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L'impact de la jalousie et de la haine sur le déséquilibre politique au Congo (EX-Zaïre): Cas de P. E. Lumumba!

 

Par Albert Buyamba Musualuendu & Faustin Kalala Lubenji

(Doctorand en Histoire & D.E.S en Droit International)

 

Le cadre de notre réflexion pour cette étude est simplement la date du 30 juin 1960, date butoire du régime colonial au Congo belge d'une part, et aussi date qui fut témoin de l'indépendance du Congo, d'autre part.

Pour aider le lecteur à comprendre aisément cette étude, quelques questions se posent au préalable, et elles sont enfin le fil conducteur de l'étude. Les voici : 1) Qu'est-ce qui s'était passé le jour du 30 juin 1960 au Congo ? 2) Est-ce que les événements qui s'étaient déroulés le 30 juin 1960 ont-ils longtemps après laissé au Congo une chance de croître admirablement ? 3) Est-ce que le roi Baudouin des Belges avait-il raison de s'affoler devant la teneur de discours de P. E. Lumumba ? Et enfin 4) Comment pensez-vous mettre fin à ces conséquences qui n'abandonnent plus le Congo et ce 41ans aujourd'hui jour pour jour ?

En effet, soulever une question c'est déjà une réponse en soi enseignait bien Auguste Mabika Kalanda.

 

Au Congo, le 30 juin 1960 revisité par nous

 

Réexaminons très rapidement le film du 30 juin 1960; qu'est-ce qui s'était passé ce jour là au Congo ? En effet, ce jour là, P. E. Lumumba venait d'être condamner à mort deux fois !

La première fois, comme tout le monde le sait sans doute, son discours improvisé avait une teneur choquante, une offense semble-t-il devant le roi Baudouin des Belges, le plus grand hôte du jour. Au yeux du roi Baudouin, P. E. Lumumba venait de prononcer des infamies impardonnables. Son discours jetait donc de l'opprobre sur le régime et surtout sur le génie léopoldien au Congo. P. Lumumuba n'était pas courtois. Et pour tout dire, Lumumba avait dérangé. Il fut ainsi perçu un anti-Belge, affiché par la sûreté Belge.

En effet, en examinant les faits sociaux (approche que nous privilégions ici avec A. Compte), nous observons donc que des faits qui s'étaient déroulés au somptueux palais de la nation du Congo : où le roi Baudouin, chef des Forces armées Belges, accompagné de son ministre des Affaires étrangères, le très célébre, Eskyens, procéda, l'objet de sa visite au Congo -, à la déclaration de l'indépendance du Congo. Ces faits sociaux, au-delà de la déclaration de l'indépendance, disions-nous, - ont encore une certaine incidence sur le dessein du Congo et ce jusqu'à aujourd'hui.

Regardons et fixons les yeux le film ! Un petit extrait de ces cérémonials du jour du 30 jui 1960 nous revient à mémoire. D'un ton très calme et grave, teinté du paternalisme, le roi Baudouin des Belges déclara, ce qui suit : La Belgique en pleine accord avec le Congo proclame solennellement aujourd'hui l'accession du Congo à la souveraineté nationale et internationale... Ce n'est pas tout. Dans la même veine, le roi des Belges s'attela à vanter tant tous les mérites de son arrière grand-père, le roi chevalier, nous avons cité le roi Léopold II, qui : ouvrit le Congo à la Civilisation et, qui plus, extirpa quantité de mots qui décimaient jadis les populations du Congo notamment la maladie du sommeil, la lèpre, le paludisme, etc. l'esclavagisme. Voilà ! Cette litanie des mérites de Léopold II qu'énuméra avec préciosité le roi Baudouin des Belges hérita au strict la conscience nationaliste de P. E. Lumumba.

