SOLIDARITE POUR LA PROMOTION

SOCIALE ET LA PAIX

(Organisation de défense des Droits de l’Homme et de Promotion de la Paix)

RDC - GOMA

Direction Général Lyon - FRANCE

N/Réf : SOP/012/DG/SCF/99

 

 

 

COMPRENDRE LA CRISE AU CONGO

Une première nécessité pour aider le peuple de la région à s’en sortir

 

 

Objet : Appel à la rescousse du peuple Congolais

 

 

 

Fait par Didier KAMUNDU BATUNDI

Directeur Général de la SOPROP

Oak Human Rights Fellow, Institut Oak, Colby College, Waterville USA

Prix Reebok des Droits de l’Homme 1998

 

 

Introduction

A. Informations géographiques

Les géographes disent de ce pays (Congo Zaïre) une Catastrophe écologique et les économistes pensent que c’est un géant aux Pieds d’Argile à cause de ses richesses du sous-sol, paradoxalement à son sous développement.

Le Zaïre, renommé République Démocratique du Congo depuis l’arrivée au pouvoir du président Laurent Désiré Kabila le 17 mai 1997 est situé au cœur de l’Afrique. Il est limité à l’Est par le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la Tanzanie. A L’Ouest par l’Océan Atlantique (port de Matadi), le Congo Brazzaville et l’Enclave de Kabinda, au Sud par la Zambie, et l’Angola et au Nord par la République centre africaine et le Soudan. Cette position lui fait des atouts économiques régionaux majeurs qui malheureusement n’ont jamais été exploité.

Il dispose d’un fleuve nommé Fleuve Zaïre sur lequel est construit trois projets des barrages électriques dont un seulement a été mis en marche (Le barrage d’Inga). Le gros financement de ces projets qui s’élevait à environs deux milliards de dollars a été utilisé pour enrichir les comptes de Mobutu et sa caste.

L’Ex-Zaïre a une superficie de 2 345 4900 Km2 et est subdivisé actuellement en 11 provinces. Il fut colonisé par l’Etat belge, une colonisation d’exploitation de longue et dure haleine. Après un dur combat des nationalistes, le Congo accédant à son indépendance le 30 juin 1960.

Cette indépendance fut dans l’impréparation totale (pas de personnel formé et qualifié pour prendre la relève de la gestion des affaires du pays). Aussitôt commença les premières rivalités entre le président de la première république (Kasavubu) et son premier ministre Lumumba. Ce dernier fut tué vers les années 1965 dans des circonstances non encore élucidées jusqu’à nos jours. Mobutu pris le pouvoir de suite d’un coup de force militaire en 1965.

Les colons belges avaient aussi amené des immigrants rwandais Hutu à l’Est du Congo vers 1935 et 1937 pour travailler dans leurs plantations à thé, à Cannes à sucre…. D’autres encore furent envoyés au Congo de suite de la famine au Rwanda en 1937 et 1945. Après la guerre qui a conduit à la chute de la monarchie criminelle Tutsi au Rwanda, plusieurs familles Tutsi furent conduites également au Congo comme réfugiés en 1959 et installés à Masisi dans les localités de Mokoto et Bibwe par l’office des Nations Unies aux réfugiés. Un groupe important des clandestins Hutus et Tutsi venant du Rwanda s’est infiltré au Congo entre 1972-1990 durant le chaos installé par Mobutu et achetèrent des cartes qui leur attribuaient la Nationalité congolaise. C’est ainsi qu’un rwandais entré au Congo hier devenait aujourd’hui Zaïrois pour réclamer différents droits le jour suivant.

B. Le Régime de Mobutu.

Mobutu Sese Seko fut le président du Congo durant les années 1965-1997. C’est lui qui nomma ce pays Zaïre quelques années après son accession au pouvoir en 1971.

Celui-ci appuyé par des Etats extérieurs installa au Congo un véritable régime dictatorial et de terreur. Il forma autour de lui une caste oligarchique et budgétivore. Ses gouvernements successifs furent caractérisés par la corruption à grande échelle, le gaspillage injustifié du fonds du trésor public, la mégalomanie, les assassinants politiques, le vol des deniers publics, une dictature à forte outrance et des violations graves des droits de l’homme. Ses dernières années de règne furent sérieusement douloureuses pour le peuple congolais. Pas d’électricité, de téléphone, de poste, quelques rares d’hôpitaux dans les agglomérations, les infrastructures routières et sanitaires très délabrées. Le triomphe du chaos militaires et la loi du canon régnant 30 ans durant.

