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PARADOXE OU CONTRADICTION FLAGRANTE DANS LE DISCOURS DE MONSIEUR KABILA EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO (EX ZAIRE)

Depuis mai 1997, monsieur Laurent Désiré Kabila s'est autoproclamé président de la République Démocratique du Congo après la fuite de Mobutu à la tête du Congo (alors Zaïre). Pour la petite histoire, l'opinion, devra se rappeler que le Congo a déjà connu trois présidents de la république depuis son accession à l'indépendance en 1960 jusqu'aujourd'hui, à savoir : Messieurs Joseph Kasa-Vubu, Joseph Désiré Mobutu, et Laurent Désiré Kabila.

De tous ces trois présidents, un seul fut démocratiquement élu avant d'accéder à la tête du Congo, il s'agit de monsieur Kasa-Vubu. Il accéda au pouvoir après être élu par le parlement représentant le peuple Congolais dans sa globalité. Les députés siégeant dans ce parlement étaient directement élus par toutes les couches de la population du Congo. Ce fait à toute son importance en effet pour la bonne compréhension de l'évolution de l'histoire politique au Congo aujourd'hui.

Par contre, les deux derniers présidents, messieurs Mobutu et Kabila, se sont eux-mêmes proclamés présidents du Congo, successivement en 1965, et en 1997.

Rien de moins, depuis lors, le Congo assiste impuissant devant le théâtre des dictateurs qui se succèdent sans cesse à la tête du pays. Mobutu décidait tout seul de la vie ou de la mort d'un individu au Congo, aujourd'hui, c'est le tour de monsieur Kabila d'agir de même. Tous ces dictateurs ont accédé à la tête du Congo soutenu, aidé et appuyé par l'extérieur.

Pour avoir une certaine légitimité durant son règne, Mobutu usa à son époque des tant des manuvres, notamment, la création du bureau politique, de l'assemblée législative bidon, du comité central du M.P.R.(mouvement Populaire de la Révolution), etc. Ne pouvait avoir un poste de travail au sein de ses organes politiques mobutistes que seuls, les courtisans à Mobutu. Un réseau du clientélisme politique était fondamentalement entretenu, suivi à la lettre par les multitudes de services de sécurité mobutiste, tant au Congo qu'à l'étranger.

Ce faisant, Mobutu de son vivant, n'a eu aucun sens de profond respect pour le peuple Congolais. Pourquoi ?

La réponse est simple. Le peuple n'ayant pas élu Mobutu pour accéder au pouvoir, en retour, il n'avait pas de comptes à rendre au peuple Congolais. C'est plus simple que cela. La situation est identique aujourd'hui pour monsieur Kabila. Il a plus des devoirs et des comptes à rendre qu'à ceux qui l'ont aidé à s'emparer du pouvoir au Congo.

Ici attardons-nous un peu sur Mobutu. À ses débuts du pouvoir en 1965, Mobutu déclara qu'il ne travaillera pas avec tous ceux qui avaient plongé le Congo dans le chaos, tous, ceux qui avaient les fonctions politiques aux côtés de monsieur Kasa-Vubu et bien d'autres encore. Le slogan pour illustrer le fait fut la "pembenisation". Mot lingala signifiant mis à l'écart. Discours très simpliste et flatteur. Aujourd'hui de même, monsieur Kabila déclara après qu'il ait monté au pouvoir, qu'il ne travaillera pas avec ceux qui ont plongé le Congo dans le chaos. En tout cas, ceux qui ont posé des actes de pillage économique du Congo, ceux qui ont posé ou se sont illustrés dans les actes criminels de tous bords dans le régime mobutiste, etc. Il y a un même contenu dans les deux discours.

Ce discours malicieux s'est illustré davantage lorsque le gouvernement Kabila demanda les dossiers de ceux de Congolais qui désiraient aller travailler au pseudo-parlement qu'il envisage mettre en place au Congo. Il reprécisa que les anciens mobutistes devront s'abstenir pour solliciter un mandant politique aux fins de travailler avec lui. Au-delà de ce discours mielleux, qu'est ce que nous constatons chaque jour qui passe au Congo en ce domaine très précis ?

Il y a bien de choses à dire à ce propos, mais très rapidement, notons simplement ce qui suit. Alors que toute la communauté internationale vient d'adopter depuis le 1er juillet 1998 à Rome une charte créant une cour internationale permanente devant désormais juger les criminels de guerre, les génocidaires et bien d'autres crimes contre l'humanité.

Au Congo, par contre, pour récompenser hautement monsieur Kyungu wa Kumwanza, dans ses actes génocidaires contre les Kasaiens durant les années 1992-1993 au Katanga, monsieur Kabila vient de nommer Kyungu son ambassadeur personnel à la présidence de la République Démocratique du Congo. Voilà la contradiction et le non-respect de la parole qui caractérise le président du Congo monsieur Kabila. C'est son naturel.

