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[Page principale] [Home page] Rapport de l'UDPS/BELUX sur la Grand'Messe de M. Louis Michel à Bruxelles La médiocrité étalée à la Grand'Messe de Louis Michel à Bruxelles par une partie de l'Elite congolaise instrumentalisée doit inciter l'UDPS à la réflexion et au changement d'alliance et de stratégie (Réunion du 15-16-17 janvier 2002 à Bruxelles) Réf. : RBL/UDPS/DE/007/02
1. Une honte et une préoccupation collectives
Nous n'éprouvons aucun malin plaisir en décrivant, dans ce rapport, comment environ 100 congolais, "responsables" politiques et de la société civile, ont été facilement instrumentalisés et manipulés, comme des sous-animaux, par un homme, M. Louis Michel. Nous en sommes tous éclaboussés: c'est donc plutôt le sentiment d'une honte collective qui nous affecte et nous envahit. Et puisque la médiocrité d'une grande partie de l'élite congolaise est l'un des obstacles majeurs à l'instauration d'un Etat de droit souverain et démocratique au Congo, tout celui qui est sincèrement et résolûment engagé dans ce combat pour la dignité et la liberté doit en être très peiné et doit s'en préoccuper. Notre avenir, celui de nos enfants et de tout notre Peuple en dépend.
2. Rappel de l'objectif de M. Louis Michel et de sa stratégie
Mais les desseins maléfiques et les initiatives de M. Louis Michel sur le Congo se concrétisent à cause de la médiocrité d'une grande partie de l'élite congolaise. Et il a bien exploité cette médiocrité pour célébrer sa Grand'Messe de Bruxelles.
3. L'acception du terme "médiocrité" dans ce rapport
Les hommes diffèrent, non seulement au niveau horizontal par la diversité de leurs cultures, c'est-à-dire par leurs manières d'être homme, mais aussi au niveau vertical par la différence de la densité de leur être, leur niveau d'humanisation, de culture et de civilisation. La théorie n'est pas raciste car ces différences d'être homme, dans le sens vertical, existent au sein d'une même race, d'un même pays, d'une même ethnie, d'une même tribu, d'un même clan, d'une même famille. La différence verticale entre des hommes est liée à plusieurs facteurs, notamment à l'effort personnel fourni par un homme pour intérioriser des valeurs humaines, morales, spirituelles, patriotiques et démocratiques supérieures qu'il rencontre, au cours de sa vie, et pour les traduire en actes.
L'intériorisation de ces valeurs enrichit l'être profond de l'homme, augmente sa densité ontologique (= l'être profond) et axiologique (référence aux valeurs morales) et lui donne une vision du monde, une perception de la réalité et un comportement différents de celui qui en est dépourvu. Il acquiert progressivement une identité, une personnalité et un comportement unifiés, constants, solides, homogènes et cohérentes caractéristiques d'un homme de culture, d'un homme civilisé, d'un patriote et d'un démocrate. C'est un homme qui a des racines profondes, qui est solide et stable quand il se tient debout. Il ne se laisse jamais instrumentaliser ni manipuler. C'est un homme qui peut viser la réalisation d'un idéal noble et qui est capable d'y rester fidèle et d'y consacrer toute sa vie.
La médiocrité est un reflet d'un homme qui n'a pas intériorisé ces valeurs. Elle caractérisé une partie de l'élite congolaise et constitue un obstacle à l'instauration d'un Etat de droit au Congo. Ici, la médiocrité ne signifie pas "un adjectif qualificatif attribué à ce qui vient après mauvais et pire". Ce n'est pas un trait artificiel ou un appendice accessoire qui affecte le comportement d'un individu aujourd'hui et qui disparaît demain. Elle est une caractéristique liée à la personnalité profonde d'un individu, un trait de son identité même, son niveau d'être homme, son degré d'humanisation, son niveau de culture et de civilisation. L'être, c'est-à-dire la substance vitale, des hommes médiocres est dépourvu de valeurs humaines, morales, patriotiques, démocratiques et spirituelles supérieures.
Dans le cas du Congo, ces hommes se comptent parmi ceux qui ont été de pures créatures du mobutisme et du kabilisme, ou qui sont des fruits mûrs et des produits finis de ces deux régimes: des hommes vidés de toute leur substance ontologique et axiologique par l'idéologisation et dont l'être profond est de part en part imprégné d'anti-valeurs. La pauvreté de l'être de ces hommes les place en déça du niveau minimal requis à partir duquel la vie d'un homme se voit progressivement tirée de la boue vers le soleil.
