![]() |
|
|
[Page principale] [Home page] [UDPS-Suisse] [UDPS-switzerland] CONFÉRENCE DE PRESSEMesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers amis du Congo ,Chers Compatriotes Camarades Combattants de l'UDPS.
Au nom du Comité de Crise /Suisse et de la Fédération de l'UDPS/ Suisse, je tiens à vous réitérer nos remerciements les plus sincères pour avoir répondu si nombreux à notre invitation.
Notre intervention de ce jour a pour objet de persuader nos compatriotes du danger que court notre pays une année après la prise du pouvoir par l'AFDL qui s'est depuis lors érigée en parti Etat.
Nous allons au cours de notre exposé dresser le bilan d'une année de gouvernement AFDL parti Etat et vous présenter quelques perspectives d'avenir pour le peuple et notre cher pays.
Pour l'UDPS la république est exigence, nul n'a le droit d'exclure ni de s'accaparer du droit du peuple sans qu'il soit mandaté par ce dernier.
L'UDPS notre parti, en appelant notre peuple à la résistance contre une nouvelle dictature qui s'installe ,refuse le fatalisme, mais cherche un cadre juridique et institutionnel pour mieux diriger notre peuple longtemps meurtri par une des dictatures la plus sanguinaire que le monde n'ait connu.
Notre peuple n'est pas près à subir une fois encore une autre dictature d 'où qu'elle vienne.
C' est pourquoi à la fin de notre exposé, nous demanderons aux nouvelles "autorités "
d'entendre la voix de la raison pour qu'ensemble, nous puissions reconstruire notre pays dans l'unité et l'entente fraternelle, condition sine qua non pour sortir notre peuple de l'obscurantisme du culte de la personnalité, et du tribalisme.
Pour cela, nous lirons quelques passages des pionniers de la République en guise de mémoire pour nous tous .
Après analyse de la situation politique générale, le Comité de crise de l'UDPS suisse constate que le régime AFDL et les forces étrangères qui le soutiennent, se conduisent en conquérants barbares et sauvages, dans un mépris total de la légalité et du droit.
Ils affichent des attitudes superbes de suffisance et d'arrogance insupportables à l'égard de tous ceux qui ont incarné la lutte non violente contre la dictature à l'intérieur du pays. La démocratisation, la réconciliation et la reconstruction nationale du pays tarderont à venir tant qu'il y aura la présence des troupes étrangères qui donnent une fausse sécurité à ceux qui, faute d'un soutien populaire, ne comptent que sur les fusils et l'oppression militaire pour se maintenir au pouvoir et pour garantir leur avenir politique.
Au début de l'avancée de l'AFDL, par la voix de son chef de file, M. E. TSHISEKEDI,
l'opposition radicale reconnaissait la légitimité de la lutte armée pour mettre fin à la dictature et de débloquer le processus de démocratisation.
L'opposition non violente avait demandé et obtenu que les forces armées Zaïroises " FAZ " cessent tout combat afin de précipiter la fin du régime dictatorial; elle avait demandé à la population de faciliter l'entrée des troupes de l'AFDL dans tous les coins du territoire national.
La conjugaison de ces deux facteurs , ont permis aux forces de l'AFDL d'avancer et d'être accueillies partout en libérateurs.
C' est avec stupeur qu'à la prise de la capitale, l'opposition et la population apprennent l'auto-proclamation de M. KABILA comme chef de l'Etat et la mise sur pied d'un parti Etat AFDL, chargé de gérer l'Etat en lieu et place des institutions républicaines réinstaurant des méthodes connues du parti Etat " MPR ".C'est pourquoi nous tenons à féliciter M. Jean-Baptiste Placca pour l'excellence de son éditorial intitulé «Nous n'applaudirons pas « en rapport avec la situation politique au Congo Brazzaville). Sur l'autre rive du fleuve, un pseudo libérateur, KABILA, qui avait, lui aussi, emprunté un raccourci sanglant vers le pouvoir fut trop vite applaudi ( surtout par les puissances étrangères qui l'avaient sponsorisé). On disait qu'une page de l'histoire du pays était tournée. Tournée ?La désillusion populaire est aujourd'hui telle qu'un journal de Kinshasa écrit qu'il n'est plus rare d'entendre l'homme de la rue s'interroger sur le pourquoi de la chute de l'ancien régime s'il s'est uniquement agi de le remplacer par son sosie>>.