C. La Guerre dans le Masisi

Cette guerre est le premier signe du départ certain de Mobutu. Elle a oppose les autochtones de Masisi aux réfugiés et immigrés Hutu du Congo avec le soutien tacite de Mobutu et de Habyarimana. Vers 1990, Mobutu organise un recensement de la population et le mouvement Hutu dite Magrivi brûle des bureaux de recensement au Kivu et tuent plusieurs recenseurs. Les responsables sont arrêtés et ramenés à Kinshasa (Capitale) ou Mobutu les promettent à des postes de responsabilités territoriales. Au vu de cet acte, les autochtones considèrent Mobutu comme leur véritable ennemi et ils commencèrent à s’organiser pour faire fasse à toutes les éventualités. Ils mobilisèrent toute la nation pour leur cause et une haine atroce contre les peuples rwandophones du Congo fut ressentie sur toute l’étendue du territoire.

Le 20 mars 1993, à la suite d’un incident entre une petite communauté de Wanyanga et quelques personnes de la tribu Hutu dans le Walikale, une guerre entre les tribus traditionnelles dites autochtones et les immigres Hutu du Congo éclata dans le Masisi. Deux peuples, qui pourtant tissaient des relations d’amitiés très fort vers 1970.

En 1994, la guerre dans le Masisi (Nord Kivu) doublant d’intensité causant des dégâts considérables: environs 72.000 morts, 273 villages furent incendiés, 4 hôpitaux détruits, une centaine des centres de santés complètement pillés et démolis, 102 écoles incendiées et 118 détruites mettant dans la rue 44.000 jeunes, 800.000 têtes des bovins furent tués, 1,5 Millions des caprins et ovins et 3 millions des volailles furent systématiquement détruits (jusqu’en mai 1995 : évaluation du Collectif des ONG de Masisi).

Une succession de 9 gouvernements nommés et limogés (entre 1990 et 1996) n’a pas etait capable de rétablir l’ordre et la sécurité des citoyens.

 

D. De 1990 – 1996 : Une transition sans fin

Le dernier mandat présidentiel de Mobutu avait pris fin vers 1987 et devait avoir lieu à cette période de nouvelles élections présidentielles. Le peuple dit non à sa façon de gouverner le pays par des actions pacifiques de revendication populaire. En 1990, alors que soufflait le vent de la perestroïka (démocratisation mondiale), Mobutu va annoncer le début d’une transition vers la démocratisation du pays. Il projète d’organiser des élections libres et honnêtes et en même temps il finance des milices dans chaque province hostile à son régime. Au Nord Kivu, il alimente des tentions ethniques entre les immigrés rwandais (Hutus du Congo) contre les autochtones et au Shaba, il stimule une haine de Katangais contre les originaires du Kasaï. Deux tentions latentes éclatent dans le pays sans que le pouvoir ne se soucie d’y mettre fin. La question de la nationalité des étrangers se pose désormais avec plus d’acquitté et la majorité des Zaïrois exige le départ des peuples rwandophones (immigrés du 1935, réfugiés Tutsi de 1959) vers le Rwanda. Ceux-ci s’appuyaient sur un décret-loi présidentiel de 1971 promulgué unilatéralement (puisque sans consultation populaire) par Mobutu leur accordant la nationalité en bloc et annulé en 1981 par un autre décret-loi du même Mobutu stipulant que la nationalité congolaise est reconnue d’office aux personnes dont les descendants ont été établis au Congo avant 1885 sauf si on la demande et l’obtient selon les règles et les lois en vigueur dans le Pays. Ces derniers menacèrent de la réclamer de force. Parmi les personnes concernées se trouvaient des Tutsi du plateau Itombwe vers Uvira au Sud Kivu qui, selon certains historiens, se sont établi dans le pays vers les années 1919 et qui se sont nommé Banyamulenge (Habitant de la colline Mulenge) vers les années 1992. En septembre 1996, le Rwanda et l’Ouganda déclenchèrent une guerre avec comme objectif, détruire les camps de réfugiés installés à l’Est du Zaïre qui se transformant ensuite en une lutte contre le pouvoir de Mobutu. En mai 1997, après une guerre de 7 mois, le mouvement devenu une rébellion nommée Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) parvenaient à mettre fin à trente années d’une longue et cruelle dictature de Mobutu au Zaïre.