Décidément, P. E. Lumumba se mit à rédiger à la hâte son discours afin de répliquer, sinon déshabiller, le roi Léopold II et son oeuvre coloniale, laquelle selon P. Lumuba : fut si colorée du sang des peuples Congolais, alors appelés Indigènes du Congo belge et du Rwanda-Urundi !... Indiscutablement, le ton de discours du leader Congolais P. Lumumba fut trop dur à l'endroit des Belges et du même coup face à tout l'impérialisme occidental dans sa globalité. Le discours désarçonnait les Belges. À ce point, soulevons une question digne d'intérêt. Est-ce vraiment surprenant le contenu du discours de P. Lumumba devant le roi Baudouin des Belges, les Congolais et aussi devant toute la communauté internationale ? Eh bien, observons-en un peu et interrogeons alors l'histoire pour trouver la réponse à cette question.

 

Le discours de Lumumba était dit longtemps avant par les Américains

 

Rien de surprenant quant à nous à ce sujet très précis. Attirons ici l'attention du lecteur que le ton du discours que P. Lumumba prononça le jour de l'indépendance du Congo, était certes original et dur, mais en vérité le discours n'avait pas été différent de ce que le roi Léopold II, de son vivant, avait connu et touché du doigt aux États-Unis d'Amérique, à Boston, déjà vers les années 1906 !

Avec caricatures, affiches et puis pancartes odieuses à l'appui, Léopold II était longtemps vilipendé en ce pays comme étant un roi sanguinaire, à cause de sa politique coloniale inhumaine au Congo (travaux forcés, régime de coups de fouets, mains coupées aux Congolais etc...) De ce fait, et suite à des grandes manifestations organisées aux États-Unis d'Amérique, contre la présence gênante de Léopold II en ce pays, les autorités Américaines, obligèrent le roi des Belges, à retourner subrepticement en Belgique. Et un peu plus tard, comme conséquence, le Congo cessa d'être la propriété privée de Léopold II, et devint alors Congo belge en 1908.

En clair, le discours du P. E. Lumumba du 30 juin 1960, jour de l'indépendance du Congo, avec beaucoup plus de recul aujourd'hui, soit 41 ans passés, ne rappelait qu'un fait historique digne de mémoire pour les Congolais, que le roi Baudouin des Belges et aussi les meilleurs de monde informés et instruits à l'époque, savaient bien longtemps avant.

 

L'attitude du roi Baudouin lors des cérémonials

 

En décortiquant le film du 30 juin 1960, le roi Baudouin, s'était retourné deux fois vers le président Kasa-vubu, qui était bien sûr à sa droite, apparemment troublé, ce qui contraste, tenez-le bien, - avec l'éducation royale reçue au Palais royal où prédomine: le flegme et aussi le calme. Bref le roi n'avait pas fait montre de maîtrise de soi.

Et la troisième fois, quand P. Lumumba continuait de parler du haut de la tribune de l'hémicycle du parlement du Congo où étaient réunis, entre autres : la chambre des représentants de premiers dépités Congolais, et aussi les sénateurs de la république naissante, sans oublier les nouveaux ministres du premier gouvernement Congolais au grand complet, et les membres du corps consulaire, des hauts clergés et des invités de marque des plusieurs pays entre autres Fulbert Youlou, le tout premier président du Congo-Brazzaville, etc.

Continuons ! Le roi Baudouin se retourna pour la troisième fois, disions-nous, pour parler en particulier avec M. Eskyens, et leur geste traduisait immanquablement l'inquiétude et la surprise devant le discours improvisé de P. Lumumba, premier ministre et ministre de la défense nationale, et leader de la majorité, au Congo.

Au Congo, notons en passant que le discours de P. Lumumba était fort suivie d'applaudissements sur les bancs parlementaires et ainsi interrompu de bout à bout. Les applaudissements fusaient donc de partout dans l'hémicycle du somptueux palais de la nation Congolaise et retransmis en direct à la radiodiffusion et filmé par les cinéastes Belges. Le discours eut d'échocs dans tous les chefs-lieux des provinces du Congo. À Bakwanga, actuelle Mbuji Mayi, au Kasaï Oriental, par exemple, les populations s'étaient réunies près du club Miba où il y avait des hauts-parleurs de radio pour suivre toutes les manifestations à Léopoldville.

