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ETIENNE TSHISEKEDI ET L’UDPS AVAIENT RAISON DE SE MEFIER DE LA COMEDIE ELECTORALE Tout congolais reconnaît aujourd’hui que l’UDPS avait entièrement raison de se méfier de la comédie électorale montée par l’Occident.
L’UDPS avait longtemps dénoncé la comédie électorale montée précipitamment par l’Occident au Congo-Zaïre. Ce grand parti politique congolais avait dit et redit que les élections organisées par l’Occident sous l’égide de la Belgique avant que les véritables causes de la crise et de la guerre ne soient résolues, notamment : la réconciliation nationale, l’unification du pays, l’unification et l’intégration de l’armée, etc., et sans toutefois tenir compte des propositions de ce grand parti politique congolais, allaient déboucher sur un échec, un chaos, un gâchis, des contestations et des violences généralisées. L’UDPS qui lutte depuis plus de vingt ans pour l’instauration d’une véritable démocratie au Congo, était convaincue que sans une véritable réconciliation nationale comme ce fut le cas en Afrique du Sud avec la Commission « paix et réconciliation », les Congolais seraient davantage divisés et quels que soient les résultats qui sortiraient des élections, ils allaient être contestés. L’UDPS avait exigé donc qu’il y ait des conditions d’honnêteté, de transparence, de démocratie et de liberté dans l’organisation des élections, ce qui n’a malheureusement pas été le cas. L’UDPS avait dénoncé les agissements et le comportement général de la CEI ainsi que les conditions d’organisation du processus électoral qui montraient sans doute que cet organe qui était appelé à jouer un rôle capital et déterminant dans la vie de la nation, était manipulé par les bailleurs de fonds, notamment l’Union européenne (UE) par l’entremise du commissaire Louis Michel, considéré au Congo comme président attitré de la CEI. L’UDPS avait déjà constaté qu’il y avait une complicité manifeste entre le CIAT, la CEI, le gouvernement belge et J. Kabila. De nombreux indices avaient indiqué qu’il y avait des stratégies imaginées par le CIAT et l’UE pour réaliser une tricherie à grande échelle en vue de permettre la victoire sur fond de fraudes de J. Kabila. L’UDPS avait également fait observer que le fait d’exiger que les Congolais aillent précipitamment aux élections basées uniquement sur un chiffre non vérifiable et inventé par l’automate Malu Malu sans en fournir les preuves, était une erreur pour un pays qui venait de sortir d’une guerre de plus de quatre ans et pour lequel un recensement ne serait-ce qu’administratif de la population a été délibérément rejeté alors que la guerre avait occasionné environ 5 millions de morts. Or pour l’UDPS, avait prévu que l’absence d’un recensement même administratif devait avoir une incidence directe sur le nombre total et exact des électeurs pour une élection présidentielle, sur la délimitation des circonscriptions électorales et conséquemment sur le nombre des sièges à la députation par circonscription, nombre fixé au prorata de la population dont le dénombrement est resté délibérément inconnu jusqu’à ce jour. L’UDPS avait estimé que le refus du CIAT de procéder avant toute chose au recensement administratif de la population congolaise et à l’identification des nationaux tel qu’exigeait la résolution du Dialogue Intercongolais relative à la création de la CEI et aux tâches lui assignées dans ladite résolution, constituait le point de départ de la fraude massive mise en place pour contourner la transparence du processus électoral aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives. L’UDPS avait même condamné le CIAT pour avoir autorisé, dans la précipitation et sans un recensement préalable, l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs à partir du 20 juin 2005 alors même que les projections initiales de la CEI qui avaient servi de base de travail dans chaque province pour mener cette opération, ne reposaient sur aucune considération scientifique, encore moins sur une concertation de la classe politique. Ces estimations fantaisistes avaient tracé les contours de la cartographie du jeu électoral dans le territoire national. C’est ainsi que l’UDPS n’avait pas hésité à condamner le comportement du CIAT pour sa complicité dans la tricherie préparée à l’avance à grande échelle comme l’avait confirmé les révélations faites le 24 avril 2006 par le Consul de l’Angola au Katanga, et plus précisément à Kapolowe où de nombreux angolais détenaient des cartes d’électeurs.