Ces hommes sont irrécupérables – ils le démontrent chaque jour dans leurs réflexions et leurs actes -à cause de la profondeur et de la durée de l'idéologisation qui les a vidés de leur substance ontologique et axiologique et du degré d'imprégnation de leur être d'anti-valeurs.
4. La médiocrité étalée par les participants à la Messe de M. Louis Michel
4.1. Première caractéristique de médiocrité: la culture de la table rase et de l'immédiateté
4.1.1. La bonne foi de ceux dont l'être profond est dépourvu du principe universel du progrès
Les hommes qui sont venus à Bruxelles ne sont pas de mauvaise foi, ils sont de bonne foi. Ils pensent et agissent conformément à leur niveau d'être, d'humanisation, de culture et de civilisation. Or, ce niveau est irrémédiablement limité. C'est pourquoi ils sont persuadés qu'ils ont fait du bien en venant à Bruxelles.
Ces hommes ne sont pas habités par le principe universel de la croissance des êtres vivants, du développement des peuples, de l'évolution sociétés, du progrès de la science et de la technologie et de l'instauration de la démocratie. Vous aurez beau leur expliquer que le principe universel du progrès est un long processus qui intègre chaque élément positif apporté par les efforts des hommes au cours de l'histoire, et non le résultat de la destruction permanente du patrimoine et de l'héritage obtenus aux étapes antérieures, encore moins le fruit de la table rase, de la génération spontanée, ils vous écouteront sans vous comprendre. Celui qui pense qu'ils sont de mauvaise foi projette en eux son propre niveau élevé d'être et de civilisation.
Vous vous épuiserez dans de vains efforts si vous voulez leur démontrer comment le présent des hommes, des peuples et des sociétés qui sont aujourd'hui à la pointe du progrès et de l'évolution est lourd de toute la substance dont, à chaque moment de leur histoire, les ont enrichis les attentes des hommes et les acquis du combat des générations antérieures. Ils vous applaudiront même à la fin de votre belle et magistrale démonstration, mais ils feront le contraire immédiatement après, et ils le feront de bonne foi. 4.1.2. Pour ces hommes, le passé est dépassé: il n'est intégré ni dans le présent ni dans l'avenir. Avec eux, c'est l'éternel recommencement, c'est l'éternel retour en arrière
Se trouve déjà évacué de leur univers mental tout ce qui été acquis par des efforts et des sacrifices et même au prix du sang par nos compatriotes et parfois même ce à quoi ils ont eux-mêmes participé, sur le chemin de l'instauration d'un Etat de droit souverain et démocratique au Congo: les Actes de la Conférences Nationale Souveraine (CNS), le Pacte Républicain de Gaberone (20-24 août 2001), le Communiqué Conjoint d'Addis-Abeba (15-23 octobre 2001)... Et ils oublieront demain la Messe de M. Louis Michel qu'ils exaltent aujourd'hui, ainsi de suite. M. Aldo Ajello, l'Envoyé Spécial de l'UE pour la Région des Grands Lacs, a souligné ce danger dans son adresse lors de la Messe de Louis Michel. Il ne se faisait pas d'illusion et il sait bien ce que vaut une grande partie de l'élite congolaise.
Ces hommes vivent collés au quotidien et à ce qui est immédiat comme certains animaux. Nous disons certains animaux car les écureuils et les crocodiles, par exemple, font des provisions en nourriture pour les moments de pénurie. Les canards et les dindes se chargent de graisse au cours de l'année pour résister en hiver. Il n'est donc pas excessif de dire que ces hommes agissent comme des sous-animaux.
L'UDPS a expliqué, en vain, que la réunion d'Abudja et de Bruxelles cassaient la dynamique positive collective, dans laquelle se trouvaient engagées et impliquées toutes les composantes à la fois et qu'il faudrait désormais que toutes les réunions ultérieures impliquent toutes les composantes afin que le consensus national mûrisse progressivement entre ces composantes, à partir du Pacte Républicain signé à Gaberone (20-24 août 2001) et du Communiqué Conjoint signé à Addis-Abeba (15-23 ooctobre 2001), jusqu'au Dialogue. Non seulement ces deux réunions cassaient la dynamique, mais elles divisaient les congolais et créaient même un antagonisme et un esprit de confrontation entre les belligérants et les non-belligérants, notamment en insufflant la psychose de la marginalisation aux non-belligérants et en faisant préparer deux textes par chaque Camp, séparément, pour l'affrrontement final au Dialogue.
