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[Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] LA GUERRE DU CONGO MENACE DENGLOUTIR SES MAÏTRES, L'UN APRES L'AUTREEn Juin dernier Héritiers de la Justice a partagé avec ses lecteurs, la réflexion intitulée vaut-il la peine de saccrocher aux Accords de Lusaka ?. Lessentiel du document consistait en une série dhypothèses possibles au cas où les parties au conflit, qui déchire la région des Grands Lacs voici 13 mois, refuseraient de faire la paix. Entre autres points soulignés dans cette réflexion figurait lopportunité historique, tant pour ceux dont les Interahamwe menacent le pouvoir politique que pour les paisibles hommes, femmes, enfants, vieillards et innocents des villages du Kivu, qui depuis 1994 sont contraint de partager, le peu que le régime destructeur de Mobutu leur a laissé, avec plus des 2.000.000 des réfugiés Ruandais. Pour ces populations auxquelles Héritiers de la Justice à consacrer les dix dernières années de son travail de mobilisation des masses paysannes, les Accords de Lusaka valaient la peine. Ceux qui ne connaissent pas la région assez ou mieux qui nont jamais touché du doigt les souffrances des populations de la région des Grands Lacs, ne peuvent pas comprendre combien les Accords, qualifiés dhypothétique et mort-nés par plusieurs, étaient importants pour les populations de cette région. Dans les marchés, les églises, aux des travaux en commun, dans toutes le rues et aux champs, à lEst du Congo, tous parlaient de ces Accords. Des prières étaient organisées et dautres sont allés jusquà se priver de nourriture comme pour soutenir la petite étincelle qui tout dun coup avait émergé des horizons des ténèbres de la violence qui déchire cette région voici bientôt plus de 25 ans. La seconde réflexion rendue publique par Héritiers de la Justice suivait les tristes événements de Kisangani qui ont coûté la vie à plus de 200 personnes civiles. Encore une fois, nous nous interrogions sur la tournure des faits ainsi que leur impact sur la lueur despoir apparue à Lusaka. Héritiers de la Justice soutenait que la paix devenait plus que jamais une nécessité, et que la guerre était entrée dans la phase où elle commençait à se nourrir de ses propres enfants. Des anciens alliés (lOuganda et le Rwanda) se sont tiré dessus pour la première fois depuis leur victoire commune sur les troupes de Milton Obote, ancien président ougandais. Jusque maintenant, chaque côté continue de cacher le nombre de ses morts. En Ouganda la session parlementaire au cours de laquelle le président Museveni a expliqué à son parlement la réalité du coup de théâtre de Kisangani, sest déroulée à huis clos. Même les médias gouvernementaux n y ont pas eu accès. Plus étonnant et pour certains choquant, les parents des soldats victimes nont pas été permis de prendre part aux cérémonies denterrement. Quant au côté Ruandais, laffaire demeure lune des plus confidentielle. Pour aujourdhui Héritiers de la Justice souligne le danger qui guète les maîtres de la guerre du Congo, si les hostilités doivent recommencer. MENACE DUNE DECHEANCE POLITIQUE DU RCD Pour le RCD, la guerre va continuer à éroder son prestige et audience au niveau tant national quinternational. En effet, les fait tels les actes de massacres de Kasika, Makobola, Burhinyi, les crimes contre lhumanité commis par leurs troupes, et la persécution des activistes des droits de lhomme et libertés fondamentales continuent dentamer le crédit du RCD. Le Rapporteur Spécial de lONU sur le Congo, Mr. Garreton qui vient de revenir des territoires occupés par les rebelles a déclaré ce 8 septembre 1999 que des massacres des civiles se poursuivent sous territoire occupé par le RCD. Aussi, après les événements de Kisangani il nest presque plus un secret pour personne que le RCD est sous ficelles des puissances étrangères poursuivant des objectifs différents au Congo. Plusieurs milieux internationaux sinterrogent sur les qualités dhommes dÉtats de certains membres du RCD et les raisons profondes de la rébellion congolaise. Dautres vont plus loin en qualifiant dimmorale le fait de soumettre le peuple congolais aux souffrances dune guerre si cette dernière ne sert quà des intérêts internationaux. A cela il sied dajouter les querelles intestines, les contradictoires déclarations de tous les jours et les continuelles défections ainsi que lincapacité du mouvement de gagner le soutien populaire. Aussi, il est important de souligner que le RCD-Goma a cessé de recruter des jeunes congolais au sein de son armée et quà plus de 65 % ses actions militaires sappuient sur les troupes Ruandaise. Que deviendrait donc le RCD si à un moment il ne bénéficiait plus du soutien de Kigali ? Quoi, si demain une force multinationale est envoyée au Congo et que de ce fait le Rwanda rapatrie ses troupes ? Le RCD semble avoir réalisé le danger de compter uniquement sur les forces Ruandaise. Il (RCD) vient de