Si l’UDPS a continué à se plaindre depuis 2004 du comportement, du manque de neutralité et de l’incapacité notoire du président de la CEI, Malu Malu, dans la gestion de cet organe appelé pourtant à jouer un rôle capital dans l’organisation des élections et dans la crédibilité des résultats qui devaient en sortir, la classe politique congolaise dans son ensemble n’avait pas suivi les mises en garde faites par ce grand parti fort expérimenté. C’est avec un grand retard que certains candidats à l’élection présidentielle, regroupés au sein de l’Union Sacrée pour les élections libres et transparentes, avaient finalement compris, avec un grand retard, que la CEI était manipulée par Louis Michel considéré comme gestionnaire attitré du processus électoral au Congo et par ses amis du CIAT pour l’obliger de rouler pour Kabila. C’est alors que ces candidats à l’élection présidentielle se mirent à exiger la disqualification de la CEI et la démission de Malu Malu pour incompétence, partialité dans son comportement et forte dépendance vis-à-vis de la Communauté internationale et particulièrement de la Belgique d’où il a continué à recevoir des ordres de saboter le processus électoral en roulant pour Kabila.
L’UDPS avait malheureusement constaté à ce moment là que J.P. Bemba et A. Ruberwa, en tant que chefs de deux grandes composantes, avaient l’opportunité de faire changer ou même de bloquer le processus électoral en exigeant la requalification de la CEI et la démission de Malu Malu de manière à avoir un organe plus indépendant avec à sa tête un homme plus correct, plus intègre et difficilement malléable à souhait comme ne l’était Malu Malu. Ils ont par contre préféré jouer le jeu de la Communauté internationale et ne pas suivre les mises en garde de l’UDPS. C’est malheureusement avec un grand retard qu’ils réalisent aujourd’hui que les Congolais avaient à faire à un processus électoral vicié, improductif et surtout aux conséquences négatives sur le plan de la souveraineté du pays et de la nationalité congolaise. Ils réalisent surtout que la CEI était depuis toujours caractérisée par l’amateurisme, l’opportunisme et l’affairisme dans la gestion du processus électoral, la dépendance de ses membres aux dictées de bailleurs de fonds, la corruption, le clientélisme, le manque de dignité et de personnalité de tous ses responsables. La plupart des membres du cartel « Union pour la Nation » ont compris aujourd’hui ce que l’UDPS n’avait jamais cessé de souligner depuis des années. Ils donnent aujourd’hui raison à l’UDPS qui savait bien longtemps que le processus électoral était biaisé lors des accords de Sun City et pendant toute la durée de transition. Et que la Communauté internationale qui pilote ce processus électoral, avait préféré l’animer avec des acteurs malléables à souhait et non avec des personnes attachées réellement à la défense des valeurs de démocratie et des droits de l’homme. Ils ont compris aujourd’hui que c’était un processus électoral extraverti et manipulé pour faciliter la victoire électorale de J. Kabila et de certains candidats choisis d’avance par la « maffia politico-financière internationale » qui se fait appelée Communauté internationale. Et pourtant, ils savaient tous que si la Communauté internationale, avec la Belgique en tête, avait jugé utile d’exclure l’UDPS du processus électoral, c’était tout simplement parce que, pour éviter toute tricherie, le plus grand parti politique du pays avait exigé que le processus électoral lui donne l’assurance de sa crédibilité et son équité à travers la maîtrise effective par elle, à l’instar d’autres concurrents, de tous les rouages de son organisation.
L’UDPS avait proposé les concertations pour permettre une réconciliation nationale et pour éviter l’échec cuisant du processus électoral comme c’est le cas aujourd’hui
L’UDPS avait proposé un dialogue ouvert aux forces politiques significatives signataires de l’Accord Global et Inclusif (AGI) pour évaluer la transition et bâtir un nouveau consensus national qui devait permettre de baliser le chemin qui restait à parcourir avant d’aller aux élections. L’UDPS était convaincue que si certains pays occidentaux arrivaient à cesser toute pression partisane sur les acteurs politiques congolais, ce dialogue pouvait sans doute, comme en 1960 à la Table Ronde à Bruxelles et aussi en 1992 à la Conférence Nationale Souveraine (CNS), permettre aux Congolais de privilégier l’Intérêt Supérieur de la Nation, et pouvait ainsi contribuer à assainir l’environnement politique en créant les conditions d’une participation aux élections sur pied d’égalité, ce qui impliquait : - la nécessité de veiller à ce que l’inscription sur les listes électorales s’effectue de manière honnête dans toutes les provinces ; - la garantie concernant la liberté d’expression, de déplacement passant par la réforme du secteur de la sécurité ; - l’impartialité des médias publics ;- le désarmement des groupes armés congolais et étrangers ; - la vulgarisation des modalités des scrutins ; - le respect des droits de l’homme. L’UDPS était convaincue que si toutes ces propositions étaient appliquées, les tensions et la méfiance actuelles auraient