UNION
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ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Les deux prémisses de base de l'UDPS: Mise sur pied d'un pouvoir légitimé par le suffrage universel et sauvegarde de l'intégrité territoriale du Congo.

Le Congo est depuis le lundi 03 août en situation de guerre. Une brigade entière de kabila, la 222 ième dit-on, est entrée en rébellion ouverte avec l'autorité centrale de Kinshasa. Cette insurrection armée porte, une fois de plus, la marque indélébile des Banyamulenge lesquels, pas plus longtemps que hier, étaient des alliés fidèles de l'autoproclamé président de la république Kabila.

L'opinion publique se rappellera que ce furent les mêmes Banyamulenge qui, en se révoltant contre le régime Mobutu initièrent la guerre qui favorisa et porta Monsieur Laurent Désiré Kabila au pouvoir.

L'historicité des faits attestent qu'ils ne furent pas les seuls à s'impliquer dans cette guerre. Il eût plusieurs autres troupes (rwandaises, ougandaises, angolaises, erithréennes) qui avaient concouru à défaire les troupes démoralisées et privées du soutien populaire des ex- FAZ du Maréchal Mobutu. Jusqu'ici, il n'y a rien d'étonnant ni de surprenant. Depuis l'aube des temps, des alliances militaires se contractent entre différents pays sur la base de pactes ou de simples accords des circonstances. L'aide que l'AFDL avait reçu, des troupes rwandaises et ougandaises particulièrement, rentre plutôt dans cette dernière logique. Des accords des circonstances dont on ignore la vraie teneur avaient été signés, si pas conclus verbalement entre l'AFDL et es alliés.

La population, las du régime mobutiste qui ne voulait pas lâcher prise malgré son échec sur toute la ligne, acclama l'arrivée victorieuse des nouvelles unités armées. Cependant, très vite son humeur changea. Celle-ci se mua en grogne quand elle s'eut aperçu, avec grande indignation, qu'il y avait dans les attitudes et dans le mode de faire des "nouveaux arrivants" plutôt l'air d'une occupation militaire en bonne et due forme. La pesanteur de cette lourde et triste situation était naturellement plus ressentie par les habitants du Kivu pour leur proximité avec le Rwanda. Mais, en réalité c'est tout le pays qui en a souffert.

Les "amis étrangers" qui avaient aidé à conquérir le pouvoir confisqué pendant plus de trente - deux ans par la clique des "Bana Binza" s'étaient vite transformés en nouveaux conquérants. Des postes de hautes responsabilités dans l'armée et dans l'administration furent confiées à leurs hommes comme trophée de guerre pour récompenser leurs mérites ! Cette politique abominable fut catégoriquement désapprouvée par l'UDPS. A travers le mémorandum, désormais historique, adressé à Mme Albrith et, par son biais, à toute la communauté internationale, le président national de l'UDPS, M. Etienne Tshisekedi, demanda aux autorités de l'AFDL de remercier les troupes étrangères et de les congédier afin que les nationaux puissent trouver le temps et les moyens de résoudre leurs problèmes entre eux.

Enfermé dans une logique obscurantiste et cloué au mur entre deux positions : d'un côté otage des étrangers et de l'autre manipulé et adulé par une cohorte de proches collaborateurs, M. Kabila ne pouvait ou, encore pire, ne voulait pas voir la réalité en face. Il continua à ignorer les avertissements relatifs au danger que représentait la présence des troupes étrangères sur le sol congolais après l'accomplissement de leur mission principale.

Comme pour se donner de l'assurance dans une entreprise mal perçue et mal vue par la majorité de la population, sa démarche opiniâtre mais fondamentalement isolée et insensée fut doublée d'une certaine allégeance à l'égard de ses pays voisins. Dans cette lignée, suite à sa politique désabusante et incohérente, notre pays procéda à des concessions majeures qui préoccupèrent justement bon nombre de personnes. Le Kivu aujourd'hui théâtre des visées annexionnistes de certains pays voisins n'était-il pas depuis un bon moment sous la juridiction de fait du Rwanda ?

Quant à la singularité des soldats Banyamulenge et à la marge d'autonomie dont ils jouissaient apparemment, n'avaient-ils pas, profitant de cette large concession du pouvoir à leur égard, refusé ouvertement d'obtempérer à un ordre de leurs autorités supérieures leur intimant de se transférer ailleurs dans un autre coin de la République ?

