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[Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] NOUVELLES DE L'EST DU CONGODiverses nouvelles provenant des associations civiles oeuvrant sur le terrain tant dans nos territoires occupés par le Rwanda, l'Ouganda et les factions rébelles congolaises que sous le régime de Kabila. Nous remercions Mr Kambale Katawa pour ces nouvelles qui vous sont livrées telles que reçues.Reçu le 17 février 2000Journées ville morte au Kivu 1.UVIRA Le mouvement de greve a ete suivi a uvira. Comme consequences, les militaires Rwandais et Burundais ont attaque et brule une paroisse a Kiliba. Monsieur l'abbe REMI PEPE et deux sentinelles ont etes tues. Plusieurs Chretiens ont ete gravement blesses. Avons-nous encore besoin de preuves pour convainvre l'opinion internationale de tous ces massacres commis dans les territoires occupes par des agresseurs? TROP C'EST TROP! Nous demandons a la communaute internationale de condamner encore une fois ces massacres et exiger sans condition le retrait des troupes etrangeres en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO. 2.BUKAVU Les dirigeants du RCD (Rassemblement Congolais pour la Democratie)ont invite le clerge de Bukavu pour reprendre les activites dans le diocese. Le clerge est categorique a sa decision et reclame d'abord le retour de son pasteur, MGR Emmanuel KATALIKO. Apres la rencontre, les dirigeants du RCD ont diffuse a la radio locale des propos injurieux a l'egard de monseigneur kataliko et des messages mensongers selon lesquels le clerge s'est mis a genou demandant pardon pour reclamer le retour de l'archeveque. LE CLERGE RESTE FERME A SA DECISION MALGRES LES INTIMIDATIONS DU RCD. Les activites sont toujours suspendues a Bukavu. UN PRETRE CATHOLIQUE TUE A LA APROISSE DE KILIBA Ce matin les nouvelles en provenance de la plaine de la Ruzizi renseignent HERITIERS DE LA JUSTICE de la mort du prêtre Remis Pepe Kibuyu de l'église catholique de Kiliba, une localité située à moins de 100 m de la frontière entre le Burundi et le Congo, dans la plaine de la Ruzizi. L'attaque aurait eu lieu hier mardi vers 23 heures, heure de Bukavu. Les corps des victimes ont été retrouvés ce mercredi matin 16 Février 2000. L'attaque aurait été le fait des forces de la rébellion congolaise. La collectivité de Kiliba a toujours été vue comme un point stratégique compte tenu de sa situation géographique. En octobre 1996, elle avait été la première a être attaquée par les forces rebelle, alors sous les commandes de Kabila. Reçu le 24 janvier 2000Nouvelles du Kivu: Preuves indiscutables d'annexion 1. Le Gouverneur Katintima (Sud-Kivu) et Me Mudumbi ["ministre" RCD de l'Intérieur], a la demande du Rwanda, viennent de decider la fermeture de l'aerodrome de Kavumu, le seul aerodrome national qui desservait le Sud-Kivu. Depuis hier [vendredi 21 Janvier], des camions rwandais ont depose plusieurs dizaines des futs remplis de terre sur la piste. Des rumeurs faisaient meme etat de la demolition de la piste au moyen des bulldozers. Desormais, le vol sur Bukavu, ou a partir de Bukavu, devront se faire a partir de l'aerodrome de Kamembe au Rwanda. Des rumeurs soutiennent que la route Bukavu-Bunyakiri pourrait egalement etre fermee, et qu'un piste d'atterissage en terre serait amenagee a Bunyakiri. Ainsi, le voyage sur Bunyakiri devrait se faire par avion a partir de Kamembe. Les produits vivriers (manioc, huile de palme, arachide, banane) qui proviennent essentiellement de ce milieu pour la ville de Bukavu, seraient ainsi transportes par des petits-porteurs rwandais, de Bunyakiri a Kamembre. Et ainsi, les familles de Bukavu devraient aller les acheter au Rwanda. C'est bien là une action grave qui montre clairement que pour le RCD l'annexion du Kivu au Rwanda est deja effective. Il y a deux mois, des fonctionnaires de l'armee rwandaise ont ete affectes officiellement a tous les postes de recettes (OFIDA, OCC, Contributions, SNEL...) au Sud-Kivu. Les rwandais entrent au Sud-Kivu sans papier du tout, y prennent des maisons et des emplois officiellement. 2. Une simulation d'attaque vient d'etre operee sur la route Miti-Hombo, peu avant l'entree dans le Parc de Kahuzi-Biega. Il s'agissait en fait de s'attaquer aux commerçants qui se rendaient a Walikale. On denombre plusieurs dizaines de victimes dont on refuse l'acheminement des corps sur Bukavu.