En réalité, cette guerre n’était qu’un incident mais le pays était déjà en voie d’une désintégration totale et un ensemble complexe des crises dans la région contribua au déclin du Maréchal président.

Une économie catastrophiquement moribonde, l’armée échappait totalement à son contrôle, le parlement élu par lui-même siégeait et lui accordait le pouvoir tel qu’il ne souhaitait.

Son incapacité à remettre le pays sur la voie de démocratisation contribua à accélérer sa chute.

 

E. La crise au Rwanda et ses implications au Congo

 

Le Rwanda est un petit pays qui est quatre-vingt fois le Congo. Il est situé dans ses aisselles droites à l’Est. Il est habité par deux importantes tribus : Les Hutu majoritaires (85 %) et les Tutsi minoritaires (10 %). Les guerres au Rwanda ont toujours eu des conséquences fâcheuses pour l’ex Zaïre et sa population depuis des décennies.

Les Tutsi minoritaires ont dominé les Hutus avant 1959. En 1959, après la victoire des Hutu sur la monarchie dictatoriale et criminelle de Tutsi, des réfugiés Tutsi se déversant à l’Est du Congo en 1959. En 1990, une nouvelle guerre éclate au Rwanda. Les Tutsi rwandais qui vivaient à Masisi envoyèrent leurs enfants combattre contre les Hutu au Rwanda. Mécontent, les Hutu menacèrent des Tutsi à Masisi en complicité avec l’armée gouvernementale de Mobutu qui soutenait Habyarimana.

En 1994, de suite de la victoire des Tutsi du Front Patriotique Rwandais (FPR) sur les forces gouvernementales rwandaises à majorité Hutu et le génocide qui l'accompagnait, deux mouvements en sens inverse vont se produire :

- D’Une part, la majorité (90 %) des Tutsi vivant au Congo se décide à traverser la frontière. Ils remettent volontairement les pièces d’identités aux services d’immigrations et rentrent en vainqueur au Rwanda.

- De l’autre part, le Congo/Zaire va accueillir (à contre volonté de la population) environs 1.700.000 réfugiés composés des civiles, des miliciens dite  Interahamwe, responsables du génocide rwandais et des forces gouvernementales. Ils furent aussi installés par l’ONU.

Les deux derniers groupes furent réarmés et réformés par les forces de Mobutu et se joignirent aux milices Magrivi (des Hutu de Masisi) pour mener la guerre contre les autochtones et quelques Tutsi (restés au Congo pour des raisons de convenance personnelle) et opérèrent des actions de sabotage au Rwanda. Bénéficiant de l’appui implicite de la communauté internationale, des anciens dirigeants rwandais, des leaders politiques et militaires contrôlèrent les camps et incitèrent les réfugiés à ne pas rentrer dans leur pays. Au Rwanda, des violations graves des droits de l’homme et la paralysie des instances juridiques décourageait aussi grandement les réfugiés à rentrer au bercail.

C’est dans ce contexte que le Rwanda planifiant la destruction des camps des réfugiés à l’Est du Congo. Face à la montée de la haine contre l’ethnie Tutsi au Kivu, le Rwanda encouragea et recruta de nombreux jeunes Tutsi dans son armée. D’autres furent seulement entraînés. L’armée patriotique rwandais les armant ensuite.

La guerre au Rwanda a aussi renforcé l’opposition armée Burundaise qui combat pour la récupération du pouvoir perdu à la suite du coup de force de l’armée qui a assassiné le président Burundais démocratiquement élu et massacres des milliers des civils non armés.

 

F. La guerre de Kabila et ses implications régionales

Cette guerre a eu lieu entre septembre 1996 et mi-mai 1997 et a eu comme acquis, le renversement du vieux dictateur Mobutu.

En 1996 pendant que la population était asphyxiée par le règne de Mobutu, la plupart des politiciens congolais se disputaient les voies et moyens à mettre en œuvre pour en finir pacifiquement avec le régime sans entraver la voie vers la démocratisation déjà entamée dans le pays.

Dans l’entre temps le Rwanda qui voyait que sa sécurité à la frontière avec le Congo était sérieusement menacée et le droit de citoyenneté de ses confrères Tutsi qui lui ont tant servi dans la guerre de 1990 - 1994 de plus en plus contesté au Congo étudiait comment détruire les camps et venir en aide à ses compatriotes.

