a toujours prôné et défendu contre vents et marées. Humiliés et frustrés, ils s'adonnent dès lors à un exercice ridicule de mea culpa, n'hésitant pas à cracher sur la place publique ce dont ils auraient pu dénoncer auparavant, avec courage, dans l'exercice normal d'une opposition constructive.

Certains de nos "politiciens", ne peuvent concevoir un projet de société où l'on revendique la place centrale du citoyen. Ils préfèrent pérorer, écrire de jolis discours dans lesquels l'articulation du verbe est en flagrante contradiction avec leurs actes. Qu'importe pour eux le fond étant esclaves de la forme, de l'éphémère, de l'arbitraire, de la logomachie etc. Ils vivent le présent plus qu'ils ne jettent un regard critique sur le passé et ne prospectent le futur qu'en fonction de leurs intérêts personnels.

Cette dysfonction qui entraîne une amnésie de circonstance explique leur comportement qui fait qu'ils passent sans transition de la flagornerie aujourd'hui à la démonisation le lendemain du régime de Kabila. Ehontés et honnis, ils n'hésitent pas à emprunter des mots dans l'arsenal de l'opposition, ou de citer le projet de société de l'UDPS ou encore la fameuse lettre des 13 dont ils n'arrivent pas à respecter ni la lettre ni l'esprit. En tant que ministre, ils ne cessaient de vanter devant le peuple, comme des perroquets, le nationalisme du Mzee, question d'avoir ou de maintenir leurs postes. Aujourd'hui, ils soutiennent, affichant un profil très bas, ce que nous avons toujours affirmé, le nationalisme de nos dictateurs n'est qu'une étiquette pour mieux camoufler des penchants tribalistes qui sont pourtant bien visibles à travers leurs actes et leurs contradictions, à travers les injustices commises et à travers de nombreuses discriminations.

Non, tout cela n'est pas sérieux! Tout cela est offensant pour le peuple congolais qui trime dans la misère la plus sombre. Par vos gestes et actes, vous avez contribué à asseoir le régime de Kabila sur des bases non démocratiques. Par votre trahison, délibérée, à nos idéaux qui étaient aussi les vôtres, vous avez fait un choix qui implique des conséquences politiques. Avec courage, il faut savoir les assumer et non chercher à continuer à prendre le peuple en dérision. La mascarade est terminée et vous êtes désormais démasqués puisque vous avez trempé activement dans la magouille les turpitudes de Kabila et dans sa baignoire pleine de sang. A tout prendre, vos erreurs, votre appât facile à l'enrichissement personnel au détriment de la population, vos revirements spectaculaires, vos contradictions, votre langage «caméleontesque», votre jeu double, votre manie de vouloir falsifier l'histoire, de vouloir tricher en plein jour, ne font que confirmer la légitimité et la justesse de notre lutte. Notre parti qui est resté fidèle à sa ligne et nos dirigeants qui sont demeurés constants dans la lutte en sortent ragaillardis.

Continuez à vous proclamer patriotes et nationalistes, semez la zizanie et entretenez la confusion dans la masse, c'est bien votre droit dans l'exercice des libertés individuelles. Mais, le peuple qui sait distinguer le bon grain de l'ivraie, exercera aussi le sien, dira son dernier mot, puisqu'il connaît mieux que quiconque, pour en avoir payer les frais, le jeu auquel vous jouez.

---- La rédaction


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