Reçu le 27 Novembre 1999A BAS L' AUTONOMISATION DU SUD-KIVU ET SON ANNEXION AU RWANDA, VIVE LE CONGO UNI, FORT ET PLUS INDEPENDANT. Lettre ouverte à l'intention de Messieurs : ILUNGA Président du RCD/GOMA à GOMA/NORD-KIVU Ernest WAMBA DIA WAMBA Président du RDC/BUNIA(Province orientale) Jean-Pièrre BEMBA Président du MLC à GBADOLITE / EQUATEUR N/Réf.: COJ-KIN/B.R./131/99 Très chers Compatriotes Le Collectif des Organisations et Associations des Jeunes du Sud-Kivu " COJESKI " saisi cette opportunité pour vous adresser la présente lettre ouverte dont l'objet susmentionné. En effet, c'est pratiquement 16 mois depuis que la République Démocratique du Congo, votre pays est occupé par les armées étrangères du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda, bien attendu avec votre complicité, pour des raisons que la jeunesse du Sud-Kivu continue à ignorer. Ces troupes étrangères, ont orchestré plus d'une année durant, des massacres des populations civiles, des tueries de toutes natures ainsi que de différentes formes des violations massives des droits de l'homme et du droit international humanitaire , jamais vécues dans l'histoire de notre beau et grand pays la RDC. 16 mois d'humiliation, d'occupation et de martyrisation de notre peuple, c'est vraiment de l'imposture historique : un grand défi à relever pour la jeunesse du Sud-Kivu à l'aube du troisième millénaire. Pour rappel, notre histoire nous renseigne que les attaques Rwandaises contre le Congo, ont commencé au Kivu en 1864 ; c'est à cette époque qu'ont debuté les expéditions d'occupation conduites par le guerrier KIGERI RWABUGIRI : - Il s'était attaqué au BUHUNDE (au Nord-Kivu), à l'île d'Idjwi et au BUSHI(au SUD-KIVU) dont il tenta l'incorporation administrative mais en vain. - Ce dernier souverain de la période d'expédition, KIGERI RWABUGIRI de la liste dynastique de GAHIMA YUHI(souverain tutsi mort en 1576) ; procédait partout dans les territoires conquis en RDC, à l'établissement des capitales et à l'organisation des districts. Dans ces zones déjà Rwandaises, KIGERI RWABUGIRI brisa la succession héréditaire et tenta de réduire partout les moyens l'autonomie des chefs locaux. Son ouvre au bushi et à Idjwi (Sud-Kivu) ne réussira pas. - RWABUGIRI a organisé sa première expédition en 1864. Aucune occupation définitive n'eut lieu. Ce dernier n'ayant pu s'emparer du Roi de l'île Ídjwi , décida de recommencer plus tard son expédition. - Il organisa sa deuxième expédition en 1874. Les HAVU n'avaient toujours pas accepté la présence Rwandaise à Idjwi. Le pouvoir installé par ce guerrier Rwandais fut vite renversé par NKUNDIYE , un des fils du Roi KABEGO(congolais) qui défia les Rwandais lors de la première expédition. - En 1894, lors de la troisième expédition, KIGERI RWABUGIRI estima qu'il était définitivement plus simple de rattacher politiquement IDJWI au Rwanda. Cette île n'est restée à la merci des rwandais que pendant une année. Voulant se lancer dans d'autres conquêtes à partir de l'île d'Idjwi(Sud-Kivu), RWABUGIRI fut tué en 1895 dans la fuite, sur le lac KIVU ,après s'être heurté au gros de la résistance shi et havu du Sud-kivu. Ces quelques faits historiques peuvent vous être révélateurs des tenants et des aboutissants de la crise actuelle en RDC dont la solution ne se situe pas dans la force des armes ou dans la ruse des accords sournois, mais plutôt dans votre ferme engagement à privilégier le Dialogue et surtout la volonté générale du Peuple Congolais, au détriment de vos intérêts individuels. Cette volonté générale n'est autre que : le retrait des troupes étrangères ; le dialogue Intercongolais, la sauvegarde de l'unité Nationale, la paix durable et la reconstruction nationale. Cinq