En août 1996, des guérilleros de l’armée du Rwanda opèrent plusieurs attaques dans les villes de Goma et de Bukavu dans le cadre semble-il d’un essai de stratégie.

En septembre, le gouvernement de Mobutu déclare que le Tutsi dite Banyamulenge devaient quitter le pays et rentrer au Rwanda.

Une attaque est lancée contre le Congo en septembre 1996 sous l’étiquette des Banyamulenge qui réclament la nationalité. Plus tard, des contactes rapides permirent de mettre en place un mouvement nommé AFDL composé majoritairement des banyamulenge, des rwandais, des ougandais et quelques des congolais. Ceux-ci fortement appuyé par l’armée Rwandaise (60 % des militaires du 10ème bataillon du Rwanda) et Ougandaise (80 % d’armes lourdes utilisées) attaquent l’Est du pays en septembre 1996. Il nomme à leur tête Laurent Désiré Kabila comme porte-parole et Kisase Ngandu comme chef des opérations militaires. Plusieurs Banyamulenge et officiers rwandais occupèrent des postes stratégiques au sein du Mouvement.

L’AFDL et l’armée rwandaise attaquèrent les camps des réfugiés à l’arme lourde et dispersèrent des réfugiés. Ils brisèrent le contrôle des anciennes autorités administratives et militaires Rwandais dans les camps. Sur un peu plus d’un million des réfugiés qui restaient encore dans les camps, environs 600.000 rentrèrent de force au Rwanda, certains miliciens battirent en retrait après une brève résistance, environs 500.000 autres prirent la route vers l’intérieur du Congo et plusieurs autres furent tués par les combattants de l’AFDL et les forces armées rwandaises dès les premières semaines des combats avec les Ex forces armées zaïroises.

Nombreux civils qui ont fuient vers l’Ouest du Congo ont été de nouveau attaqué par l’armée rwandaise et l’AFDL, tués à la hache, à la machette, par coup des massues, de baïonnette, par épuisement et la faim et par d’autres escadrons de la mort en violations des droits internationaux humanitaires.

Les militaires de l’AFDL, ceux du Rwanda et leurs alliés se livrèrent aussi au courant de leur parcours sans embûche à des actes des violations graves des droits humains tel que les viols des femmes et mineurs, tuèrent un nombre important des civils non armés, pillèrent les biens qu’ils amenaient soit au Rwanda soit en Ouganda, détruisirent des églises, des écoles, des infrastructures sanitaires et économiques du pays. Les militaires rwandais et banyamulenge brûlèrent aussi les registres d’Etat civils qui identifiaient les Congolais et le différencier de ceux que ne le sont pas.

 

G. Le Régime musclé de Kabila

En mi-mai la guerre pris fin et Kabila alors porte-parole s’autoproclama président du Zaïre qu’il nomma sans aucune consultation « La République Démocratique du Congo ».

Le déclin de Mobutu et son départ remettra l’espoir de voir le Congo repartir sur la voie de la reconstruction économique et démocratisation du pays et de voir l’ensemble de la région renaître économiquement et politiquement. Les puissances mondiales et régionales ( Zimbabwe, Namibie, Afrique du Sud, Zambie, Angola, USA, Le royaume Uni…) qui soutenaient Kabila étaient motivées par la perspective de relance économique du Congo qui ne manquerait pas à bénéficier aux Etats voisins.

Mais Kabila ne tarda pas à installer un régime dure et sans partage dans le pays. La guerre civile repris au Nord et au Sud Kivu de suite des militaires rwandais et Banyamulenge qui se comportaient comme en terre conquise s’octroyant tous les postes administratives et politiques et limogeant les chefs traditionnels. Des graves affrontement reprirent entre des milices autochtones appuyées par les ex-forces armées Zaïroises de Mobutu contre l’AFDL composé exclusivement d’officiers rwandais et des militaires banyamulenge et Katangais (de la tribu du président Kabila) qui se soldant par un grand nombre des morts et blessés parmi les civiles sans défenses, plusieurs déplacés dans le Nord Kivu. Le sentiment ethnique profondément enraciné dans la population entière congolaise furent ravivés par la nomination à des postes stratégiques au sein du gouvernement des personnalités étrangères originaires du Rwanda et de l’Ouganda, le rejet des travaux de la Conférence Nationale souveraine qui avait tracé les grandes lignes directrices et la constitution de la nouvelle République Démocratique, la méconnaissance de l’opposition démocratique de longue date qui a contribue à fragiliser Mobutu, la suspension des activités de partis politiques, l’arrestation et détentions des dirigeants politiques, les arrestations et détentions des membres de la société civile, la confiscation du pouvoir judiciaire par la cour l’ordre militaire, la saisi des maisons, voitures et autres objets de valeurs appartenant aux ex-dignitaires du régime de Mobutu, les tueries massives, vols imputables aux forces de l’AFDL et l’APR, la naissance du mouvement dite Soldat sans frontières (liberté arrachée par les soldats rwandais d’arrêter les personnes au Congo et de le déporter au Rwanda) furent les premiers signes d’un régime musclés. Kabila a régné 15 mois durant avec mépris total de la population.

