UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Protestations contre les harcèlements, les kidnappings, les arrestations et les séquestrations par Kabila, des membres de l'UDPS et leurs familles respectives à Kinshasa, au Katanga et à Mbuji-Mayi. Action urgente.

À l'attention de Madame Mary Robinson
Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme
Palais Wilson, 52, Avenue Paquis 1201 Genève

Lausanne, le 25 mai 2002

Réf. : BR/CH/UDPS/0773/2002/OLM

Madame,

Nous venons, par la présente dénoncer la violence physique, les persécutions étatiques et les harcèlements dont sont victimes les membres de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ainsi que leurs familles respectives. Le dernier cas en date est celui de Monsieur Jean-Baptiste MULUMBA et sa famille. Prisonnier d'opinion, l'intéressé a été kidnappé par les services de sécurité de Kabila, le 12 mai 2002, à cause de son appartenance à l'UDPS. Séquestré dans diverses prisons à Lubumbashi et à Kinshasa, ce dernier a été battu, torturé et privé de nourriture pendant plusieurs jours. Interdit de tout contact avec l'extérieur, personne ne peut déterminer dans quel état physique se trouve Monsieur Jean-Baptiste MULUMBA en marge des mauvais traitements subis depuis son kidnapping.

Par ailleurs, la femme de ce dernier, Madame Antoinette MULUMBA, leur enfant Jimmy Bukasa MULUMBA ainsi que ses proches et amis, Madame Henriette PALANKA, secrétaire de l'intéressé ; Pascal KUKABUKA PAKI BONGONGO, ami de l'intéressé y compris ses enfants, ont fait l'objet de toute sorte de sévices de la part des éléments armés agissant aux ordres de Kabila. Ces derniers ont été enlevés, séquestrés, torturés et battus régulièrement.

Soumis à des fortes pressions psychiques de la part des militaires armés et des éléments des services de sécurité de Kabila venus respectivement fouillé au peigne fin leur domicile, à 1 heure du matin, bouclant le quartier, et réclamer les documents de l'UDPS qu'était sensé détenir Jean-Baptiste MULUMBA, les intéressés vivent dans un état de choc.

Les militaires et agents de la DEMIAP se sont ainsi comporté en véritables brigands, pillant et emportant tout dans leur passage, notamment véhicule ; bijoux ; documents ; matériels informatiques ; objets de grandes valeurs et une somme d'argent en dollars us.

Au Katanga, plusieurs membre de l'UDPS ont subit le même sort. C'est le cas respectivement de :

- Monsieur Jean-Félix TABU KALALA MWIN DILEMB, membre de l'UDPS, arrêté le 16 avril 2002 par les services spéciaux de la police politique de Kabila. Ce dernier est porté disparu et personne ne sait à ce jour, s'il est encore en vie ;

- Monsieur MWENZ KABUREP, fils de l'intéressé a été interpellé, harcelé puis maltraité par lesdits services qui lui ont ravi une somme de 2700 francs congolais ;

- Monsieur Ezéchiel KABOBO, membre de l'UDPS, a subi le même sort et s'en est sorti gravement traumatisé et continue à faire l'objet de harcèlements de la part des services spéciaux de la police politique de kabila ;

- Monsieur Léon-Gilbert MASOSWA (membre de l'UDPS) et sa famille. Celle-ci a été terrorisée en l'absence de l'intéressé par les éléments armés appartenant aux services spéciaux de Kabila venus, très tôt à l'aube, perquisitionné le domicile de ce dernier, commune Kamalondo. Ces incursions se sont répétées plusieurs fois et à des mêmes heures ;

- Monsieur MUTOMBO, membre de l'UDPS, victime plusieurs fois des actes d'intimidations et d'harcèlements de la part de services spéciaux de la police politique de Kabila ;

- Monsieur Fortunat BADIAMBILA, membre de l'UDPS, interpellé, sur ordre de Kabila le 06 mai 2002, par les services de l'ANR / katuba ;

- KABWE ILUNGA, membre de l'UDPS, interpellé sur ordre de Kabila par les service de l'ANR / Katuba ;

- Martin KAMANDA, membre de l'UDPS, interpellé sur ordre de Kabila le 06 mai 2002, par les services de l'ANR / Katuba

Mi-avril à Mbuji-Mayi, agissant sur ordre de Kabila, les militaires ont tiré sur des civils venus manifester pour soutenir la candidature à la présidence de Monsieur Etienne Tshisekedi, Président national de l'UDPS, faisant au moins un mort, décédé sur le champs, et plusieurs blessés dont deux succomberons de suite de leurs blessures.