Pour mémoire, notons en passant, que monsieur Kyungu fut Gouverneur du Katanga à l'époque. Mobutiste avéré, Kyungu avait pour traquer les Kasaïens, toute une milice montée à cet effet et pour la besogne. Le fait est suffisamment connu et les rescapés sont très nombreux pour que ça s'oublie vite.

Le deuxième temps fort dans les contradictions de discours de monsieur Kabila est illustré par la nomination de monsieur Dominique Sakombi Inongo au poste de conseiller personnel du Président de la République en matière de communication.

Qui est monsieur Dominique Sakombi Inongo ?

Sakombi n'est autre que celui qui fut le ministre rhéteur numéro un du mobutisme et toutes les conséquences qui en ont découlées. Monsieur Kabila est sur les traces de Mobutu. Avec Mobutu, monsieur Kabila n'a fait que pratiquer la politique de "ôte-toi de là que je m'y mette. " Tenez Sakombi apprend à Kabila aujourd'hui l'essentiel à dire chaque jour qui passe, excepté bien sûr, le jour de dimanche. Ce travail monsieur Sakombi l'a fait aux côtés de Mobutu et tous les Congolais en savent toutes les conséquences qui en ont découlées : le chaos dans l'ex Zaïre.

Cette liste s'allonge inconsidérablement. Monsieur Umba kyamitala est nommé aujourd'hui ministre des Zones Stratégiques de Développement, un poste plus proche de la présidence de la République du Congo. C'est ici qu'il faudra montrer très clairement la flagrance systématique dans le discours de monsieur Kabila. Umba n'est autre que "monsieur terroir caisse" de l'ancien régime Mobutu. Umba est celui de ceux qui ont contribué à dépouiller la Gécamines, le joyau de l'économie du Congo, à l'époque mobutiste.

Invoquer le nom de monsieur Umba, tout de suite, on pense, à tous ces mercenaires économiques qui évoluèrent au Congo, aux cotés de Mobutu.

Des illustrations très récentes prouvant le non-respect de la parole donnée par monsieur Kabila abondent. En voici.

Alors qu'il s'agissait pour la première fois en qualité de chef d'état autoproclamé du Congo, au sommet de l'O.U.A. (organisation de l'unité africaine) à Harrare en 1997,monsieur Kabila promit au Secrétaire Général de O.N.U(organisation des Nations Unies), monsieur Koffi Anane, qu'il allait étroitement coopérer avec la mission d'enquête de l'O.N.U. sur les massacres présumés des réfugiés Hutus au Congo. Pour monsieur Koffi Anane, la parole qu'il avait reçue était une parole d'honneur. Ce fut la même chose avec l'ambassadeur américain à l'O.N.U., monsieur Bill Richardson, qui, lui s'était déplacé au Congo à ce sujet. Le Président américain, monsieur Bill Clinton, eut également la même promesse et les mêmes garanties de monsieur Kabila, lors de leur première rencontre au milieu de cette année à Entebbe (Ouganda). Qu'est-ce qu'on a constaté après tout dans le dossier des réfugiés Hutus tués au Congo ?

Eh ! bien, la commission de l'O.N.U. n'a jamais terminé sa mission, monsieur Kabila ayant inventé quantité des subterfuges, il empêcha à la commission de parachever le travail et la communauté internationale entière se retrouva pris dans le piège et flouer par Kabila. Que de promesses non tenues !

Ce n'est pas tout. Depuis tout ce temps qu'il est à la tête du Congo, monsieur Kabila a toujours nié la présence des militaires Rwandais et Ougandais sur le sol Congolais.

Mais pas plus tard qu'en date du 27 juillet dernier, le contredisant, son nouveau chef d'état major général intérimaire de l'armée de la République Démocratique du Congo, monsieur Célestin Kifwa, à la télévision congolaise, annonçait aux Congolais le retour dans les jours avenirs dans leurs pays respectifs de tous les soldats Rwandais et Ougandais qui avaient aidé Kabila à prendre le pouvoir !

Les Congolais ne doivent jamais prendre au sérieux ce discours, monté juste pour tromper l'attention du public en vue de gagner sa confiance. Kabila sait qu'il n'a pas de moyens de se soustraire de Museveni ou de Kagame. Il est aujourd'hui pris dans son propre piège pour le ce dossier bien précis.

La question qui demeure posé est simple. Peut-on savoir les raisons profondes qui ont poussé monsieur Kabila à nommer Sakombi, Umba, et Kyungu aux postes de responsabilité auprès de la Présidence de la République Démocratique du Congo ? L'UDPS et le peuple Congolais devront savoir que Kabila n'a jamais tenu parole depuis Che Gue Vara en passant par Kissase Ngandu.

Albert Mbuyamba Musualuendu

UDPS/ Ontario




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