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Ingredient nucleaire de la guerre du congo et choix difficile a etre fait par Kigali

Discussion paper no. 2. Par Héritiers de la Justice http://www.heritiers.org (find the english version at the bottom of this document)

Lingrédient nucléaire et les conséquences éventuelles des événements de Kisangani : Un argument en plus pour un soutien aux Accords de Lusaka dans le conflit congolais.

et

Jusquà quand le mouvement rebelle RCD aura audiences auprès des puissances et États étrangers dont les intérêts sont en jeux dans la crise du Congo ?

1. Rwanda face à un éventuel choix entre lOuganda et le RCD-Goma

Le Rwanda ne dispose pas des moyens suffisant pour se payer une longue guerre au Congo, à moins quil puisse être en mesure de maintenir une main mise sur certaines substances minières congolaise à rentabilité rapide, tel le diamant de Kisangani. A eux seuls les mines dor de Kimituga (Sud-Kivu) ne pourront suffire, surtout que la présence des milices mai-mai dans les forets de Kamituga continue de constituer un handicap majeur.

Il apparaît que Kisangani sera bipolarisée pour les mois a venir. Les récents affrontements entre les forces Ruandaises et ougandaises en témoignent. Au dire du Ministre des affaires étrangères Sud-Africaine et nombreuses agences de presse, Kisangani est une ville divisée entre deux factions rivales. Si lesdites divisions sont réelles, ce qui apparaît de plus en plus évident, il y a lieu de sinterroger :

1. Jusquà quand le Rwanda sera patient avec les RCD-Goma sil se retrouve dans limpossibilité de contrôler des mines de Kisangani. Plusieurs scénarios sont envisageables :

a. Le Rwanda pourrait se décider de renforcer ses liens avec le RCD-Goma et remédier à la pressente crise par une augmentation due nombre de ses troupes présentes sur Kisangani. Plusieurs avis experts estiment quau cas où le Rwanda opterait pour pareille alternative, un surplus de plus ou moins 6,000 hommes de troupes serait indispensable ; les uns devant guarani la sécurité des exploitations minières et les autres continuer la guerre. Mais le fait est que si le Ruanda de décide de réagir ainsi, lOuganda fera certainement la même chose, la conséquence immédiate étant un cercle vicieux consistant à augmenter continuellement de troupes au Congo jusquau point où lun deux serait essoufflé. Déjà, les médias annonçaient larrivée de 400 hommes de troupes ougandaise à Kisangani et un renfort Ruandais se chiffrant à des milliers. Nos lecteurs se rappelleront que dans notre discussion paper de la fois passée, nous avons soulevé la question de savoir jusquà quand les deux parrains de la rébellion Congolaise pourront avec plaisir sadonner à lexercice daugmenter le nombre de leurs troupes sans sessouffler. Et quen resterait-il dautres fronts ainsi que la sécurité de leurs frontières. Rappelons-nous que de Kisangani aux frontières Ruandaises il y a plus de 600 km et la voie aerienne en est lunique voie de liaison. En dautres mots des troupes Ruandaises qui seraient stationnées à Kisangani ne pourraient en aucun cas servir à quoi que soit en cas dattaque par les milices interahamwe, ex-FAR, etc, dont les bases sont dites ne pas être loin de plus de 100 km des frontières Ruandaises. Des rapports concordants affirment que toutes ces milices se sont développées en nombres et techniques depuis que la présente rébellion a commence. La quasi-totalité danalyses attribue ce facteur au fait que le mouvement rebelle apparaît plutôt être préoccupé par dautres intérêts

b. Deuxième possibilité : Le Ruanda pourrait se décider de ne pas sacrifier ses liens avec lOuganda et de chercher un compromis avec ce dernier au détriment du RCD-Goma. En pratique ce scénario consisterait pour le Ruanda dabandonner le RCD-Goma et continuer à faire front commun contre Kabila. Ce scénario permettrait au Ruanda de garantir à la fois ses relations damitiés avec lOuganda, laccès aux mines de Kisangani et une chance de se concentrer sur les autres fronts. Cependant, la réussite de cette hypothèse dépend largement de la détermination de lOuganda, dont la capacité militaire est de loin supérieure à celle du Ruanda. Noublions pas que le Ruanda risquerait de se retrouver totalement isolé au cas où il perdrait lalliance ougandaise. Mais pour que cette union Ruanda-Ouganda soit rétablie, Kigali doit accepter de concéder ce qui suit à Kampala :

c. Kampala ne peut pas suivre le Ruanda dans une longue guerre au Congo. Kigali doit comprendre cela et le concéder à Kampala si lalliance doit être préservée. Le président Museveni est sous une pression extraordinaire depuis lenvoi des troupes ougandaises au Congo. Cette pression va sans doute être plus fulgurante du fait des récents événements de Kisangani. Le journal Monitor de Kampala indique déjà que le Parlement ougandais est fou de rage des pertes ougandaises a Kisangani. Larmée ougandaise est dite également affectée dans son propre prestige, qui pour la première fois depuis sa reforme de 1987 qui a fait delle lune des meilleures armées africaines, a été mise en cause. Le Colonel Kahinda Otafiire, conseiller du président Museveni en matière de sécurité a déclaré hier 19 août 1999 que lattaque ruandaise ne constituer quun acte traîtrise et que même la mort de 6 hommes de troupes ougandaises est plus que trop. Ne parlons pas des pressions étrangères suite aux révélations en rapport avec lexploitation acharnée des richesses du Congo, un élément qui dévoile les aspects immoraux de la présence de ces deux armées sur le sol congolais.

