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[Page principale] [Home page] Une solution concertée s'impose pour résoudre le conflit en coursJour après jour, la guerre au Congo contre le pouvoir de Kabila entre les insurgés d'une part et les troupes loyalistes de l'autre, s'enlise en ajoutant aux multiples désastres et à la destruction matérielle des infrastructures tant urbaines que rurales, un cortège de malheur dans la population. Des familles entières sont disloquées, déchirées par la perte subite de leurs membres. De jeunes vies, pour ne pas parler d'autres classes d'âge, qui espéraient fleurir dans un milieu sain et prospère ont été décapitées sans qu'elles aient goûté le moins du monde aux délices de ce grand gâteau que tous convoitent et qui, paradoxalement, est plus à la portée des étrangers et d'une poignée de gens parmi leurs coadjuteurs locaux qu'à celle des nationaux et de la majorité silencieuse de ce pays. Le passage éclair entre les promesses d'une reconstruction nationale qui n'avait pas encore jeté ses bases opérationnelles et la destruction massive, réelle, rapide et instantanée qui s'en est suivie sont des contrastes qui doivent nous faire réfléchir. Pour les "esprits faibles", Il est naturellement plus facile de détruire et de briser une uvre que de planifier, de construire, pour tout dire, de l'aménager. Il en découle que l'uvre de lotissement et de construction demande du génie, de l'imagination créatrice et plus simplement encore du bon sens. En politique, pour que toute cette conceptualisation soit matérialisée en faits concrets il faut avoir une gamme de qualités et un programme bien étoffé qui nécessite au départ une bonne dose de clairvoyance et de pragmatisme. Ce qui a littéralement fait défaut à l'AFDL, laquelle, au lieu de chercher ce qui est durable s'est appliquée à leurrer les yeux des gens en "construisant des châteaux de sable" démontrant par là une vision limitée du pouvoir doublée d'un amateurisme déplorable ; ce qui a entraîné aujourd'hui tout le pays dans une poudrière. Les conséquences de ce brasier allumé par quelques ténors de l'AFDL(Bizima Karaha, Déo Bugera, James Kabarebe et autres) dans une fronde interne contre leur chef Kabila, autoproclamé président de la république, quelle qu'en soit la durée, - probablement longue - ne pourront être, comme dans toute guerre, que multiples et néfastes pour le pays. Du reste, la population n'est - elle pas la première à en subir les contre coups ? A part la désolation déjà évoquée semée par le vent de mort que nous amène cette guerre, les conséquences sur le plan socio-économique sont à déplorer. Il y a une paralysie des activités normales, ce qui se compte en d'énormes pertes d'argent en terme de non productivité. Il y a des pillages systématiques qui s'opèrent au détriment des biens de la population et du patrimoine national. La coupure par intermittence du courant qui a jeté indistinctement tous les Kinois(hôpitaux, morgues, écoles, usines, quartiers résidentiels) dans l'atmosphère d'une ville "morte" à part les graves dysfonctionnement qu'elle a provoqué au bon déroulement des activités quotidiennes a, comme autre conséquence, engendré naturellement le syndrome de la peur face à une perspective sombre(dans tous les sens) du futur, accentuant la phobie des paisibles citoyens envers toute initiative armée tendant à régler les problèmes politiques par la violence, par la voie de force. Les insurgés qui ont été les premiers à croire en cette solution(de force) et qui s'étaient faits à un certain moment des grosses illusions en pensant avoir le dessus sur Kabila n'avaient pas tenu compte d'autres alliances régionales possibles qui pouvaient se nouer à l'issue de cette guerre. Car, de toute évidence, s'accaparer militairement du grand Congo c'est sans doute mettre la main sur d'énormes richesses. Pour "les nouveaux conquérants" cette perspective était d'autant plus alléchante qu'elle hypothéquait pour eux, sans l'ombre d'aucun doute, un futur rayonnant et fabuleux en terme d'exploitation et de razzia tous azimuts. Les insurgés(membres fondateurs de l'AFDL, coalisés aujourd'hui avec les ex Mobutistes au sein du Rassemblement Congolais pour la Démocratie au Congo, en abrégé RCD) et leurs commanditaires, le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, pour ne pas les citer, n'ont pas inclu dans leur calcul cette dimension. Naïvement ou à dessein, ils l'avaient carrément minimisé se croyant les seuls "ayant droit" d'intervenir pour mettre ou remettre de l'ordre dans les affaires internes de leur voisin. Ils ne se sont pas surtout imaginés qu'en déstabilisant les autres régimes derrière le paravent expansionniste, ils jouaient manifestement un rôle néfaste contrairement aux prescriptions des chartes des Nations Unies et de