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ET LE PROGRÈS SOCIAL




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L'UDPS face au risque de la recrudescence de la guerre en RDC

La trêve stipulée au lendemain des accords de Lusaka signés le 10 juillet dernier est tombée en désuétude avant même que ceux-ci ne trouvent leur pleine application. La récente décision du gouvernement Kabila en date du 13/11/99 d'instaurer un couvre-feu sur toute l'étendue territoriale sous son contrôle en est la dernière illustration. Bien avant, beaucoup de signes avant-coureurs démontraient que la trêve observée jusque-là n'était que temporaire.

Les belligérants y avaient été poussés par l'effet simultané d'une pression de plus en plus croissante de l'opinion tant internationale que nationale. Mais aussi, ne fallait-il pas y voir une certaine malignité stratégique pour gagner du temps en vue de renflouer leurs forces respectives ? Seulement, voilà qu'au moment où l'on s'apprêtait à préparer une table ronde pour renouer avec le dialogue, qui est la seule voie pouvant nous permettre d'en découdre définitivement avec les causes multiformes qui sont à la base de ce brasier, que le climat dévient incandescent; les deux fronts étant prêts à faire usage de la force.

Au début de ces hostilités, l'UDPS par le truchement de ses dirigeants avait exprimé haut et fort son indignation et sa réprobation contre les conséquences funestes que pouvait engendrer cette guerre inutile sur le dos de nos populations et du trésor public. Le plan de paix proposé par notre Président national était le moment clou de cette offensive. Il visait notamment à arrêter la guerre alors qu'elle n'était qu'au début et du même coup, trouver des solutions durables à la crise qui secoue le panorama politique depuis l'accession de l'AFDL au pouvoir.

Cette initiative qui fut négligée et boudée en ce moment-là, a été reprise plus tard. Elle a trouvé sa concrétisation dans les accords de Lusaka. Cependant, la donne n'était plus la même. Puisque les conséquences causées par le retard de perception et par divers atermoiements concernant la voie à suivre pour sortir rapidement de ce bourbier sont là, visibles et palpables. Nous nous trouvons aujourd'hui, malgré nous, avec un pays divisé, ayant une bonne partie de son territoire sous le contrôle des forces étrangères.

Curieusement, notre parti qui n'exerce pas le pouvoir a été critiqué pour son attitude de "neutralité active" devant les belligérants. Certaines personnes amnésiques feignent d'ignorer que l'UDPS a toujours prôné la non violence et qu'elle a toujours été à l'avant-garde du combat pour l'instauration de la démocratie et d'un Etat de droit au Congo. Ces deux postulats excluent par ailleurs l'usage de la force comme moyen topique pour résoudre les conflits de nature politique. Forts de ces convictions, nos dirigeants et tout l'appareil du parti au pays comme à l'étranger se sont fortement impliqués dans la recherche pacifique d'une voie de sortie à cette guerre maudite.

De toute façon, en tant qu'une grande force de l'opposition consciente de ses responsabilités vis-à-vis de la nation, l'UDPS n'a jamais fait mystère de sa position relative à l'intégrité territoriale du pays. Sur ce point, notre attachement au terroir dans sa forme héritée de la colonisation est très profond et indéfectible. C'est avec raison fondée que l'on considère que c'est une matière sur laquelle on ne peut ni transiger ni envisager une quelconque forme de négociation. Cette prise de position ferme situe et éclaire les visées politiques de l'UDPS.

Pour parvenir au dénouement de cette guerre qui revêt une dimension multiforme, il faudrait que les nombreux arguments qui constituent la pomme de discorde soient traités avec sérénité et avec beaucoup plus de rigueur. Cela, afin de balayer au passage tout un éventail de problèmes qui bloquent la mise en place des structures démocratiques. Qu'on le veuille ou non, une phase transitoire impliquant la présence des majeures forces politiques du pays est nécessaire. Elle servira à créer les conditions adéquates afin d'aboutir à un nouvel ordre politique. Ce qui permettrait du même coup d'éviter que la gestion de la chose publique ne soit l'apanage d'un groupe d'individus.

Mais, puisque certaines personnes se laissent encore impressionner par le crépitement des armes que par un langage responsable, dicté par tout refus de violence, nous pensons qu'il est utile, dans la phase actuelle du développement du pays, de modeler notre société vers des valeurs intrinsèques ! C'est pour cela que l'UDPS continuera à poursuivre sa vocation de paix, en précurseur, afin de montrer la voie à suivre. Celle-ci est de toute évidence plus difficile à mettre en pratique. Car, outre à demander la possession d'une certaine maturité, elle fait surtout appel à la persévérance et à l'endurance. Qu'on se détrompe, sans l'intériorisation de ces vertus, la bataille pour la démocratie ne pourra se vaincre ! En fait, notre long combat pour incarner dans nos institutions ses valeurs le démontre éloquemment. Beaucoup d'entre-nous ne se sont-ils pas essoufflés sur le long du chemin? Que dire des autres qui voulaient conquérir hic et nunc le pouvoir, tout en brûlant les étapes fondamentales sans la maîtrise desquelles, le pays continuera à sombrer dans des crises interminables!

Par le dernier appel lancé à Kinshasa le 10 novembre dernier par notre Secrétaire général, le Dr Adrien Phongo, l'UDPS s'est une fois de plus montrée un parti responsable et hors du commun. Un parti national et nationaliste qui défend les intérêts du pays et du peuple congolais. Nous n'avons pas l'habitude de clamer notre nationalisme. Nous le vivons et le commutons dans la quotidienneté des faits et des actes en s'exposant au feu de l'action et à la critique facile. Inquiet de la dérive que pourrait entraîner la recrudescence de la guerre au pays et prenant son courage entre ses deux mains, le Secrétaire général de l'UDPS va droit au cur de la problématique en commençant son mot d'adresse aux belligérants par cette phrase très significative et lourde de responsabilité : "Craignant de voir l'Etat se désintégrer totalement, l'UDPS invite les belligérants à éviter la reprise de la guerre". Le reste du texte aussi riche en contenu, explicite de façon claire le pourquoi de cet appel et indique les voies à suivre pour parvenir à la concorde nationale.

Pour nous, la paix n'a pas de prix si ce n'est le prix du courage. Un courage qui implique l'honnêteté dans l'appréhension des problèmes divergents qui se posent. Un courage qui implique la prise de conscience de la gravité de la situation actuelle avec le risque de l'éclatement du pays et enfin, un courage d'aller droit à la recherche d'une solution durable pour sortir de cette crise, sans causer d'ultérieures conséquences à notre cher pays.

Devant deux forces centrifuges, agissant en direction diamétralement opposée, nous devons opérer un choix. Celui-ci doit être, par la force des choses responsable et conséquent. C'est-à-dire, il doit viser à préserver en premier lieu les intérêts du pays et du peuple congolais. Ce choix, compte tenu des circonstances, ne peut que venir du fond du cur. Avec le Dr Phongo nous disons : "Choisissons tous la paix et non la guerre. Choisissons la vie et non la mort".


---- La rédaction


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