révendications légitimes, constituant aujourd'hui notre cheval de bataille. Nous vous informons qu'il est évident que vous preniez un jour par la force des armes, le pouvoir à Kinshasa. Rassurez-vous que cela ne vous épargnera pas à répondre de vos différents crimes socio-économico-politiques dont vous êtes aujourd'hui Responsables. Devant Dieu, l'histoire et la Nation Congolaise, nous prenons à témoins, toutes les instances décisionnelles du monde entier, qui nous lisent en copie ; sur la gravité et les retombées de la balkanisation actuele de la RDC ainsi que de son occupation de fait, dont vous êtes instigateurs apparents. Au regard de tout ce qui précède, voici la position la position de la jeunesse du Sud-Kivu : 1. La Jeunesse du Sud-Kivu déclare nul et sans objet, le protocole de JUMELAGE-COOPERATION entre la Province du Sud-Kivu / RDC et la Préfecture de KIGALI / RWANDA, conclu le 24 août 1999 à Kigali, entre Norbert BASENGEZI KATINTIMA(Gouverneur du Sud-Kivu) et Monsieur Marc KABANDANA (Préfet de la VILLE DE KIGALI). 2. La jeunesse du Sud-Kivu se déclare non concernée de prêt ou de loin par tous vos accords bilatéraux et multilatéraux déjà conclu avec vos différents Partenaires, au nom de la population du Sud-Kivu, et ce depuis le 02 août 1999 à nos jours. 3. La jeunesse du Sud-Kivu s'oppose catégoriquement à tout projet de faire de la province du Sud-kivu, un Etat Autonome, et continuera à plaider pour l'unité Nationale, la souveraineté et l' Intégrité du territoire Congolais, jusqu' au bout . 4. La Jeunesse du Sud-Kivu ne se reconnaît pas et ne se reconnaîtra pas dans tout pouvoir issu de la force des armes au détriment de la sanction populaire. Seules les autorités issues des élections libres et démocratiques, auront qualité et mandat d'engager la Jeunesse du Sud-Kivu. 5. La Jeunesse du Sud-Kivu, dénonce avec véhémence, le recrutement actuel de plusieurs centaines des jeunes désouvrés et Etudiants déshérites du Sud-Kivu, dans l'optique d'une formation politico-militaire, avec mission d'assurer l'autodéfense locale, de lancer une vaste Campagne de Charme pour faire accepter la politique Rwandaise à la population du Sud-Kivu ainsi que de mener ponctuellement des opérations commandos sur des cibles biens précis. Nous condamnons ces pratiques qui ont pour finalité de promouvoir au Sud-Kivu une culture guerrière de banalisation de la mort ; très contraire à sa traditionnelle culture cosmopolite et hospitalière. 6. La Jeunesse du Sud-Kivu met en garde tous les chefs coutumiers et autres Compatriotes qui se plaisent à cautionner des massacres inutiles de nos masses laborieuses dans les différents recoins du Congo occupé. Toutes ces tragédies humaines ne resteront jamais lettres mortes. 7. La jeunesse du Sud-kivu vous exhorte enfin, d'assumer pleinement vos responsabilités librement consenties, au regard des enjeux actuels dans la sous-région africaine des grands-lacs, et à l'avenir de la RDC notre pays qui repose aujourd'hui plus que jamais dans vos mains. Nous disons avec force abas l'autonomisation du sud-kivu et son annexion au Rwanda, et vive le Congo Uni, fort et plus indépendant. Dans l'espoir que la présente lettre ouverte, fera l'objet de votre grande préoccupation, nous vous prions, d'agréer très chers Compatriotes, l'expression de nos sentiments toujours dévoués pour le sauvetage de notre Patrie. Pour les 152 Mouvements et Organisations des jeunes des SUD-KIVU membres du COJESKI
