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Si le Congo en meurt, on saura de quel type de Sida! (1)
Introduction
Ses mémoires mériteraient d' être écrites, publiées et commentées
dans les universités et, tout au moins, avalées avec l' avidité qui
ne craint pas l' indigestion, fût-elle intellectuelle. Je remercie donc
Robert Crem de faire partager l' émotion de la salle du forum de Fatal
Transactions où son témoignage inédit et ses propositions tout
aussi inédites ont dû électriser l' auditoire. Le conférencier
s' introduit. « J'exprime mes considérations sur le rôle des
ressources naturelles dans la reconstruction de la RDC. En effet, j' évoque
pour la première fois le combat que j'ai mené à partir de 1967 pour
que le Congo profite de la plénitude de ses ressources minérales et énergétiques.
Il s'agit du procès d'un système et des mesures à prendre MAINTENANT,
pour éviter un véritable désastre géologique, minier et social ».
La suite est une pluie de noix de coco, tant il secoue l' arbre de
la pensée unique.
Marcel
Ils s' étaient partagé la bête.
De l' Indépendance de 1960 à 1966, les principales entreprises minières
avaient poursuivi leurs activités et s'approprièrent l'essentiel des
profits de production, en profitant du désordre institutionnel de
la jeune république. A l'issue de cette période troublée, le nouveau
Chef de l'Etat prit conscience de la précarité de son autonomie économique
et financière et il intima aux sociétés à capitaux, dont
les entreprises minières, de localiser leurs sièges sociaux et leurs
actifs financiers au Congo, au plus tard pour la fin de l'année 1966.
L'Union Minière du Haut Katanga était l'échantillon le plus
représentatif du secteur. L' UMHK refusa d'appliquer la loi. Elle
fut nationalisée. Mais contrairement à l'indépendance politique
de 1960, cette nationalisation avait été soigneusement programmée
à Bruxelles. J' en sais quelque chose, puisque j'y avais été étroitement
impliqué comme employé.. L' UMHK prit des mesures de désengagement
financier, en sorte que si la nouvelle GECAMINES (GECOMIN jusqu' en
1971) se trouva en charge de toutes les activités de l'Union Minière,
elle n' hérita point de trésorerie, ni de stocks de produits
finis et semi-finis hors frontières. Ces stocks flottants avaient été
saisis, tandis que les stocks des approvisionnements étaient au plus
bas niveau.
Confronté à cet état de crise, l'actionnaire-Etat de la GECOMIN signa
des accords de coopérations technique, métallurgique et
commerciale avec la Société Générale des Minerais (SGM) et la Métallurgie
Hoboken Overpel (MHO) , toutes des filiales de l'Union Minière. La
maison mère n'apparaîtra plus directement , mais elle agira par ses
sociétés écrans. Ces accords et d' autres conventions connexes,
notamment avec la BELGOLAISE, avaient un caractère léonin. Elle ont été
reconduites en 1968 et en 1974. Je les avais dénoncé en
septembre 1983. Mais même en 2005, la concession de l' ex-Union Minière
reset internationalement convoitée à cause des réserves estimées de
30 millions de tonnes de cuivre et 3 millions de tonnes de cobalt.
Plus les métaux rares et associés comme l' argent, le cadmium, le sélénium,
le germanium, le rhénium, le gallium.
De 1967 à 1985, les rétrocessions de la GECAMINES assuraient 70
à 85 % des ressources en devises fortes de la République. Au
plan de la fiscalité directe et indirecte, GECOMIN/GECAMINES
participait à hauteur de 20 à 30 % du financement du trésor public.
Les productions réalisées pendant ces 18 années avaient des sommets
historiques, exception faite de la période 1975 - 1978qui avait été
marquée par les crises consécutives à la zaïrianisation et aux deux
guerres du Shaba ( Katanga). La production chuta, et la société se
trouva en difficulté, et, avec elle, l'économie nationale. En 1978 la
Banque Mondiale et le FMI, suivis par plusieurs Etats, avaient
alors subordonné la poursuite des plans de financement de l'économie
nationale à la reprise en main de la GECAMINES par des techniciens
reconnus par eux. J' ai été appelé à diriger ce staff . Je
revins au KATANGA en février 1979, après quatre ans d'absence.
Pendant cette période, j' avais dirigé au Rwanda les mines de la
« SOMIRWA », ce qui m'a permis d'acquérir l'expertise de
l'exploitation minière artisanale certes, mais contrôlée.
