UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Le respect des principes démocratiques envers et au delà tout !

Le malheur qui nous frappe actuellement devrait nous conduire à plus de circonspection afin de déceler, sans détour, les principales causes qui sont à l'origine de la situation flamboyante et incendiaire qui ébranle tout le pays au risque de provoquer son morcellement et sa balkanisation. Cet exercice de discernement s'impose d'autant plus qu'aux sentiments de douleurs et de déchirements dûs à la perte de nombreuses vies innocentes, que nous comprenons et partageons fortement, se superposent pour des finalités purement politiques et mercantiles, une surenchère et une déformation de la réalité.

Curieusement, atrocement et cyniquement, la guerre, en vaste champ de morts, peut se transformer en mine d'or et en fabrique de gloire pour certains individus sans scrupules. Kabila n'a-t-il pas chercher à renforcer dans l'imaginaire collectif, à coup de slogans et de discours haineux, sa stature de "nationaliste" et d'anti-impérialiste viscéral ?

En réalité, derrière tout ce fumigène construit sous l'impulsion d'une psychose populaire horrifiée par les conséquences barbares d'une guerre multiforme se cachent des intentions difficiles à dissimuler. Il y a le but non avoué d'escamoter et de cacher l'inconsistance d'une politique qui a connu une implosion et une forte défragmentation de son tissu interne. Il y a aussi la tentative de masquer une série d'incohérences et de faux pas qui ont marqué jusqu'ici la plupart des actions du gouvernement de M. Kabila faisant apparaître ainsi en filigrane toutes les contradictions et l'absence de vision, à court et à long terme, de sa gestion de la chose publique.

En voulant monnayer sur cette guerre, en voulant à tout prix capitaliser sur les malheurs de la population, le gouvernement de M. Kabila a perdu de vue un point fondamental. Le pays, n'est pas l'affaire d'un individu, fusse - t - il Chef de l'Etat. C'est l'affaire de toute la communauté nationale. Et cela est d'autant plus vrai au moment où son intégrité territoriale et physique est menacée. Une des conséquences de cette légèreté est la division interne que ce conflit armé a fini par opérer entre les partisans d'une guerre à outrance prônée par Kabila, c'est-à-dire, jusqu'à la capitulation des agresseurs et ceux - l'opposition démocratique et de la majorité silencieuse - qui croient en une solution concertée du conflit.

La nature de cette division basée essentiellement sur la façon d'appréhender le conflit en lui-même a généré deux approches qui diffèrent selon que l'on se place dans la logique d'une agression extérieure ou selon que l'on y implique l'existence d'une rébellion interne, appuyée, cela est désormais archiconnu de tous, par les armées étrangères du triangle rwando-burundo-ougandais.

Cette dichotomie n'est pas un facteur à prendre à la légère. Elle explique beaucoup de choses et sert de clé pour comprendre et interpréter l'attitude de l'opposition non armée. Ainsi, le choix opéré par l'UDPS et ses alliés, bien que pourvu d'une cohérence interne profonde, paraît déconcerter certains de nos concitoyens. Pour certaines personnes, qui ne tiennent malheureusement pas compte des limites sur le plan humain et financier qu'imposent une guerre de longue durée, toutes les énergies du pays doivent être exclusivement consacrées à cette guerre. Autrement dit, tous les autres problèmes institutionnels devraient être renvoyés sine die.

Cette façon de concevoir et de voir les choses, même si elle tire son fondement sur une motivation réelle et hautement patriotique, nous paraît néanmoins moins réaliste. En fait, en dépit de la guerre, le gouvernement continue à exercer son pouvoir et à diriger le pays encore sous son autorité. Le gouvernement Kabila n'a pas que les yeux et le coeur braqués au front. Les comités de pouvoir populaires ont été installés avec pompe. La loi sur la libéralisation des activités des partis politiques selon la "bible" et le crédo de Kabila a été promulguée sans le moindre souci d'ouvrir réellement l'espace démocratique.

Manoeuvre dilatoire servant d'appât à la consommation externe outre qu'une tentative malsaine d'assouvir, une fois de plus, les manies dictatoriales du "Mzee", lequel, en faisant table rase des autres réalités précédentes, considère l'ère Kabila comme le point zéro de tout départ. Cette vision, pour les limites qu'elle démontre, ne pourrait jamais être acceptée comme principe pour un renouveau démocratique. Elle est, il est inutile de le souligner, dans son essence et dans ses conséquences, incapable de favoriser l'émergence d'un consensus national susceptible de relancer sur des bases solides la reconstruction du pays.