1. Benjamin KITWANGA KAYERI , Responsable de liaison Reçu le 24 Novembre 1999Nouvelles du Kivu: Message du Sud-Kivu [Message du mardi 23 novembre] - Des affrontements ont eu lieu cette semaine (vendredi 19/11) dans les montagnes au-dessus d'Uvira, opposant les resistants aux soldats du RCD. Apres les combats, les soldats du RCD, principalement les banyamulenge, ont pille les villages de Makobola. Ils ont emporte les chevres, les velos, les postes de radio, montres, poules et des recoltes. - Des affrontements a Mwenga, autour de Bilalo Mbili, (semaine du 10 au 15/11) entre RCD (rwandais en majorite) et combattants Mayi-Mayi. Plusieurs soldats RCD tues. En retour, ils ont egorge 97 personnes, dont surtout des vieillards, des femmes et des enfants. - Le commandant RCD, Tshapul Mpalanga, celui-la qui commandait la garnison du Sud-Kivu au declenchement de la guerre du RCD et qui avait fait fusiller 84 soldats congolais a l'aeroport de Kavumu, dont 47 officiers, sejourne a Bukavu ou il conduit une equipe de Basketball venant de Goma. Samedi 20/11, il est alle a l'ISP/Bukavu pour solliciter le terrain de l'institut pour la competition. A son arrivee, les etudiants qui trainaient a l'exterieur l'ont reconnu et ont commence a crier "assassin". Les autres etudiants qui etaient dans les auditoires ont cru a une attaque et ont quitte les salles. Tous les etudiants se sont rassembles dans la cour et sur les balcons et ont crie "Tshapul assassin". les filles ont commence a pleurer en hurlant, "Tshapul, ramenez nos officiers que vous avez massacres a Kavumu", "Tshapul, leche-cul des rwandais". Le fameux a du vite rebrousser chemin. Il a du recourrir au terrain du College Alfajiri, laissant celui de la Banque du Congo, parce que tout proche de l'ISP. Le lendemain, jour du match, il a fait barricader les voies d'entree au College, exigeant paiement de 1 FC a tous ceux qui se rendaient a la messe. - Assassinat, hier lundi 22/11, du Cure de la Paroisse de Kalonge, Mr l'Abbe Georges KAKUJA, par les soldats rwandais du RCD. Le RCD vient de tuer cet abbe, apres un affrontement entre les Mayi-Mayi et le RCD qui s'est solde par la mort de plusieurs soldats RCD. Les rwandais, comme toujours, ont procede a des represailles dans lesquelles ils visaient personnellement le Cure de la Paroisse. Une messe a ete celebree l'apres-midi de ce mardi 23/11 a l'arrivee du corps a Bukavu. - Plusieurs centaines des soldats rwandais et des mercenaires, vraissemblablement angolais et somaliens, ont debarque a Bukavu cette semaine. pendant ce temps, les congolais du RCD sont vides de Bukavu et achemines sur Kalemie. La population, qui voit ainsi se repeter les manoeuvres de septembre-octobre 96 et de fin juillet 97, craint le pire. Les rwandais veulent-ils rester maitres du terrain ? Pour quelle raison . Reçu le 23 Novembre 1999NOUVELLES DU KIVU : MASSACRE A KALONGE, DIOCESE DU SUD KIVU EN DEUIL Encore une fois les rebelles tutsi rwandais viennent d'endeuiller la region du sud-kivu en massacrant ce lundi 22 novembre vers 12h00 Mr l'abbe Kakuja et un bon nombre de chretiens de la paroisse de KALONGE, situee a plus de 60 kms de la ville de Bukavu. Le nombre exact des chretiens massacres n'est pas encore bien connu. Vers 11h00 dans le village de chifunzi(dans la paroisse de kalonge)la force de resistance populaire ( mai mai) a attaque la base militaire de rebelles; et il ya eu beaucoup de morts chez les rebelles. Mais comme toujours, les rebelles apres avoir subi un echec, ils se vengent sur la population civile. Ce qui fut le cas a kalonge. C'est donc apres leur echec que les rebelles tutsi rwandais, par represailles, ont tire sur monsieur l'abbe et les paroissiens. Mrg Kataliko, archeveque de Bukavu qui se trouvait a Nairobi pour une reunion de la conference episcopale du Congo et qui se preparait deja a rentrer a Bukavu ce mercredi, est finalement retourne aujourd'hui pour compatir et prier avec ses paisibles fideles de Bukavu. La messe de