A mon retour au Shaba (Katanga), les réserves géologiques étaient
intactes, mais les stocks d'approvisionnement en pièces de rechange et
en consommables étaient bas. Les investissements de maintien de
production n' avaient pas été effectués. L'endettement à court terme
de la société était excessif, à cause du coût prohibitif du préfinancement
des exportations par la Belgolaise. Le personnel était démotivé. Tous
ces problèmes furent résolus, pour l'essentiel, en deux années. Nous
avions reconstitué la trésorerie par une politique agressive sur le
marché du cobalt, soutenue par un pont aérien des exportations
de cobalt, ce qui permit de reconstituer les stocks mondiaux des
principaux utilisateurs. Dans l' autre sens, les avions nous
transportaient des pièces de rechange. Notre action avait été
soutenue par le gouvernement des Etats-Unis qui procéda à un achat
spot de cobalt pour reconstituer son stock stratégique. Cette opération
avait été négocié directement avec le sénate
ur et président de GSA, Mr SANTINI, en1980, suite à l'initiative
de l'ambassadeur Robert OAKLEY et du consul général Dan SOMPSON. Nous
avions également procédé à la restructuration du bilan financier en
fonction des fortes fluctuations monétaires.
obalt et le zinc. Mais les conditions de commercialisation échappaient
toujours à la GECAMINES et, partant, à l'actionnaire-Etat.. Je m' étais
donc employé à corriger cette situation par une révision complète
des accords de commercialisation et de raffinage passés avec la SOZACOM,
la SGM et MHO. Nous devions également retrouver un indépendance
financière et commerciale en corrigeant les conditions de préfinancement
pratiquées par la BELGOLAISE. Nous avions eu des contacts avec les
gouverneurs de la Société Générale de Belgique dont Messieurs
CORBIAUX et LAMY.
Mais il y avait un autre problème majeur : celui des prélèvements
directs du Pouvoir au travers de la SOZACOM. J'avais négocié ce délicat
problème avec le Président MOBUTU et on trouva une solution
acceptable, calquée sur le mécanisme des fonds spéciaux de la République
Française. Les prélèvements du Pouvoir furent réduits.En règle générale,
j' avais été soutenu par les différends premiers ministres de la République,
à l'exception de Monsieur Kengo wa Dondo. Quant au Président MOBUTU ,
il avait endossé notre politique dans sa lettre au Président de la
Banque Mondiale en date du 24 novembre 1981.
De leur côté, la Banque Mondiale, la CEE et la BEI, la CCCE (France)
m'avaient apporté leurs soutien et collaboration pendant ces cinq années.
Les mesures d'assainissement auraient toutes échoué sans leurs
assentiment et directives. Mais cette équipe de la Banque
Mondiale avec laquelle j'avais travaillé de 1979 à 1984 fut démantelée
en même temps que j'étais limogé.
En effet, j'avais atteint mes trois objectifs majeurs avec les accords
de Lubumbashi du 29 Septembre 1983. Mais je n'avais pas pu bénéficier
de l'opportunité de consolider ces très importants accords. Ces réformes
et corrections fondamentales n'étaient appréciées ni par la Société
Générale de Belgique, ni par certains proches collaborateurs de
MOBUTU, dont les privilèges et revenus cachés avaient été dénoncés.
C'est ainsi que entre 1982 et 1984, j'avais été approché par le porte
parole et ambassadeur du Gouverneur LAMY de la Société Générale,
le ministre belge SIMONET. Il m'informa le 31 janvier 1984 que mon
mandat de PDG de la GECAMINES prendrait fin endéans les trois
mois, si je ne renonçais pas à mes mesures d'assainissement.. J' ai
refusé. Et j'ai été déchargé de mes fonctions par le Premier
Commissaire d'Etat KENGO le 02 Février 1984. Il avait même outrepassé
ses prérogatives en omettant d'en informer le Président.
Je suppose que durant ces cinq années, et plus particulièrement en
1983 et 1984 un puissant groupe de pression avait opéré. J'avais
payé la facture, certes, mais c'est le Congo, alors Zaïre et sa
population qui en ont été les véritables victimes. En effet,
j'estime que le préjudice subi par la GECAMINES, de 1967 à 1984, s'est
chiffré entre 3 et 4 milliards de dollars américains au profit des
sociétés du groupe de la Société Générale de Belgique et
entre 4 et 5 milliards de dollars américains prélevés par le
Pouvoir, par toutes sortes de ponctions et de commissions occultes. En
un mot, le groupe SGB et le Pouvoir s'étaient partagés la « bête »
!!! un terme utilisé par un administrateur belge.
