UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Le cheminement vers la paix entravé par un dialogue des sourds !

Les lecteurs qui ont l'habitude de surfer sur notre site auront remarqué, sans stupéfaction nous l'espérons, que notre dernier éditorial est resté longtemps en ligne sans que nous puissions intervenir à nouveau. La raison est bien simple. La voie de la concertation que nous avions indiquée et qui reflète la ligne politique de l'U.D.P.S traîne le pied en l'absence d'une volonté ferme des belligérants d'en découdre avec cette poudrière meurtrière. Ils se trouvent tous pris au dépourvus et ne savent plus à quel saint se vouer !

La voie de la négociation bien qu'apparemment simple est en vérité compliquée et délicate à mettre en oeuvre tant, il faut savoir trouver les différents points d'équilibre ou de convergence entre les différents interlocuteurs. C'est sur ce point de jonction où la volonté des uns doit rencontrer celle des autres que l'on peut utilement et valablement jauger le sens de responsabilité des autorités appelées à négocier au nom de leurs populations respectives sachant qu'aucune négociation n'est à priori à l'abri des écueils que les belligérants des deux côtés doivent par ailleurs surmonter.

En dépit des positions lointaines des uns et des autres, la concertation reste à notre avis la seule voie susceptible d'apporter une solution durable au conflit. C'est pour cette raison que la rédaction a jugé utile de continuer à braquer le phare sur un thème qui est et reste encore d'actualité aussi longtemps que, d'une manière ou d'une autre, une solution ne sera trouvée au conflit en cours.

Ces deux mois de silence nous ont permis de suivre l'évolution de la situation tant sur le plan militaire que diplomatique. Il faut bien dire que les choses n'ont pas du tout évolué. Sur le terrain, il y a eu une percée des "rebelles" avec la prise de Kindu. Substantiellement, cette chute de la capitale du Maniema ne présage en rien la victoire finale des rebelles. La défaite des troupes loyalistes a eu un effet thérapeutique sur leurs alliés qui étaient enclin à limiter l'intervention de leurs troupes dans certaines zones, se refusant jusque là de s'engager à l'est du pays, qui est comme on le sait, le bastion militaire de la rébellion. A l'issue de cette amère déconfiture, les alliés se sont finalement décidés de déployer totalement leurs troupes en vue de repousser les forces d'agression en dehors du territoire national.

Cette décision démontre à quel point la guerre doit être encore combattue. Elle démontre aussi clairement combien la distance qui sépare les antagonistes de la paix réelle, efficace et durable est encore très loin dans le temps et dans les intentions.

Entre-temps, un événement de marque est venu caractériser et secouer brutalement le climat de guerre qui sévit au pays. Il s'agit de l'invitation du Parlement européen, suivie de nombreuses autres invitations en provenance des USA, du Canada, de la Suède etc. adressées au leader de l'opposition démocratique non armée et président national de l'UDPS M. Etienne Tshesekedi pour qu'il aille illustrer de vive voix son plan de paix sur la guerre en cours au pays.

Au lieu que M. Kabila et son gouvernement accueillent cette initiative comme une contribution d'un patriote en faveur de la paix, ils l'ont contrecarrée empêchant Tshisekedi de sortir du pays. Cette attitude ne pourrait nullement étonner si l'on sait de quelle manière ce régime a toujours verrouillé l'opposition interne. Kabila pense mieux de s'adresser aux amis étrangers pour porter secours à la nation en proie à une division de fait et ignore littéralement tout apport interne qui pourrait, à bien des égards, s'avérer nécessaire et même indispensable à la résolution définitive du conflit.

Ce fait gravissime illustre les déficiences de ce gouvernement et de l'homme qui le conduit en même temps qu'il nous donne une indication de leur capacité ou incapacité à entreprendre un dialogue fructueux face à un événement aussi grave et troublant comme cette guerre ignoble que le peuple congolais subit ; il nous donne aussi une certaine dimension sur le degré d'ouverture de Kabila et de ses thuriféraires en vue de s'engager résolument dans la voie susceptible de porter à une paix durable.

