UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Interview de M. Mpuila

L'UDPS aux belligérants : écoutez le peuple (La Libre Belgique - 22/08/98)

Depuis le début de la guerre au Congo, il y a trois semaines, un des grands acteurs politiques est absent de la scène : l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Etienne Tshisekedi. Nous avons interrogé son représentant à Bruxelles, le Dr Mpuila, sur la position du parti.

Depuis notre fondation, en 1980, nous sommes une force indépendante qui n'a de référence que notre peuple. Aujourd'hui, nous ne nous rangeons derrière aucun des belligérants, mais exigeons de tous qu'ils se plient à la volonté du peuple congolais. Et cette volonté, notre peuple l'a fait connaître depuis longtemps: que soient mises en place des institutions stables et que nos dirigeants arrivent au pouvoir pacifiquement.

Que pensez-vous du rôle des pays étrangers dans la guerre actuelle?

Nous ne nous attaquons pas en premier lieu aux étrangers mais à nos compatriotes qui ont permis des interventions étrangères au Congo. La guerre et la violence sont imposées à notre peuple par cette minorité de compatriotes qui appellent les étrangers à la rescousse. L'UDPS est opposée à toute intervention étrangère, parce qu'elle endeuillera le peuple, engloutira les moyens nécessaires à la reconstruction du pays et donnera les mêmes résultats que l'AFDL (Ndlr: parti de Laurent Kabila).

Y a-t-il un de ces pays qui soit plus proche de vos thèses?

L'UDPS a envoyé des émissaires en Angola, en Afrique du Sud, au Congo-Brazzaville, en Namibie, au Mozambique, en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwé. Tous ces pays ont reconnu avec nous que la crise était politique et qu'il lui fallait donc une solution politique, négociée par toutes les forces politiques et sociales congolaises - et non plus par les seuls Kabila et Mobutu (Ndlr: comme il en avait été question lors de la "guerre de libération" menée par Laurent Kabila). Ces pays avaient accepté notre proposition de faire pression sur les belligérants et sur ceux qui voudraient intervenir militairement, afin de favoriser des négociations. Nous avons donc été très étonnés de l'intervention armée du Zimbabwé.

Etienne Tshisekedi pourrait jouer un très grand rôle dans des négociations, notamment à cause de sa personnalité et de l'implantation nationale de l'UDPS, qui en font le seul dirigeant capable de dépasser les clivages partisans, tribaux, régionaux pour rassembler les Congolais.

L'UDPS n'a-t-elle pas été accusée à de nombreuses reprises d'être devenue, ces dernières années, une place-forte des Balubas du Kasaï?

C'est faux. Par exemple, peu avant l'arrestation de M. Tshisekedi, débit 1998, l'AFDL a arrêté 30 membres de l'UDPS à Kinshasa; deux d'entre eux seulement étaient du Kasaï, tous les autres du Bandundu et du Bas-Congo (Ndlr: les populations majoritaires dans la capitale). Aujourd'hui, ceux qui gardent Tshisekedi appartiennent tous à l'interfédérale de Léopoldville, qui regroupe les quatre fédérations de l'UDPS dans la capitale. Il y a aussi ces membres originaires du Kivu, aujourd'hui réfugiés dans les pays voisins de cette province, qui nous écrivent pour demander les documents du parti afin de continuer à militer là où ils se trouvent

Transmis par Hélène Kashama
Tiré de Congonline.


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