Le mécontentement fut généralisé sur l’étendu du territoire au point que Kabila lui-même fini par s’en rendre compte.

De suite des pressions des organisations nationales (Congo) et internationales de défenses des droits de l’Homme, le conseil de sécurité de l’ONU fini par exiger que lumière soit faite au sujet des allégations des violations graves des droits humains à l’Est du Congo. Ceci fut de début d’une longue et terrible crise entre l’ONU et le gouvernement de Kabila. Ce dernier rejetant en bloc les accusations. Le secrétaire Général de l’ONU Kofi Annan nomma en juillet 1997, une équipe des spécialistes appelés à faire la lumière sur les allégations des massacres et autres violations des droits de l’homme mais celui-ci fut d’abord contesté par le gouvernement qui évoquait multiples raisons et ensuite accepté puis empêchée de travail par le gouvernement. La communauté internationale conditionna son aide au projet de reconstruction du Congo présenté par le gouvernement de Kabila au respect des droits de l’homme dans le pays et la relance du processus de démocratisation.

Notons que cette attitude du gouvernement de Kinshasa profitait plus au gouvernement de Kigali qui en vrai dire est le vrai responsable des massacres et violations commises à l’Est du Congo. Mais compte tenu de l’appui militaire que ce dernier à accorder à la lutte pour le renversement de Mobutu, Kabila semblait avoir l’obligation morale de ne pas le trahir.

Pendant qu’il se battait avec la communauté internationale, les militaires Rwandais et quelques éléments Banyamulenge installaient la terreur et la panique dans le Nord Kivu et Sud Kivu semant la pagaille dans la population, brûlant des villages entiers et massacra des civiles hostiles à leur présence. La nation tout entière fut en fureur contre Kabila et les populations du Kivu se sentaient de plus en plus abandonné.

La haine contre les populations Tutsi (qui était accusé de préparer une sécession du Kivu envie de le rétrocéder au Rwanda plus tard, qui on le sait a toujours réclamé une conférence dite Berlin II en vue de revoir les frontières en Afrique) fut grande et plusieurs milices armées furent crées dans cette partie du pays en vue de parer à des éventualités. Des affrontements atroces opposaient d’une part, la coalition des Tutsi Banyamulenge, Forces armées rwandaises et les forces armées Congolaises et de l’autre les combattants May-may appuyés par quelques Ex-faz. Des chefs traditionnels furent limogés et remplacés par des chefs rwandais.

Cependant vers juin février 1998, Kabila commença à se gêner de ses amis rwandais et ougandais qui le rendait de plus en plus impopulaire dans le pays et la loyauté à leur égard devenait de plus en plus insupportable.

De leur côté, l’Ouganda et le Rwanda étaient mécontent de constater que malgré leur action au Kivu, les rebelles anti-ougandais et rwandais continuaient leurs opérations avec élan et la question de nationalité des Banyamulenge (présenté comme les libérateurs du Congo contre la tyrannie de Mobutu) ne recevait toujours pas de solution.

En décembre 1997, monsieur James KABERE officier le chef d’Etat Major du Congo et officier rwandais est demi de ses fonctions et le président en assurant l’intérim.

Le 27 juillet, le gouvernement ordonna le retour des forces militaires étrangers en leur remerciant d’avoir contribuer au triomphe de l’AFDL. Certaines personnalités rwandaises s’étaient retirées du gouvernement de Kinshasa et d’autres organisèrent des missions de service à l’Etranger.

Le Rwandais James Kabare fut renvoyé avec toute son équipe mais la plupart des militaires désobéirent à l’ordre de quitter le pays préféra semer la panique dans la capitale Kinshasa.

Le 02 Août, les militaires Banyamulenge et rwandais annoncèrent que les FAC ont entamé la procédure de destitution de Kabila qu’ils accusaient de perpétuer la corruption et la dictature.