4.1.3. Aucun respect de la parole donnée ni d'un engagement pris. Impossibilité d'avoir de vision profonde et de perspective. Impossibilité d'avoir un programme à court, à moyen et à long terme. Impossibilité de voir plus loin, plus large, plus haut, plus en profondeur
4.2. Deuxième caractéristique de médiocrité: drôle de délégation!
4.2.1. Drôles d'opposants: moins que les leaders venus à la Table Ronde de Bruxelles en 1960 En 1960, les leaders congolais venus participer à la Table Ronde (20 janvier-20 février 1960) avaient exigé, comme préalable aux travaux de la Table Ronde, la libération de M. Patrice Lumumba et des autres prisonniers politiques. Ceux qui sont venus participer à la Messe de M. Louis Michel ont été accueillis à leur descente d'avion par M. Kisonga, l'ambassadeur de Joseph "Kabila" à Bruxelles. Et dans la salle des réunions, ils riaient aux éclats avec les représentants du Camp Kabila. Personne d'eux n'a exigé, comme préalable à l'entrée des représentants du Camp Kabila dans la Salle, la réouverture de l'Université de Kinshasa, la libération de tous les prisonniers politiques et d'opinion (étudiants, membres de l'UDPS, journalistes, femmes…), la libéralisation des mass médias publics de l'Etat, la libre circulation des personnes et des biens et le respect du Pacte Républicain..
4.2.2. Drôles d'opposants ayant les agents de la sûreté de Kabila au sein de leurs partis
Il nous a été rapporté que Mokonda Bonza Nzombo qui était la 2ème personne du parti de Z'Ahidi Ngoma (ROC) et Jean-Claude Biebie qui était la 2ème personne du parti de Lutundula (MSDD) sont des agents de la sûreté de Kabila! Si ceci s'avère vrai, quel est le sens que ces fameux opposants donnent au mot "Opposition" dont ils font partie? L'Opposition pro-Kabila est une contradicition dans les termes. L'Opposition se définit par hostilité et son combat contre la dictature en place. Et dire que notre Parti, UDPS, se réunit avec de tels partis à Kinshasa au sein de l'Opposition et ira avec eux au Dialogue dans un même Camp!
4.2.3. Kyungu Wa Kumwanza, le génocidaire impénitent, protégé par le régime Kabila et impuni jusqu'à ce jour, est membre d'un parti politique d'Opposition et était dans la délégation venue à Bruxelles
Dans la délégation venue du Congo trônait un certain Kyungu Wa Kumwanza, le génocidaire qui avait organisé les massacres de plusieurs milliers des populations kasaïennes, y compris les femmes, les vieillards et les enfants, au Katanga de 1992 à 1994. Sa présence dans un parti politique d'Opposition ne semble pas gêner les membres des autres partis de l'Opposition congolaise. Pour voyager de Kinshasa à Bruxelles, Kyungu a dû obtenir le visa de l'ambassadeur de la Belgique à Kinshasa.
Aucun membre de la délégation n'a exigé que Kyungu n'entre dans l'avion, ni protesté contre sa présence dans la Salle des réunions à Bruxelles. Kyungu s'est même retrouvé aux côtés des délégués de la société civile du Kasaï (Gertrude Biaya Ndaya Kazadi Mukenge et Richard Loleha Okito pour le Kasaï oriental; Marie Bapu Bidibundu et Samuel Bakatupidia pour le Kasaï Occidental) et les chefs coutumiers du Kasaï (Nymi Lukengu Kwete des Bakuba et Eméry Kalamba des Lulua).
Ne fût-ce que par pudeur et respect des victimes, l'Ambassadeur de la Belgique au Congo, la délégation congolaise et M. Louis Michel auraient dû éviter d'exhiber Kyungu à la Grand'Messe de Bruxelles. Pire encore! Mme Gertrude Biaya Ndaya Kazadi Mukenge, l'une des représentantes de la société civile du Kasaï Oriental à la Messe de M. Louis Michel à Bruxelles, qui riait aux éclats avec Kyungu dans la Salle des réunions, était une refoulée du Katanga!
En plus de Kyungu, la délégation congolaise comprenait en son sein un certain Koyagialo Ngbase te Gerengho, l'ancien gouverneur du Katanga qui s'était illustré lors des massacres des étudiants à l'Université de Lubumbashi le 11 mai 1990, fait qui avait entraîné l'isolement du régime Mobutu par l'Occident.