été supprimées. Les élections allaient être réellement crédibles, fiables, libres, inclusives, transparentes, égalitaires, équitables et démocratiques. Les Congolais seraient allés alors aux élections la main dans la main, réconciliés entre eux. Les vaincus applaudiraient et féliciteraient les vainqueurs et les soutiendraient pour qu’ensemble ils puissent relever le défi de reconstruction et de redressement national. Et de telles élections allaient déboucher sur la paix sociale, la stabilité politique, la démocratie, l’amélioration des conditions de vie de la population. L’UDPS avait exigé qu’il y ait des conditions d’honnêteté, de transparence, de démocratie et de liberté dans l’organisation des élections, ce qui n’a pas été malheureusement le cas. Toutefois, contrairement aux réticences ressenties chez certains partis politiques congolais, l’église catholique s’était également ralliée à la position de l’UDPS en exigeant également qu’il y ait une concertation de manière à aller aux élections dans un climat apaisé. A l’instar de l’UDPS, l’église catholique avait également trouvé que la concertation exigée ne remettait nullement en cause le processus électoral comme le faisaient croire les Occidentaux, elle devait plutôt permettre de revoir son mode de gestion et de l’améliorer pour éviter des conflits et des contestations des résultats comme c’est le cas aujourd’hui. Elle devait permettre aux Congolais de trouver ensemble, sans influence extérieure, un compromis politique pour achever tous ensemble la transition dans un climat apaisé. L’UDPS estimait que l’enjeu national était tellement important qu’il était d’une impérieuse nécessité de se mettre sans tarder autour d’une table pour décider du sort communautaire.
Ce grand parti politique congolais avait jugé utile d’éviter que la division qui était imposée une fois de plus de l’extérieur, ne vint semer le désordre et le chaos dans le pays comme dans les années 60. L’UDPS avait trouvé que ceux qui étaient opposé à la concertation, avaient quelque chose à se reprocher estimant que si l’on aimait réellement ce pays et son peuple qui continue jusqu’aujourd’hui à souffrir, on ne pouvait pas accepter d’être manipulés par le monde extérieur pour aller précipitamment aux élections tout en sachant pertinemment bien que les résultats devaient être contestés et qu’il ne devait y avoir que des armes que proposait ce monde extérieur pour tuer, faire taire les Congolais et imposer de force les dirigeants illégitimes. Toutes ces prophéties de l’UDPS sont en train de se réaliser aujourd’hui en raison de l’agenda caché des Occidentaux qui ont créé de nombreux pantins et automates parmi les Congolais, et qui, par mépris à l’égard de l’homme noir, ont tout fait pour empêcher les concertations entre congolais condamnés à être guidés. Ils ont fait croire aux pantins congolais que l’UDPS réclamait les concertations puisqu’elle avait peur d’aller aux élections et c’est cette chanson qu’ils avaient demandé à Kabila de chanter partout comme un perroquet ou un automate pour justifier son refus des concertations.
L’UDPS avait posé la question de savoir s’il était vraiment nécessaire que la Communauté internationale précipite les élections avant que les objectifs fixés par l’Accord Global et Inclusif soient réalisés. L’UDPS n’a jamais été à la recherche du gain et n’a jamais voulu prendre le pouvoir pour le plaisir de le prendre. Ce grand parti politique congolais a toujours estimé que la construction de la paix devait commencer par l’assainissement de l’environnement politique préalable à la tenue des élections devant se dérouler dans un climat serein, de respect mutuel et d’équité. Cette préoccupation a été exprimée le 05 novembre 2005 auprès de la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU venue évaluer l’évolution du processus politique et électoral. Elle a été réitérée aux délégués du CIAT à Kinshasa lors des discussions exploratoires que les leaders de l’UDPS avaient eues avec eux au début du mois de décembre 2005. L'UDPS a réfuté l’idée soutenue par les Occidentaux selon laquelle la transition était en train de réussir. Pour l’UDPS, on ne pouvait parler de la réussite de la transition que si les 5 grands objectifs qui lui étaient assignés par l’Accord Global et Inclusif (AGI) avaient été réalisés. Ce qui n ‘a pourtant pas été le cas jusqu’à la fin de la transition. Il s’agissait comme objectifs : - de la réunification, la pacification, la reconstruction du pays, la restauration de l’intégrité territoriale et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ; - la réconciliation nationale à travers la Commission paix et justice ;- la formation d’une armée nationale restructurée et intégrée ; - l’organisation des élections libres et transparentes à tous les niveaux permettant la mise en place d’un régime constitutionnel démocratique ; - la mise en place des structures devant aboutir à un nouvel ordre politique. Face à la non réalisation de tous ces objectifs prévus dans l’AGI, l’UDPS avait parlé de l’échec de la transition. On ne pouvait pas alors se précipiter d’aller aux élections avant d’avoir réalisé ces préalables à un environnement serein.