A l'opposition "radicale" réaliste qui propose un consensus transitionnel " forcement adapté aux nouvelles données politiques", M.KABILA répond par l'intimidation et le dénigrement, comme on peut s'en rendre compte dans son dernier interview (commenté dans les colonnes de
Jusqu'à quand donc M. KABILA se servira-t-il de MOBUTU comme alibi ? et d'abord, en quoi vaut-il mieux que MOBUTU, quand on sait que sa république n'a de " démocratique " que d'adjectif? Que dire de son unilatérale décision de revenir à l'ancien nom du pays et le drapeau ? De sa ridicule prestation de serment qui nous renvoi aux souvenirs de l'auto-intronisation d'un empereur Africain nommé Jean Bedel BOKASSA ,où il jure devant la nation << d'obéir à ses propres décrets>> ? de la concentration des pouvoirs exécutifs, législatifs, judiciaires et militaires entre ses mains ? de la confiscation des libertés publiques de la radio et la télévision? Des graves atteintes aux droits de l'homme signalées depuis sa prise de pouvoir ( sans oublier qu'il est sous enquête de l'ONU pour " crime contre l'humanité " )? du fait que les anciens dinosaures originaire de sa province ne sont pas inquiétés, alors qu'il arrête et exproprie d'autres qui, dit-il, « ont profité de l'ancien régime»?
Tous ceux qui connaissent l'histoire du Congo savent que M. MOBUTU débuta sa carrière de dictateur de la même manière.
Ceux qui plaident pour qu'il soit accordé à M.KABILA le bénéfice du doute devraient reconnaître que les prémices négatives ci-dessus, couplées aux mystérieuses zones d'ombres de son passé ne sont pas susceptibles d'engendrer de la confiance. Quant à son fameux macquis, (qualifié par CHE GUEVARA de " merde ambiante" dans ses mémoires), il faut lire l'histoire du Congo à la loupe pour en retrouver quelques traces.
Un document d'AMNISTY INTERNATIONAL datant de 1986 rapporte qu'au début des années 1980, les membres du PRP ( le parti de la révolution populaire de M.KABILA ), de connivence avec les troupes mobutistes, passaient plus de temps « dans diverses formes de commerce et de trafic» qu'à la confrontation.
Ainsi, les politiciens de Kinshasa ne sont pas les seuls à avoir profité du système mobutu!
Ses amis et parrains, veulent nous faire croire que M.KABILA ne veut pas être, malgré ses agissements tyranniques ,un dictateur. KABILA instaurera la démocratie au Congo et organisera des élections libres et transparentes nous répètent-ils. Autant croire au père Noël!
Il y a quelques années, dans leur célèbre" lettre ouverte" M.TSHISEKEDI et d'autres
parlementaires prônaient le courage de demander à M. MOBUTU la tolérance à l'égard des différentes opinions politiques; «S'il existait des risques dus à l'expression d'opinions dangereuses et déloyales, écrivaient-ils, en citant Alan Barth, leur importance est bien moindre que celle des risques dus au silence imposé par la crainte» M.KABILA a intérêt à y méditer à son tour, s'il ne veut pas un jour finir, comme son prédécesseur, à la poubelle de l'histoire.
L'AFDL et le gouvernement s'étant ainsi dépopularisés, ils baignent dans l'illégalité la plus totale et dans la dictature: _ Marginalisation des opposants; détentions et arrestations arbitraires, enlèvements et relégations, disparitions, tueries extrajudiciaires, les libertés politiques n'existent pas, les exécutions sommaires et publiques sont caractéristiques en république " démocratique" du Congo.
Les droits fondamentaux de la personne humaine sont méconnus et bafoués, d' où l'établissement des tribunaux militaires pour juger les civils. Les méthodes de ce gouvernement ne différent en rien de celles du régime passé.
Au vu de ce qui précède, en RDC , il n'existe pas de réelle politique visant à engager le pays vers l' espoir suscité par la chute du régime dictatorial de MOBUTU, d' où probablement cette difficulté, mieux cette incapacité à gérer l' après MOBUTU.
En dépit d' une présence plus nombreuse de la diaspora et d' une certaine volonté de changer les structures de l' Etat, le président auto-proclamé est encore actuellement un homme sans doctrine ,sans discipline et sans unité. Il a autour de lui plusieurs personnalités sans programme ou intérêt général précis à défendre.
En effet, une fois fini le jeu qui consiste à se définir, à se baptiser, à se donner de belles initiales, à faire scission, à se regrouper, quand tout cela s'évanouit, apparaît alors au grand jour l'incapacité à gérer les affaires de l'état.
Aujourd'hui encore nombreux sont les politiques Congolais qui s'accrochent au thème de la dictature mobutienne comme ceux de 1965 à 1997 se cramponnèrent au thème de néo-colonialisme. Comportement qui s'explique par l' incapacité à établir un programme répondant aux nécessités politiques, sociales et économiques de l' heure.
L'enjeu pour nos hommes politiques est tout simplement le contrôle des ressources matérielles et financières qui se raréfient. Tous les caciques de l' AFDL qui espéraient brasser d' énormes sommes d' argents doivent aujourd'hui tirer le diable par la queue, d' où la tendance à faire monter les enchères ou à se compromettre au nom ... du peuple.
On peut le vérifier tous les jours au Congo, la démocratie y évolue en cheminant côte à côte avec " la politique du ventre ". La démarche du pouvoir actuel répond très souvent au principe du «l'ôte-toi de là que je m'y mette», ainsi leur démocratie a pris les apparences d' une politique purement rentière.
