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[Page principale] [Home page] R.D.C : QUI EST IN... ?D'aussi loin que l'on s'en souvienne, la classe politique congolaise a toujours été considérée comme la plus mauvaise du monde. Le dialogue intercongolais est là pour nous rafraîchir la mémoire. Et pourtant, tout avait plutôt bien commencé au début des années 60 avec la génération Kasavubu, Lumumba, Tschombé, Mulélé, Iléo, Kamitatu... Après la Table Ronde par exemple, attablé quelque part entre Kashamura et Gizenga, on se serait battu pour se voir traiter des précurseurs, des intellos (diminutif d'intellectuel) congolais qui se nourrissaient en ces temps de la guerre froide d'un peu d'amour et de débats intéressés des kwamé Nkrumah, Nasser, Modibo Keita... suffisaient à défrayer la chronique, à faire pâlir ceux qui ne sont pas encore libérés du colonialisme, à faire évoluer à coup des projets la société africaine. A l'abri des contingences matérielles et des courbettes télévisuelles - le politicien congolais d'alors était un démocrate libre et indépendant de l'Afrique en devenir, capable comme le montre les accords du fédéralisme. Et puis, il y eut le coup d'état de 1965. Le sergent, non intello, s'installe dans la durée. Le pays sombra dans l'ignorance. Quelques rescapés plus vraiment engagés cherchèrent à renverser le pouvoir militaire. Ils sont pendus, fusillés et assassinés. La corruption et l'irresponsabilité sont devenues des institutions. Mais s'afficher intello était soudain devenu carrément condamnable. La révolution culturelle de 1972 achève l'obscurantisme. Le Congo est devenu "Congo zoba". En 1997, alors que des jours meilleurs semblaient se profiler, il fut de nouveau de bon goût de s'afficher comme "révolutionnaire" au côté de Laurent Désiré Kabila. Lui aussi sombra dans l'incapacité intellectuelle de diriger le pays. Aujourd'hui, les enfants des intellos d'hier ont pris le pouvoir par acclamation ou par la force des armes. Sont-ils capables de présenter un projet de développement digne de ce nom ? Sont-ils eux aussi des intellos ? ou des opportunistes ? L'archevêque de Kinshasa s'est-il trompé en les qualifiant des profiteurs ? Les rois de la matière grise sont presque tous à l'étranger. Eux, entendent à s'arroger le beurre, l'argent du beurre, sans désespérer de s'attirer les sympathies de la crémière. Les ingrédients de la réussite sont connus : la compétence, des cadres de haut débit, l'expérience dans les pays du savoir, les diplômés des grandes écoles occidentales. A l'heure où la bonne gouvernance laisse très peu de place à la médiocrité, les sans diplômes n'ont pas de place dans les instances de décisions. L'attitude la plus correcte qui soit serait de rendre le pouvoir au peuple non pas par les élections truquées mais par le biais d'un référendum constitutionnel avant tout. merci pour la publication Totime Mikemi [Page principale] [Home page] | |