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[Page principale] [Home page] La démarche de Tshisekedi pour le grand intérêt nationalAu courant du mois de Février, alors que M. Tshisekedi, le Président de l'UDPS et Premier Ministre élu par la CNS, prenait des contacts en vue de faciliter le processus de la tenue de la table ronde nationale, une certaine opinion a traité de trahison cette démarche. Alors, l'analyse ci-dessous a été faite, en date du que nous publions pour nos lecteurs. << J'ai l'impression que votre analyse de la situation politique du pays est trop sentimentale pour qu'elle soit comprehensible même auprès de vous-même. Pour vous donc, tout en gémissant sur les massacres pérprétés sur le territoire occupé, toute tentative d'entrer en contact avec les rebelles est un acte de trahison. Cette opinion est celle vehiculée par le gouvernement congolais, après qu'il ait signé des accords de cessez-le feu avec les mêmes rébelles. Ces accords n'impliquent-ils pas l'amorce du processus de contacts pour la table ronde nationale? Votre opinion me parait donc insoutenable. Pour ma part, les massacres dont nos populations sont victimes, surtout dans l'Est et le génocide général dont toute la population congolaise est victime, du fait de l'empêcher de jouir des ressources nationales, à cause de la guerre actuelle, sont insupportables. Si les Mayi-mayi, face aux pillages et massacres ruando-ougandais, ont pris les armes pour défendre une partie du territoire national avec lequel ils sont directement liés, c'est légitime et compréhensible. Mais ces derniers n'ont pas des moyens materiels qui leur permettent de soutenir une très longue résistance. Plus la guerre se poursuit, plus les pertes sont lourdes de notre côté, plus des victimes dans notre population civile, comme notre pays est le terrain des combats. Vous me direz: il y a aussi les troupes gouvernementales! Il me semble que, comme avec l'armée de Mobutu, les forces gouvernementales sont instrumentalisées. Elles n'ont pas la force morale nécessaire pour gagner cette guerre. Outre le problème de formation inhérente à toute jeune armée, la motivation de celle-ci n'est pas assise sur des bases solides. Si les ex-gendarmes Katangais ont rallié l'AFDL à l'époque du beau mariage entre Kabila, le Ruanda et l'Uganda, c'était pour équilibrer les forces militaires qui étaient essentiellelment ruandaises et pour constituer une couverutre de sécurité sûre pour Kabila, surtout qu'avec son auto-proclamation comme Président, il ne pouvait plus être sûr de compter sur la confiance de ses alliés ruandais et ugandais dans le gouvernement qu'il venait de former. Quant aux jeunes officiers formés de l'armée zaïroise, ceux restés fidèles à la patrie, après le depart de Mobutu, et qui ont décidé de rejoindre les nouvelles forces armées de Kabila, nombreux d'eux ont été exécutés, la plupart sur ordre de Kabila lui-même, pour des raisons qui restent à éclaircir. Certains des rescapés ont fui le pays Ceux qui sont restés ne peuvent avoir confiance en un système qui a zigouillé leurs camarades comme des mouches. Ainsi, nous nous sommes retrouvés avec, plutôt qu'une armée nationale, une milice pour la sécurité personnelle du Président Kabila. Ce qui explique d'ailleurs le recours sans relâche aux "mercenaires" pour défendre le territoire national. Ceux-ci, comme vous devez le savoir ne sont différents des pilleurs armés ruandais et ougandais, que par leurs intérêts économiques opposés. Il en résulte un triple système de pillage du Congo; les opérateurs ruandais et ugandais, les opérateurs zimbabuéens...et les opérateurs du gouvernement congolais. Ce dernier, le gouvernement congolais, sensé agir pour mettre fin au pillage, aux massacres et au génocide conséquents sur le sol congolais, trouve dans le système la seule façon de tenter de conserver son pouvoir et de se constituer une fortune personnelle pour ses membres. Personne là-bas, à part les Mayi-mayi, ne se bat vraiment pour le Congo. Faut-il que nous assistions à l'extermination des mayi-mayi et donc de la population civile dans l'ex-Kivu et dans le Haut-Zaïre, pour crier que cesse une guerre qui ne sert que des intérêts égoïstes? Vous me direz encore: mais nous avons été agressés et ne faisons que nous défendre. Oui, je l'ai dit aussi au début. Mais, depuis les accords de Lusaka, il est raisonnable que nos efforts concourent pour le rétablissment de la paix, processus dans lequel est impliqué la communauté internationale, avec la vigilence de tous les Congolais. Toute la communauté internationale ne peut comploter pour la partition du Congo, comme certains, vulnérables à la propagande de Kabila, semblent le craindre. Une partition du Congo en faveur de qui? Les Banyamulenge? Les banyamulenge sont conscients que la minorité qu'ils constituent n'a jamais été concentrée sur un territoire. Ils ont toujours bien vécus, intégrés et en harmonie avec les communautés nationales. Ils n'ont jamais réclamé un territoire, n'en réclament pas, ni n'ont le droit d'en réclamer un. Eux aussi instrumentalisés, leur souhait est celui de toute la population locale: que la guerre cesse pour la reprise normale de la vie. Une rationnalisation du processus de paix dans cette perspective est ce qui semble préoccuper Tshisekedi. Il suffit une analyse plus profonde de la situation sur le terrain, il suffit une distance avec le nationalisme idéologique et xénophobe du gouvernement Kabila, pour comprendre qu'encore une fois, c'est Tshisekedi qui est sur la voie de salut pour le Congo. Alors, ne peut appeler borgne celui qui voit bien qu'un aveugle!
Marc Kapend [Page principale] [Home page] | |