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[Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] Publication du Memorandum du Groupement des Intellectuels CongolaisChers Compatriotes et Amis de la RDC, Comme promis, je publie le memorandum que les fils de notre cher pays reunis au sein de L'Asbl Groupement des Intellectuels congolais en Belgique(GICB) qu'ils avaient adresse au President de La RDC avec copies a tous les pays impliques au Congo. Le document relie peut etre obtenu moyen 200 fb avec frais de port en vous adressant au secretariat du groupement, sis, 10, Place de la Constitution, 1060 Bruxelles, Tel/Fax: 32 2 534 0197 Le document comporte six points. Je le publierai au fur et a mesure. Bonne partage de ses reflexions. Pour le GICB
Gaby LUNIANGA
I. Introduction Nous, intellectuels congolais (ex-zaïrois) réunis au sein de l'Association dénommée « Groupement d'Intellectuels Congolais en Belgique » GICB en sigle, tenant compte du passé politique de notre pays: la colonisation, l'indépendance et l'après indépendance, compte tenu de la destruction de tous les secteurs de la vie nationale (la santé, le social, l'économie, l'industrie, la communication, l'enseignement, etc.) sous le régime Mobutu durant lequel l'injustice, la mauvaise gestion, la corruption, l'insécurité des biens et des personnes, la dictature et la violation des droits de l'homme, ont été les faits les plus marquants, vu l'irresponsabilité et l'égoïsme qui ont caractérisé les dirigeants de la 2ème République et conduit à l'abandon de la population locale dans la misère la plus totale ainsi qu'à l'oubli de la quasi totalité des cadres nationaux, considérant la fuite des cerveaux congolais alors que le pays s'enlise davantage faute d'une politique adéquate de développement, tenant compte du changement actuel de régime politique au Congo et conscients de la lourde responsabilité du nouveau pouvoir à canaliser toutes les forces vives de la nation pour un nouveau départ, craignant qu'une évolution désastreuse de notre pays, sous la politique menée actuellement, nous replonge dans la situation confuse des années 60 en ouvrant la porte au développement des forces centrifuges qui mettraient en péril la cohésion nationale, et soucieux d'apporter notre contribution au redressement de notre chère Patrie, avons jugé utile d'élaborer le présent mémorandum adressé au Président, aux membres du gouvernement, au peuple congolais, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent aux problèmes de notre pays. Nous pensons que l'objectif principal de tout congolais est d'éviter de retomber dans les erreurs du passé afin de créer une nation libre, prospère où tout le monde sera considéré à sa juste valeur, dans le respect strict des droits de l'homme et de la démocratie. C'est dans ce cadre ainsi défini que nous avons toujours rêvé vivre chez nous et servir notre Pays. Nous saisissons par conséquent cette opportunité afin de présenter nos analyses, critiques et suggestions concernant la situation actuelle de notre pays. Nous présentons dans ce document:
II. APERCU HISTORIQUE 1885-1908: La Conférence de Berlin tenue du 15 Novembre 1884 au 26 Février 1885 a conduit à l'ouverture du bassin du Congo au marché internationale. Quant aux frontières de différents pays africains, elles continueront à être délimitées par consensus entre les puissances occidentales, séparant parfois des populations issues de même lignage. Le roi Léopold II réussit à s'attribuer un vaste territoire au coeur de l'Afrique, baptisé Etat Indépendant du Congo (EIC) en Août 1885. Il utilisera un système inhumain basé sur l'oppression des autochtones pour faire du Congo sa vache laitière. Le cynisme de cette politique sera poussé jusqu'à la mutilation des Congolais récalcitrants ou jugés paresseux dans des plantations d'hévéa. 1908-1960: Le roi Léopold II cède le Congo à la Belgique qui en fait sa colonie. L'exploitation du Congo par la Belgique continuera jusqu'en 1960, marquée par le développement de l'infrastructure en général et de l'économie, mais aussi par le transfert vers la métropole des richesses minières et agricoles les plus importants du Congo (cobalt, cuivre, or, diamant, uranium, café, cacao, caoutchouc, coton, etc.). Les seuls cadres congolais formés seront du niveau secondaire. Le pays accédera à l'indépendance en 1960 avec seulement 4 intellectuels laïcs de niveau universitaire. 1960-1965: On se souviendra que les dernières années de la colonisation du Congo par la Belgique ont été marquées par une période tumultueuse, faite de pourparlers et tensions entre le peuple congolais et les colonisateurs. Cette situation conduisit à l'organisation de la table ronde de Bruxelles qui réunit les politiciens congolais et les membres du parlement et du gouvernement belges (du mercredi 20 janvier au samedi 20 février 1960). De cette table ronde sortira la loi fondamentale (16 résolutions formant la constitution provisoire) permettant la mise en place des institutions politiques devant régir le pays. D'où les élections de mai 1960 : Kasa-Vubu est président de la République et Lumumba premier ministre. Pendant ce temps, Moïse Tshombe assume les fonctions de président provincial au Katanga. Le 30 juin 1960, le Congo accède à l'indépendance. Cependant, un conflit d'influence naîtra très vite entre les principaux leaders congolais de l'époque (Lumumba, Kasa-Vubu, Tshombe...). Les USA et la Belgique en profiteront pour tirer leur épingle du jeu. Joseph Désiré Mobutu, secrétaire particulier de Lumumba, sera alors