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QUE DEVIENNENT LES REFOULÉS CONGOLAIS LORSQU´ILS RENTRENT AU PAYS ? UN ANCIEN HAUT CADRE DE L´IMMIGRATION TÉMOIGNE.

L'article 16 du droit d´asile, selon la convention de Genève de 1951 approuve ceux-ci : “toute personne ayant quitté son pays d´origine, pour des raisons politiques, religieuses ou ethniques doit être accueilli dans un pays sûr où sa vie ne soit pas ménacée”. Mais malheureusement les expulsions de plusieurs ressortissants des pays africains en particulier les congolais, sont devenues quasi quotidiènnes dans plusieurs pays de l´Union européenne, sans tenir compte de leur sort. A plusieurs occasions, déjà les associations de défense de droit de l´homme plus précisement l´Amnesty International, l´Asadho, la Voix de Sans Voix, le Human Rights Watch... ont manifesté leur inquiétude face à la politique de rappatriement des congolais par les autorités européennes, et ont denoncé avec fermeté des risques et de mauvais traitements que ses infortunés subissent lorsqu´ils rentrent au pays. Malgré l´appel de ces associations d´arrêter le renvoi des demandeurs d´asile dans des pays en risque, comme le Congo-Kinshasa, les autorités des ces pays d´accueils se montrent de plus en plus sévères face aux demandeurs d´asile, évoquent qu´ils ne risquent rien dans leurs pays d´origine.

Face à cette situation pénible, plusieurs personnes se demandent : ‹‹quel est le sort des réfugiés congolais, lorsqu´ils arrivent à Kinshasa ?››. Nous vous présentons le temoignage d´un ancien inspecteur principal du ministère de l´Intérieur, et chef de la direction de la police des étrangers et des frontières du Congo-Kinshasa, ayant presté des services dans l´immigration presqu´une vingtaine d´années, commença au régime de l´ex. défunt dictateur et celui de son usurpateur. L´homme est venu s´expliquer devant les 4 juges de la cours de justice de Baden-Württemberg/RFA (Verwaltun-gsgerichtshof Baden-Württemberg) comment sont traités les réfoulés congolais lors de leurs arrivées à l´aéroport de Kinshasa, et des risques qu´ils courent.

Agé de 44 ans, appelons-le She Albert Okito. Flic, de carrière très chargée et cadre supérieur, avait assumé plusieurs fonctions dans le Ministère de l´Intérieur. Il fut l´inspecteur principal à la direction de police des étrangers et des frontières. Il se trouve actuellement en France, dans le territoire de Belford dépuis août 1999, où il a démandé l´asile. Il dénonce tous les moyens mis en place afin qu´aucune situation concernant les passagers des vols internationaux vers Kinshasa et en particulier les refoulés, qu´ils n´échappent pas aux griffes des 4 secteurs de services de sécurité mis à l´aéroport international de Nd´jili/Kinshasa à savoir DGM, ANR, Services Speciaux de la Police et la DEMIAP. Choqué par ce qu´il a vécu pendant plusieurs années, il a décidé de rompre le silence ; “je veux parler pour tous les démandeurs d´asile, par mise en garde de tous les réfoulés. Je veux parler de la période de 8 mois passée, après cette periode je n´ai rien apporté comme témoignage” declare-t-il. Il ajoute encore que “pendant l´exercice de mes fonctions, moi-même j´ai eu des refoulés et j´ai déjà pris part dans leurs interrogatoires”. Pendant l´audiance Mr. Okito, a épaté ses interlocuteurs dans sa façon d´eclaircir les choses, la transparence de ses reponses et son franc-parler. Interrogé pour savoir quelles étaient des raisons qui l´ont obligé à quitter le pays pour demander l´asile en France, l´ancien cadre a expliqué ; qu´il était venu en Europe non pas pour demander l´asile, mais il était en mission de service dans le cadre de ses fonctions. En tant que cadre supérieur du Ministere de l´Intérieur et responsable de l´immigration il est venu en Europe (France, Belgique et Grande Bretagne), pour inspecter les embassades de son pays et leur apporter de nouveaux passeports. Pendant son sejour il a eu le contact avec le président de la chambre du commerce britanique, à travers quelqu´un qui a préféré garder l´anonymat, profitant de sa présence pour faciliter l´entrée d´une délégation des investisseurs étrangers au Congo. Ce contact là n´a pas été apprécié par le ministre de l´Etat chargé de l´interieur Mr. Gaëtan Kakudji, qui selon lui ses gens-là, n´étaient pas des investisseurs, mais plutôt des mercenaires camouflés, qui avaient une mission de déstabiliser le gouvernement de Kinshasa, car l´Ouganda qui soutient une fraction des rebelles congolais, est une colonie britanique. Apartir de ce moment là, sa maison et son bureau à Kinshasa ont été perquisitionnés, et il a été accusé de haute trahison.

