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La confiance désabusée du peuple congolais

Le psychodrame auquel est soumis le peuple congolais depuis des années est loin de s'arrêter. Les apprentis sorciers, les animateurs de la politique politicienne ne cessent de nous révéler, pour ceux qui en doutaient encore, ce dont ils sont capables, ce en quoi ils excellent de plus dans l'exercice de leurs fonctions. Ils confirment dans la quotidienneté de leurs actes qu'ils sont les maîtres de l'arbitraire et les bourreaux du peuple. La tyrannie est en effet leur art. La répression massive de paisibles citoyens et l'exclusion des autres font partie intégrante des méthodes de gestion de leur politique.

Le peuple congolais pris en otage par le pouvoir du "Parti-État" AFDL est entrain de vivre et de subir un véritable cauchemar. La désolation et la stupeur sont plus ressenties dans la population d'autant plus que sur le plan politique il y a une désorientation effrayante, un tâtonnement déroutant, un amateurisme flagrant. Le tout, sur une toile de fond de la restauration de la dictature dans sa forme la plus abominable, la plus cruelle, la plus pernicieuse.

Qui l'aurait cru qu'au terme d'un an d'une transition unilatérale de l'AFDL on serait encore au point de départ ! Qui l'aurait cru que l'autoproclamé gouvernement de salut public allait se précipiter, sans avoir réunies au préalable, d'après les spécialistes en la matière, toutes les conditions essentielles à lancer une nouvelle monnaie, le franc congolais. N'étant pas sûr de la faire accepter sur toute l'étendue de la République - ce qui est déjà un signe précurseur d' un malaise évident et profond au sein de la population - les autorités de l'AFDL se sont lancées dans une campagne folle pour accréditer leur opération. Dans cet ordre d'idées, il leur a fallu jouer sur un élément de poids. Il leur a fallu miser sur un acte susceptible d'aplanir les éventuels écueils sur la voie de la réussite de l'opération "franc congolais".

C'est dans cette optique que notre leader Etienne Tshisekedi a été élargi. Loin d'être un acte politique d'une grande portée, visant surtout à la réconciliation nationale, l'élargissement du leader de l'opposition congolaise n'était qu'un pieux calcul politique dicté par une situation contingente. Erreur d'optique et absence de réalisme politique !

Kabila nous a démontré une fois de plus qu'il a une vision limitée sinon déformée des libertés fondamentales et du droit de jouissance de ces libertés. Il croyait erronément en restituant la "liberté" à Etienne Tshisekedi que celle-ci serait limitée, partielle. Grande erreur !

En homme libre, Etienne se devait de rencontrer les gens et particulièrement ses proches collaborateurs. En tant qu'homme politique qui venait de recouvrir sa liberté, après une relégation qui ne déshonore que ceux qui l'ont commanditée, Etienne Tshisekedi avait un compte à rendre à la nation congolaise entière. Il devait tout le moins, se prononcer sur un certain nombre de points et sur l'avenir institutionnel. C'est ce quil a fait ponctuellement.

De là à aller provoquer un ouragan, une vague d'arrestations contre ses proches collaborateurs tout en laissant libre le premier concerné, c'est-à-dire Etienne Tshisekedi lui-même, alors qu'il devait au même titre que les autres répondre du même chef d'accusation, tout cela ne peut qu'inquiéter fortement tous les congolais qui espéraient déjà vivre une autre saison politique.

Naturellement, cette opération de la "politique de la terre brûlée" qui s'est caractérisée par la vague d'arrestations des proches et sympathisants du leader de l'opposition nationale vise à créer un vide autour de lui, à l'isoler de plus en plus,pour le contraindre à une rémission qui relève, pour la stature de l'homme, du registre de l'impossible. Que les autorités sachent ici que cette tentative est d'office vouée à l'échec car l'UDPS est un agrégat de millions de personnes, hommes et femmes, prêt à se répositionner et continuer le combat de la liberté jusqu'au bout.

En filigrane, il y a donc un acte de préméditation politique pour raser complètement ceux qui constituent une alternative potentielle à l'AFDL. C'est une politique feutrée visant à éliminer l'adversaire avant même d'engager le combat. C'est une politique qui trahit en réalité l'incapacité à maîtriser les problèmes réels dans toutes ses dimensions et dans toute sa globalité.

En fait, dans sa logique bourrue, bifurquée, "machievelisante", Kabila ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Son regard s'est limité à une seule chose, perdant de vue les vrais problèmes sous-jacents à la normalisation de la vie politique du pays. Tous ceux qui ont vite crié hourra à la décrispation de l'atmosphère politique ont vite déchanté. L'homme du 17 mai ne s'est pas encore réveillé. Il continue à torpiller sa propre conscience et celle de millions de personnes par son rêve d'un règne sans partage et sans contrôle. Ses actes quotidiens ne font que confirmer davantage la nature barbare et arbitraire de son pouvoir. Un pouvoir arraché par la force et qui ne peut, dans sa conception, se partager si ce n'est pas par une épreuve de force. La force et non la raison ou le dialogue, constitue la méthode privilégiée par Kabila dans l'exercice de son pouvoir.

Le peuple souverain doit demeurer extrêmement vigilant. Tous les actes posés par le régime de l'AFDL sont des messages clairs envoyés à toute la nation. Ces messages outre à défier et à bafouer les règles élémentaires d'une démocratie, ils vont manifestement à l'encontre du bon sens et de l'intérêt primordial du pays. Les dernières vagues d'arrestations des collaborateurs du premier ministre s'inscrivent dans cette logique et démontrent sans aucun ombre de doute que la confiance du peuple vis-à-vis de ce régime a été largement désabusée.

TENONS BON, L'UDPS VAINCRA.


---- La rédaction


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