Car, aussi longtemps que les ressources financières et matérielles demeurerons rares, la tendance générale sera de les monopoliser et la lutte pour les contrôler sera violente et meurtrière.
D'ailleurs pour beaucoup des politiques Congolais depuis l' indépendance jusqu'à nos jours , la seule façon d' avoir facilement accès aux biens matériels a été de « capturer l ' Etat ».
Le combat actuel de l' UDPS s' inscrit strictement dans le cadre d' une lutte pour la
réinstauration des principes démocratiques, par le dialogue ,des manifestations publiques jusqu' à l 'éradication totale de la nouvelle dictature.
Nous ne pouvons pas reconstruire notre pays tant détruit par trente deux ans de dictature sans nous servir de notre histoire .
In extenso je vous lis des extraits du discours prononcé le jour de l' indépendance par notre héros national P.E. LUMUMBA et le message du chef de file de l ' opposition " radicale" M. E. TSHISEKEDI du lieu de sa relégation.
<< Ensemble, mes frères, mes soeurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail.
Nous allons montrer au monde ce que peut faire l' homme noir quant il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de toute l' Afrique (...)
Nous allons revoir toutes les lois d ' autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles, Nous allons mettre fin à l' oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la déclaration de droits de l'homme et enfin nous allons faire régner non pas la paix des fusils et des baillonnettes, mais la paix des coeurs et de bonne volonté (...) Je vous demande à tous d ' oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l' étranger etc... tel est le message de P.E. LUMUMBA.
A son tour, M.TSHISEKEDI nous a adressé un message d' espoir en ces termes: «Que nul ne vous abuse» avec des fausses explications, une seule raison est à la base du traitement dont je suis victime , à savoir; depuis 1980, par la force des événements, je suis devenu le porte parole du peuple Congolais dans son refus de se soumettre à quelque dictature que se soit.
Que faire à présent ? laissez tomber les bras et devenir les esclaves d' un nouveau totalitarisme? Je sais qu' aucun d' entre vous n' est près à hypothéquer sa liberté pour laquelle nous luttons tous depuis tant d' années au prix de sacrifices innombrables.
Poursuivons donc le combat, sans haine, dans le calme, dans la non violence mais avec conviction, avec détermination et avec la volonté de triompher. La victoire est certaine, car aucun homme, si puissant soit-il, ne peut opprimer indéfiniment un peuple décidé.
Pour ma part sachez-le, jamais je ne trahirai la cause du peuple. Ni les abandons dans nos rangs. Ni les incompréhensions. Ni les moqueries et les dénigrements. Ni les arrestations. Ni les emprisonnements et les chantages. Ni les tortures et les menaces de mort ne m'ébranleront.
Tant que j' aurais le souffle de vie, rien , absolument rien de tout cela ne me détournera de vos aspirations les plus profondes vers la liberté, vers la dignité et vers le bien être. Je reste fermement convaincu que bientôt nous reconstruirons ensemble dans la concorde nationale, ce pays saccagé que Dieu a doté d' immense richesses.(...) E.TSHISEKEDI
Conclusion
LUMUMBA et TSHIKESEDI après la colonisation pour l' un et la dictature pour l' autre, prône la réconciliation et l' unité nationale.
Nous demandons à M. KABILA et à l' AFDL parti Etat de répondre à la demande de notre héros national P.E.LUMUMBA. et à l' appel au dialogue lancer par notre leader E.TSHISEKEDI pour faciliter la participation de toute les forces vives de la nation à la prise des décisions qui doivent engager la destinée de notre peuple vers un avenir meilleur et prometteur. Nous demandons un cadre juridique, et institutionnel pour la période de transition, sans quoi la réconciliation et la reconstruction tarderont à venir.
Nous demandons un gouvernement responsable de salut publique conforme aux décisions de la Conférence Nationale Souveraine et l' application de la loi portant disposition fondamentale pour la période de transition.
Nous demandons la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers d' opinions. Nous demandons l' annulation de l' interdiction des activités politiques et de tout autre rassemblement publique. Nous demandons la libéralisation des médias et le respect des droits de l ' homme.
Pour l'UDPS, la république est exigence et déterminante, raison pour lesquelles les hommes de toute part et à travers les temps ont lutté pour leur liberté. Le combat de notre peuple contre la nouvelle dictature est irréversible.
Nous croyons à la vertu du dialogue , de concertation et à tous les moyens non violents en vue d' instaurer la démocratie et de réaliser un programme de gouvernement.
Nous savons, malgré certaines apparences trompeuses, que le peuple a les capacités d'assumer son destin et de mener jusqu' au stade final son combat.
Nous ne reculerons pas devant les répressions meurtrières dont les forces anti-démocratiques parsèment dans notre itinéraire.
Tenons bon !
Dominique Kabangu-NGOIE | |