La voix de P. Lumumba était nette, limpide pénétrante, s'insinuait jusqu'au coeur et, remuait les entrailles.

 

Mort de P. E. Lumumba

C'est donc ce jour du 30 juin 1960, à cause de son discours houleux devant les Congolais et aussi le monde des invités aux cérémonials de l'indépendance du Congo que P. Lumumba scella son sort. Et c'est ce jour enfin que P. Lumumba fut condamné à mort en sourdine par l'ancienne puissance coloniale Belge d'une part, et aussi par d'autres forces impérialistes, d'autre part; notamment les forces Américaines. À ce sujet très précis, il y a lieu de regarder avec attention le film de Raoul Paik sur P. Lumumba, le film ne manque pas d'intérêt. Il est tout nouveau et récent.

 

Anecdote sur laquelle on s'est jamais attardée

 

Quittons cet aspect connu qui consacra la condamnation à mort de P. Lumumba par l'ancienne puissance coloniale et aussi d'autres forces impérialistes pour épingler une anecdote digne d'intérêt avant de parler de la deuxième condamnation à mort de P. Lumumba.

En effet, à l‘arrivée du roi Baudouin au Congo, veille du 30 juin 1960, le roi fut accueilli d'une manière somptueuse à l'aéroport de la Ndjili avec tous les honneurs dûs à son rang. Le roi entra dans une voiture décapotable avec le président Kasa-vubu, déstination, la résidence de l'ancien gouverneur général du Congo belge et du Rwandu-Urundi.

Le cortège avait été chaudement applaudi par des milliers de foules dans toutes les communes de Léopoldville (actuelle Kinshasa). Mais en arrivant sur le Boulevard du 30 juin, précisément, en face de l'actuel bureau de la Sonas, on trouva un monde débordant de part en part. Le roi Baudouin qui était vêtu de son costume officiel de lieutenant général des Forces armées Belges, s'était vu ravir son sabre, symbole de son pouvoir royal, par un curieux Congolais, qui s'était approché de la voiture décapotable où étaient le roi Baudouin et le président Kasa-vubu.

Cet individu de grande taille s'empara du sabre royal et esquissa quelques pas de danses devant l'équipe de sécurité ahurit ! Et cette scène a été immortalisée par des cinéastes et des photographes de l'époque. Ce n'est qu'après une longue conciliabule que l'individu consenta à restituer le sabre déjà sué. Qu'est-ce alors qu'un signe demanderez-vous ? En effet, le fait est riche de significations. C'était par là certes un signe de temps qui ne trompait problablement pas, que le roi Baudouin des Belges n'était pas le bienvenu, sur le sol Congolais. Qu'en dire plus ?... L'indépendance du Congo a été arrachée de force à la Belgique et n'a donc pas été accordée de gaieté de coeur.

La suite des événements au Katanga avec Moïse Tshiombe et puis au Sud-Kasaï avec Albert Kalonji, deux chefs sécessionnistes, appuiés par la Belgique, créditent cette

thèse. L'état indépendant du Katanga fut proclamé le 11 juillet 1960 tandis que l'état autonme du Sud-Kasaï fut lui proclamé le 8 août 1960.

 

Parlons maintenant de la deuxième condamnation à mort de P. Lumumba

 

Cette deuxième condamnation de P. Lumumba était intervenue dans un laps de temps comme suit

- au 30 juin, selon le protocole, tous les invités arrivaient vers 9 heures au Palais de la nation;

- à 9 : 30 le gouvernement arriva, dans la stupeur de tous les parlementaires. Pourquoi stupeur ? Parce que P. Lumumba arriva en tête de cortège entouré des motards et des sirènes de la Force publique Congolaise qui retentissaient ! En effet, P. Lumumba arriva avec ce fracas devant le palais de la nation, tous les ministres étaient vêtus de smoking noir et de redingote et des chapeaux de haute forme (on dirait alors des Lords Britanniques.)

