Rapport partiel de mission conjointe (LINELIT,USPE)
Rapport partiel de mission conjointe (LINELIT,USPE)
d’observation des opérations du référendum constitutionnel dans
la ville de Kinshasa et la province du Bas-Congo (18 et 19 décembre
2005)
La Ligue Nationale pour les Elections Libres et Transparentes (LINELIT)
et l’Union des Spécialistes et Professionnels des Elections (USPE),
ont observé du 18 au 19 décembre 2005 le scrutin référendaire dans
la ville-province de Kinshasa et dans le Bas-Congo. Cette couverture
comprenait l’aire géographique des districts de Mont-Amba, Lukunga,
Tshangu et Funa.
La LINELIT et l’USPE ont déployé conjointement 120
observateurs pour la ville-province de Kinshasa et 50 observateurs
dans la province du Bas-Congo notamment à Tshela, Lemba, Luozi et
Boma, soit un total de 170 observateurs électoraux. Ils ont observé
dans 682 bureaux de vote pour la Ville Province de Kinshasa et dans
374 bureaux de vote pour la Province du Bas-Congo soit le total de
1056 bureaux de vote pour les deux provinces.
Des rapports partiels reçus des différents groupes d’observateurs
électoraux déployés sur terrain dans les bureaux de vote, il
ressort ce qui suit :
1) Les bureaux de votes
L’ouverture des bureaux de vote a été faite tantôt à l’heure
prévue par les règlements de la CEI tantôt en retard. Cela est à
attribuer notamment à la non maîtrise des dispositions des meubles,
l’arrivée en retard des membres des bureaux de vote à cause de
transport, etc.
Dans ces bureaux de vote, nos observateurs ont eu à relever plusieurs
failles et irrégularités qui nécessitent une attention particulière
de la part de la Commission Electorale Indépendante (CEI).
Il s’agit principalement :
• la non-maîtrise de disposition et manipulation des meubles,
l’arrivée tardive des certains membres des bureaux de vote suite au
défaut de transport, ce qui a retardé l’ouverture de certains
bureaux de vote ;
• de la non-maîtrise de l’utilisation dans les bureaux de vote
des documents relatifs au fonctionnement des bureaux de vote par les
présidents des bureaux de vote et leurs collaborateurs, absence du
Guide pour les Agents électoraux.
Exemple : les listes des électeurs en règle, la loi référendaire
et autres documents juridiques devraient être stockés dans chaque
bureau de vote, publiés et affichés devant les bureaux de vote ;
• plusieurs bureaux de vote qui ont connu, pendant certains temps,
l’absence de quelques agents ;
• l’encre dite indélébile qui ne l’était que de nom. Elle
s’effaçait quelques instants après qu’elle eut été frottée
sur le doigt de l’électeur avec le risque de vote double ou
multiple de certains électeurs malins
• l’absence quasi-totale des témoins des partis politiques dans
les bureaux de vote et le nombre insuffisant des observateurs électoraux
nationaux pour couvrir tous les bureaux de vote et ceux de dépouillement
afin de crédibiliser les opérations référendaires.
• un faible taux participation de la population électrice à
Kinshasa et dans le Bas-Congo créant ainsi une forte abstention aux rôles
électoraux suite au déficit de la campagne d’éducation civique et
électorale et à l’échec de la campagne de vulgarisation des
textes de Projet de Constitution de la RD.Congo en Français et en
quatre langues nationales (Lingala, Kikongo, Swahili et Tshiluba).
• les isoloirs étaient mal placés, donnant face aux électeurs.
Conséquence : le secret de vote n’était pas protégé. Certains électeurs
parvenaient à influencer le choix de leurs amis pour voter le oui.
Certains présidents des bureaux de vote assistaient les électeurs ne
sachant pas lire dans l’isoloir ;
• l’assistance des analphabètes par des personnes non souhaitées
par le votant ;
• la non-maîtrise des procédures de recherche des noms des électeurs
sur la liste électorale ;
• distraction et oublie des agents électoraux d’appliquer
l’encre indélébile au doigt de l’électeur ayant voté ;
• le fond de l’urne n’a pas été démontré qu’elle était
vide et l’urne elle-même non scellée. L’orifice était mal placé
et le modèle même non conforme au modèle de la CEI ;
• dans certains bureaux de vote, le procès-verbal n’a pas été
fait par les membres du bureau de vote ;
• les membres du bureau de vote n’avaient pas un moyen de
communication avec leur hiérarchie. Ce qui faisait qu’il y a eu
tergiversation dans la prise des décisions ;
• l’exécution de vote par procuration alors que la loi ne
l’autorise pas ;
• au niveau du dépouillement, à cause de l’ordre donné et
contre-ordre dans certains bureaux de dépouillement, le dépouillement
s’est fait en l’absence des observateurs. Et des témoins des
partis politiques. Les électeurs ont refusé d’assister au dépouillement
comme la loi référendaire le dit par démotivation et/ou manque de
confiance envers la CEI car, disait-il, on a constaté l’interférence
de certains observateurs nationaux, étrangers, des agents électoraux
et de certains militants des partis politiques dans la tentative de
manipuler la population analphabète de voter le « oui» le jour du
scrutin.
2) Sécurité électorale
Les opérations du Référendum Constitutionnel se sont déroulées de
façon globale dans le calme sans incident majeur. Cependant, les
observateurs électoraux de la LINELIT et de l’USPE ont observé un
point positif, notamment le bon comportement des agents commis à la sécurité
électorale.
En conclusion, les défaillances enregistrées et le faible taux de
participation de la population électrice de la ville province de
Kinshasa et du Bas-Congo, est un indice que le pouvoir organisateur du
référendum constitutionnel, l’autorité politico-administrative et
les partis politiques doivent tirer les leçons et rectifier les tirs
pour les prochaines échéances électorales en RDC.
Fait à Kinshasa, le 20 décembre 2005
Jérôme BONSO
Président de la LINELIT
Coordonnateur de l’USPE
LINELIT & USPE