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Le décret-loi n° 194: Une loi pour assujettir les activités politiques

Faut-il croire ou non à la bonne volonté du "législateur" de cette loi qui est, on ne peut le dire, très controversée ? Comment se fait-il que cette loi, qui est censée libéraliser les activités politiques en R.D.C., tend plutôt à les assujettir qu'à les affranchir au vrai sens du mot ?

La population congolaise, qui depuis les années 80 rêve de la démocratie, du multipartisme, de la liberté, etc., a pu - au prix notamment de sacrifices humains (massacres de chrétiens 16 février 1992) - reconquérir tout ce patrimoine lors de la Conférence Nationale Souveraine (C.N.S.). Certes, en raison du chassé-croisé entre les tenants de la dictature et les pourfendeurs de la démocratie, les acquis de la C.N.S. n'avaient pas encore pris racine dans le pays. Mais personne ne pouvait douter que le canard boiteux, le Zaïre de l'époque, se dirigeait vers le bon port. Au moment où le peuple commençait à perdre espoir, une loi de la nature a arrangé les choses; le dictateur est tombé malade. Avec le diagnostic du cancer, il semblait de plus en plus évident pour le peuple que, cahin-caha, la roue de l'histoire tournait sa faveur.

C'était sans compter avec Kabila qui, financé par certaines puissances étrangères, annonce "sa guerre de la libération" en partant de l'Est du pays. Jouant à la démagogie, il promettra monts et merveilles au peuple et à ses maîtres. Arrivé à Kinshasa un 16 mai 1997, il se révélera être un remède pire que le mal. C'est alors qu'il surprendra les Congolais dans leur rêve fou de démocratie, du multipartisme, de liberté, etc. Il suspendra les activités politiques dans le pays. Tant et si bien que pour le peuple non seulement que le réveil va être douloureux, mais encore il croit faire un cauchemar. Certains ne croiront ni à leurs yeux ni à leurs oreilles. Aussi ils vont défier Kabila, ils seront exécutés après avoir été jugés par le tribunal militaire, juridiction d'exception mise en place par Kabila pour juger civils et militaires qui violent la loi sur la suspension des activités politiques. Quant aux autres, ils iront en prison ou seront relégués dans leur village natal.

Après plus de 21 mois de pouvoir sans partage, Kabila prétend avoir décrété une loi sur la libéralisation des activités politiques. Est-il vraiment sérieux ? La lecture de la loi révèle un texte juridique injuste et indigeste, une compilation des idées éparses, un ramassis de principes démocratiques agencées sans aucune cohésion, une incapacité de saisir la dynamique de la société, bref une farce en forme de loi décrétée par des politiciens en mal de pouvoir. Est-il étonnant, dès lors, que le lecteur conserve un arrière goût de moisi et du déjà-vu? D'aucuns n'hésiteraient à comparer cette loi à une charte coloniale, rédigée par des évolués qui se prennent pour des colons. Déjà avec un Mobutisme décadent, une telle loi était anachronique. En 1999, cette loi n'est rien d'autre qu'un vestige du passé, et une erreur historique.

Avec la promulgation de sa loi d'assujettissement des partis politiques, Kabila ne fait qu'exacerber le rejet de son régime par le peuple congolais, conscient de ses responsabilités devant l'histoire. En créant un tel fossé entre lui et le peuple, Kabila rapproche, sans le savoir et sans le vouloir, ce peuple opprimé à ceux qui aspirent faire de la démocratie dans notre pays une clé de voûte du système politique. Aveuglé par le pouvoir, il semble oublier que les hommes passent mais l'Etat demeure. L'UDPS, qui est pour un Etat fort au sein duquel les individus rendent service à la nation de droit, considère cette loi comme un rendez-vous manqué vers la normalisation de la vie politique. Aussi , la réaction légitime de notre Parti a consisté à rejeter cette loi inutile. L'UDPS croit sincèrement, et avec raison, que Kabila fait perdre du temps à toute la nation. Notre peuple est suffisamment responsable pour prendre son destin en main. Les libertés et droits reconquis, lors de la C.N.S., sont inaliénables et imprescriptibles. Personne, et alors, personne ne peut - sans mandat populaire- restreindre ces acquis de la C.N.S. Toute tentative dans ce sens ne serait qu'une provocation, contre laquelle le peuple réagira en conséquence.

Le décret-loi n° 194 contient des dispositions pénales applicables en cas de violation. Comment pourtant peut-on respecter une loi qui, par essence, est injuste? Dès lors, il nous semble bien clair que nombre de nos combattantes et combattants finiront dans les prisons de Kabila. Ces prisonniers d'opinion seront les héros de demain. A ce propos, Kabila ignore-t-il la règle de la nature selon laquelle quand les manifestations pacifiques sont rendues impossibles, la réaction violente devient inévitable? Aura-t-il des boucliers suffisamment solides pour résister à la réaction populaire? La fin du mobutisme a confirmé la vulnérabilité historique des dictatures. Voilà pourquoi tous comme un, nous devons faire savoir au dictateur Kabila, que la volonté populaire triomphera!

Tenons bon, l'UDPS vaincra!

 

---- La rédaction


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