UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL

 

 


[Page principale] [Home page]
L’appel du pied de l’Udps au Conseil de sécurité
(Le Potentiel 05/11/2005)


Ce n’est pas une ritournelle. L’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) est sortie du bois. Dans une interview à Rfi, le vendredi 4 novembre 2005, Me Jean-Joseph Mukendi, premier conseiller politique d’Etienne Tshisekedi, le président, a une fois de plus réaffirmé la position défendue par son parti depuis longtemps au sujet de la transition en République démocratique du Congo, plus particulièrement dans son volet consacré au processus électoral.

Le moment de cette intervention médiatique, est bien choisi car l’interview sur Rfi est diffusée à la veille de l’arrivée à Kinshasa d’une importante délégation du Conseil de sécurité. Les termes et le style employés, Me Mukendi les a bien sélectionnés. Question non seulement de faire passer le message d’un parti qui, comme à son habitude, est resté constant dans son schéma de combat pour la démocratie. Mais aussi et surtout de faire comprendre aux émissaires du Conseil de sécurité la nécessité, entre tous les acteurs locaux, de parvenir à un « compromis politique » afin de sauver le processus de transition et, à travers lui, le processus électoral. Dans tous les cas, Jean-Joseph Mukendi martèle ses mots. «Il est nécessaire, dit-il, que les forces politiques qui comptent, c’est-à-dire les forces qui participent maintenant (à la gestion), celles qui sont en dehors de la transition et les forces sociales, notamment les Eglises, puissent se retrouver avec le Ciat, autour d’une table pour avoir un consensus politique qui nous permettrait de pouvoir établir un calendrier électoral concerté par toutes les parties…afin d’aller ensemble aux élections et surtout garantir l’après-élections ».

La déclaration ressemble-t-elle à un appel du pied ? L’interrogation demeure tant on sait que la position du Conseil de sécurité est celle maintes fois exprimée par le Ciat. Dans ce cas, l’Udps irait-elle vers le Conseil de sécurité ? Néanmoins, son message à l’adresse des représentants de quinze Etats membres du Conseil de sécurité est clair comme l’eau de roche.

Ainsi, à la question de savoir ce que ferait l’Udps au cas où les dirigeants de la transition refusaient de saisir la perche qu’elle leur tend, Me Mukendi a répondu sans s’embarrasser de circonlocutions. « Je pense, a-t-il déclaré, que c’est une hypothèse impossible parce que… cette perche va permettre au peuple congolais d’aller de l’avant. Je crois que ce serait un suicide…Mais si jamais ils refusent, nous allons persévérer toujours de façon démocratique pour leur faire comprendre par des pressions appropriées qu’il est temps que nous puissions arriver à un consensus politique». Ci-dessous, l’intégralité de l’interview de Me Jean-Joseph Mukendi à Rfi.

A quelles conditions l’Udps pourrait-elle entrer dans le processus actuel de transition ?

Je voudrais dire que l’Udps n’a pas de conditions pour entrer dans le processus puisque, depuis vingt-cinq ans, elle lutte pour entrer dans le processus électoral. Nous avons tout simplement fait savoir, depuis le 2 avril 2005, qu’il était nécessaire que nous puissions nous retrouver autour d’une table pour avoir un consensus politique qui nous permettrait de pouvoir établir un calendrier électoral concerté par toutes les parties. Et je crois que plus que jamais les circonstances sont favorables pour le début d’une amorce de dialogue politique.

Un dialogue, pourquoi ?

Il est nécessaire que les forces politiques qui comptent, c’est à dire les forces qui participent maintenant, celles qui sont en dehors de la transition et les forces sociales, notamment les Eglises, puissent se retrouver avec le Ciat afin de pouvoir aller ensemble aux élections et surtout garantir l’après-élections.

Mais, c’est un nouveau dialogue que vous appelez de vos vœux. Ne risque-t-il pas d’être une négociation qui va durer des mois ou des années comme les négociations de Sun City en 2002 ?

Si on conçoit cela comme les négociations de Sun City, ça peut durer des années et vous avez parfaitement raison. Mais l’Udps a proposé un schéma, une concertation politique et je crois qu’une telle discussion ne doit pas prendre des semaines. Nous voulons des élections crédibles et pas des élections précipitées.

Mais il y a déjà plus de 19 millions de Congolais qui sont enrôlés, qui sont inscrits sur les listes électorales, n’est-ce pas la preuve tout de même que la Commission électorale indépendante fait bien son travail ?

Vous savez que jusqu’à présent il y a beaucoup de Congolais des centres extra-coutumiers qui ont été empêchés de participer au processus. Pourtant, ils ont tous envie de se faire enrôler. Donc, nous avons besoin de pouvoir mettre en compte l’enrôlement des personnes qui, jusqu’à présent, ont été négligées.

Est-ce que vous demandez un remaniement à l’une ou l’autre de quatre vice-présidences ?

Mais, écoutez, quand on doit aller dans un consensus politique, on ne pose pas des préalables. Nous voulons un dialogue franc et pour cela, il ne faudrait pas qu’on puisse exclure telle ou telle personne dès le départ. Nous pensons que le consensus que nous voulons doit être le plus possible inclusif.

On sait que les pluies s’arrêtent au mois de mai et de septembre, est-ce la période qui vous paraîtrait la plus propice pour voter ?

Je ne veux pas vous donner ma propre réponse. Vous connaissez le rapport qui avait été établi en 1995 par l’Union européenne sur la pré-faisabilité des élections et c’est une des recommandations qui avaient été données dans ce rapport. Cette recommandation est toujours d’actualité.

Est-ce que le Ciat (Comité international d’accompagnement de la transition) peut jouer un rôle dans cette concertation que vous proposez ?

Il va de soi que le Ciat doit jouer un rôle important parce qu’il a un rôle d’arbitrage.

Et si les dirigeants de la transition refusent de saisir la perche que vous leur tendez, que faites-vous ?

Nous pensons que c’est une hypothèse impossible d’autant plus que cette perche va permettre au peuple congolais d’aller de l’avant. Je crois que ce serait un suicide, c’est une hypothèse impossible.

Mais si jamais ils refusent, nous allons persévérer toujours de façon démocratique, par la voie de la non-violence, pour leur faire comprendre, par des pressions appropriées, qu’il est temps que nous puissions arriver à un consensus politique.

Des pressions de la rue par exemple ?

Des pressions démocratiques, toutes voies de sortie, et nous savons que la machine de répression est toujours là. Mais de plus en plus, je crois que ces méthodes non démocratiques ne seront pas du tout appuyées par le Ciat et la Communauté internationale.

 

© Copyright Le Potentiel

 


Page principale] [Home page]