Au lieu de plonger dans la démagogie et dans des tentatives futiles d'usurpation et d'abus du pouvoir, le gouvernement aurait pu saisir cette occasion funeste où le pays subit une agression pour rassembler autour de lui sympathisants et opposants afin de les unir contre ceux qui ont provoqué cette guerre odieuse et dispendieuse.

Le gouvernement Kabila a de façon grotesque tergiversé devant d'autres alternatives visant à alléger la misère et les scènes horripilantes provoquées par la guerre. Il est resté, on s'en souviendra, contraire aux positions anti-bélliqueuses de l'opposition non armée. Cette même tendance de répulsion vers toute forme de négociation s'est manifestée à l'égard de l'opposition militaire entraînant un enlisement des pourpalers et des échecs en cascade de toutes les initiatives entreprises pour parvenir à un cessez-le feu provisoire ou à la cessation pure et simple des hostilités.

De son côté, l'opposition non armée, forte de ses convictions, n'a pas tu en vertu de la guerre ses revendications traditionnelles et ses critiques acerbes contre le régime kabiliste. Dans le plan de paix élaboré par le parti et présenté par son président national, outre à proposer des pistes pour sortir de cet enlisement, le texte a dressé une critique très sévère à l'endroit du régime de Kabila. Récemment encore, toute l'opposition en bloc s'est levée comme un seul corps pour bouder la loi bidon et anticonstitutionnelle sur la libéralisation des activités politiques. L'UDPS ne se sent en rien concernée par cette loi concoctée dans l'unique but de semer les embûches sur le parcours devant porter à la normalisation de la vie institutionnelle.

Tous ces faits et actes démontrent, s'il en était encore besoin, la force de caractère des autorités de l'UDPS. En dépit de multiples menaces et au prix de leurs arrestations, ses dirigeants continuent de prôner le respect des principes de base devant régir tout état de droit. Ces principes, soit dit en passant, furent déjà énoncés au début de cette guerre et constituent par ailleurs la litanie idéologique et l'arsenal argumentaire que notre parti a opposé hier à Mobutu et oppose avec la même énergie aujourd'hui à la dictature de Kabila. Cette ténacité déroute et déconcerte les personnes non avisées. Dans la foulée, on arrive à confondre la cohérence exprimée avec force de caractère avec le laxisme ou encore pire, d'avec la trahison envers le pays.

Le combat de l'UDPS pour l'instauration d'un état de droit ne peut s'arrêter devant les atrocités et les actes de barbarie commis de part et d'autre. A contrario, devant l'ampleur de ce qui paraît de toute évidence comme une entreprise dont la folie meurtrière n'est plus à démontrer, l'UDPS ne peut que redoubler de vivacité en vue d'affirmer haut et fort ses principes sacro-saints. Ces mêmes principes, fruits du bon sens et du pragmatisme politique écartent sans même la tenir en considération, puisque non négociable, l'hypothèse d'une quelconque remise en question de nos frontières autant qu'ils autorisent à privilégier la voie de dialogue tant à l'intérieur qu'avec nos ennemis qui nous font la guerre par le truchement des fils de notre propre pays interposés.

La cohérence interne et l'esprit de lutte qui nous animent voilà plus de 18 ans ne peuvent être bradés à si bon marché. Nous ne pensons pas, en dépit de la gravité de la situation actuelle, qu'il va falloir dissocier ce moment douloureux et triste de notre pays des efforts pour ramener le pays sur la voie de la démocratie et du respect des droits de la personne. La guerre est et reste pour nous la priorité des priorités. En tant que telle, elle doit en conséquence absorber notre attention et le gros de nos énergies. Cependant, loin d'éteindre la pensée libre et critique, elle devrait par dessus tout nous pousser à ne pas disperser les efforts et à se concentrer avec priorité et intelligence sur l'essentiel, sur la possibilité d'explorer les solutions pacifiques, d'explorer les voies pouvant conduire rapidement nos populations et toute notre collectivité nationale à un développement intégral, gage d'une paix durable.

La rédaction


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