4.3. Troisième caractéristique de médiocrité: attitude envers le texte de base du travail
C'est un texte rédigé par le Cabinet de M. Louis Michel avec quelques charlatans congolais, résidant ici en Belgique, ayant pour domicile les couloirs des ministères et des ONG belges et se présentant partout comme les leaders de la société civile congolaise (ils rédigent un texte politique!). Le texte a été distribué aux congolais à leur arrivée à Bruxelles. Plusieurs membres de la délégation avaient participé à la CNS. Certains comme Lutundula étaient même membres du Bureau de la CNS. Et il est incontestable que le travail réalisé par les Fils du pays à la CNS a réhabilité l'intelligentsia congolaise et honoré tout notre Peuple. Curieusement, personne n'a évoqué le travail de la CNS devant M. Louis Michel, ni protesté contre le fait que le texte de M. Louis Michel leur ait été distribué à Bruxelles et non bien longtemps à partir du Congo pour qu'ils l'étudient en profondeur. Quelle légèreté? Quelle irresponsabilité?
4.4. Quatrième caractéristique de médiocrité: attitude envers le contenu même du texte
Le texte est de 14 pages et il est intitulé Concertation informelle entre les composantes "Opposition politique" et "Forces vives" aux négociations politiques intercongolaises. Il est divisé en 4 grands chapitres: les institutions et la gestion de la Transition, la Constitution et la Nationalité, Le processus électoral et la future Armée congolaise. C'est un texte très schématique, donnant l'impression d'être rédigé à la hâte et d'être inachevé et énonçant des principes très généraux sur les 4 thèmes abordés. Tout celui qui lira ce texte et qui le comparera aux textes de la CNS sur les mêmes thèmes tirera, comme nous, les 3 conclusions ci-après:
Même dans son texte, M. Louis Michel n'a pas su cacher totalement ses intentions maléfiques qui consistent notamment à imposer Joseph "Kabila" aux congolais comme Président du Congo pendant la Transition, mais il l'a très subtilement présenté:
Et la délégation congolaise a signé le texte: soit par ignorance, ce qui confirme leur médiocrité, soit en connaissance de cause, ce qui les exclut de la vraie Opposition qui, elle, est contre la dictature et contre tout schéma, des institutions et des dirigeants imposés de l'extérieur et avant la tenue du Dialogue intercongolais. 4.5. Cinquième caractéristique de médiocrité: L'espoir, la source de pouvoir politique et de sa légitimité se trouvent à l'étranger
Mue par le mépris qu'elle a du Peuple Congolais, Mme Colette Braeckman a mobilisé le meilleur de son talent et de son énergie pour convaincre les congolais que leur seul espoir réside dans le schéma et les dirigeants imposés de l'extérieur, en l'occurrence par M. Louis Michel. Elle ne tarissait pas d'éloges sur la Grand'Messe de Louis Michel et sur les participants; elle a exalté le "succès" de la réunion; désavoué les absents et décrété leur condamnation pour "avoir raté le train". Pour elle, nous sommes tous des naïfs et manipulables. Pour elle, le Peuple Congolais n'a pas le droit, comme le Peuple belge, d'être, sur son territoire, la source et le fondement de tout pouvoir politique au Congo, de sa légitimité, de son organisation et de son exercice et qui réduit. Selon elle, ce sont les étrangers qui ont le pouvoir d'imposer au Peuple Congolais leurs schémas, les institutions politiques et les dirigeants. Et elle vante les congolais aliénés et attardés mentaux qui acceptent encore aujourd'hui cette théorie.
C'est le cas des particpants à la Messe de M. Louis Michel : ces hommes ont donné l'impression de ne représenter rien et personne au Congo, mais qu'ils étaient venus à Bruxelles pour obtenir la légitimité nationale et internationale, en plus du per diem.
L'UDPS, quant à elle, a conquis sa notoriété, son envergure et sa crédibilité tant nationales qu'internationales par le combat de ses membres, par leur détermination, leur résistance intérieure et leur constance et par l'enracinement du Parti dans le Peuple dont il enregistre les attentes et défend les aspirations contre toute tyrannie et contre ses suppôts internes et externes. 4.6. Sixième caractéristique de médiocrité: les mineurs d'âge et non les "responsables" politiques et de la société civile 4.6.1. Tous assis, tels des élèves, autour du Professeur Louis Michel, demandaient la parole au Professeur en levant le bras en l'air et donnaient, sur le champ, leur avis sur le thème traité. Il n'y a pas eu de travail en commissions qui aurait permis un certain approfondissement de thèmes. La méthode de travail a été expéditive et le travail bâclé, car M. Louis Michel courait contre le temps. A la fin de la journée, le Professeur et son Cabinet faisait la synthèse du travail de la journée.