J'ai estimé nécessaire d'évoquer ces faits, en effet la
politique actuelle du CONGO semble ne pas avoir retenu les séquelles de
ce passé récent.
A SUIVRE
----- Original Message -----
From: KENNES Erik
To: tshipamba mpuila
Sent: Monday, December 05, 2005 1:59 PM
Subject: FW: Noir-Met invite Robert Crem (suite): Si le Congo en meurt,
on saura de quel type de Sida! (2)
________________________________________
Envoyé : vendredi 2 décembre 2005 23:21
Objet : Noir-Met invite Robert Crem (suite): Si le Congo en meurt, on
saura de quel type de Sida! (2)
Il faut mettre sous tutelle les sociétés minières!
Si le Congo en meurt, on saura de quel type de Sida! (2)
Les choses s'étaient précipitées après mon limogeage. Entre Février
et Novembre 1984, soit en moins de 7 mois, la GECAMINES a été
prise en main par les non-ferreux belges qui tentèrent même une révision
unilatérale des accords de 1983. J'en avais informé le Président
MOBUTU . Mais il réagit en remerciant illico son « président belge »
qui m'avait succédé. Il avait appelé Piet DEMERRE en « consultation
commerciale », mais ce fut pour le remplacer par l'Ingénieur MULENDA
MBO. Malgré tout, la GECAMINES avait maintenu sa production pendant
quelques années encore, grâce à d'importants prélèvements sur les
stocks miniers. Mais un climat délétère s'était installé.
Tribalisme et corruption avaient été érigés en système. En
1988, les fuites sur recettes avaient atteint 500 millions de dollars.
La Gécamines agonisait. J'avais une nouvelle fois informé le Président
de cette situation. Il cessa de réagir.
Des années passèrent et la production de cuivre était tombée
de 470.000 à 20.000 tonnes. Une pénurie mondiale de cobalt s'était
installée. Les prédateurs s'installèrent sur la concession Gécamines
et ils se mirent à proliférer. La première opération illégale,
quoique structurée, avait eu lieu dans le secteur de Kipushi, à
Kasombo. Elle fut menée par l'association FORREST/UNION MINIERE. Ce
genre d'activités se sont développées. La concession a été livrée
au pillage. Elle l'est encore aujourd'hui. Les politiques sont muets,
certains semblent même le cautionner. La Belgique, ancienne puissance
coloniale, est restée muette. Une parodie de commission sénatoriale
belge a même cautionné le pillage.
A ce propos, le Sénateur GEENS, président de la Commission «
Grands Lacs » m'avait appelé au téléphone le 11 septembre 2002. Il
sollicitait un entretien d'urgence afin d'obtenir des informations sur
le démantèlement des concessions minières au CONGO. Nous nous étions
rencontrés à mon domicile et avions déjeuné ensemble. Le Président
de la Commission sénatoriale déclara que sa démarche s'inscrivait
avant tout dans la défense des intérêts belges et des Belges en
particulier. Il déplora le démantèlement du patrimoine minier
congolais. La commission d'enquête, dit-il, avait pour mission
d'informer les « Chambres ». Je lui avais alors exposé ma perception
de cette situation sur base de ma connaissance minière du CONGO, du
RWANDA et du BURUNDI, et de 35 années de carrière industrielle en
Afrique Centrale, complétée par des mandats académiques aux Universités
du Congo (Elisabethville), et la chaire d'exploitation des mines et des
carrières à l'Université Libre de Bruxelles.
J' avais relaté les difficultés rencontrées avec la Société Générale
de Belgique, après la nationalisation de l'UMHK au 31 décembre 1966,
celle-ci désirant par tous les moyens garder le monopole de la
commercialisation des matières premières. Le sénateur parla de ses récents
voyage au CONGO et décrivit la misère générale du Pays. Il parla du
démantèlement et/ou morcellement non contrôlé des anciennes
concessions minières octroyées suivant les exigences de la loi minière
de l'époque.