Les villes de Goma et de Bukavu furent prises par l’armée rwandaise et la plupart des militaires Katangais de la tribu de Kabila furent exécutés. Cela a été le début de la deuxième guerre dite de libération bis. Plusieurs ex-alliés de l’AFDL se sont rangés de l’un ou de l’autre côté selon qu’ils ont des intérêts à défendre sacrifiant ainsi le destin du peuple congolais. La population quant à elle a rejeté catégoriquement cette nième mis en scène des gouvernements rwandais et ougandais qui ne tardèrent pas à traîner dans leur piège quelques congolais au nom des quels ils justifièrent leur action. Ensuite, des avions rwandaises et ougandaises et des avions civils congolais(confisqué) furent utilisés pour transporter des soldats rwandais vers les bases militaires de Kitona et Muanda pour attaquer la capitale en même temps. Ceux-ci s’emparèrent très vite des diverses villes stratégiques autour de la capitale et du centrale hydroélectrique Inga. Une campagne médiatique de grande envergure fut mener par les deux anciens amis de Kabila qui ventèrent les exploits de la nouvelle rébellion qui venait de se déclencher. Cette dernière se dota ensuite d’une structure dirigée par un ancien prisonnier d’opinion de Kabila, le nommé Arthur Z’Ahidi Ngoma. Celui-ci prônant la non-violence et la recherche d’une solution négociée à la crise congolaise fut destitué par ses paires et remplacés par Ernest Wamba Dia Wamba. Le gouvernement de Kabila aux aboies multipliant des discours xénophobes contre les Tutsi qui incitèrent la population à se venger farouchement contre toute personne d’origine rwandaise. Kabila sollicitant l’aide de ses amis de la SADEC. L’Appui diplomatique apporté par Nelson Mandela (de l’Afrique du Sud) à la nouvelle rébellion et au Rwanda dans sa campagne au Zaïre incitant le président Zimbabwéen et Namibien (trois monsieur qui se battent pour le leadership en Afrique) à intervenir militairement au coté de Kabila. Ils exigèrent le retrait des armées rwandaises et ougandaises du Congo mais ces ceux-ci continuaient à envoyer des militaires tout en niant leur présence au Congo

La collaboration du Rwanda et de l’Ouganda avec l’UNITA incitant l’Angola à intervenir au côté de Kabila. Cette aide fut décisif car l’Angola infligeant des pertes énormes à la nouvelle rébellion et les armées rwandaise et ougandaises. Jusqu’en Novembre 1998, les gouvernements rwandais et Ougandais continuaient à nuer leur participation aux combats malgré les témoignages des ONGs congolaises, des organisations internationales humanitaires, des journalistes étrangers, des missions diplomatiques de l’ONU et de certains membres du mouvement qui venaient de faire défection.

Le président rwandais lui fini par justifier l’action de son pays évoquant la question de la grandeur de son pays par rapport au Congo et demandant à la communauté internationale l’organisation d’une conférence du genre Berlin 1885 chargée de modifier les frontières tracées par les colonies européennes dont il estime que le Rwanda était lésé.

Disons que le conflit est devenu en fin internationale opposant plusieurs états sur terrain.

En plus du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Angola, du Zimbabwe, de la Namibie, plusieurs autres pays interviennent directement ou indirectement dans le conflit au Congo. L’on peut citer le Burundi, le Tchad, le Soudan, l’Erythrée (qui a dit retiré plu tard ses forces du fait de la guerre chez lui). La France à été accusé d’apporter l’aide alimentaire aux rebelles sous formes d’aides humanitaires et les USA de former les militaires rwandais, ougandais et rebelles aux quels il apporte en fin l’aide logistique et financière.

L’Afrique du Sud est accusée d’assurer un appui militaire important au Rwanda et aux rebelles au Congo et s’assurer la réparation des appareils militaires originaire de ce pays.

Des efforts ont été faits par les Etats africains et la communauté internationales en vue d’apporter les belligérants à la table de négociation mais les choses ont bloqué lorsque la politique du Rwanda et celle de l’Ouganda dans ce conflit a divergé. En effet, la rébellion RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), aile visible du mouvement s’est divisé et un groupe des membres (soutenu par l’Ouganda) estimait qu'une solution négociée pouvait aider le pays à sortir de la crise. Tandis que l’autre soutenu par le Rwanda privilégie la guerre jusqu’au renversement de Kabila. Des accords de cessez le feu ont été signé par les pays impliqués directement dans la guerre au Congo mais les deux branches du RCD ne se sont pas accordées durant un certain temps sur la personne et le groupe qui devait parapher les accords. Un troisième groupe des rebelles dirigés par le fils Saulona a aussi signé les accords.