Tous étaient dans les voitures ministérielles (Comets de couleur noir), semble-t-il, un don du gouvernement Américain au Congo. L'on a dénombré plus d'une trentaine des voitures avec à bord de chauffeurs de la Fonction publique. Le fait était sans précédent dans les annales d'Histoire du Congo. C'était un événement grandiose auquel les Congolais assistaient et participaient pour la première fois dans leur vie. Ils n'étaient guère habitués à ce genre des cérémonies.

Cette arrivée de P. Lumumba vola quelque peu le vadettariat au roi Baudouin et au président Kasa-vubu. P. Lumumba et tous les membres de son gouvernement ont été accueillis, dans la cour de palais de la nation, par Joseph Ileo, premier président du Sénat Congolais. Joseph Ileo était issu du MNC/Kalonji. À côté de Ileo, il y avait aussi Joseph Kasongo, premier président de la chambre des représentants du Congo. Joseph Kasongo était issu du MNC/Lumumba. P. Lumumba reçut les honneurs militaires présidés par le général d'armée Victor Lundula.

Le général Lundula, était un otetela. Il fut élevé au rang du général d'armée par P. Lumumba. Ancien infirmier de la colonie, Lundula avait participé à la campagne comme para-militaire, à la deuxième guerre-mondiale avec les troupes Congolaises. Il résida à Jadotville (actuel Katanga) où il deviendra, avant l'indépendance du Congo, bourgmestre de Jadotville, à l'instar de J. Kasa-vubu à Dendale (Léopoldville).

Parlons maintenant de l'accueil de P. Lumumba et de ses détails

 

Revenons à l'accueil; de cet accueil militaire le général Lundula cria : - gardez-vous ! L'ordre fut vite répercuté par la voix des commandats des troupes. Lundula lança ensuite : - portez armes ! Et puis : - présentez armes ! Avec son épée, Lundula se présenta devant P. Lumumba, les pieds sur le tapis rouge d'or, Lundula souleva son épée, et le rabaissa au niveau de son hanche droite et cria : - aux clairons, musique au premier ministre et ministre de la défense nationale !

Les clairons entonnèrent des chansons militaires glorieuses à l'honneur du premier ministre et ministre de la défense nationale. Immédiatement après, le commandant en chef des Forces armées Congolaises, le général Lundula cria à nouveau : - Excellence, je vous prie de passer les troupes en revue ! P. Lumumba passa alors les troupes en revue. Cet événement fut donc retransmis en direct par la radiodiffusion et filmé par les cinéastes Belges dans les moindres détails.

 

Naissance de la haine politique au Congo et quelques noms des acteurs politiques

 

C'est dès l'instant cette sortie impressionnante de P. Lumumba que se créa l'envie, la jalousie et la haine : au sein de la classe politique Congolaise et, ce, jusqu'à aujourd'hui. Cette classe politique comprit dès lors que Lumumba n'était plus un simple politicien, comme eux, mais alors : un Bula-Matari (ou Mbura-Matari), avec tous les symboles du pouvoir contraignant et surtout il a tous les honneurs. Et il a ainsi par ailleurs les moyens matériels pour une vie facile et aisée.

P. Lumumba changea donc de classe sociale de simple agent de poste, en passant par le propagandiste de la Brasserie pour se retrouver cette fois-ci, dans l'ordre hiérarchique hautement supérieur (premier ministre et ministre de la défense nationale). Il avait qualité de nommer et de révoquer qui il voulait et à n'importe quel poste tant de l'admnistration publique civile que militaire. Voilà l'origine de la haine, l'envie et de la jalousie se retrouve bien ici.

Illustrons le fait. Par exemple, en effet, à la sûreté nationale, il y eut un homme de sérail lumumbiste, un otetela, du nom de Omonombe, admnistrateur chef de la sûreté nationale. Et plus tard, ce serait le tour de Victor Nendaka, celui-là même qui procédera à l'arrestation de P. Lumumba et de son transfert à Elisabethville (actuelle Lubumbashi) où Lumumba sera assassiné à l'instar d'un chien. Nendaka restera à ce poste plusieurs années durant avec Mobutu. Il s'origine lui de Kisangani.

