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Maintenant,
il faut
assumer
: la responsabilité de la
Communauté internationale, de la
Cei et des
ex-belligérants engagée
(Kenge
Mukengeshayi)
Le
Phare
Le
calme restait
précaire lundi tandis
que la tension
et l'inquiétude étaient
perceptibles dans la
capitale de la RD Congo.
Cette tension et
cette inquiétude
étaient la suite des
affrontements armés
intervenus samedi
entre les enfants
de la rue, généralement
proches de la
plate-forme UN de JP Bemba
Gombo et des éléments
de la police auxquels
s'étaient joints ceux
des FARDC. Comme
au mois d'août
dernier, ces événements
ont eu
pour épicentre
la résidence du
chairman située en face du
cimetière de la Gombe.
Ces affrontements ont
fait, selon des sources
officielles, 4 morts
parmi lesquels
un militaire et trois
civils dont
une femme,
vraisemblablement Mme Néné
Mutshipay abattue
juste devant
l'Eglise de la Gombe
où elle
se rendait
samedi, selon
un communiqué de
cette Eglise
parvenue au Phare.
Les premières échauffourées
avaient démarré
mercredi dernier
dans la capitale
lorsque des shegués,
auxquels s'étaient
mêlés des partisans
de l'UN, avaient
manifesté devant la
résidence de JP Bemba
pour réclamer "
des explications " sur sa rencontre de
mardi avec
le Président Joseph
Kabila Kabange
au Palais de la Nation.
Les esprits se sont
davantage surchauffés
avec la persistance
des chiffres annonçant
une très
confortable avance du chef de
l'Etat sur son
challenger et lorsque
l'UN, à travers
deux lettres de JPBG à la CEI s'est
mise à contester
certains résultats
provisoires affichés
par la CEI.
Notamment en ce
qui concerne le
taux de participation
curieusement et
subitement très
élevé dans l'Est,
l'ampleur du
vote par
dérogation dans le
Katanga et la "
disparition " de certaines
voix dans le
Kasaï Occidental.
Renforcement
du dispositif
sécuritaire
Le
fait que le CEI
a renvoyé les
plaignants devant la Cour
Suprême, pendant que
le cabinet du
Chef de l'Etat
annonçait des préparatifs
pour l'investiture
du Président élu, a
jeté de l'huile sur
le feu. Surtout
que, pour
nombre d'observateurs,
le retard de
JPBG sur JKK semblait de
plus en plus difficile à
rattraper, quand
bien même la CEI
continuait de déclarer
qu'il s'agissait
de " résultats
provisoires partiels,
susceptibles de
modifications en cas
d'erreurs matérielles
".
Ceci
explique à la fois
les affrontements du
week-end dernier et les
inquiétudes qui
se lisaient
lundi sur tous
les visages. Dans la
mesure où la
proclamation des résultats
provisoires, manquée
le week-end
dernier, était
jugée incontournable
cette semaine,
le calendrier
électoral ayant
fixé l'échéance
au 19 novembre,
beaucoup de Kinois
redoutaient la
répétition des événements de
fin août.
D'autant, selon
des sources
diplomatiques, qu'en
dépit de différents
actes d'engagement
signés par les
deux parties, un
mur de haine
continue de séparer
celles-ci alors
que, signalait-on de
source militaire dans la
capitale, plusieurs
éléments armés
auraient infiltré
la population civile,
les " Shegués "
notamment.
En guise de
réponse à cette
situation, les autorités
urbaines ont
ordonné durant
le week-end
l'interpellation de 337
présumés enfants de la
rue (35 femmes
dont 3 avec
bébés, 87 mineurs et 215
adultes selon
un communiqué de
l'Hôtel de ville). Dans la
foulée, le
gouverneur de la ville a
interdit tout
attroupement dans la
ville jusqu'à
nouvel ordre.
Pour leur part, la force
européenne Eufor
et la Mission de l'Onu
en RDC renforçaient
leurs patrouilles, tandis
que plusieurs
blindés de la Monuc
prenaient position
devant la résidence
de JPBG dans un scénario
qui n'était
pas sans rappeler
l'affaire Lumumba
en août 1960.
Le
ver était dans le
fruit
La question
que tout
le monde se pose
aujourd'hui est celle
de savoir si, avec
un tel mur de
haine et de méfiance,
le dispositif
mis en place suffira
pour ramener le
calme et la sérénité,
là où des
actes d'engagement
signés à la pelle
ont bruyamment
volé en éclats
moins de trois
semaines après
leur signature sous
l'égide, encore
une fois, de la
Communauté internationale.
Des analystes dans
la capitale congolaise
sont d'avis,
tous comptes
faits, que les
protagonistes d'août
et de novembre "
n'ont pas à se
prévaloir de leurs
propres turpitudes
". Tous les Congolais
savaient en effet,
dès le
départ, que
le processus
électoral congolais
piloté au pas de course
par la Communauté internationale et
pour les besoins
de son propre
agenda était vicié
dans son fond comme
dans sa forme. Il
n'a jamais répondu
aux besoins du
processus de
réconciliation dont
il n'est
malheureusement pas le
couronnement, comme
les Congolais avaient
tendance à le
souhaiter. Le
problème, c'est
que chacun des
protagonistes espérait
récupérer ce
processus en l'état
pour son
propre confort
et sa propre élection.