Pour ma part, il me paraissait improbable, selon mon interprétation des
textes, que la nouvelle loi minière puisse avoir un effet rétroactif.
Poursuivant son propos, le Sénateur mit en exergue le dynamisme et
l'organisation du Groupe Georges FORREST, depuis près de dix ans dans
ce secteur minier spécialisé. Je lui ai manifesté ma surprise à ce
sujet, en citant, exemples à l'appui, l'apparente collusion entre
FORREST et l'Union Minière et/ou UMICORE. Le Sénateur me dit qu'il
avait contacté les dirigeants d'UMICORE qui lui avaient déclaré ne
plus avoir de relations avec le CONGO. Il continuait à parler de
FORREST. Je lui ai alors raconté la part active que j'avais prise à
partir de septembre 1995 avec des diplomates du Département d'Etat,
dans le cadre de la reprise des relations diplomatiques entre l'ex-
ZAIRE et les USA tant à Washington qu'à Bruxelles. Ces diplomates étaient
informés des priorités minières et de la genèse du racket conjoint
U.M./ Groupe FOREST initialisé à K
ASOMBO, cette concession GECAMINES.
En effet, à l'époque, les approvisionnements en cobalt, qui était à
cette époque un produit stratégique, étaient aléatoires et donc,
financièrement attractifs à cause de la pénurie sur les marchés
internationaux. C'est cette pénurie qui avait expliqué la mise en
exploitation hâtive du gisement de KASOMBO et le retraitement des
remblais cobaltifères qui avaient été constitués en 1961 et 1962.
Dans cette affaire, FORREST était intervenu comme intermédiaire
indispensable entre les autorités zaïroises et le groupe belge. La
technique était apportée par ce dernier, tandis que les usages locaux
étaient garantis par le partenaire local. Cette première opération
fut suivie d'autres, toujours dictées par le même esprit de lucre et
de besoins de certaines usines.
D'autres produits connaissaient le même attrait: le germanium, le rhénium,
le sélénium, le diamant , etc Ces informations n' avaient pas retenu
l' attention du Sénateur. Il me dit que son mandat était de ne considérer
que les faits postérieurs à 1995. Je répliquais qu'à ma
connaissance, il y avait une continuité de l'histoire qui ne permettait
pas une telle dissociation. C'est alors que le Sénateur fit une
digression sur les années non politiques de sa carrière. Il raconta
qu'entre 1992 et 1999 il s'était lancé dans le privé et avait crée
une société d'affaires avec des relais financiers aux Antilles et au
Luxembourg. Cette information était hors sujet. Elle ne me concernait
pas et je n'étais pas intervenu. Au bout de deux heurs d'échanges de
vues, j'avais demandé au Sénateur, quelle était, selon lui, la
conclusion souhaitée, ou tout au moins, le but de la commission d'enquête
sénatoriale. Il ne me donna aucune réponse.
Pour revenir au Congo, et après le départ de Mobutu, le nouveau régime
politique avait semblé vouloir restaurer l'économie nationale. Il
avait accepté le principe de la privatisation de la GECAMINES en
ratifiant un accord avec la Banque Mondiale. C'est ainsi que l'Exécutif
avait lancé début 2003 un appel d'offres international pour une
gestion intérimaire de la Société qui devrait être confiée pour 18
mois à une firme et à des experts internationaux, par le biais d'une
GECAMINES HOLDING. Cette gestion devait débuter en juillet 2003 pour se
terminer fin 2004 avec une production de 100.000 tonnes et un chiffre
d'affaires de 250 millions de dollars. Mais cette démarche rationnelle
dérange certains. Les termes de référence ne sont pas respectés
et l'on assiste à un « remake » des expériences de 1974 et 1984.
C' est ainsi qu'en juillet 2005, l'Exécutif congolais a, en
contradiction avec le plan de redressement de la Société, et du Pays-même,
procédé au démantèlement accéléré de la concession GECAMINES. Il
a octroyé des polygones miniers au mépris des critères de compétences
techniques, de surfaces financières, et au profit d'opérateurs non
qualifiés et d'aventuriers aux méthodes douteuses.
Cette fois l'avenir de la République est réellement en péril. C'est
pourquoi je prends la parole afin de dénoncer ces stratagèmes, aux
conséquences sociales dramatiques et, même, géologiquement
inacceptables. On ne peut délibérément détruire d'importantes réserves
mondiales de matières premières. Ne s'agirait-il pas d'un crime contre
l'humanité ?