l'O.U.A. particulièrement. Or, étant donnée la position géostratégique du Congo, leur victoire militaire sur le régime de Kabila pouvait changer la donne sur le terrain et les consacrer de facto comme puissance régionale, ce qui est loin de la réalité. Le risque que cet exemple pouvait aussi susciter était bien à craindre pour les autres pays régionaux. Ce faisant, la réponse des pays membres de la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC) en commençant par le Zimbabwe et l'Angola est venue couper l'herbe aux pieds des ambitions des rebelles et remettre en cause toute la question du leadership régional et de l'ingérence dans les affaires internes des pays limitrophes. La régionalisation de cette guerre multiforme qui a pour épicentre le Congo notre pays ne peut qu'avoir des conséquences très graves sur le développement de l'Afrique centrale et par ricochet, de toute l'Afrique Australe. Pour empêcher que l'on arrive à des situations catastrophiques et pour éviter que l'irréparable ne soit commis, les dirigeants de notre parti l'UDPS, par le truchement de son Secrétaire général, le docteur Adrien Phongo, ont suggéré dès le début du déclenchement des hostilités, à travers le communiqué de presse du 05 août 1998, de privilégier une solution concertée. Cette proposition a été relayé et amplifié par le Président national de notre parti Etienne Tshisekedi lors de sa première conférence de presse tenue le dimanche 23 août dernier, après avoir observé les belligérants se consumer sur le terrain au détriment du peuple congolais sans trouver une solution appropriée. Les uns comme les autres n'ayant pas des capacités de résoudre ce conflit militairement ont recouru aux alliances régionales, pour ne pas parler explicitement de l'agression par les pays tiers appuyant les insurgés Mais, ce ne sont pas les autres qui vont imposer des solutions aux problèmes politiques du Congo. L'échec de Kabila aujourd'hui résulte de ce même schéma où ce sont les autres pays(Rwanda et Ouganda) et les autres puissances occidentales(USA), en utilisant des pions internes, qui s'étaient arrogés le droit de choisir et de placer, en lieu et en place du peuple souverain, un dirigeant à la tête du pays. Des solutions externes si elles ne sont pas fragiles(cas Kabila) ont le défaut d'être antidémocratiques et impopulaires(cas Mobutu). Une place importante devrait être accordée à la dialectique interne, à l'écoute de toutes les sensibilités nationales pour qu'un minimun de consensus soit chaque fois trouvé et accepté par la majorité des représentants du peuple. Sans quoi toutes solutions, qu'elles soient militaires ou issues des pactes signés sans le consentement d'une majorité suffisamment dégagée sur une base démocratique, ne pourraient produire des effets escomptés. A vouloir s'accrocher au schéma de l'usage de la force et de l'extraversion de notre politique, on risque bien de perpétuer la dépendance vis-à-vis de l'étranger et d'appauvrir davantage nos populations au profit d'apparatchik. En offrant sa médiation pour tenter de trouver une solution pacifique, concertée, par des moyens politiques au conflit militaire en cours dans notre pays et qui risque bien de dégénérer et de déboucher sur un conflit régional de vaste portée, Etienne Tshisekedi se montre une fois de plus responsable et se met décidément au dessus de la mêlée. Par ailleurs, la recherche d'une solution négociée ne peut être interprétée ni comme faiblesse, ni comme peur d'un affrontement avec l'ennemi, ni encore moins comme une certaine accointance ou complicité avec les ennemis de la nation. Rappelons-le que l'armée nationale a pour mission primordiale de veiller à l'intégrité territoriale et de repousser avec véhémence toute tentative d'agression étrangère envers notre pays et l'UDPS dans son projet de société l'a affirmé avec force et sans ambiguïté possible. La neutralité apparente qui découle de la position de l'UDPS s'explique essentiellement par le refus d'envoyer les fils et filles de notre pays à la mort avant de prospecter d'autres solutions . Ensuite, l'insurrection dénote dans sa dynamique une complexité dont on ne peut ignorer les autres composantes du maillon qui est à la base de la révolte. Qu'on se le dise franchement, cette insurrection n'est pas seulement l'oeuvre des étrangers. N'est-elle pas en tout et pour tout une copie conforme de celle qui avait menée à l'aboutissement de l'AFDL au pouvoir ?
L'intérêt majeur de notre parti l'UDPS est celui de défendre, de
privilégier (sous réserve d'utiliser la force si cela est nécessaire) les
règles démocratiques quelle que soit la gravité du problème. Ce n'est que
qu'à cette condition et à ce prix que l'on pourra bâtir un Congo fort et
prospère au centre de l'Afrique.
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