UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL





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GÉNOCIDE
DES POPULATIONS CONGOLAISES
PAR LE RWANDA, L’OUGANDA ET LE BURUNDI
AUX HOMMES ET AUX FEMMES DE BONNE VOLONTÉ

IL EST PLUS QUE TEMPS D’AGIR

La République Démocratique du Congo a été envahie par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi depuis bientôt deux ans. Ces envahisseurs violent massivement les règles élémentaires des droits de la personne en s’attaquant sauvagement à la population congolaise qu’ils tuent, violent, pillent et humilient sur leur propre territoire. La barbarie des Ruandais, des Ougandais et des Burundais dans notre pays est sans précédent.

  1. Des massacres massifs sont régulièrement commis principalement par l’armée ruandaise. Les événements les plus connus se sont déroulés aux endroits suivants : Kasika, Katema, Kalehe, Katogota, Kasala, Kitutu, Kalemie, Makobola, Masisi, Moanda, Nonge, Kibombo, Boma, Burhale, Bunyakiri, Burhinyi, Butembo, Izege, Lemera, Walikale... où plusieurs centaines de paysans (hommes, femmes et enfants) furent massacrés en un seul site.
  2. Les autorités de ces pays envahisseurs ont ordonné à leurs soldats, dont la majorité sont séropositifs, de violer systématiquement les femmes et les enfants dans les zones qu’ils occupent de façon à s’assurer l’extinction à brève échéance des habitants des terres conquises.
  3. L’année passée (1999) à Mwenga, les militaires ruandais ont violé quinze femmes devant leurs maris et leurs enfants. Ils ont poussé le sadisme jusqu’à mettre du piment dans leurs partis intimes avant de les enterrer vivantes.

Il est clair que les autorités ruandaises et ougandaises sont dangereusement barbares. Elles contrôlent des armées entières qu’elles dirigent avec une folie véritable, n’hésitant pas à utiliser des armes lourdes même dans des agglomérations urbaines populeuses.

Cette folie meurtrière s’est particulièrement manifestée à Kisangani, la troisième ville du Congo ayant 600 000 habitants et dans laquelle les armées ruandaises et ougandaises se sont affrontées à trois reprises en massacrant plusieurs milliers de civils non armés y compris des enfants, des femmes et des vieillards. Au moment où nous écrivons ces lignes des centaines de milliers d’habitants de Kisangani quittent leurs domiciles pour se cacher dans la brousse craignant cette guerre dans laquelle deux chefs d’états fous rivalisent personnellement pour s’emparer des richesses, dans un tiers pays, au grand dam des nationaux assujettis à la pointe des canons.

Le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi se livrent à un véritable génocide au Congo. L’International Rescue Comitee (IRC), un organisme humanitaire américain, estime en effet que depuis le mois d’août 1998 au moins 1 700 000 congolais ont été tué par les Ruandais, les Ougandais et les Burundais. Le peuple congolais ne veut pas la guerre. Il l’a exprimé par tous les moyens possibles à travers le gouvernement, les partis politiques, la société civile intérieure, les communautés congolaises disséminées dans le monde, le pouvoir coutumier, les églises..

Malgré ces appels de détresse, la communauté internationale est restée timide dans ses réactions. La résolution 1234 de l’ONU demandant aux forces d’invasion de se retirer du Congo est restée lettre morte, bafouée par les régimes ruandais et ougandais. La mission des nations unies au Congo tarde à se mettre en branle prétextant la sécurité des casques bleus. Pendant ce temps les morts s’accumulent par milliers au Congo. Il est plus que temps d’arrêter cette barbarie.

Voilà pourquoi nous lançons un appel aux hommes et aux femmes de bonne volonté à travers le monde pour faire des pressions en vue de l’application immédiate des mesures suivantes :

  1. Envoyer sans délai les casques bleus au Congo. Cette mission devrait se concentrer aux frontières Est du Congo pour arrêter de nouvelles incursions des forces d’invasion et les empêcher d’envoyer des renforts et des armes à l’intérieur du pays; la mission devrait par la suite exiger le retrait immédiat et sans conditions des forces d’invasion;
  2. Faire pression sur les gouvernements américains et britanniques, la Banque et les autres bailleurs de fonds et alliés du Rwanda et de l’Ouganda de cesser de leur fournir les moyens de poursuivre le génocide de la population congolaise;
  3. Décréter un embargo sur les armes dans toute la sous région ainsi que sur l’achat des matières précieuses (diamant, or, café, bois, coltan etc..) pillées au Congo par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ;
  4. Déclencher une enquête internationale sur le génocide des congolais et le pillage de leurs ressources et déferrer les coupables devant la justice internationale.

Fait à Québec/Canada, le 15 Juin 2000

Association des Congolaises et Congolais à Québec, ACQ
C.P : 9290 Sainte Foy
Sainte Foy/PQ, G1V-4B1

Charles Katembo, président, tél : 682 5854
Claudy Kabangu, vice-président, tél : 660 1563


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