Ce signal, loin d'être capté comme une alarme, fut naïvement négligé et mis aux oubliettes par les tenants du pouvoir à Kinshasa. Ils préférèrent s'occuper plutôt, tambour battant, de la rhétorique sur la reconstruction du pays, scandé et balayé rythmiquement par un vent de nationalisme rétro des années 1960. Ils préférèrent aussi démolir les acteurs principaux de l'opposition interne, car ces derniers constituaient à leur égard un danger potentiel pour le pouvoir qu'ils devraient à tout prix apprivoiser. Un des actuels "rébelles", en l'occurrence M. Karaha, ex- ministre des affaires étrangères de Kabila, ne disait-il pas, pince sans rire, que : "Etienne Tshisekedi est un ennemi du peuple", ironie du sort; aujourd'hui il dit , en imitant Tshisekedi, que "Kabila est un dictateur jusqu'au délire"

Dans l'entre - temps les relations avec ses alliés rwando-ougandais commencèrent petit à petit à s'effilocher jusqu'à se ternir complètement. En fait, Kabila s'est finalement rendu compte qu'il ne pouvait pas, face à la grogne interne grandissante, maintenir "ses vieilles promesses" tenues à ses alliés. Du coup la situation a basculé. La dégénérescence dont le pays est aujourd'hui victime est une conséquence logique de la politique d'autruche mal conduite et mal gérée par l'actuel gouvernement. La politique de zèle mêlée d'une dose d'excentrisme menée par Kabila et ses troupes sont à la base de l'incandescence et de la poudrière, déplorables et inacceptables, il faut le dire tout haut, que vivent aujourd'hui certaines parties du territoire national.

Nonobstant tout, la gravité des faits est telle que nous devrions le plus vite possible chercher à remédier à cette situation douloureuse et lacérante qui risque de conduire le Congo à une implosion catastrophique, pour le grand plaisir de ceux qui songent à son morcellement et à son démantèlement afin d'avoir accès facilement aux partages du grand gâteau que sont ses minerais.

Notre sens de responsabilité nous pousse à condamner avec vigueur l'usage de la force comme moyen pour résoudre les problèmes aigus qui se posent sur le terrain. Nous condamnons tout aussi bien l'option d'opposer à la force brutale de la rébellion, une autre force sans explorer au préalable d'autres voies pour la solution du problème. L'enclenchement de ce processus belliqueux risque de conduire notre pays dans un tourbillon infernal où l'enlisement de la guerre et les scénarios de détresse seront le lot quotidien au grand dam de la population et d'un véritable projet de reconstruction nationale.

De notre côté, l'UDPS a déjà joué cartes sur table en indiquant de la manière la plus claire le chemin à suivre. Une table ronde devrait réunir tous les partenaires de la vie politique en vue de définir un cadre juridique devant régir la période de transition. Mais, l'heure est somme toute très grave. Le pouvoir auto-proclamé de Kabila, désormais contesté par ses propres pourvoyeurs représentés par des personnalités telles que Karaha, Bugera , Samson Muzuri et tant d'autres, aujourd'hui ralliés stratégiquement à la clique des ex- mobutistes constituée d'une panoplie d'individus inquiétants dont Pay Pay, Thambwe Mwamba, les ex-généraux Nzimbi et Baramoto ... au côté -- et nous le regrettons -- de Zaidi Ngoma, en version maquisard, devrait ouvrir le plus vite possible grandement ses yeux avant qu'il ne soit tard.

L'UDPS veut baser son combat pour l'instauration d'un état de droit à partir de deux prémisses claires, à savoir, la mise sur pied d'un pouvoir légitimé par le suffrage universel et la sauvegarde de l'intégrité territoriale. Nous ne voulons pas hériter d'un pays morcelé et divisé en lambeaux. Le Congo restera uni tout en permettant l'émergence de chaque province dans le cadre d'un état fédéral tel que nous l'avions prôné à la Conférence Nationale Souveraine. Gare à tous ceux qui cultivent l'esprit de division et de sécession ! Gare aux ennemis d'un Congo uni et fort au centre de l'Afrique ! Gare enfin à quiconque, en vertu des pouvoirs qu'il assume, entraînera le pays vers une implosion !

Nous, filles et fils de ce pays, n'accepterons jamais l'idée du démembrement du pays à partir des forces centrifuges agissant de l'extérieur, moins encore de l'intérieur. Nous, filles et fils du grand Congo réaffirmons l'indépendance et l'intégrité du territoire congolais tel qu'hérité de la colonisation. Tout autre problème est subsidiaire à ces deux prémisses. A bon entendeur salut !

TENONS BON, L'UDPS VAINCRA.


---- La rédaction


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