Il serait utile de noter que la Communauté internationale qui avait un agenda caché, avait préféré balayer d’un revers de la main toutes les mises en garde et les propositions de l’UDPS tout en répétant sans cesse que le processus électoral allait être un grand succès et qu’il allait aboutir à l’instauration, dans de bonnes conditions, d’une véritable démocratie au Congo-Zaïre. Et pour se moquer de l’UDPS et de son Président National, Etienne Tshisekedi, elle insistait, par la voix de Louis Michel, que l’UDPS avait raté le train qui avait déjà démarré et qu’il n’y avait pas lieu de s’arrêter pour l’embarquer étant donné qu’elle n’avait pas écouté les appels des maîtres du monde qui l’invitait à s’intégrer dans le processus électoral.
Mais à l’UDPS, on s’est posé la question de savoir si Louis Michel ne s’est jamais demandé pourquoi il y a eu un flot de candidatures au poste de chef de l’Etat congolais. On estime qu’il dira sûrement que ce flot de candidatures traduisait le développement et la bonne santé de la démocratie au Congo-Zaïre. Mais pour les Congolais avertis, c’est plutôt la conséquence de la banalisation de la fonction présidentielle qui a expliqué le fait que tout le monde s’est senti d’un coup capable de pouvoir diriger cet immense pays. Pour de nombreux congolais, le commissaire européen Louis Michel a cherché à banaliser ce poste pour permettre à son poulain J. Kabila d’y rester et de favoriser l’exécution des contrats léonins déjà signés à l’avance. Les Congolais ont toujours attribué la banalisation de ce poste au mépris qu’a Louis Michel et ses amis belges francophones à l’égard de la population congolaise. C’est lui qui a contribué à forger de nombreux pantins et automates parmi les Congolais. Il s’est comporté pendant toute la durée de la transition et du processus électoral comme s’il n’existait pas au Congo des intellectuels spécialisés dans tous les domaines du savoir et du savoir-faire. Mais par mépris à l’égard de l’homme noir, il a cru que tous les Congolais sont des pantins ou des automates que l’on doit indéfiniment guider.
Si l’on prend le cas de la France, tout le monde se souviendra que lorsque le défunt comédien Coluche avait exprimé le souhait de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle française, c’est tout un pays qui n’avait pas apprécié estimant qu’il s’agissait là d’une blague de mauvais goût. Et une grande partie de la classe politique française avait même parlé d’une banalisation de la fonction présidentielle. Pourquoi alors ce qui n’est pas bien en Occident, est imposé en Afrique. Et pourtant, le commissaire européen Louis Michel qui avait pratiquement élu domicile au Congo et qui suivait de près les problèmes qui s’y posent et les prises de position de nombreuses communautés, savait pertinemment bien que l’église catholique congolaise qui représente environ 75% de la population, avait exprimé le souci de voir le Congo être dirigé prochainement par un président bien formé, possédant un sens élevé de l’amour de son pays, soucieux du bien commun, rompu à la bonne gouvernance, ayant une probité morale et une bonne capacité intellectuelle doublée d’une expérience bien éprouvée et capable aujourd’hui d’affronter les grands défis du monde moderne. Mais, convaincu que J. Kabila ne correspondait en aucune façon à ce profil exigé par l’église catholique au nom de la majorité des Congolais, il a préféré, au nom des intérêts égoïstes de l’Occident, et de la Belgique en particulier, imposer sur fond des fraudes son poulain comme le chef d’Etat qui convient aux naïfs congolais.
De l’avis de nombreux analystes congolais, ce comportement de tous les Occidentaux et de Louis Michel en particulier, a confirmé le manque de considération et de respect qu’ils ont pour l’intellectuel congolais. Ces analystes estiment que cette attitude de l’Occident est non seulement une très grave injure adressée aux Congolais, mais elle confirme également le fait que le même Occident soit encore très attaché aux grandes vertus inculquées à l’homme noir pendant la colonisation : respect, docilité, collaboration loyale et sincère. Et pourtant, c’était pour répondre au mépris, au manque de considération vis-à-vis de l’intellectuel congolais que l’église catholique congolaise avait établi les critères pour les dirigeants de demain.
Honte et infâmie : la Communauté internationale remet la dictature en marche au Congo.
