UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL


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Après Goma, Tshisekedi exige une conférence internationale !

(La Prospérité 28/01/2008)

Pas de nonchalance, ni de navigation à vue si l’on veut sortir les deux provinces jumelles du Nord et Sud-Kivu des affres de la guerre. L’Udps, parti d’avant-garde, stigmatise la non prise en compte de la problématique de l’espace vital ainsi que de la croissance exponentielle des populations des pays voisins dans les résolutions de Goma. Aussi, dénonce-t-il le manque de sérieux dans la question des réfugiés hutus rwandais et la non implication du Rwanda. L’Udps en appelle à une conférence internationale pour la paix. La facilitation neutre devrait en être l’élément déterminant pour la réussite.

De l’Afrique du Sud où il s’est blotti depuis un certain temps pour des raisons liées particulièrement à son état de santé, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, lider maximo de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, donne de la voix sur l’agora. Par François-Xavier Belchika Kalubye, le Premier Vice-Président de l’Udps, son parti, Tshisekedi trouve à redire sur la série de recommandations issues de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les deux provinces jumelles du Nord et Sud-Kivu. Fidèle à ses habitudes, Tshisekedi reste, en effet, sec et ferme dans ses options. C’est l’impression générale qui découle de la simple lecture de la déclaration livrée à la presse, le vendredi 25 janvier dernier, à Righini, dans la Commune de Lemba.

Des observations

Pour l’Udps, rappelle-t-il, la problématique de l’espace vital pour certains pays voisins, aggravée par la poussée démographique, serait la base de difficultés foncières et de cohabitation auxquelles ces deux provinces sont, depuis des décennies, confrontées. Au jour d’aujourd’hui, si les dirigeants politiques actuels ne changent pas de mode de gouvernance en se débarrassant notamment, de la nonchalance et de la navigation à vue, le pire est à craindre pour des années à venir. C’est pour cette simple et bonne raison qu’il vaut mieux prévenir que guérir, rappelle Tshisekedi par l’un de ses lieutenants interposé.


Au-delà de toutes les autres matières traitées au cours de cette conférence de Goma, Tshisekedi et son Parti formulent quatre principales observations. D’abord, dans un premier temps, cette absence d’identification de la nature du vrai problème de deux Kivu concernant, par exemple, la difficile cohabitation, sur un espace de plus en plus étroit, des communautés bantoues majoritaires et communautés congolaises non bantoues minoritaires. Ensuite, l’absence claire des causes internes et externes favorisant cette situation. Pour l’essentiel, l’Udps estime que les pays voisins sont préoccupés. La croissance exponentielle de leurs populations ainsi que le besoin d’espace vital sont, à son avis, les deux motivations majeures des mouvements des troupes observés à l’Est de la RD. Congo. Il suffirait d’une politique définie autrement que par le passé pour écorner les intentions des voisins de transformer le sol congolais en un espace d’expérimentation de leur folie de grandeur. L’Udps conseille, à cette fin, que Gizenga, 83 ans, infléchisse l’action de son gouvernement dans le sens de promouvoir une cohabitation pacifique de toutes ces communautés. Il y va, d’ailleurs, du respect de son serment constitutionnel.

Une autre observation, la troisième du genre, condamne la non prise en compte de la dimension relative à la présence des réfugiés hutus rwandais en territoire congolais. Pourtant, celle-ci avait été, en son temps, encouragée par la communauté internationale. L’Udps décrie, enfin, la non implication du Rwanda, principal voisin dont l’influence somme toute voilée, est désormais perceptible dans les comportements et revendications de certains groupes armés opérant à l’Est. A tout prendre, Tshisekedi considère que la question des réfugiés Rwandais a été traitée avec un minimum de légèreté. Ceci justifie, relève-t-il, la double absence d’identification qui, raisonnablement, devrait constituer la condition préalable au retour des réfugiés rwandais, pris collectivement, dans leur pays d’origine. L’autre face de l’iceberg pour ce dossier des réfugiés rwandais, c’est l’affaire des FDLR. Sans entrer dans les détails, l’Udps croit qu’il s’agit d’un cas délicat qui méritait bien un regard intelligent pour sa solution définitive. Surtout lorsqu’on sait que l’accord conclu à Nairobi, à la fin de l’année 2007, sur la neutralisation des FDLR, n’a jamais connu le moindre début d’exécution. Selon l’Udps, le bon sens recommanderait qu’une fois tenue, la conférence internationale ressasse tous les aspects de ce dossier, avec l’appui de la communauté internationale.
Pas d’amnistie à la tête du client

Quel serait alors le sort réservé à tous les compatriotes qui sont actuellement en prison ou à l’étranger pour avoir émis telle ou telle opinion politique contraire à celui du pouvoir ? C’est la question que l’Udps se pose au regard de l’amnistie dont devraient bénéficier Laurent Nkunda et sa constellation d’insurgés oeuvrant sous la bannière du Conseil National pour la Défense du Peuple, CNDP en sigle. La recherche des solutions aux problèmes de fond transite obligatoirement par des discussions avec les vrais interlocuteurs que sont les pays voisins et la communauté internationale. C’est dire combien tous les laquais n’ont pas de place dans cette vision développée par l’Udps.
Marcel Ngoyi

Position Officielle de l’Udps sur les Travaux et la Conclusion de la Conférence de Goma sur la Paix, la Sécurité et le Développement du Kivu.