funerailles a eu lieu aujourd'hui meme a Bukavu vers 14 h00. Le peuple entier du Sud-kivu, du congo en general denonce de nouveau ces massacres de chretiens et demande a tous ceux qui veulent l'entendre de faire pression aux rebelles pour qu'ils respectent les vies humaines. Aussi que tous ceux qui soutiennent les rebelles sachent que la sauvergarde et la souverainete de l'integrite territoriale du congo ne sont pas une affaire a negocier. Nous voulons la paix! Et que Justice soit faite! Reçu le 23 Novembre 1999Nouvelles du Kivu: autre message urgent de Butembo/Beni [Message du 22/11/99: nouvelles precisions sur la situation des personnes arrêtees les 13 et 14 novembre et detenues dans les cachots de l'armee ougandaise a Beni. Les passages entre [ ] sont de nous-memes.] Chers. [.] nous estimons utile de vous tenir au courant de l'evolution de la situation. En effet lors du transfert des notables de Butembo arrêtes les 13 et 14/11/1999 vers Kampala (Ouganda) il s'est revele qu'ils allaient mourrir en route suite aux tortures atroces qu'ils venaient de subir a Butembo. Ainsi, une fois ce colis humain arrive a Beni (55 km de Butembo) l'armee ougandaise les a deverses dans un trou ou un cachot souterrain situe a l'ENRA/Beni (societe commerciale) a l'aeroport de Wageni de Beni où se trouve une base de l'armee ougandaise. Voici la situation des detenus: 1. Ministre Honoraire Desire Lumbu-Lumbu: se trouve dans un coma a l'hôpital general de Beni a la suite des tortures, 200 cordolettes (fouets) par jour. 2. Tous les autres notables sont gardes dans un etat d'inconscience dans le cachot souterrain de l'ENRA/Beni. A titre de rappel, il s'agit de: - Kasereka Kihuvi, vice-president de la FEC/Butembo, Federation des Entreprises du Congo - Kataliko Teso wa Nyunyu Henri, Tresorier de la Commission diocesaine Justice et paix de Butembo-Beni - Mughanda, gagne-petit (vendeur de quelques casiers de biere) - Tchale, garagiste-mecanicien a Butembo. Ils sont quotidiennement flagelles (200 fouets par personne) sans aucune assitance et interdits de toute visite. Par ailleurs aucun interrogatoire ne leur a ete administre. Quant a messieurs Vahamwiti Mukesyayira, president de la societe civile de Butembo et Wabunga Singa, president de la Commission diocesaine Justice et Paix, ils n'ont plus ete vus depuis samedi 13/11/1999 et ignorons leur sort. Seuls messieurs Mbusa Nyamwisi, president de l'Assemblee du RCD/Kisangani et l'armee ougandaise seront tenus responsables de leur sort. [.] [ L'emotion est grande dans l'opinion a Butembo et Beni. Les groupes de la societe civile de Butembo/Beni lancent un appel pathetique a tous les organismes dont c'est le mandat, aux institutions gouvernementales et agences intergouvernementales ayant une influence sur les autorites de l'Ouganda et du RCD, et aux hommes de bonne volonte afin d'intervenir aupres des autorites de Kampala et du RCD/Wamba et exiger que cessent arrestations illegales, tortures et autres formes de harcelements de la population civile. On rappelle qu'un rapport detaille de l'ASADHO a recemment decrit comme inhumaines et absolument cruelles les conditions de detention dans les trous que l'armee ougandaise d'occupation utilise comme cachot. Nous demandons que le Comite International de la Croix Rouge, s'il ne l'a encore fait, ainsi que les experts et autres mecanismes apropries des Nations Unies envisagent l'envoi des missions d'inspection dans ces prisons. Il est important que, comme l'ASADHO le fait deja, les groupes nationaux et internationaux des droits de l'homme restent constamment preoccupes par la situation inquietante des droits de l'homme dans les territoires de Beni/Lubero occupes par les troupes ougandaises.]