lancer un appel aux forces Mai-Mai, invitant ces derniers à une intégration. A Goma, les radios auraient même diffusé une offre damnistie générale au mai-mai. Laissons chaque partie réfléchir et décider sur son destin politique. MENACES PESANT SUR LE REGIME DE KABILA Pour Kabila les Accords de Lusaka constituent non seulement un gilet de sauvetage, mais aussi une voie unique, lui imposée par ses alliés et la réalité des faits. Alors que le Zimbabwe et la Namibie pressent pour le retrait de leurs troupes du Congo, Kabila na toujours pas une armée digne de faire face à une tâche aussi difficile que de se mesurer aux troupes ougandaises et Ruandaises. En effet, Kabila continue de se battre pour construire une armée. Quelques officiers entraînés au Zimbabwe, une dizaine qui vient de revenir de la Corée du Nord et une tentative de remettre en marche des vieux avions de combat abandonnés par Mobutu, sont des signes qui ne trompent pas. Lhomme au pouvoir à Kinshasa a du mal à se construire une armée telle quil le souhaiterait. Il ny a pas que des hommes qui manquent à Kabila, les fonds lui font également défaut. Kabila na pas payé les troupes Zimbabwéennes depuis quelques mois et il (Kabila) vient de se désengager dun programme dachat darmes du marché est-européen par manque des fonds nécessaires. Aussi, le moral de larmée de Kabila ne semble pas aller à lavantage de ce dernier. Les chiffres de 2.000 hommes de troupes qui ont fait défection et présentement en exil en Centre Afrique, linquiète sûrement. En plus de ceci, les populations de Kinshasa ne voilent plus leur impatience de voir la guerre finir. Kabila semble sentir la menace qui pèse sur son pouvoir. Non seulement il vient de réaménager le commandement son armée mais aussi sa sécurité personnelle est de plus en plus renforcée. Depuis quelque mois son habitation est ceinturée par une chaîne des blindés et des centaines dhommes. Il lui revient également de réfléchir et de se décider sur son destin politique MENACE CONTRE LE CENTRE POLITIQUE DE KAMPALA En public, le président Museveni continue de minimiser les effets des événements de Kisangani, où son armée a été prise en étaux par ses ancien alliés de lArmée Patriotique Ruandaise. Mais la réalité est différente, Museveni est conscient de la gravité de la situation. Pour preuve, il a tenu à une session huis clos pour répondre aux questions de son Parlement à ce sujet et il en cours de rétruturation de son armée. Mais la vraie menace contre le pouvoir de Museveni ne vient pas de Paul Kagamé, dont larmée ne saurait se permettre douvrir un autre front contre lOuganda. Museveni serait plutôt inquiet dabord du fait que son armée parle un langage différent du sien. Un de ses officiers a récemment déclaré que les troupes ruandaises étaient devenues leur ennemi numéro 1, bien avant Kabila. Museveni serait également inquiet du grandissant sentiment anti-ruandais au sein de toute la communauté ougandaise en général et en particulier au sein de son armée. Bien que Museveni dirige cette dernière dune main de fer, certaines analyses prédisent le risque des minuteries entre ses soldats de souche ruandaise (il sagit des collègues à Paul Kagamé qui avaient opté de rester en Ouganda après la victoire des troupes de Kagame sur celle de lancien président ruandais Habiharimana en 1994) et les autres composantes. Tous les rapports indiquent que plusieurs militaires ougandais se sentent avoir été humilié par les événements de Kisangani, qui semblent avoir sérieusement entamé leur prestige continental. Un soldat appartenant à linfanterie ougandaise sest exprimé en ces termes: "Mwana tulina ekiruuyi ku mitima. Abaana baffe baafa nnyo. Ate nga Mzee Museveni agaanye Afande Kazini okukozzesa tank oba emundu yonna eneene. Naye oba ziddamu okukaaba ka zikaabe. Abanywaranda batuyiisa bubi nnyo. Batulyamu olukwe ... Naye kuluno, Mzee (Museveni) ne bwa atoowa order nti temukozzesa tank oba emizinga, fee tujja kubikozeesa. Tetusobola kuddamu kukkirizza baana baffe kufa bwe batyo,". Pour ceux qui ne peuvent lire ce dialecte ougandais, ceci veut tout simplement dire Nous sommes très tristes. Plusieurs de nous sont morts. Museveni avait ordonné à Kanzini de ne pas faire usage de nos armes lourdes. Nous ne sommes que quelques centaines face à plus de 5.000 hommes. Le temps pour la vengeance doit venir et lorsquil sera là, même si Museveni donnait lordre de ne pas utiliser des chars, nous en ferons usage pour cracher ces gens. Nos soldats ne doivent plus jamais mourir comme des insectes Dautres analyses vont plus loin et soulignent la possibilité dun coup contre Museveni, au cas où les membres de larmée qui développent le sentiment anti-ruandais sallierait avec lopposition ougandaise. Museveni semble avoir perçu cela, car il vient dentamer une restructuration interne de son armée. La possibilité pour lopposition ougandaise de se renforcer à la suite de la guerre que lOuganda mène au Congo, est