UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL

 

 


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La CEI doit impérativement publier les résultats définitifs!

 

Quatre jours après son déroulement, le  référendum des 18 et 19 décembre ne nous a toujours pas dévoilé ses résultats définitifs et la CEI continue à  nous abreuver de chiffres partiels au compte goutte. Que la  victoire du "OUI" sur  le "NON" ait été clamée dès le départ, cela ne pouvait surprendre personne, c'était attendu. En effet, dans ce système vicié et injuste, où la précipitation, la manipulation et l'instrumentalisation du peuple ont prévalu, la communauté internationale associée aux gestionnaires du pouvoir et la CEI, se sont ligués, chacun avec ses arguments propres pour en forcer le résultat afin de réussir leur projet commun de l'asservissement de notre peuple. La communauté internationale, via notamment le CIAT (comité international pour l'accompagnement de la transition) et les délégués de l'UE (union européenne) qui se sont succédés en visite au Congo, n'a pas hésité à intimider le peuple congolais par des menaces à peine voilées de fermeture du robinet de l'aide au Congo si la population se hasardait à rejeter le processus en cours. L’acceptation du projet de constitution par les congolais demeurait un impératif vital, pour toute collaboration future avec la communauté internationale et ne pouvait souffrir d’aucune mise en cause. Le peuple congolais n’avait droit à aucune réflexion et devrait accepter, les yeux fermés, ce qui lui était soumis. Le référendum devait être une formalité pour avaliser  un projet dont le contenu lui était inconnu! La communauté internationale, par la voix du ministre belge de la coopération lors de sa 5ième visite en moins d’un an au Congo, dont il a fait un pays de villégiature, déclarait dernièrement que le « NON » au référendum serait un suicide collectif ! Le décor était ainsi planté! Les animateurs du pouvoir ont, pour leur part, exhibé l'épouvante d'un retour à la guerre et au chaos en cas de victoire du "NON" au référendum". Pour ajouter à la démagogie, ils déclaraient à l’attention du peuple  dont on connaît la répulsion contre eux que la victoire du «NON» équivaudrait  à une prolongation du «1+4=0», sans autre forme de procès, sans autre argument. Quant à la CEI (commission électorale indépendante), dont le rôle est de piloter de manière neutre et indépendante tout processus électoral en veillant à l'équité, elle a failli à cette tâche. Non seulement elle a, de manière délibérée, négligé d’accomplir son devoir de vulgarisation du projet de constitution à soumettre au référendum, mais elle a ostensiblement montré son inféodation au pouvoir en battant campagne pour la victoire du "OUI" au référendum.

Pourtant, cette victoire annoncée du "OUI" n'a toujours pas livré les détails de ses résultats pompeux. L’ambiguïté et l’aberration des chiffres aujourd'hui affichés  laissent perplexes les observateurs avertis, qui se posent avec raison la question de la crédibilité du référendum, qui doit se fonder sur un taux significatif de participation. Car, en cette matière, le taux  de participation est un paramètre essentiel pour apprécier l’adhésion de la population et l’importance accordée au processus par le peuple. Mais le silence sur cette question reste complet à ce jour et la CEI continue à  annoncer les résultats de manière biaisée pour maintenir le suspens. Cette façon d’agir est sans doute une stratégie de manipulation bien pensée dont l’objectif est celui d'occulter la signification profonde des chiffres. Ils sont tout ce que l'on veut, sauf explicites et ne permettent nullement de connaître le niveau réel de l’acceptation par le peuple de ce processus vicié et injuste. En effet, si les nombres par rapport auxquels les pourcentages relatifs sont calculés ne sont pas explicitement  déclarés,  c’est-à-dire, les nombres relatifs d’enrôlés et de votants considérés, les pourcentages annoncés ne veulent rien dire et  les résultats déclarés ne peuvent s’apparenter qu’à de la manipulation! 78%  est un rapport important qui ne peut être significatif qu’en fonction du nombre de base. Expliquons-nous ! 78% sur un total de 5.000.000 de votants représentent 3.900.000 personnes. Ce pourcentage aura une signification moindre que 78% sur un total de 25.000.000 votants qui représentent 19.500.000 personnes. Comme on peut s’en rendre compte,  la différence est de taille et la signification politique que l’on peut en tirer saute aux yeux immédiatement.  Il est donc important  et urgent que la CEI s’acquitte immédiatement  et avec diligence de cette obligation légale.

Les enregistrements des électeurs avaient été effectués par un outil technologique coûteux de pointe dont la CEI et ses mentors se targuaient les performances admirables, susceptibles d’être réalisées le moment venu. Balivernes ! Aujourd’hui, rien de tout cela n’est au rendez-vous, c’est la désolation. Cet outil informatique n’a pas démontré son utilité. Il n’a pas été utilisé pour confectionner les listes légales nécessaires  et obligatoires dans les bureaux. De nombreux observateurs sont témoins pour assurer que les listes étaient absentes. Sans liste électorale, il est excessivement difficile d’effectuer des opérations fiables et de contrôler les électeurs de manière procédurale. Y aurait-il des conditions plus favorables que celles-là pour favoriser et faciliter la tricherie?

 

La publication des  pourcentages sans référence au nombre total de votants est certainement une méthode dont l’objectif est d'influencer les opinions tant nationale qu'internationale. En ce qui concerne l'opinion nationale, considérée à tort par la CEI (CIAT, UE) comme essentiellement constituée de  populations crédules et naïves, il s'agit de lui faire croire que la majorité du peuple congolais a adhéré au processus vicié et injuste en cours par la porte du référendum, et par ce biais, la conditionner dans cette voie de l’acceptation et du fait accompli pour les futures échéances électorales, en comptant sur le matraquage du message qui n’a pas cessé d’écorcher nos oreilles depuis la fin du vote et qui dit : « le OUI a gagné avec plus de 78% ». Quant à l'opinion extérieure, on le sait, elle est prête à prendre pour argent comptant toute information bien enrobée par les médias. On lui présente,  avec ces chiffres biaisés, la victoire du « OUI » comme la réussite écrasante d’un processus pourtant mal préparé et aux nombreuses tares, afin de faire l’éloge de ses animateurs qui mériteraient, le moment venu, d’engranger la récompense d’une œuvre achevée et de marginaliser ainsi ceux qui ont opté pour une position contraire.

Le retard de la proclamation des résultats définitifs serait apparemment dû au retard dans le dépouillement qui devait se dérouler dans les nombreuses écoles qui ont servi de bureaux pour le référendum. Ces écoles ayant été fermées à l’occasion de cet événement, le dépouillement continue-t-il encore malgré le retour des écoliers en classe, ou bien les écoles restent-elles fermées? Sinon, dans quelles circonstances et où le dépouillement s’effectuerait-il aujourd’hui? Quoi qu’il en soit, l’absence de listes électorales dans les bureaux ainsi que la non publication des résultats définitifs du référendum, plus de quatre jours après la clôture des opérations reste intrigante et perturbante ! L’abbé Malu Malu est ici interpellé et doit répondre à nos questions lancinantes !

 

Raphaël KASHALA

 

 


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