Mais que faire ? Bien entendu, seul le Pouvoir congolais peut en décider.
Que doit faire ce Pouvoir? Il doit assumer sa responsabilité politique
à court terme, et décider une politique minière cohérente et saine.
Seules les ressources minérales du pays peuvent restaurer sa crédibilité
internationale. Comment le faire ?
Le profil du candidat à élire aux prochaines élections
nationales n' est pas seulement d' être plébiscité par un électorat
non manipulé. Il doit pouvoir mettre en place une industrie minière
transparente. Et plus concrètement ? Il faut suspendre tous les
contrats en cours ou en voie de finalisation. On doit procéder à
l'analyse technique des programmes miniers développés ou proposés.
Les comptes financiers des opérateurs actuels doivent être audités.
Les opérations commerciales effectuées depuis le début de leurs opérations
doivent être vérifiées en quantité, en recettes et au plan fiscal.
Et pour éviter un ralentissement des faibles ressources actuelles et «
officielles » de l'Etat, des mesures transitoires d'exploitation
doivent être proposées aux exploitants. Mais la confirmation des
permis d'exploitation ne serait prononcée qu' à l'issue des contrôles.
Quelles dispositions légales et autres à prendre ?
- on doit réviser la législation minière. Sa dernière mouture
consolide les affectations de polygones attribués à «l'amiable »
- on doit légiférer sur une nouvelle loi minière,
- vue la précarité de la République, il faut décréter un état
d'urgence qui autoriserait la mise sous tutelle temporaire de tous les
opérateurs miniers en activité.
- je le répète : il faut auditer financièrement, techniquement
et commercialement les contrats en force ou signés,
- on doit contrôler effectivement toutes les opérations
d'exportations, droits de sortie,etc.)
- contrôler les certificats d'exportation (produits,
quantités, teneurs.)
- analyser les bilans des sociétés minières opérationnelles,
- étudier la procédure pénale à appliquer aux prédateurs des
gisements miniers. Car il y a matière à des délits de crime économique,
vol et recel d' actifs minéraux d' un Etat!
- cette dynamique permettrait également de maintenir une
certaine activité artisanale, mais organisée et placée sous contrôle.
Cette liste n'est pas exhaustive mais elle représente l'urgence. Je préconise
ces mesures sur base d'expériences d'un passé récent. J'ai vécu
toutes ces choses. Ces mesures d'assainissement valent pour toutes les
exploitations minières du pays, car toutes sont ou ont été soumises
à l'arnaque commerciale ou financière. Mais qu' on se rassure
tout de même un peu : malgré les pillages, la République dispose
encore de réserves minières confortables. Elles constituent la
garantie des investisseurs nationaux et étrangers. Les mesures préconisées
permettront d'envisager un avenir serein pour le Congo et l'Afrique
subsaharienne.
Je rappelle, même s'il faut me répéter, que tous les accords de
coopération signés entre l'Afrique et l'Occident reflètent la
reconduction des termes de profit de l'époque coloniale. Ils sont trop
souvent sanctionnés par les nouveaux leaders africains. Le laxisme de
ces derniers est une cause du marasme du continent noir. De l'autre côté,
c' est une coopération d' intérêts à sens unique : les sociétés
dites coloniales comme les puissances colonisatrices ont avant tout
veillé à préserver leurs rentes des situations. Elles y ont
souvent réussi. Responsables de cette situation l'Europe et l'Afrique
subsaharienne restent des partenaires obligés qui doivent fixer les
termes nouveaux d'une collaboration industrielle et financière équitable
et transparente. A ce propos, la mise en exploitation de la
concession GECAMINES exigera plusieurs milliards de dollars. Elle ne
peut être entreprise que par un consortium international. Et compte
tenu de la détérioration généralisée de l'écon
omie congolaise et de l'insécurité du territoire, l'institution
d'une société à charte me parait indispensable. En attendant, et
à cause des délais nécessaires pour créer un tel consortium, un
contrat de gestion intérimaire doit être structuré comme l'a préconisé
la Banque Mondiale. C'est l'intérêt immédiat de la République.
Et je termine comme Henri SPAAK, lorsqu'il s'était adressé dans le
passé à l'ONU : « il n'est pas trop tard, mais il est temps ».
1 décembre 2005
ROBERT CREM
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