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Communiqué de presse - Pour publication immédiate
Les ONG s’inquiètent du « détournement » dont fait l’objet le processus d’examen des contrats miniers en RDC. Il est grand temps que les pouvoirs publics d’Europe et d’Amérique du Nord agissent.
Broederlijk Delen CEPAS Entraide Missionaire Fatal Transactions Forum de la Société Civile Congolaise Global Witness MiningWatch Canada Netherlands institute for Southern Africa (NiZA) Rights and Accountability in Development 11.11.11 Urgewald
(4 février 2008) – Au début de la conférence ‘Mining INDABA’ sur l’investissement dans le secteur minier organisée au Cap, une coalition internationale d’organisations non gouvernementales prévient que le processus d’examen des contrats miniers en RDC (République démocratique du Congo) a été « détourné ». Les ONG déclarent ainsi qu’il est de plus en plus manifeste que de nouveaux contrats sont en train d’être conclus en catimini, et ce malgré le fait que le processus d’examen n’est pas terminé et que la transparence requise n’est toujours pas atteinte. Les ONG citent l’annonce faite le 28 février selon laquelle les droits relatifs à deux concessions minières qui appartenaient auparavant à la Katanga Mining Company ont été cédés aux entités chinoises que sont la Sinohydro Corporation et la China Railway Engineering Corporation dans le cadre du contrat de prêt de 5 milliards de dollars US accordé par la banque chinoise Exim. Les ONG souhaiteraient que le gouvernement de la RDC explique quand et de quelle manière cette décision a été prise.
Le silence du gouvernement congolais quant aux mesures qu’il a prises ou compte prendre afin de mettre en œuvre les recommandations d’une commission interministérielle créée pour passer en revue les contrats miniers ne fait qu’intensifier les préoccupations des groupes de société civile.
Les ONG appellent les pays donateurs et les institutions multilatérales à soutenir publiquement un processus de renégociation ouvert et transparent. En novembre dernier, le ministre congolais des Mines, lors d’une réunion du Groupe consultatif de la Banque mondiale à Paris, a promis à la communauté des donateurs internationaux que le rapport de la commission interministérielle serait rendu public. Le gouvernement est également tenu d’assurer un tel niveau de transparence en vertu des dispositions du Contrat de gouvernance portant sur la gestion des ressources naturelles qui a été présenté par le Premier ministre Antoine Gizenga en février 2007, du Programme du Gouvernement qui y est associé, et du Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) de la RDC.
Le gouvernement congolais devrait publier un plan complet de renégociation et éventuellement de résiliation des contrats miniers, le cas échéant, accompagné d’un calendrier clair et de précisions sur la méthodologie à employer, selon les ONG. « La publication du rapport est essentielle si l’on veut restaurer la confiance envers l’intégrité du processus d’examen », affirment la coalition. Il est également impératif que des mécanismes de suivi et de reporting adéquats soient mis en place pour assurer la transparence et la responsabilité du processus. « La divulgation d’informations cruciales constitue un devoir fondamental de tout gouvernement démocratique et la seule garantie que le parlement et la société civile puissent remplir leur rôle de vérificateurs des poids et contrepoids », déclarent les ONG.
Les ONG soulignent également les résultats inquiétants des audits financiers réalisés par le cabinet Ernst & Young, selon lesquels la gestion financière et les pratiques comptables de plusieurs compagnies minières opérant en RDC sont loin de se conformer aux normes internationales généralement acceptées. Les ONG appellent les ministères publics et les organismes de contrôle boursier d’Europe et d’Amérique du Nord à examiner attentivement ces audits et à s’interroger sur la présence d’éléments de preuve suffisants pour pouvoir entamer des procédures. « Il est grand temps que les gouvernements belge, canadien, américain et britannique commencent à démontrer concrètement l’intérêt qu’ils affirment porter à la diminution de la pauvreté et à la bonne gouvernance en RDC en menant leurs propres enquêtes sur les contrats miniers conclus par les compagnies dépendant de leur juridiction », ajoutent les ONG.
Les ONG rappellent à toutes les parties à l’examen que la reconstruction et le développement de la RDC ne pourront être assurés qu’en garantissant une exploitation équitable et transparente des ressources naturelles du pays. Les enjeux de l’examen des contrats miniers sont extrêmement élevés, étant donné que la crédibilité des efforts déployés par le nouveau gouvernement congolais et la communauté internationale pour promouvoir la bonne gouvernance dans le secteur minier ainsi que, dans un sens plus large, le développement futur de la RDC, en dépend.
Pour tout renseignement complémentaire, contacter :
Judith Verweijen, Broederlijk Delen +32 (0) 473790344 Lizzie Parsons, Global Witness +44 (0) 207 561 6365 Tricia Feeney, RAID +44 (0) 1865 515 982 +44 (0) 7796 178 447 +27 (0) 714 141923
Notes aux rédactions
Les rapports de l’audit peuvent être consultés à l’adresse suivante :
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