L’opinion nationale et internationale a appris par voie de presse les conclusions de la conférence de Goma sur la paix, la sécurité et le développement. Dans notre point de presse du 24 décembre 2007 consacré à la situation de guerre et d’insécurité permanente prévalant à l’Est du Congo et spécialement dans les provinces précitées, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, par notre voix, avait clairement indiqué que « la problématique de l’espace vital pour certains pays voisins aggravée par la poussée démographique », est la base des difficultés foncières et de cohabitation que connaît cette région depuis des décennies.

Et si les dirigeants politiques congolais ne changent pas leur mode de gouvernance qui se traduit par la nonchalance et la navigation à vue, au lieu de prévoir et d’agir, nous vivrons dans quelques années la même situation avec les populations sahéliennes notamment, les Mbororo qui sont en train d’occuper massivement le Nord de notre pays au vu et su des dirigeants en place.
Mesdames et Messieurs de la presse,
L’UDPS considère que toute action qui va dans le sens de la paix, de la sécurité et du développement de la R.D.C doit être en principe Soutenue et encouragée.

Dès lors, ce n’est ni la programmation, ni la recherche et encore moins l’affirmation desdites valeurs qui poseraient quelques problèmes ici comme ailleurs, mais plutôt la capacité du pouvoir congolais de jouer effectivement ce rôle et de remplir les conditions de crédibilité requises pour ce faire.

Pour revenir au KIVU, l’examen des principaux instruments juridiques issus de la Conférence de Goma appelle des observations ci-après :

1. L’absence d’identification de la nature du principal problème qui se pose aux deux provinces concernées, à savoir : la cohabitation difficile sur un espace de plus en plus étroit entre les communautés congolaises bantoues majoritaire et les communautés congolaises non bantoues minoritaires mais dont le nombre augmente suite aux vagues migratoires successives venues des pays voisins ;
2. L’absence d’identification claire des causes externes et internes à l’origine ou propices à cette difficulté, à savoir : la politique des pays voisins face à la problématique de la survie de leurs populations en croissance exponentielle et la faiblesse du Congo en tant qu’Etat souverain à cause de la politique de ses dirigeants dont les Elites du KIVU sont la principale composante actuellement. Il importe cependant de noter que l’UDPS n’a jamais cessé d’interpeller, mais en vain, le Gouvernement de la R.D.C sur son devoir constitutionnel de garantir la paix, la sécurité et la protection à toutes les communautés vivant sur son territoire.

3. La non prise en compte de la présence des réfugiés hutus rwandais dans la région où ils sont entrés avec l’encouragement de la communauté internationale.
4 .La non implication aux assises de Goma du principal pays voisin impliqué au KIVU, à savoir : le Rwanda.
Le constat dressé ci-dessus entraîne les conséquences suivantes :

a) La double absence d’identification préalable relevée aux points 1et 2 a conduit à formuler la résolution relative à la question capitale du retour des réfugiés avec une regrettable légèreté. En effet, si dans le rapport final page 16 point 2 le retour des réfugiés congolais est assorti de leur identification préalable, dans l’acte d’engagement entre le Gouvernement en place, les groupes armés nationaux et la communauté internationale, art.3 point 4, cette condition essentielle est élaguée.

b) La non prise en compte de la présence de FDLR et la non implication du Rwanda sont de nature à rendre difficilement applicable l’acte d’engagement. En effet, quand on sait que l’accord de Nairobi de 2007 entre le Congo et le Rwanda sur la neutralisation et le retour des FDLR n’a jamais connu un début d’exécution, cette question aurait dû être abordée dans l’acte d’engagement signé par la communauté internationale pour obtenir l’implication effective de celle-ci.

CONCLUSION

a. Au regard de ce qui précède, l’UDPS dénonce et condamne la manière dont la résolution relative au retour des réfugiés a été formulée et exige l’identification exacte et préalable des prétendants candidats au retour avec le concours du HCR, des autorités provinciales et locales ainsi que des Chefs coutumiers des collectivités concernées ;

b) L’exécution effective de l’accord signé le 15/12/2007 à Nairobi relatif au retour de tous les éléments FDLR au Rwanda ;

c) Exige du Gouvernement la formation d’une armée forte, performante, dissuasive, bien équipée et bien motivée, capable de sécuriser les populations, les biens et les frontières de notre territoire ;

d) L’UDPS constate que l’Amnistie a été accordée à la tête du client ; et les autres compatriotes qui sont en prison ou à l’étranger que deviennent- ils ?

e) Propose l’organisation d’une conférence internationale sur la paix, la sécurité et le développement durable pour l’ensemble du Pays ;

f) L’UDPS constate aussi que la conférence de Goma a été organisée dans un contexte politique de capitulation du pouvoir en place, et cela après un revers militaire cinglant. Ceci a marqué fortement l’opinion congolaise ; et ce n’est pas à l’honneur du pouvoir en place ;

g) Invite en même temps le peuple congolais en général et la population du KIVU en particulier à exiger du Gouvernement :

°La recherche des solutions aux problèmes de fond avec les vrais interlocuteurs. C’est-à-dire : les pays voisins et la communauté internationale ;

° Les solutions qui débouchent sur une paix durable dans le respect de la souveraineté du Congo, de l’intégrité de son territoire et dans l’intangibilité des ses frontières héritées de la colonisation.
Je vous remercie.

Fait à Kinshasa, le 25 janvier 2008
Belchika Kalubye François Xavier
1er Vice-président


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