En effet, soulignons très rapidement, que le gouvernement de P. Lumumba ne dura que dans l'espace de deux mois. Lumumba est mort à 35 ans, soit le 17 janvier 1961, au 201ième jours après l'indépendance du Congo. Son nom de code lui accolé par la sûreté Belge fut : Satan ! Allez-y comprendre quelqu'chose ?

 

Quelques noms saillants des envieux face à P. Lumumba

 

Revenons à Nendaka; qui est-il Victor Nendaka ? Nendaka fut au moment de la Table ronde de Bruxelles, le vice-président du MNC/Lumumba. Et comme Lumumba tardait à venir à Bruxelles, à la Table ronde (parce que emprisonné à Jadotville, actuelle Likasi) dans la terrible prison de Bulowa, prison redoutable, et qu'il en soit dit en passant, où à son époque fut aussi interné, Simon Kimbangu, le premier prophète Congolais, avec son secrétaire Emmanuel Bamba.

Bamba fut plus tard l'éternel ministre des Finances au Congo sous gouvernement Adoula, avant qu'il ne soit pendu publiquement en 1966, par le régime dictatorial mobutiste.

Nendaka était un diplômé de l'école moyenne des Frères Marystes à Stanleyville (actuelle Kisangani). Il se classait sûrement parmi l'élite Congolaise de l'époque de l'indépendance du Congo. C'est Nendaka, en somme, qui réclama du haut de la Table ronde de Bruxelles en 1960, la libération de P. Lumumba. Et c'est Nendaka donc qui organisa enfin l'arrivée de P. Lumumba à la Table ronde de Bruxelles.

Lorsque P. Lumumba arriva à Bruxelles, Victor Nendaka lui céda la présidence de la délégation du MNC et perda ainsi subitement le vedettariat, mieux la visibilité politique. En conséquence, après la Table ronde, il y eut un clivage politique né de la jalousie entre V. Nendaka et P. Lumumba. Nendaka était le premier à se séparer de P. Lumumba et a créa à tout prix son parti le MNC/Nendaka, cette dislocation fut tout de suite suivie par le MNC/Kalonji, parti crée par Albert/Kalonji, sur l'instigation notamment de : Joseph Ngalula, Joseph Ileo et Cyrile Adoula, qui tous, seront des ennemis mortels de P. Lumumba. Dès lors, la machine de la haine au sein de la politique Congolaise s'en ira ainsi exaspérant.

Bref parlons de Kalonji; qui est-il Albert Kalonji ? Albert Kalonji est né en 1929, à Kamponde. Il est diplômé du Centre Agronomique de Kamponde. Déjà avant l'indépendance du Congo, Kalonji avait visité comme Lumumba, la Belgique en 1958. À son retour au Congo, il s'était signalé un grand leader et tribun très remarquable. Albert Kalonji voulu faire le contrepoids devant la célébrité de P. Lumumba au plan national.

Plus tard, devant son échec d'être promut ministre de Justice par Lumumba, dès lors, l'hostilité de Albert Kalonji devint très vive face à P. Lumumba. Et comme Moïse Tshiombe, Albert Kalonji organisa le Sud-Kasaï, sa province natale, en état sécessionniste, dénommé : état autonome du Sud-Kasaï, soit 28 jours après celui, de Moïse Tshiombe.

Voilà le cheminement de la haine et de la jalousie qui demeure au coeur de la destruction du Congo et ce jusqu'à aujourd'hui.

La haine va grandissante face à P. Lumumba. Un autre motif de la jalousie de Nendaka et qui n'était pas de moindre. Victor Nendaka ne pardonnera jamais plus à P. Lumumba, parce que lors des élections parlementaires, le MNC/Nendaka, parti de Victor Nendaka perda et ne gagnera aucun siège parlementaire. Ainsi donc, à l'indépendance du Congo, Nendaka n'était ni dépité ni ministre ! Marginalisé, Nendaka n'en pardonnera jamais à P. Lumumba son échec politique, et aussi à ceux de ses partisans de loin ou de près. Beaucoup ont été éliminés physiquement, à l'instar de P. Lumumba.

