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MEMO : PILLAGE DES RICHESSES EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

C’est depuis un certain temps que l’O.N.U. se penche sur le pillage des richesses en R.D.C.

La prolongation de la mission d’enquête qu’elle a prescrite à ce sujet efface, en quelque sorte, la douleur dans les cœurs des populations congolaises, médusées devant le rapport des experts onusiens dont le travail s’est nourri d’informations incomplètes, d’omission suspectes, de préjugés avéré et d’esprit de partialité choquant.

C’est une bien erreur de la part de la communauté internationale de vouloir entreprendre pareille mission, sans songer d’abord à situe l’agression dont le pays est victime à ce jour. Car l’agression et le pillage constituent deux termes qui se sont jumelés dans le drame congolais. Et entre les deux, se profile l’accord de LEMERA article 4 qui a réduit, en octobre 1996, le République du Zaïre à un statut très proche à celui de l’Etat Indépendant du Congo, avec cette différence notable qu’en 1885, l’Etat Indépendant du Congo était une propriété privée du Roi belge, Léopold II ; tandis qu’en 1996, le Zaïre est redevenu une propriété privée dont le sol et le sous-sol appartiennent à l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo, en sigle A.F.D.L., dont le chef n’était autre personne que M’ZE KABILA.

C’est à faveur de l’AFDL que les armée ougandaises, ruandaises, burundaises, soutenues par des troupes armée régulières imbabwéennes, angolaises, namibiennes, érythréennes, etc. avaient enahi, en 1996, le Zaïre, un Etat souverain, aux frontières internationalement reconnues, et par surcroît membre à part entière de l’ONU. Il en résulte que l’agression du Zaïre, redevenu Congo, remonte bel et bien en 1996, et que les troupes d’agression susdites s’y trouvent depuis lors.

La brouille intervenue en août 1998, entre M’ZE KABILA et certain de ses alliés ougandais, ruandais et burundais a fait apparaître au grand jour la crise des pratiques mafieuses, consécutives à l’application de l’accord de LEMERA (art. 4). Dès lors, elle ne peut être plus importante que l’agression proprement dite qui se situe en 1996.

La conception chirurgicale qui laisse paraître l’agression en août 1998 est un acte hypocrite tendant à sacrifier tout ce que la conscience et l’honneur permettent ; elle consiste aussi à cacher les remords qui accablent un pouvoir, issu lui-même de l’agression sur laquelle il jette des crachats indignes. Pays d’expression francophone, le Congo ne peut quand même pas recourir au monde anglophone pour obtenir de lui la définition exacte qui convient à donner au mot « AGRESSION ».

A bout d’arguments, le régime de Kinshasa butte devant l’ampleur qu’a prise le drame qu’il a pourtant provoqué et cesse brusquement de ricaner comme il en avait l’habitude.

D’aucuns n’ignorent, en tout cas, que n’eut été l’agression du Zaïre en 1996 par des troupes armées étrangères, mal identifiées à ce jour, que M’ZE KABILA ne serait pas octroyé la présidence de la République. Il en résulte que le pouvoir en place à Kinshasa est plongé dans un embarras lorsqu’il aborde le problème de l’agression dont il est lui-même descendant en ligne directe. Ainsi, préfère-t-il se noyer dans la singerie et la fourberie qui, du reste, cachent très mal sa propre descendance. Il en est de même du pillage des richesse en RDC dont les débuts coïncident avec l’aube de l’agression du pays en 1996, soit bien avant le déclenchement de la rébellion armée qui gronde à l’Est du pays, à partir d’août 1998, les pillages se poursuivent encore partout ailleurs, y compris, pire, dans le territoire sous contrôle du gouvernement de Kinshasa, à savoir : les deux provinces de Bandundu et du Bas-Congo, les quelques portions des provinces de l’Equateur, des deux Kasaï et du Katanga, auxquelles s’ajoute la ville de Kinshasa. Presque tous les aéroports et routes du pays portent des clichés qui illustrent l’ampleur des opérations.

Il se dégage du mode dévolutif du pouvoir en place à Kinshasa que M’ZE KABILA était à la fois usurpateur et principal sous-produit de l’agression, auquel s’ajoute les pillages des richesses à travers tout le pays, deuxième sous-produit ; tandis que KABILA II en est un sous-multiple par héritage dynastique.

La condamnation de l’agression par la communauté internationale doit, sous peine d’hypocrisie, revêtir une portée globale : Accord de LEMERA, agresseurs et leurs sous-produits doivent indistinctement être condamnés ; et au premier rang, M’ZE KABILA pour avoir institue une société avide où règnent :

- Les pillages des richesses ;

- Les atrocités caractérisées par les massacres de ses propres compagnons de lutte ( NGANDU et MASASU), de réfugiés HUTU et des combattants MAI-MAI (1996-1998), des sujets étrangers notamment des ressortissant français, belges, libanais et ouest-africains, auxquels des millions des congolais, étant entendu que M’ZE KABILA est en rébellion active depuis 1960 ;

- La destruction de l’appareil administratif de l’Etat, de l’armée et de la magistrature ;- Le bradage de l’économie nationale ;

- L’outrage à la démocratie en tant que valeur universelle ;

- L’exclusion.

Il est évidemment absurde de condamner, haut et fort, les agresseurs et d'épargner, en même temps, le sous-produit de l'agression.

L’enquête sur le pillage en RDC requiert :

* D’une part, la condamnation sans équivoque de l’agression du Zaïre-Congo qui remonte en 1996, et

* D’autre part, la dénonciation claire et nette de l’accord de LEMERA, pièce maîtresse dans les pillages que connaît la RDC. Sinon, les principaux acteurs vont continuer à s’en prévaloir en toute circonstance.

Fait à Kinshasa, le 20 août 2001

MUKUNA MUKENDI RAPHAEL


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