mis dans le coup pour servir les intérêts belgo-américains. Il deviendra le maître à jouer dans la politique et dans l'Armée Nationale Congolaise (ANC). Tshombe, conseillé et soutenu par la Belgique, réussira à décréter la sécession Katangaise le 10 juillet 1960. Albert Kalondji, leader du sud Kasai s'autoproclamera empereur de cette région. Le nationaliste, Patrice Emery Lumumba, considéré à tort comme un communiste par les Occidentaux, est très gênant. Le 14 septembre 1960, Mobutu neutralise le gouvernement Lumumba et crée le collège des commissaires généraux. La guerre froide aidant, la Central Intelligency Agency (CIA) et la Belgique en collaboration avec quelques Congolais commanditeront l'arrestation de Lumumba qui sera alors envoyé au Katanga (chez Tshombe), où il sera assassiné le 17 janvier 1961. Ayant perdu les acquis démocratiques de la table ronde, le Congo évoluera alors à travers une période politiquement instable. Le président dirigera le pays par des décrets-lois. La constitution de Luluabourg, publiée le 1er août 1964, sera le fruit de 4 années de travail. Mais, cette nouvelle tentative de réinstaurer la démocratie au Congo coïncidera avec la rébellion déclenchée par les partisans de Lumumba (1964-65) quiperturbera toute la vie nationale et empêchera l'application de cette constitution. La coalition faite de l'ANC, de mercenaires étrangers (dont des belges) et de gendarmes katangais viendra à bout de la rébellion. Le 24 novembre 1965, Mobutu réalisera son coup d'état en écartant du pouvoir le premier président congolais, Monsieur Joseph Kasa-Vubu. 1965-1990: Le Congo est régi par le système Mobutu caractérisé par le despotisme, l'oppression et la mauvaise gestion. Le Président Mobutu, fondateur du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), devenu parti unique, fait imprimer une nouvelle monnaie en 1967 et change ensuite le nom du pays en 1971. La République Démocratique du Congo (RDC) devient République du Zaïre; un Zaïre monnaie se change contre deux dollars US. Le pays connaît la naissance d'une bourgeoisie zaïroise. Toute revendication du peuple est appelée subversion et réprimée violemment. Le MPR devient Parti-Etat en 1974. La terreur, l'injustice, la corruption, et le délabrement de toutes les infrastructures existantes vont entraîner le peuple zaïrois à la déchéance la plus totale. Face au marasme économico-politique, le peuple zaïrois n'a cessé de lutter pour l'établissement d'un Etat de droit, comme en témoignent les différentes manifestations des étudiants, des employés et des chrétiens dont certains ont payé de leur vie. Les deux tentatives d'occupation du Shaba par les ex-gendarmes katangais, en 1977 et 1978, se solderont par un échec. Les différentes incursions des hommes de Kabila à Moba seront sans succès. En 1980, 13 parlementaires (dont Tshisekedi, Ngalula, Makanda ..) initieront un mouvement d'opposition au sein du MPR, qui conduira à la création d'un autre parti politique, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et qui deviendra également la cible de la machine policière et répressive du MPR. Avec le vent de la perestroika qui souffle dans le monde, Mobutu accepte et annonce le multipartisme le 24 avril 1990. Il propose la coexistence de trois partis politiques, puis le multipartisme intégral suite à la pression populaire. 1990-1996: La situation politique du Zaïre fût caractérisée par les événements suivants:
Le 16 mai 1997, le président Mobutu, persuadé par ses officiers supérieurs militaires de l'imminence de la chute de Kinshasa, prend le chemin de l'exil au Maroc. Il mourra à Rabat, le 7 septembre 1997, abandonné par nombre de ses collaborateurs ainsi que par ses maîtres. Toutes les puissances qui l'ont soutenu durant son règne n'ont pas eu « la gratitude ou le courage » d'honorer de leur présence, les funérailles de leur fidèle ambassadeur qui avait pourtant servi leurs intérêts, pendant de nombreuses années, contre la volonté populaire. La leçon à tirer de cette expérience se passe de tout commentaire. Le 17 mai 1997, c'est la prise de Kinshasa par les soldats de l'alliance. Kabila arrive au pouvoir après 7 mois d'une pseudo-guerre sans résistance réelle car l'armée zaïroise démotivée, divisée, désorganisée et acquise au changement a refusé de combattre. Mais, la liesse populaire qui s'en est suivi n'a duré que l'espace d'un matin. Alors que tous ceux qui ont lutté pacifiquement à l'intérieur du pays (UDPS, PDSC, PALU, MNC, société civile, etc.) s'attendent à une démocratie, le 17 mai 1997, Kabila s'autoproclame président de la République sur base d'un décret rédigé par lui-même. Il décide d'assurer pendant deux ans les fonctions de président, de ministre de la défense, de chef de l'exécutif et du législatif. Il change le drapeau et le nom du pays (la République du Zaïre redevient République Démocratique du Congo), il suspend toutes les institutions antérieures, ainsi que les activités des partis politiques. Les contrats signés pendant la rébellion avec des sociétés comme American Mineral Field (AMF, USA), Anglo-American (Afrique du sud), Barrick Gold Corp (Canada, Georges Bush en est l'honorary senior advisor), Lonhro ( Grande Bretagne), et autres, deviennent légaux. On note également:
Tous ces faits et bien d'autres installent un profond malaise au sein de la population congolaise devenue de plus en plus inquiète. Par conséquent, la tension monte, car le changement tant attendu, est loin d'être au rendez-vous. ( A suivre)
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