Le 11 avril 2002, plusieurs femmes, ayant pris part à une manifestations similaire à celle organisée à Mbuj-Mayi, ont été arrêtées, torturées et incarcérées dans les geôles du régime de Kinshasa où nombreuses d'entre elles y sont encore.

Le 12 avril 2002, à la suite d'une marche pacifique appellant au retour de la paix en RDC, des nombreux combattants de l'UDPS ayant pris part ont été arrêtés, battus, maltraités et incarcérés dans des conditions inhumaines.

Le 15 avril 2002, les services spéciaux de la police politique de Kabila ont procéder sans ménagement, place ACP, avenue Tombalbaye commune de la Gombe, à l'arrestation d'une cinquantaine des combattants de l'UDPS. Ces derniers ont été incarcérés et soumis à des mauvais traitements tout au long de leur détention.

Ce comportement d'un certain âge laisse perplexe le peuple congolais et constitue non seulement une violation poignante des principes élémentaires de droits de l'homme, mais aussi celle du Pacte républicain signé entre le pouvoir de Kinshasa et l'Opposition en République démocratique du Congo.

Après plusieurs décennies des dictatures, des guerres et des privations, le peuple congolais mérite la paix, la liberté, la démocratie, et le droit à la vie.

Le monde libre ne peut accepter qu'un individu, en l'occurrence, Monsieur Kabila, défie à ce point la Communauté internationale notamment en violant constamment le Pacte international relatif aux droits civils et politique auquel la RDC y a souscrit.

Connaissant la barbarie du régime kabila, le pire est à craindre pour Monsieur Jean-Baptiste MULUMBA dont le sort est en train d'être confié à la Cour d'ordre militaire, un organe réputé pour sa promptitude à prononcer les condamnations à des peines capitales au terme des procès sommaires empreinte généralement d'irrégularités flagrantes.

Au vu de ce qui précède, l'UDPS demande au Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme d'user de tous les moyens nécessaires pour obtenir de Kabila ce qui suit :

· La remise en liberté immédiate et inconditionnelle de Monsieur Jean-Baptiste MULUMBA ainsi que de tous les prisonniers d'opinion et plus particulièrement les membres de l'UDPS arrêtés arbitrairement au Katanga et à Kinshasa, et placés en détention. Il s'agit, entre autres de Messieurs Jean-Félix TABU KALALA MWIN DILEMB, président fédéral de l'UDPS au Katanga et de Mme Henriette FALANKA DJAMBA, secrétaire de Monsieur jena-Baptistes MULUMBA ;

· L'engagement du régime kabila à respecter le Pacte républicain et le Pacte international relatif aux droits civils et politique, notamment la cessation de tout acte d'harcèlement, d'intimidation et violence envers la famille MULUMBA ainsi qu'aux familles des personnes arrêtées ;

· Mettre fin à l'usage de la force et de la violence en réponse à toute démarche démocratique des congolais visant à réclamer du pouvoir plus de démocratie, de liberté et du respect aux valeurs fondamentales ;

· Garantir sa participation à la poursuite effective et immédiate des travaux du Dialogue intercongolais sous un format réduit pour parvenir à un accord global, inclusif et consensuel au tour du plan Mbeki II.

Rien ne justifie la violence et les violations des droits de l'homme dans l'ensemble du territoire congolais. Ainsi donc, L'UDPS condamne toute forme des violences et des violations commises contre le peuple congolais à travers la République démocratique du Congo.

L'UDPS demande au haut commissariat aux nations unies pour le droits de l'homme ainsi qu'à à la Communauté internationale d'accentuer sa pression sur le régime kabila en vue d'amener ce dernier à respecter scrupuleusement le Pacte international aux droits civils et politique auquel la RDC y a souscrit.

Compte tenu de la gravité de la situation mettant en danger la vies des personnes susmentionnées, notre délégations aimerait vous rencontrer ce 30 mai 2002, pour une séance de travail et d'information ; à cet effet, nous vous saurons gré de bien vouloir nous indiqué votre disponibilité à ce sujet.

Par ailleurs, au cas où cette date ne vous conviendrait pas, nous vous prions de bien vouloir nous indiqué une date qui vous conviendrait le mieux.

Dans l'attente de votre suite, veuillez agréer, Madame, l'assurance de nos salutations distinguées.

Pour le bureau du Représentant,

Michel OKONGO LOMENA
Représentant


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