2. Quelle est la possible réaction de Jean Pierre Bemba vis-à-vis des récents événements de Kisangani

Quoi que lon dise Bemba, le leader du mouvement rebelle MLC semble observer et prêt à tirer profit dun quelconque discrédit avec lequel lun ou lautre faction rebelle sortirait de ces derniers affrontements. Ceci expliquerait pourquoi il na déclaré pour ou contre lune ou lautre faction rebelle. Lon pourrait soutenir quil ne voudrait pas compromette pas ses intérêts au cas où une faction sortirait vainqueur des affrontements de Kisangani. Il est aussi certain que Bemba entend tirer le maximum possible de laudience internationale que la signature des accords de Lusaka lui a conféré.

3 La présence nord-coréenne aux allentours des mines dUranium de Sthinkilobwe/Shaba risquerait de shifter la question de la crise congolaise au niveau dêtre perçue comme une menace à la sécurité intérieure des États-Unis.

En début de la semaine qui vient de sécouler, le vice-président Ruandais Paul Kagame ainsi que le leader du RCD-Goma Dr. Ilunga étaient dit avoir eu un entretien téléphonique avec la Sous-Sécretaire DÉtat de USA aux Affaires Africaine Suzane Rice. Bien que le contenu de la conversation téléphonique nait pas été dévoilé, le jour suivant le leader de RCD-Goma avait déclaré sur les antennes la Radio locale dUvira que son Mouvement posait à Kabila des nouvelles conditions pour la résolution de la crise. Entre autres conditions figurait un appel à Kabila de stopper lexploitation nord-coréenne de luranium du Shaba.

Rappelons-nous que la Corée du Nord est présentement sous pression Américaine et Japonaise dabandonner son programme dessai de ses premiers missiles nucléaires à longue portée. Ces missiles sont dits capable de frapper lÉtat Américain dAlaska à partir de la Corée du Nord. Il peut être vrai que le projet coréen na rien à faire avec ladite présence Nord- Coréenne aux alentours des mines duranium du Shaba ; mais il y a lieu de tiquer du simple fait dune coïncidence entre cette présence avec les ambitions nucléaires nourries par ce pays ?

Quoi quil en soit, il vaut des intérêts des plusieurs gouvernements, parmi lesquels les USA, de sassurer que lesdits Coréens ne sapprovisionnent pas en uranium brut au Shaba. Conséquemment, lon peut se poser la question de savoir jusquoù ira la patience des ces puissances avec le RCD, qui il y a une année aurait promis à la communauté internationale de faire du Congo un pays pacifique uvrant pour la sécurité internationale. Peut-il (le RCD) aujourdhui promettre la conquête prochaine du Shaba ? Depuis la semaine dernière, la quasi-totalité des médias font état des milliers des cas de désertion parmi les rangs du RCD, sur le front du Shaba. En outre, les divisions intestines qui caractérisent cette rébellion, ces dernières semaines, laissent la majorité danalystes pessimistes quant à croire en sa capacité de contrôler tout le territoire congolais dans des délais relativement court.

Un long conflit congolais peut coûter à lhumanité entière une émergence des nouvelles puissances nucléaires aux réserves duranium incontrôlées. Déjà la semaine dernière un groupe de personnes etait appréhendé à un aéroport Belge avec de luranium brut en provenance du Congo. Rappelons-nous que cest sous lombre de la soi-disante isolation internationale que la Corée du Nord avait construit ses missiles nucléaires dont la rangée à courte portée a été testée, il quelques années. Laisser le Congo devenir un second Somalie (terre incontrôlable où diverses factions se livre bataille) et un matin lon se réveillera sous la barbe des nouvelles puissances nucléaires.

Encore une fois, Héritiers de la Justice est davis que ces Accords de Lusaka valent la peine de mériter le soutien de tous.

En droite ligne de sa campagne mondiale pour la paix dans la partie centrale de lAfrique, une campagne lancée depuis Mai 1999, Heritiers de la Justice est plus que jamais convaincu que seul cadre négocié dans le conflit congolais pourra offrir aux populations de cette région de lAfrique une paix durable. Êtes-vous de notre avis, faites nous le savoir via travers notre adresse e.mail : heritiers@yahoo.com

Heritiers de la Justice
Mai 1999
http://www.heritiers.org


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