Jusqu'à ce jour, toutes le négociations entreprises ont échoué. L'enjeu n'est certes pas facile. La fermeté affichée par le pouvoir de Kinshasa afin de juguler avec force les tentatives velléitaires et expansionnistes des pays voisins va certainement dans le sens de prémunir les intérêts du pays. Cependant, comme dans tout conflit, il faut - et l'on est même tenu - de négocier surtout si militairement on navigue dans l'impasse comme c'est le cas actuellement.

Notre faiblesse est bien connue. Le pays n'a pas d'armée pouvant faire face aux agressions même des petits états comme le Rwanda et l'Ouganda. Un comportement responsable s'avère nécessaire afin de trouver une issue "honorable" à la guerre pour éviter que son prolongement ne puisse entraîner trop de dégâts en vies humaines et ne puisse affecter lamentablement les structures socio-économiques déjà précaires. Il est naturellement bien entendu que toute négociation doit prendre pour acquis et donc, nullement négociable, l'intangibilité de nos frontières et notre droit à résoudre nos problèmes sans l'ingérence des pays voisins.

Pour être à même de résoudre ces problèmes internes, nous devrions avoir l'humilité de reconnaître d'abord que le problème existe réellement. Or, la thèse actuelle du pouvoir en place de ne pas reconnaître l'existence de la rébellion est comparable, mutatis mutandis, à la thèse aussi paradoxale que ridicule du gouvernement rwandais qui niait jusqu'il y a quelques jours, en dépit de l'évidence des faits, l'implication de ses troupes dans ce conflit armé. Nous voilà donc à une situation ubuesque et nettement irresponsable. Comble des malheurs, les négociations jusqu'ici entreprises échoppent principalement sur ces deux points. Le dialogue des sourds est engagé au détriment de la vie des milliers et des milliers de personnes qui périssent pour le grand plaisir de ces fossoyeurs de malheurs, de ces fabricants de la mort.

Sur ce point précis, l'hypocrisie de la communauté internationale est à épingler avec sévérité tant, "les grands" de ce monde nous ont habitué à une politique de deux poids, deux mesures. Il est regrettable que jusqu'à ce jour il n'ait pas eu des contraintes assez sévères demandant au Rwanda et à l'Ouganda de retirer leurs troupes du territoire congolais sous peine des sanctions graves à leurs égards.

Quant à nous, il nous semble que, en matière de démocratie, nous devrions nous préoccuper d'abord de notre propre cour avant de se tourner vers le voisin pour lui lancer des reproches. C'est cette attitude que les responsables de l'UDPS ont stigmatisé avec raison qui n'a pas été bien comprise par une partie de la population. Seules des explications adéquates et approfondies pouvaient permettre au Président national et aux autres personnalités et instances du parti d'expliciter à fond leur pensée concernant l'initiative de paix proposée par Tshisekedi.

M. Kabila porte une grande responsabilité dans le déclenchement de cette guerre qui est dirigée contre sa propre personne et son régime d'abord que contre le peuple congolais. Son attitude de fermeture à l'égard des autres forces vives du pays au moment où le torchon brûle intensément et que notre pays, à travers sa personne, a lancé un vibrant appel à toutes les filles et fils de ce pays pour lui venir en aide, est inexplicable. Comme il est inexplicable et insoutenable qu'il puisse délibérément et sans aucune raison valable embrigader toute démarche visant à solutionner la crise actuelle.

Le président Mugabe qui est avec Dos Santos un des principaux alliés de notre pays semble, en dépit de sa détermination d'en venir au bout de cette rébellion militairement, avoir des idées claires quant à la solution définitive du conflit. Il soutient, - et ces propos sont bien indicatifs que " ceux qui veulent la paix doivent donc parler aux agresseurs et faire pression sur eux pour qu'ils retirent leurs troupes". Nous pourrions le compléter en disant, "après il faudra bien que M. Kabila résolve le problème de la fronde interne au sein de l'AFDL qui a abouti à cette guerre ; il faudra bien qu'il mette en place des institutions de transition impliquant la participation d'autres acteurs politique en dehors de l'AFDL etc."

Autrement, si chacun ne voit le problème que sous son angle préféré, ce conflit qui piétine déjà va certainement s'enliser pour bien longtemps. Il est déplorable et regrettable que le cheminement de la paix soit entravé, comme c'est le cas présentement, par une tergiversation outrée d'un dialogue de sourds.

TENONS BON, L'UDPS VAINCRA.


---- La rédaction


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