un autre facteur. Un centre danalyses de la politique ougandaise basé à lUniversité dOxford en Grande Bretagne (Oxford Analytica) vient de publier une étude dans ce sens. Selon létude, le pouvoir de Museveni na jamais été si menacé et son opposition interne na jamais eu un temps aussi favorable, pour rallier lopinion publique derrière elle. Pas plus tard que la semaine dernière, des médias reportaient le choc de la population ougandaise face à lexclusion de membres des familles des soldats tués au Congo, aux cérémonies denterrement. Aussi, en date de 10 septembre IRIN a fait état dun sondage réalisé au sein dune partie de lopinion ougandaise, qui à plus de 81 souhaite voir larmée ougandaise quitter le Congo le plus vite que possible. Museveni est certainement entrain de chercher à restaurer la confiance entre lui et son armée. La première action dans ce sens semble avoir été limposition de Wamba sur Kigali pour la signature des Accords de Lusaka. Mais la question reste à savoir si cette action est par elle seule suffisante pour restaurer la morale de son armée. Que ferait Museveni au cas où le sentiment anti-rwandais amplifier le nationalisme ougandais, qui par ailleurs aurait reçu un coup de pousse du récent Mariage du monarque du Buganda Kabaka ? MENACE CONTRE LE POUVOIR DE KIGALI Il est de plus en plus certain que le Ruanda risque de faire cavalier seul, au cas où il se déciderait à reprendre le chemin de la guerre. En dépit dune bonne volonté du président Musevni de garder à lesprit les souvenirs des beaux et loyaux moments entre lui et Paul Kagamé, alors son chef dopération dans le maquis, le Ruanda serait désormais prudent de combattre aux côtés de soldats Ougandais. Il est vrai que le Ruanda pourrait compter sur larmée Burundaise, qui aurait pris part aux événements de Kisangani. Malheureusement, les milices hutu hostiles au régime Buyoya semblent avoir compris que du fait de la cessation de leurs incursions, le gouvernement Buyoya pouvait se donner le loisir denvoyer des hommes sur le front congolais. Il faut dire que la situation est présentement critique au Burundi où des attaques régulières par des milices hutu sont aux portes de Bujumbura, la capitale Burundaise. Les bilans officiels parlent de plus de 60 morts alors que certaines de nos sources font état des centaines. Les présentes attaques contre le Burundi sont certainement prises au sérieux par Kigali. Non seulement le Ruanda serait obligé denvoyer des troupes au Burundi si la situation continuait de se détériorer mais aussi il (le Ruanda) serait privé de lappui dun de ses derniers alliés régionaux, à savoir le Burundi. Si tels sont les faits, il y a donc lieu de sinterroger sur les capacités du Ruanda de renfoncer en hommes les trois fronts congolais (Kisangani, le Shaba et les alentours de Mbuji-Mayi), celui du Burundi et celui de ses propres frontières. Une tâche aussi difficile se dessine à lhorizon de larmée ruandaise alors que son expérience et efficacité demeurent questions à débats pour plusieurs experts en la matière. Formée essentiellement de la guérilla qui en 1990 a raté sa première attaque contre Habyarimana, larmée ruandaise actuelle, selon certains experts, na jamais eu le temps de se solidifier. Arrivée au pouvoir en 1994, cette armée etait déjà en guerre deux ans plus tard, cest-à-dire en 1996. Il est vrai quelle a bénéficié du projet américain connu sous lappellation « Africa Crisis Response Initiative (ACRI) » mais elle nécessite encore dénormes investissements pour prétendre à des grandes entreprises militaires. Il ny a que 5 mois que ses premiers first class pilotes viennent de finir une formation rapide en Israël. Et pas plus loin que la semaine passée, Paul Kagame inaugurait en personne une formation de 6 mois pour 600 paras par des experts russes. Prenant parole a cette cérémonie douverture, Kagame invitait les bénéficieras de prendre conscience du rôle combien important quils sont appelés à jouer pour la sécurité du Rwanda. Tous les avis experts affirment quil faut un minimum de 5 ans pour se construire une armée à la stature des armées capables de faire face à multiples fronts à la fois. Quoi quil en soit, le dernier mot reste à la haute structure militaire ruandaise. Le pouvoir de Kigali a là aussi une matière à réflexion. Comme vient de le surenchérir un rapport de lInstitut Américain de Paix, Héritiers de la Justice continue de soutenir que L'accord de paix de Lusaka offre "une dernière sortie sur la route de l'enfer de la région". Ce Rapport reprend également lopinion de Héritiers de la Justice selon laquelle les Accords de Lusaka offrent le premier cadre juridique pour une action internationale contre les milices auteurs du génocide de 1994. Vous pouvez participer à cette réflexion en écrivant à Héritiers de la Justice via heritiers@yahoo.com Heritiers sengage à publier votre reponse sur son site Internet.
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