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[Page principale] [Home page] Référendum constitutionnel - Tshisekedi : " Un processus injuste et exclusif"
Le Phare (Kinshasa) 15 Décembre 2005 Joseph-Alain Kabongo Etienne Tshisekedi wa Mulumba, chef historique de l'opposition politique congolaise et président national de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (Udps), vient de briser le silence. Dans une déclaration politique faite à sa résidence de la 10ème rue Limete, mercredi 14 décembre 2005, le leader de l'Udps est monté au créneau pour inviter le peuple congolais à ne pas se déplacer ce dimanche 18 décembre 2005, date du référendum constitutionnel. Tout a commencé à 17 heures 25, lorsque la figure emblématique de l'opposition pacifique, moulé dans un costume bleu ciel, est sorti de son bureau pour prendre place sous sa paillote. Il a lu en trois minutes une déclaration dans laquelle il faisait remarquer que le pays était complètement détruit avec la complicité de ses propres fils. Parlant du processus électoral, et plus particulièrement du référendum constitutionnel, il a relevé son caractère exclusif, vicieux, injuste et contreproductif. C'est ainsi qu'il a demandé aux Congolais de rester à la maison dimanche 18 décembre pour ne pas cautionner ce vote. Agir autrement serait légitimer un processus au départ vicié. Après avoir imploré la protection du Congo par le Très-Haut, l'opposant historique s'est aussitôt levé, remerciant la presse tout en promettant de se revoir bientôt. Les consignes du protocole étaient aussi fermes : " il ne s'agit pas d'un point de presse, mais d'une déclaration politique à enregistrer". Cette déclaration coïncidait avec le 73ème anniversaire de naissance d'Etienne Tshisekedi et quelques membres influents du parti étaient sur le lieu pour souhaiter un heureux anniversaire à leur chef. Les éclaircissements de Valentin Mubake et Jean-Baptiste Bomanza Valentin Mubake Numbi et Jean-Baptiste Bomanza, respectivement président du Comité national de l'Udps et porte-parole du parti, ont apporté quelques éclaircissements sur la portée du message d'Etienne Tshisekedi. Selon Valentin Mubake, le processus électoral en cours dans notre pays a déjà fait l'objet de plusieurs observations de l'Udps. Lors du passage de la mission du Conseil de sécurité des Nations Unies, le 25 novembre dernier, le parti cher à Etienne Tshisekedi avait remis officiellement son cahier de charges à la délégation. Les membres du Conseil avaient estimé que personne ne devait être exclu du processus en cours en RDC. C'est ainsi que le Ciat avait initié une série de rencontres avec les partis politiques. Sur les quatre réunions convoquées, on a enregistré quatre absences du PPRD, parti politique du chef de l'Etat. A propos du référendum, le N° 1 du Comité national explique que le problème se pose au niveau de la crédibilité à accorder à tout ce qui est fait actuellement. La population elle-même ne se sent pas concernée dans ce processus électoral. Inviter la population à ne pas voter dimanche revient à dire que le " non" risque de ne pas l'être au finish. Il n'y a pas de garantie que le " non "puisse l'emporter, car il ne s'agit que d'un seul et même bulletin où l'on peut cocher " Oui " et " Non ", avec beaucoup de probabilité de tricherie. Participer à un tel vote, c'est légitimer un processus déjà vicié. Personne n'a la maîtrise du procédé de vérification sur la victoire du NON ou du OUI. De son côté, Jean-Baptiste Bomanza s'est posé la question de savoir s'il y a encore des Congolais qui veulent perpétuer leur misère en allant voter dimanche. Au moment où l'Udps se bat pour la requalification du processus, Bomanza s'est dit stupéfait de voir le Ciat prendre position pour le " oui ". Et de s'interroger : " A quel jeu se livre le Ciat ? Suit-il les instructions du Conseil de sécurité ? " Il a émis des critiques acerbes sur le bulletin de vote, les différentes versions du projet de constitution et la mise à l'écart des provinces du Bandundu et de l'Equateur lors du référendum constitutionnel. |
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