 

H. Situation actuelle de la crise

Comme dit ci haut, trois pays ont attaqué simultanément le Congo Zaïre en Août 1998 au nom de la rébellion RCD. Apres l’échec de la tentative de prise de la capitale Kinshasa, le Rwanda a progressé pour occuper les provinces du Nord et du Sud Kivu (environ 12.Million d’habitants) et se lançant tout de suite au pillage à grande échelle des mines d’Or, de Cobalt et du Gaz Naturel. L’Ouganda a quant à lui attaqué le Nord du Nord Kivu et la province orientale(Kisangani) où il pille systématiquement le Diamant. Le Burundi s’est arrogé la ville d’Uvira, de Kalemie (sur la frontière avec la Tanzanie) et Kindu.

Ils ont ensuite ouvert des comptoirs d’Or, de Diamant, de Cobalt, de Zinc et d’autres minerais dans leur capitale respectifs. La plupart de ces matières prennent la destination des pays occidentaux partenaires dans cette crise.

Ces pays ont infligé des douleurs atroces au peuple congolais. Pillage systématique et planifié des biens de la population avec objectif de la rendre dépendant. Les violations massives des droits humains se commettent sans qu’aucun pays ne puisse élever la voie. Le rapporteur spécial des UNS pour les droits de l'Homme au Congo a mentionné ces actes ignobles dans son rapport et a demandé l’intervention de la communauté internationale à l’Est du Congo, mais seulement quelques rares nations ont émis dans le même ordre d’idée que lui. Comme on le sait déjà, cette machine lourde n’attend que lorsque le pire arrive. Les gouvernements américain et britannique ont été les premiers à émettre des objections.

Dans ses tentatives de reprise des régions occupées, le gouvernement centrale de Kabila a commis et continue de commettre des graves violations des droits de l’homme.

Suite aux pressions de la communauté internationale (ONU, OUA, ONGIDH), les deux fractions ont signé l’accord de cessez le feu qui prévoit l’envoie des observateurs de l’ONU et de l’OUA à l’Est du Congo et le déploiement d’une force onusienne nommée peacekeeping, chargée de la supervision du retrait des militaires rwandais, l’ougandais, le désarmement des milices et rebelles vivant dans cette région et le début des négociations politiques en vue de la mise en place d’un processus de démocratisation du pays. Mais le Rwanda continue à défier les efforts de la communauté internationale. Il a récemment déclaré que son pays n’acceptera aucun ordre de cette commission.

Plusieurs militants des droits de l’Homme ont été menacés de mort, arrêtés et forcés à l’exile part le Rwanda et le RCD. Plusieurs d’entre eux se trouve dans les pays limitrophes où ils sont soumis à des conditions de vie très dangereuses.

I. Les rôles des grandes nations et les attentes du peuple congolais

Les Etats Unis d’Amériques ont toujours lutté pour l’élaborer une politique qui corresponde à ses intérêts économiques en Afrique Centrale. Cela est normal pour n’importe quel Etat dans le contexte de la politique mondiale actuelle. Malheureusement les décideurs américains se tiennent à cette position sans jamais tenir compte des intérêts vitaux des populations de la région qui dépendent de la démocratisation et de la stabilité des pays partenaires. Pour ce qui concerne l’Afrique centrale, il me revient de conclure que le gouvernement des USA soutien souvent des individus et non pas les Nations. En effet, les responsables de l’administration américaine ont refusé à adopter une politique visant à aider réellement le Congo à l’éclosion d’une société démocratique et à voter une politique imposant des conditions à l’octroi de l’aide économique dans tous les pays de l’Afrique Centrale sans aucune exception.

Les différents gouvernement des USA ont apporté jusqu’à nos jours leur soutien inconditionnel aux régimes criminels, qui bafouent les droits humains et soumettent des peuples entiers dans la misère tel que celui de Mobutu à l’époque, celui du Rwanda actuellement et durant un certain moment à Kabila (1996-1997). Le gouvernement américain s’est refusé à condamner officiellement les actions intempestives et inouïes du Rwanda et de l’Ouganda au Congo préféra faire des déclarations d’intention bien que conscient de la gravité de ces actions sur la paix dans la région.