Cette liste s'allonge davantage. Un autre fut Moïse Tshiombe. Tshiombe, lui, ne pardonnera pas à P. Lumumba le fait d'être devenu trop grand que lui qui se considérait le fils de Mwaat Kapend Tshiomb, le millionnaire des Lunda. Tshiombe ne pouvait pas tolérer, que ancien bagnard de Bulowa, soit plus grand que lui (président provincial ou gouverneur du Katanga). Les menaces d'éliminer physiquement Lumumba dataient déjà après les travaux de la Table ronde de Bruxelles, proférées par Munongo et Dibwe, en janvier 1960.

Tshiombe fut complexé et souffrait d'un complexe de supériorité d'un fils de millionnaire lunda. Il refusait les idées unitaristes de Lumumba. Aux fins de justifier son hostilité qui débouchera à la création de l'état sécessionniste du Katanga, Tshiombe usera, d'échappatoire facile, que Lumumba : étant incapable de s'entendre avec tout le monde, d'où il organisa ainsi l'état du Katanga. Selon Tshiombe : il y avait du désordre à Léopoldville (actuelle Kinshasa). Et pourtant, toute la vérité derrière tout ce comportement, constituait belle et bien une trame, qui venait bien ailleurs, et fondée sur la jalousie. Emplifiée par des conseillers Belges qui étaient derrière tous les leaders Congolais et jouant tous le rôle de cerveaux dans tous les domaines de la vie publique du Congo.

 

Et le groupe de Binza: Voilà la machine des malheurs du Congo !

 

Cette haine vouée par toute la classe politique Congolaise, et particulièrement, le tout puissant : groupe de Binza, (et puis Tshiombe et Kalonji), à P. Lumumba, n'était pas inconnue de Lumumba.

Le groupe de Binza fut un lobbying choc et machiavélique des Congolais, il était constitué de quelques intellectuels, de financiers et des militaires. Ce groupe avait pour mission ultime de faire échec à P. Lumumba et aussi à tous ceux qui l'entouraient et ainsi s'emparer du pouvoir. C'est ce qui fut fait. Quelques noms de ses membres sont connus : J.-D. Mobutu, J.-M. Bomboko, A. Ndele, V. Nendaka, J. Ngalula, J. Ileo, A. Delvaux, J. Kasa-vubu, etc... Mobutu en était le stratège et terroriste (poseur des dynamites dans les bars et certains lieux publics tant à Léopoldville qu'aussi à l'intérieur du Congo) ayant des antennes à l'extérieur du Congo. Mobutu était fortement aidé par son conseiller et cerveau Belge. Lumumba le savait.

Et pour preuve, après l'indépendance du Congo, en effet, dans tous ses discours, P. Lumumba usait de terme tel que aigri aux fins de qualifier ou désigner tous ceux-là qui étaient contre lui et son action politique. Ce terme sera récupéré et utilisé plus tard, par le dictateur Mobutu, lorsqu'il devait aussi s'attaquer à ses opposants politiques. Mobutu enrichira cette liste avec d'autres termes tels que : gens qui ont raté le train; agents de la cinquième colone, etc...

Mais hélas ! Mobutu n'avait pas lui le droit d'utiliser ces termes. Pourquoi ? Parce que, Mobutu, c'est de lui qu'il s'agit ici, avait lui dramatiquement échoué à la tête du Congo, après quantité d'années de règne sans partage. Son incapacité et sa cécité de gérer le Congo furent trop criantes. Il n'avait pas lui raison de s'attaquer aux opposants.

Bref de cette racoeur décrite ci-haut, il se forma alors une trame de conjuration contre P. Lumumba avec comme chef de fil : J. Mobutu. Mobutu fut très jaloux de voir Lumumba élever au rang supérieur de l'armée Congolaise d'autres personnes que lui (au lendemain de l'indépendance du Congo). Par exemple, Maurice Mpolo fut le chef d'état major général en plus d'être ministre de la Jeunesse et des Sports. Mais la mort de P. Lumumba sera précipitée par lui même lorsqu'il commettra une erreur capitale dans sa vie, ainsi tous ses ennemis implacables intérieurs et extérieurs, auxquels il fournit ainsi l'occasion de son arrestation et de son élimination physique, bondirent sur lui.