La Communauté internationale est aujourd’hui devant un impasse. Elle continue à réclamer de la part de J.P. Bemba une compréhension pour qu’il accepte sa défaite et qu’il laisse la place à leur poulain J. Kabila. Plusieurs membres de cette fameuse communauté internationale s’en prennent au leader du MLC et de l’UN. C’est le cas du ministre belge des Affaires étrangères Karl De Gucht qui était hier apprécié par les Congolais et qui, après s’être rapproché de l’homme d’affaires Forrest, est devenu le fan numéro un de J. Kapila au point de s’attaquer à J.P. Bemba accusant même à tort et sans preuve ses milices d’avoir mis le feu à la Cour Suprême de Justice. C’est tout de même curieux que l’on n’ait pas attendu M. Karel De Gucht s’en prendre à J. Kapila et à ses milices lorsque ces derniers avaient attaqué la résidence de J.P. Bemba mettant même en danger la vie de ce dernier et de sa famille, mais surtout celles des ambassadeurs du CIAT qui étaient présents dans la résidence de Bemba. Comment les Congolais peuvent juger le silence de la Communauté internationale, et en particulier du ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, sur ces événements des 20,21 et 22 août 2006 ? Pourquoi se précipiter à condamner J.P. Bemba pour l’incendie de la Cour Suprême de Justice quand on n’a même pas de preuves alors que les attaques de la résidence de Bemba par Kabila étaient prouvées ? Pourquoi cette politique occidentale de « deux poids et deux mesures » ?
Et pourtant, la Communauté internationale doit savoir que c’est elle qui est à la base de la situation explosive que les Congolais sont en train de vivre aujourd’hui puisqu’elle a tenu, contre vents et marées, à imposer Kabila à la tête du pays en favorisant une tricherie à grande échelle et en falsifiant les résultats sortis des urnes. La Communauté internationale devait suivre les conseils de l’UDPS et comprendre depuis longtemps qu’il ne suffisait pas d’organiser une mascarade électorale pour espérer mettre fin à la crise de légitimité surtout lorsque les résultats des élections sont truqués et ne traduisent pas la volonté du peuple exprimée dans les urnes. La Communauté internationale devait se gêner e’t devait surtout savoir que le fait d’organiser, par l’entremise du CIAT, de la MONUC et de l’EUFOR, des tricheries à grande échelle pour obtenir un président et des parlementaires qui lui soient fidèles, ne correspond pas, alors pas du tout, à l’idée que même les naîfs congolais se font de la démocratie, fût-elle à l’africaine.
La Communauté internationale qui sait que l’église catholique constitue une force sociale importante au Congo, avait demandé à ses dirigeants d’appeler la population à aller voter en promettant que les élections allaient être libres, démocratiques et surtout transparentes. C’est ce que l’église catholique avait fait en toute confiance. Mais aujourd’hui après les élections dites transparentes, l’église catholique constate malheureusement que la même Communauté internationale n’a pas respecté sa promesse de « transparence » et que les résultats qui sont rendus publics par la CEI ne correspondent pas à la vérité des urnes, donc il y a tricherie en masse. La Communauté internationale oublie que l’église catholique possède une très bonne structure organisationnelle et un réseau d’informations très fiable, voire crédible. C’est à travers ce réseau d’informations qu’elle s’est rendue compte qu’il y a tricherie, que la vérité des urnes n’a pas été respectée et le candidat qui est désigné vainqueur par la CEI, n’est pas celui que le peuple congolais, dans sa grande majorité, avait choisi dans les urnes. C’est cette tricherie qui a révolté le Cardinal Etsou, le numéro un de l’église catholique au Congo, qui n’a pas du tout accepté que la Communauté internationale puisse continuer à se moquer du Peuple congolais. Se référant aux résultats recueillis par le réseau catholique, il a précisé que « dans beaucoup de coins, le président sortant n’a pas les résultats que l’on essaie de faire sortir cette fois-ci comme au premier tour. Je dis non à toute tentative d’imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ces commanditaires étrangers ».
Ces propose du Cardinal Etsou ont été corroborés par le président de la Conférence nationale épiscopale du Congo (CENCO), Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, en ces termes : « Prenez les inquiétudes du Cardinal pour faire œuvre utile ». Donc, le fait d’avoir déclaré Kabila vainqueur sur fond de fraudes, et ce quel que soit le verdict de la Cour Suprême de Justice pro-Kabila, toute l’architecture mise sur place par la Communauté internationale pour des élections dites libres, démocratiques, transparentes et apaisées, ont volé en éclat. De ce fait, la crise de légitimité demeure et la dictature sanguinaire se poursuit. Pauvre peuple congolais qui n’a ses yeux que pour pleurer.
Dr. Evariste TSHIMANGA BAKADIABABU
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