Et pourtant, cette superpuissance mondiale est capable et a les capacités de changer le cours des choses en faveur d’une action positive susceptible d’aider le peuple congolais et ceux des pays voisins à s’en sortir.

La France est reste obstiné dans sa politique de deux poids deux mesures. Nul ne l’ignore que l’Etat français a soutenu la dictature de Mobutu au Congo et celle de Habyarimana au Rwanda. Pourtant ce pays dont l'on peut vraiment venter les valeurs démocratiques avec un peuple réellement sensible et humanitaire (si l’on peut laisser entre parenthèses les déclarations politiciennes de certains partis de la honte dans le pays) est capable d’apporter un coup de souffle important à la recherche des solutions dans la région. Tout comme les USA, les décideurs français se tiennent à la défensive pour leurs intérêts économiques au Congo, prêt à pactiser avec le diable s'il le faut sans tenir compte des intérêts vitaux des populations de la région qui dépendent de la démocratisation et de la stabilité des pays partenaires. Il est vraiment inadmissible qu’un pays avec de l’estime internationale pareille ait seulement que des dictatures comme partenaires en afrique.

La Belgique qui porte une importante responsabilité dans la crise actuelle dans la région du fait de sa politique coloniale injuste semble encore persister à sortir de sa carcasse de la honte. Et pourtant son intervention dans certains dossiers de la crise peut sauver des milliers des personnes clouées aujourd’hui sous la misère et la tyrannie de l’arme automatique.

La Grande Bretagne et autres nations, tous se tiennent à leurs intérêts économiques. Comme dit ci haut, cela n’est pas une mauvaise chose si ces nations peuvent réconcilier cette politique avec la nécessité d’un meilleur partenariat basé sur la recherche commune et réelle de la stabilité régionale qui profite aux peuples. La plupart d’entre ses pays finissent par déclarer qu’ils ne sont pas les gendarmes de l’Afrique. Mais quoi penser d’un monsieur qui donne à son fils ou son ami un serpent lorsqu’il lui demande un poisson. Nous devons lutter, nous congolais, rwandais, burundais pour la paix chez nous car c’est nous que revient la responsabilité de ce drame du siècle, cependant les grandes nations doivent nous aider avec une réelle volonté, cela pour l’intérêt de la paix mondiale.

Pour SOPROP, l’idéal, c’est de créer un monde épris de Paix et de Justice où les conditions sociales les plus humaines seront garanties et induisent au développement.

J. PISTES DES SOLUTIONS.

Les solutions sont d’ordre national, régional et international.

1. Nous restons persuader q’une condition sine qua none pour rétablir la paix dans la région est de garantir que dans tous les pays concernés, des gouvernements démocratiques, légitimes et respectant les droits humains sont mise en place. Nous sommes convaincus que si cela est fait au Congo, au Rwanda, en Ouganda, au Burundi pour ne citer que cela, des oppositions armées n’existeront plus. Cela devra être fait partout sans exception et la culture de la haine ethnique exploitée par les dirigeants Rwandais du fait de la faiblesse actuelle du peuple Hutu qui porte la responsabilité collective injuste du génocide de 1994 doit s’arrêter pour donner la chance à cette nation de se relever.

2. La seconde chose consiste à considérer que les multinationales qui vendent les armes actuellement jouent un rôle déstabilisant en Afrique Centrale et qui, malheureusement sont au service des grandes puissances occidentales qui se cachent sous leur étiquette.

3. La troisième chose est que la concurrence entre l’Europe et les Etats Unis d’Amérique qui se battent pour le contrôle de l’Afrique portent des conséquences très fâcheuses et dramatiques sur la population entière en Afrique. Revenant sur la crise au Congo, le gouvernement américain, français, britannique, Sud-africain, belge.. devraient nous aider à trouver une solution à la crise en tenant compte des trois éléments cités ci haut. Cela suppose entre autre :

- Faciliter l’émergence des classes démocratiques dans les pays de la région des Grands Lacs africains.

- Aider les sociétés civiles de ces pays à lutter contre la misère, la haine tribale et s’imposer en tant que force vive contre la tyrannie, l’impunité et la dictature.

- Favoriser la réconciliation politique dans tous les pays de la région.

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Directeur Général de la SOPROP

Prix Reebok des Droits de l’Homme 1998

Prix Mondial de Paix et de Tolérance 1999