B.P.16737
KINSHASA 1
R.D. Congo
Tél/Fax :243.12.21653______________________________Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme
African Association for the Defense of Humans Rights
COMMUNIQUE DE PRESSE N° 030/2000
CONSEIL DE SECURITE : NON AU RETRAIT DE LA MONUC
1. Plusieurs sources crédibles font état de l'intention du secrétaire général de l’ONU, Monsieur Kofi Annan de solliciter du Conseil de Sécurité le retrait de la MONUC. Cette proposition du Secrétaire général au Conseil de Sécurité serait consécutive aux multiples entraves délibérément montées par le gouvernement Kabila dans le but de remettre en question le processus de paix soutenue par l'OUA et l'ONU ( campagne de dénigrement contre la MONUC et son personnel, sabotage des accords de Lusaka, campagne d'insulte contre le facilitateur Ket Masire, continuation de la guerre)
2. l'ASADHO est très préoccupée par cette option prise par le secrétaire général en raison des conséquences incalculables qu'une pareille décision pourrait provoquer une fois entérinée par le conseil de sécurité.
3. L'ASADHO tient à rappeler les faits suivants:
Monsieur Kabila s'est autoproclamé président de la RDC au terme d'une guerre d'agression du Zaïre menée par le Rwanda et l'Ouganda qui a été à l'origine des violations massives des droits de l'homme, des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et des actes de génocide.
Les auteurs de ces crimes que la Communauté internationale a laissé impunis se recrutent encore parmi ceux qui conduisent la seconde guerre qualifiée par la résolution 1304 du 16 juin 2000 de guerre d'agression et d'occupation de territoire congolais par les forces régulières des armées Rwandaise et ougandaise.
L'actuelle guerre est conduite par les criminels de guerre qui ne connaissent pas le prix de la paix mais seulement la satisfaction du butin de la guerre.
L'ASADHO estime que la réponse appropriée aux criminels de guerre et contre la paix et à ceux qui sabotent la paix ne serait pas de proposer le retrait de la MONUC, au risque de condamner à mort plus de cinquante millions de populations civiles qui aspirent à la paix et à la prospérité.
Se désengager de la RDC dans ces conditions serait d'une part sacrifier la population congolaise qui n'est ni la cause directe ni indirecte de ces deux guerres et d'autre part cette décision consacrerait définitivement l'impunité des auteurs des massacres et autres crimes qui continuent à se commettre sur le territoire congolais.
L'ASADHO note que dans plusieurs de ses rapports et communiqués, elle a toujours appelé le conseil de sécurité à prendre des mesures et des sanctions prévues au chapitre VII de la charte des nations unies contre tous les criminels contre la paix. Dans son communique no 25 intitulé " face au refus de la paix en RDC : la communauté internationale doit agir ",l'ASADHO a de manière forte réclamé à la communauté internationale et aux organes des Nations Unies que des mesures coercitives soient prises à l'endroit du gouvernement Kabila et autres belligérants qui seraient à l'origine des entraves répétées au processus de paix notamment l'isolement diplomatique, la saisie des comptes bancaires et autres avoirs qui leur permettent de financer la guerre.....
En lieu et place de ces mesures, l'ASADHO est surprise de constater que le secrétaire général est en voie de solliciter le désengagement total de la
MONUC de la RDC. Et pourtant dans les mêmes circonstances et pour n'avoir pas respecté les résolutions du conseil de sécurité la Libye, l'Irak et tout récemment la Yougoslavie avaient fait l'objet de l'application des sanctions prévues au chapitre VII de la charte des nations Unies.
L'ASADHO voudrait voir le Conseil de sécurité appliquer les mêmes dispositions aussi bien vis–à-vis des belligérants qui entravent le processus de paix que vis-à-vis du Rwanda et de l'Ouganda en ce qui concerne leur retrait sans condition ordonnée par l'article 4 al a de la résolution 1304 du même Conseil de sécurité du 16 juin 2000.
De ce qui précède, l’ASADHO recommande :
A.
Au Conseil de sécuritéa. De considérer ceux qui sabotent le processus de paix au Congo comme des criminels contre la paix et la sécurité internationale, par conséquent de voter des mesures coercitives telles que l'isolement diplomatique, le gel des avoirs financiers qui leur permettent de financer la guerre, d'instruire des Etats membres d'ouvrir des informations judiciaires sur ces faits.
b. D'imposer l'approche de paix au gouvernement Kabila et de le considérer comme l'obstacle principal à la paix et au retour de la démocratie en RDC.
c. De condamner fermement la campagne de sabotage menées par le Gouvernement Kabila contre des initiatives de paix.
d. De renouveler sa confiance à Monsieur Masire et d'appeler le gouvernement de Kinshasa à s'abstenir de tout acte ou comportement qui porterait atteinte à cette confiance renouvelée.
e. De ne pas entériner l'initiative du secrétaire général tendant à solliciter de votre organe le désengagement total de la MONUC en République démocratique du Congo ;
B.
Aux autorités de KinshasaDe renoncer à la politique de sabotage des efforts de paix, notamment faciliter le processus de paix et celui du dialogue national prévu dans l'accord de Lusaka.
Fait à Genève et à Kinshasa,le 09 Août 2000
Dave Banza
Président