Reçu le 17 Novembre 1999Nouvelles du Kivu: on reparle de secession, de milices, et de...l'UNITA [...] et beaucoup de nouvelles inquietudes par rapport a la situation qui prevaut actuellement ici. 1. Mudumbi et Katintima s'emploient a monter des milices dans les villages. Plusieurs camps d'entrainement ont ete ouverts (Kaziba, Kavumu, Katana, Nyangezi, ...), avec l'appui des officiers rwandais qui viennent directement de Kigali. Kasereka (le commandant militaire) n'est jamais associe. Ils viennent de distribuer 600 armes a plus de 600 jeunes de Kaziba (village du gouverneur Katitnima) qui ont fini la "formation". Ils vont en donner egalement a Katana et Kavumu (chez Mudumbi). Ce sont des milices qui ont une couleur plutot tribale. Apparemment, l'objectif est d'avoir des jeunes prets a tuer et a enlever toute personne qui ne serait pas d'accord avec Katintima ou Mudumbi. Des indiscretions affirment que le gouverneur Basengezi katintima veut faire comme les Banyamulenge: disposer d'une armee tribale qui fait peser de sa force et du chantage pour obtenir ou se maintenir a des postes. 2. Les rumeurs de la proclamation de l'Etat du Kivu persistent et deviennent de plus en plus explicites. Des personnalites rwandaises en "poste" au Kivu le confirment deja; ainsi que les faits sur le terrain. Les autorites rwandaises de Kamembe viennent de faire une tournee au Sud-Kivu. A Goma, il est difficile maintenant de savoir ou se trouve la limite entre le Congo et le Rwanda. Le no man's land apres le quartier Birere qui servait de limite est en train d'etre construit, en dur, par des rwandais. La population s'en est rendue compte et le maire de la ville de Goma est intervenu recemment a la radio pour se justifier et dire qu'il s'agit d'un "malentendu de la part des rwandais qui ne connaissent pas les limites". les indiscretions de certains rwandais affirment que Mudumbi serait le president de la republique. les milices actuellement en formation feraient les taches de la police tandis que l'armee serait basee au Rwanda. Le decoupage administratif en cours d'execution est un autre fait qui va dans le sens de cette strategie. 3. Une decision de repartition des recettes publiques au Sud-Kivu vient d'etre prise par Mudumbi et Katintima, et apparemment soutenus par Bizima et Nyarugabo. Elle fixe que les recettes publiques restent dans la province pour 90 % et que seulement 10 % aillent a Goma. Sur les 90 % pour la province, 20 % sont gardes par le Gouverneur pour des 'activites' de fonctionnement et 70 % sont affectes aux travaux communautaires. Aussitot prise, la decision a ete contredite/annulee par Ondekane et Ilunga, en tout cas une autre aile du RCD Goma, pour qui, une telle decision constitue une demarche de secession du Sud-Kivu. Ce groupe, avec tout le Bureau Politique, auraient decide, le mois dernier, de casser la decision de Mudumbi qui creait de nouvelles entites administratives (des territoires) en decoupant des entites contre la volonte des populations. 4. Un groupe d'experts russes (presentes comme tels par le RCD) vient de sejourner a Bukavu et a Goma. Ils ont ete presentes comme des techniciens venant voir comment lancer des travaux de rehabilitation des routes. Ils ont fait un premier survol du Nord et Sud-Kivu. Des informations concordantes soutiennent, en meme temps, la presence d'autres personnes qui viennent avec des petitions preparees depuis l'Europe, au nom du RCD,pour faire signer la population et reclamer le federalisme : ce federalisme decrete par Kigali ! En meme temps, ces gens viendraient avec beaucoup d'argent pour des travaux d'investissement (les pretendus russes sont le groupe eclaireur) afin de donner de l'emploi et proceder au paiement des fonctionnaires. D'apres eux, si les gens ont du travail, touchent leurs salaires et ont a manger, ils ne vont plus s'occuper de la guerre ni penser a l'unite du pays. 5. Des officiers rwandais et congolais en provenance de Kalemie rapportent la presence (a Kalemie), depuis le debut de ce mois, de plusieurs centaines de soldats angolais de l'UNITA, avec de grandes quantites d'equipements militaires. Ils ne parlent que portugais et seraient encadres par des officiers angolais et quelques rwandais. On a, la semaine passee, affirme que des officiers et soldats angolais de Savimbi etaient arrives a Goma et y seraient encore. Certains viennent d'arriver, par bateau a Bukavu, en route pour Kalemie. 