Invité en Allemagne pour temoigner sur les risques que courent les candidats à l´asile en cas de réfoulement, Mr. Okito a devoualé tous les secrets en ce terme : “nous étions informés par nos agents de la situation de tous les passagers en provenance de l´étranger, principalement de l´Europe et d´Amérique. Nous sachions très bien distinguer les rapartriés et les réfoulés. C´est-à-dire qu´on possedait des listes de tous les nationaux enregistrés auprès de nos embassades à l´étranger. Toutes les personnes dont leurs noms ne figuraient pas dans les listes, étaient considerés comme des réfoulés”. Cette dernière précision est importante, car c´est ainsi que les officiers congolais de l´immigration sont saisis des cas de nationaux refoulés d´un pays européen. La suite est sordide. “Avant leurs arrivées, on recevait déjà les listes quelques jours avant, à travers les pays d´accueils et nos embassades qui nous fournissaient des informations détaillées au sujet des réfoulés. Les officiers de l´immigration procèdaient au contrôle des passagers. Une fois capturés, les refoulés était récupérés par la DGM (Direction générale de migration), en suite étaient conduits dans un endroit approprié où ils étaient fouillés de façon systematique et molestés avant d´être acheminés devant les officiers des 4 services précités qui operent dans l´aéroport, et qui forment un collège d´audition, qui leur font subir un sévère interrogatoire pour savoir ce que les refoulés faisaient à l´étranger, puis suivent à nouveau des traitements inhumains”.

Selon Mr. Albert Okito, après l´interrogatoire, les autres étaient enrolés dans l´armée sans aucune bonne formation c´est-à-dire pour leur livrer à la mort, et pour ceux qui ne veulent pas repondre il y avait aussi des exécutions, et dans les autres cas connu par les organisations de défense des droits de l´homme, étaient transférés dans le Groupe spécial de sécurité présidentielle (GSSP) qui englobe tous les services, qui peut tout décider et convoquer sans exception, parce qu´il fonctionne avec la compétence de la présidence de la république qui, à son tour pour camoufler la situation, envoie les dossiers de l´accusé devant la cours martiale c´est-à-dire Cours d´ordre militaire qui se limite à condamner à mort.

L´ancien haut cadre ajoute, qu´aucune organisation humanitaire congolaise, ou des associations de défense des droits de l´homme reconnues au niveau international ne peut contrôler ou assister ce qui se passe à l´aéroport, ni savoir ce que deviennent les refoulées puisque le tarmac de l´aéroport de Kinshasa est inaccessible à tout corps étranger hors mis les services de sécurité et des fonctionnaires locaux. L´orateur du jour réplique encore que “ selon des instructions sur le terrain, les services de répréssion du régime en place considerent que ‹‹ le pays est en guerre, tous les congolais qui se trouvent à l´extérieur du pays non enregistrés dans les réprésentations diplomatiques du Congo, sont considérés comme des ennemis du pays, et tous ceux qu´ils n´ont pas rentré au pays après la prise du pouvoir de Mr. Laurent Désiré Kabila, sont considerés comme des opposants ››”.

Pour conclure la séance Mr. She Okito, avait averti qu´il est également clair que les candidats réfugiés politiques installés à l´étranger qui, par leur engagement politique mènent des actions concrètes d´opposition contre le régime de Kinshasa, qui à leur tour, ces activités eveillent l´opinion publique nationale et internationale, sont en danger réel et permanent à leur retour. Et pour faire face contre ces candidats, les services de sécurité extérieure installés auprès des ambassades à l´étranger, informent toutes les situations touchant à la sécurité du régime en place, ils recrutent informateurs dans plusieurs villes parmi eux, des congolais expatriés et voir même des citoyens de ces pays, qui ont la mission d´informer toutes les activités de l´opposition : d´enregistrer, filmer ou photografier les réunions, marches de protestations, conférences de presse, envoiyent les listes des opposants, des hommes de la presse hostile au regard de Kinshasa etc...

Malgré tout cela l´ancien inspecteur de l´immigration, ne fut pas trop pessimiste au regard du régime de Kinshasa. Il n´a pas exagéré, car il fut claire à préciser que : dans toutes les règles il ne manque pas d´excéption ; C´est-à-dire que, ce n´est pas tout le monde qui subit ces actes, mais plu tôt les candidats actifs dans l´opposition et les congolais malfaiteurs refoulés. Ce temoignage courageux et édifiant démontre à quel point les demandeurs d´asile congolais sont en danger quand ils sont expulsés.

Cette audiance a été organisée le 25.07.2000 par Maître, Karl Joachim Hemeyer (Avocat de droit), elle a duré 9 heures du temps donc, de 11 heures à 20heures, avec une pause de 1h30´. Ont pris part, plusieurs personnalités de l´administration allemande, de l´office fédéral pour les réfugés (Bundesamt für die Anerkennung ausländischer Flüchtlinge), des juristes de la région de Freiburg, plus precisement Mr. Reinig, juge du tribunal administrative de Freiburg (Verwaltungsgerichts Freiburg), Mme. Ruth Baumeister (Avocate de droit), des associations allemandes contre le réfoulement (SAGA-Dritte Welt), membres des partis de l´opposition congolaise à savoir l´Udps, Rns, Pdsc, Palu etc... et sans oublier la presse congolaise de la région en particulier le Journal FLASH-FLASH, en la personne de son Editeur et de Redacteur en chef, que vous connaissez bien, et qui sont là toujours prêt à vous servir.

Par Jeannot Mpululu.


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