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Le "Non" l'emporte sur le "Oui" au "référendum" constitutionnel des Congolais de l'étranger


(Congolite 15/12/2005)

15 décembre 2005 - Ce mercredi 14 décembre 2005 restera gravé pour longtemps dans la mémoire des congolaises et congolais de Belgique et environs qui se sont réunis sur le Parvis Saint Roch pour se prononcer sur le projet de constitution qui sera soumis au peuple le 17 prochain. Bien qu'officiellement exclus du vote dans leur pays d'origine, ils ont organisé leur propre "référendum" constitutionnel, à main levée, en présence d'une déléguée d'un huissier de justice, et au cours duquel ils se sont prononcés, à 100 % pour le "Non". C'était seulement à titre symbolique, une façon, sans doute, pour eux de se consoler de leur frustration. C’est d'ailleurs la première fois que la plupart d’entre eux participent à un vote démocratique, selon leur propre aveu.

C’est sous une fine pluie que les compatriotes de Lumumba commencent à arriver au lieu de la manifestation. Le parvis Saint Roch se trouve sur la chaussée d’Anvers à 1000 Bruxelles, non loin de la gare du Nord, dans le quartier qu’on appelle parfois le Manhattan de Bruxelles, au regard des grands beaux et nouveaux buildings qui y poussent. Comme d’habitude, la police quoique discrète, est déjà sur les lieux. Il sied de signaler ici qu’il y a un lieu sensible dans les environs : l’office des étrangers. Dans leurs tractations avec la police, les organisateurs ont assuré celle-ci que la manifestation serait non seulement calme, mais qu’elle ne durerait pas.

Dès quatorze heures des exemplaires du projet de constitution circulent de main en main. Chacun a ainsi l’occasion de vérifier le bien-fondé de différentes critiques. À Quinze heures, les congolais font un grand cercle. Les organisateurs invoquent d’abord les ancêtres, rendent hommage à tous les morts congolais depuis 1960 à cause de la mauvaise gouvernance, ainsi qu’aux 5.000.000 de congolais morts suite à une guerre injuste nous imposée par des envahisseurs venus du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda. Le mode de vote est expliqué. Trois questions sont posées. Et l’on s’exprimerait à main levée. Première question : « Qui vote OUI? » Silence. Aucune main ne se lève. Deuxième question : « Qui s’abstient? ». Silence de nouveau, et aucune main ne se lève. Troisième question : « Qui vote NON? » Toutes les mains se lèvent dans un grand cri de joie. Il est quinze heures quinze! La déléguée d’un huissier de justice a tout suivi. Les passants européens eux regardent sans trop comprendre ce que faisaient, là, tous ces africains. Avant de se disperser, chacun appose son nom et sa signature sur un formulaire ad hoc.

Cheik Fita

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