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[Page principale] [Home page] La vision d'un leaderLe leadership de Kabila est à mettre en question !
En politique, le leadership ne s'improvise jamais. Car, qu'on le
veuille ou non, la stature d'un homme d'Etat finit toujours par
émerger de l'ensemble des actes qu'il pose. Un vrai leader
est celui qui a non seulement une vision clairvoyante de la situation
présente mais surtout une vision futuriste de son pays. Il doit en
outre, posséder des éléments
clés pour pouvoir influer de manière incisive et positive sur
l'histoire de son pays. Avec la fin du régime sanguinaire de Mobutu,
le peuple congolais a cru que Kabila, l'ex-chef rebelle, allait le conduire
vers des lendemains meilleurs.
C'était accorder prématurément du crédit à
celui
qui, aujourd'hui,
devant la complexité des événements, révèle
sa déficience dans le
mode d'y apporter des solutions concrètes et résolues. Et
pourtant, face
à tout un éventail de solutions, il a
préféré privilégier son
intérêt personnel en lieu et place de l'intérêt
national. Pour ne pas avoir la
mémoire courte, rappelons à nos lecteurs et lectrices les
suggestions qui lui avaient été faites par notre leader
Etienne Tshisekedi pour
qu'ils
se rendent compte de la légèreté avec laquelle lesdites
propositions
ont été accueillies, on peut le dire avec le recul du temps,
à tort.
Primo, quand Kabila est arrivé à Kinshasa, notre leader a
demandé de le
rencontrer. Il a refusé et a envoyé un de ses collaborateurs
à
sa place,
faisant ainsi comprendre au leader de l'UDPS qu'il ne jouait pas
dans la
même catégorie que lui. Grave erreur politique! Tshisekedi
restera ferme et se retrouvera plus tard en prison dans le village natal de
ses parents.
Il
a
fallu
attendre une année pour que Kabila reconsidère le rôle
que jouait
jadis
l'opposition pacifique à l'intérieur même du pays. Ce
changement de cap a
fait qu'il puisse se rendre finalement compte de l'importance de la
rencontre avec le leader de l'UDPS.
Comme par miracle, celui à qui on avait remis un tracteur et quelques
grains
devenait subitement un interlocuteur valable. Quand on est incapable
de
saisir l'opportunité d'une telle rencontre et les retombées
possibles
qu'elle pouvait avoir sur le cadre institutionnel du pays, on n'a
pas,
décidément, la vision d'un leader.
Secundo, notre leader lui a demandé de signifier aux pays amis,
qui ont
aidé la R.D.C. pour se débarrasser du dictateur Mobutu, de
rappeler leurs
troupes(militaires) afin que le peuple du Congo puisse laver son
linge
sale en famille. A l'époque, Kabila y a opposé un refus
catégorique. Une
fois de plus, il a fallu attendre une année pour qu'il
perçoive le
danger
d'avoir des
étrangers dans les organes de direction et commandement du pays.
Une fois
de
plus, le président autoproclamé n'avait pas compris à
temps la
justesse
du
sens patriotique de notre leader et de beaucoup d'autres personnes
qui
ont
abondé dans ce sens. Quand on est incapable de voir que son peuple
est
sous
le joug étranger, quand pour des raisons d'opportunités
personnelles on
se
fait complice d'une telle situation, on ne peut prétendre, sous
peine
d'être
en contradiction avec soi-même, être leader du peuple qu'on
meurtrit.
Tertio, notre leader a toujours mis en exergue la nécessité de
mettre en
place un cadre juridique constitutionnel ou, faute de mieux,
d'aménager
le
schéma tracé par la Conférence Nationale Souveraine
(CNS) en
fonction de
la
nouvelle donne politique. Kabila a récusé le schéma
tracé par
la CNS pour
fonctionner par décrets circonstanciels. En outre, il a
décidé
de mettre
en
place une Constituante composée d'individus qui seront nommés.
Cette
procédure est non seulement incompatible avec la pratique des Etats
modernes
mais relève purement et simplement de
l'arbitraire. Ne pas tenir compte des considérations et critiques
qui
émanent de la majorité sur un point aussi délicat que
celui de
doter
notre
pays d'une charte constitutionnelle qui dériverait de la
participation
de
toutes les forces vives de la nation est une erreur grave qui
démontre
une
fois de plus qu'on a pas la vision d'un leader politique.
Quarto, la mission d'enquête de l'ONU sur le génocide rwandais a
fait
face
aux obstructions et manoeuvres dilatoires de la part du gouvernement
Kabila.
Notre leader avait suggéré de collaborer avec l'ONU et de faire
preuve de
transparence afin de laver le peuple congolais de tout soupçon
d'avoir
commis le génocide sur le peuple rwandais. Loin de là, Kabila
est
allé
jusqu'à déclarer en public qu'il ne fallait pas aider les
observateurs de l'ONU dans leur enquête. Quand on s'attelle à
protéger
les
génocidaires et que l'on couvre le peuple congolais tout entier de
souillures ignobles et non méritoires, on n'a vraiment pas sa place
à
la
tête des institutions républicaines. Et on manque la trempe
d'un
leader
visionnaire.
Quinto, notre leader a toujours recherché le dialogue, la
persuasion
plutôt
que le monologue et la contrainte. Toutes ses prises de position
depuis
Kabeya Kamuanga, comme par ailleurs la position traditionnelle de
l'UDPS,
promeuvent les principes de la Démocratie et le respect des
Droits de la personne. Par contre, Kabila, qui s'est illustré dans
la
confiscation des libertés publiques et dans les violations
flagrantes et
systématiques des droits de la personne, a toujours tenu un langage
ingrat, arrogant et agressif a l'égard principalement des
Américains
sans
lesquels, il ne
serait jamais
président. Toutes les démarches des Etats-Unis pour tenter de
le
raisonner
se sont soldées par des échecs cuisants. Il a fallu enfin
attendre
plus
d'une année pour que Kabila envoie son ambassadeur aux Nations
Unies avec une lettre pour Bill Clinton afin de solliciter l'aide de la
superpuissance
américaine. Quand on est incapable de saisir les enjeux
stratégiques en
cette fin de siècle, on manque définitivement la vision d'un
leader.
Que dire de plus, sinon qu'il n'est point suffisant de
s'autoproclamer
président de la république pour avoir l'étoffe d'un
bon leader
et avoir
conséquemment une bonne vision politique.
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