Force est aujourd'hui
de se rendre à
l'évidence
: le ver était
bel et bien dans le
fruit, au point que
personne ne peut
prétendre qu'il
n'était pas averti,
y compris la Communauté
internationale qui est
restée on ne
sait trop
pourquoi sourde
à tous les appels au bon
sens.
Le
résultat c'est
que " nous
voilà revenus à
la case départ avec
des élections dont
le principal
acquis est de fracturer
le pays,
d'installer la
haine et la méfiance
", explique l'un
de ces analystes. Et
d'ajouter :
" L'incroyable paradoxe est
qu'aujourd'hui, tous
les regards se
tournent encore
une fois vers
Etienne Tshisekedi,
dont les Congolais
apprécient davantage
aujourd'hui son
appel à la concertation
pour dégager un
consensus susceptible
d'engager tous les
protagonistes dans
l'acceptation des résultats".
Il
faut assumer
Perplexe, la Communauté
internationale n'a plus
que ses yeux
pour pleurer en
regardant son
bel ouvrage s'en aller en
lambeaux. Désormais
donc, il
faudra que
chacun puisse
assumer. D'abord
la CEI qui devrait
apporter les preuves
que son
processus électoral
est crédible,
transparent, libre et
démocratique, et qu'il
n'a jamais
eu pour
objectif de favoriser
l'un ou
l'autre candidat.
Une démarche qui
exige le
traitement, avec
humilité, patience et
équité, de toutes les
requêtes introduites
par les
parties.
Doivent
également s'assumer
les deux camps en
présence. Ils
connaissaient
parfaitement les règles du jeu
autant que les
imperfections d'un
processus qu'ils
ont contribué à
mettre en place dans
l'espoir qu'il les
conduirait au
couronnement. Ils
ne devraient
donc pas se
comporter, après
avoir endossé en
amont les faiblesses
du système, comme
s'ils les découvraient
subitement en aval. En
d'autres termes,
il faut avoir
le courage d'assumer
les résultats
illégitimes d'un
processus tout
aussi illégitime.
Ceci est naturellement
valable aussi
bien si c'est
Joseph Kabila
qui gagne les
élections que si
c'est son
challenger qui
les remporte.
La même
responsabilité incombe
à la Communauté internationale
qui a cautionné
l'exclusion et
encouragé la mise en place
d'un
processus dont
elle savait
pertinemment qu'elle
ne déboucherait
jamais, dans les mains des
ex-belligérants, sur
une paix des
cœurs et des esprits. Pour
avoir fait la sourde
oreille aux
avertissements et aux
appels au bon sens, la
Communauté internationale ne
devrait pas s'exonérer
à peu de frais
d'une responsabilité
d'autant plus évidente
qu'elle a toujours
refusé, au nom
de l'argument financier, de
marquer un
temps d'arrêt
pour évaluer
le processus.
Autant les morts
et les destructions
d'aujourd'hui comme celles de
demain devront
peser sur la conscience
de la Communauté internationale,
autant celle-ci
devra tout
mettre en œuvre
pour garantir la
sécurité des Congolais
pris en otage
par les mêmes
belligérants
chouchoutés par
elle.
Doivent,
enfin, s'assumer les
Congolais eux-mêmes.
Manipulés, intoxiqués,
chosifiés, ballottés
par tous les
vents du mensonge,
de la cupidité, du tribalisme, de la
haine ethnique
et de la corruption
érigés en système
de gouvernement, les Congolais
sont, eux-mêmes
et en dernier ressort
responsables de ce
qui leur arrive.
Comme tous les
peuples du monde qui
se battent
pour la liberté
et la démocratie sur leurs
terres, dans la bande de
Gaza, dans les
montagnes afghanes
chaque jour rasées
par les bombe
ou au Sud-Liban
en proie au piège
des sous-munitions, sur les
terres bolivariennes
ou les plateaux
austères du Nicaragua,
il leur revient
désormais de prendre leur
destin en mains,
de décider de leur
avenir ainsi que
celui de leurs enfants.
Ce qui exige
tout naturellement,
de leur part, lucidité, esprit
critique, courage et
sens de responsabilité vis-à-vis de
tous les chants
de sirène, des vendeurs
d'illusions et des
faiseurs de miracles
sensés leur apporter
le bonheur sur
un plateau d'or
mais en réalité
déterminés à les
transformer en sous-hommes, en
esclaves, en mendiants
et en éternels assistés.
Dieu ne leur
a-t-il pas dit :
" Restez dans la foi
et l'espérance et je
vous conduirai au
pays que
j'ai promis à
vos pères. Mais
le jour où
vous me tournerez
le dos pour
adorer les dieux
de vos ennemis, alors,
ce jour là je
vous
maudirai !
"
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