4.6.2. Le soir, seul le Professeur avait le pouvoir et le droit de s'adresser à la presse pour présenter les conclusions du travail de la journée et pour distribuer les points à l'"élite" congolaise.
4.6.3. Dès que les travaux ont été clôturés, c'est le Maître à penser des congolais venus à Bruxelles, M. Louis Michel, qui pris son bâton de pélérin pour aller expliquer aux absents et au monde entier la quintescence de sa Grand'Messe de Bruxelles.
A sa descente de l'avion en Belgique, M. Bomboko a déclaré que les congolais, en revenant en Belgique, étaient rentrés à la source d'où ils avaient obtenu l'indépendance pour recevoir de la même source la démocratie!
En 1960, suite aux émeutes du 4 janvier 1959 qui avaient eu lieu dans le contexte de la lutte pour l'indépendance, il y eut le Message royal et la Déclaration gouvernemental belge du 13 janvier 1959 acceptant le principe d'octroyer l'indépendance au Congo. Ce principe étant acquis, les leaders congolais réclamèrent le droit d'être associés à la prise des décisions sur le processus de décolonisation et la mise en place des institutions politiques qui allaient régir désormais le Congo. C'est ainsi qu'ils exigèrent de la Belgique la tenue de la Table Ronde: ils obtinrent la tenue de la Table Ronde et leur participation. Du côté belge, il y eut, à la Table Ronde, en plus des ministres, quelques parlementaires et sénateurs. Du côté congolais, il y eut les leaders politiques de tous les courants et les chefs coutumiers.
Les Congolais y partipèrent comme de vrais responsables politiques et des représentatifs des intérêts de la population. Ils exigèrent, comme préalable à l'ouverture de la Table Ronde, la libération des prisonniers politiques et d'opinion: c'est ainsi que Patrice Lumumba fut libéré et les rejoignit à Bruxelles.
Tandis que la Messe de M. Louis Michel relève de l'initiative anarchique et improvisée d'un homme, un belge: M. Louis Michel qui tente, depuis son accession à son poste, d'imposer ses vues aux Congolais comme si nous étions encore à l'époque coloniale. D'où sa préférence de travailler avec des pions et des charlatans. A part le Premier ministre Verhofstadt qui y est venu pour tenter de sauver la face de son ministre et son gouvernement, il n'y a eu ni parlementaires, ni sénateurs, ni même le Secrétaire d'Etat à la Coopération et au développement, M. Eddy Butmans.
Cette initiative avait superbement ignoré, dans sa conception et dans son exécution initiales, les vrais acteurs: le facilitateur et les leaders des composantes congolaises prévues au Dialogue. C'est suite à nos critiques que M. Louis Michel a tenté, a posteriori, d'y a coller l'UE, l'OUA, l'ONU, la facilitation... Les congolais qui y sont venus sont des troubatours et non des responsables politiques.
Les troubadours venus à la Grand'Messe de M. Louis Michel ont fait notre honte à nous tous sur tous les plans.
Contrairement à l'indépendance qui s'arrache du pays colonisateur étranger, la démocratie est avant tout un processus interne. Elle ne s'arrache ni ne se décrète de l'extérieur. Elle ne peut s'enraciner dans une société et fonctionner de façon efficiente que s'il émane d'une dynamique interne à la société concernée. Elle n'est pas l'effet de la spéculation intellectuelle qui s'attacherait à approfondir le concept de démocratie. Ce sont des transformations de la société concernée qui provoquent l'enrichissement de l'idée démocratique. Et à toutes les conditions politiques, économiques et sociales qui déterminent l'accomplissement de la démocratie dans une société s'en ajoute une autre, primordiale, à savoir l'existence des démocrates. La démocratie ne s'impose pas par la vertu des mécanismes qui lui seraient propres: elle a besoin des hommes qui, en la vivant en eux, la font vivre pour et par tous.
5. Conclusion:
Fait à Bruxelles, le 24 janvier 2002.
Dr François Tshipamba Mpuila Représentant
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