C'est ainsi que son envoie au Katanga comme prisonnier dans l'état sécessionniste de Moïse Tshiombe, n'était pas un fait du hasard. Ce fut un calcul politique machiavélique de tous ses ennemis politiques internes et externes. Particulièrement les conseillers politiques Belges au Congo sur les injonctions incessantes de la Belgique. Dans ce dossier les Congolais n'y jouèrent qu'un simple rôle des marionnettes (notamment Mobutu, Tshiombe, Munongo, etc...)

 

Quelle est cette erreur commise par P. Lumumba ?

 

Onze jours seulement après l'indépendance du Congo, en sa qualité de ministre de la défense nationale, P. Lumumba dépêcha des troupes des Forces armées Congolaises en expédition punitive contre ses ennemis Albert Kalonji au Sud-Kasaï et Moïse Tshiombe au Katanga, sans alors l'aval du parlement Congolais. La justice politique que Lumumba osa se rendre face à ses ennemis politiques devint alors un véritable boomerang contre lui même. Sa politique ici n'a pas été dosée.

Cette erreur de P. Lumumba, les Belges ne l'avaient jamais commise durant leur règne de 80 au Congo belge, d'embraser le pays par l'envoie des militaires en guerre contre des provinces et surtout de tuer : bébés, enfants, femmes enceintes, hommes, vieux et vieillards. La bourgade de Kasengulu au Kasaï Oriental renferme quantité des corps en ses terres. Le fait est resté digne de mémoire et connu sous le nom de massacre de Bakwanga. Et de plus : Kabongo beta mortier gauche-droite ! [Phrase lingala, signifiant, Kabongo lâchez le mortier à gauche et à droite!] Les traces sont encore à Mbuji Mayi (alors Bakwanga) sur le toit de l'Église Catholique de la Bonzola. Bakwanga fut le marchepied vers le Katanga.

Dans l'histoire d'armement le mortier est une des dernières armes qu'on a dû utiliser au lendemain de la deuxième guerre-mondiale. C'est de l'armement lourd. Ce fut une arme très redoutable contre les populations civiles à Bakwanga.

Voilà où la maladresse des uns et des autres a conduit le pays où prédomine l'envie, la haine et la jalousie : les mots trop décriés par la Bible.

 

En guise de conclusion

 

Quarante et un ans est l'âge de l'indépendance du Congo aujourd'hui. Mais le Congo n'est nulle part très malheureusement. Il est aujourd'hui assiégé et colonisé par Rwanda, Ouganda et Burundi dans sa partie Est. En plus, d'être aujourd'hui encore dirigé par un enfant, aux origines douteuses comme président de la république du Congo, alors qu'il est sans éducation ni instruction ni expérience quelconque ! Il s'agit bien ici de Joseph Kabila qui est au pouvoir au Congo depuis janvier 2001.

Voilà une insulte, une giffle, une moquerie enfin à l'égard de tous les politiciens Congolais auxquels s'ajoutent sans doute tous les intellectuels du Congo toutes les disciplines confondues. Ils sont par des milliers au Congo même et à travers le monde.

En regard de cette étude, les politiciens Congolais s'interrogeront encore deux fois sur la matière. Ils comprendront bien où peut mener leur vanité, leur jalousie et leur haine. Auguste Mabika Kalanda, leur contemporain et aussi leur ancien collègue, de son vivant, Mabika reconnaissait que cette attitude de haine a ruiné le Congo. Pourquoi ? Eh bien, parce que, écrivit-il déjà en 1959 : Jamais depuis notre jeunesse jusqu'à notre âge adulte, nous n'avons eu d'enseignement à ce sujet* [Donc, beaucoup de politiciens Congolais, nous mettait déjà en garde Mabika : n'ont jamais été instruits au sujet de la haine, de la jalousie...] affirmait Mabika *Les soulignés sont de nous.

 

 


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