6. Des soldats congolais desertent en masse le RCD Goma ces derniers temps. Au courant de ce mois, quelques 5 officiers sont partis; plus de 150 soldats ont fui a Uvira; une vingtaine a Bukavu et quelques 60 soldats ont disparu des camps de Goma. Sur l'axe Bunyakiri-Hombo, quelques 80 soldats congolais ont fui apres une altercation avec les rwandais qui venaient de recevoir de l'argent (100 $ chacun) alors que les congolais recevaient a peine quelques milliers de vieux Nouveaux zaires, encore en circulation dans les territoires RCD. Beaucoup de soldats presentent maintenant des signes de malnutrition evidente. Ceux qui rentrent, par exemple, de Kalemie disent qu'ils n'ont plus ete approvisionnes en vivres depuis que les soldats rwandais sont rentres sur Uvira. On vient de dire aux soldats que les vivres vont arriver. Le Rwanda vient de demander de l'aide alimentaire internationale "pour secourir des populations rwandaises affamees". On aurait dit aux soldats que les vivres attendus vont etre envoyes sur les fronts.
Reçu le 16 Novembre 1999Membres de la société civile du Nord-Kivu menacés de mort
Réseau France Congo / France RDC Network
SOCIETE CIVILE DE BUTEMBO ALERTE A L'OPINION NATIONALE ET INTERNATIONALE La Société Civile de Butembo informe l'opinion nationale et internationale que certains acteurs de la Société Civile des Territoires de Beni-Lubero, Province du Nord/Kivu, République Démocratique du Congo, sont menacés de mort par le RCD/Kisangani. Il s'agit particulièrement des personnes suivantes : KASEREKA KIHUVI, Vice-Président de la FEC/Butembo, Fédération des Entreprises du Congo. Il a été arrêté le samedi 13/11/1999 à 9h30 à son domicile. Il est détenu dans le cachot de la D.G.I (Direction Générale d'Intelligence), service de sécurité du RCD/Butembo. LUMBU-LUMBU Désiré, Ministre honoraire des Affaires sociales de la République du Zaïre. Il a été arrêté le dimanche 14/11/1999 vers 13h à son domicile. Lui aussi est détenu dans le cachot de la D.G.I. VAHAMWITI MUKESYAYIRA, Président de la Société Civile de Butembo. Il a présidé la délégation du Nord-Kivu à la récente rencontre nationale de la Société Civile de Kinshasa d'octobre 1999. Il est recherché par les services de sécurité et son domicile est visité toutes les heures par les mêmes services. WABUNGA SINGA, Président de la Commission Diocésaine Justice et Paix de Butembo-Beni. Il est également recherché par les services de sécurité et son domicile est également régulièrement visité. Les membres de leurs familles sont également menacés par les services de sécurité. En effet, depuis un certain temps, le RCD/Kisangani s'est engagé dans une confrontation avec les forces sociales : églises, ONG, groupes des jeunes. Ces quatre personnes actuellement pourchassées par le RCD/Kisangani sont parmi les 14 signataires d'un mémorandum adressé au RCD en date du 22/09/1999, qui dénonçait la situation socio-politique en Territoires de Beni-Lubero. Plusieurs autres acteurs de la Société Civile et les autres signataires du mémorandum précité font l'objet d'interpellations intempestives. Nous invitons toute personne de bonne volonté à alerter les médias internationaux pour protéger la vie de ces acteurs de la Société Civile avant qu'il ne soit trop tard.
Signé : Kyaghanda. Ce courrier appelle les remarques suivantes : 1. Il semble, d'après d'autres sources, que les arrestations aient eu lieu dès le 11novembre. Certaines des personnalités visées sont des responsables d'organisations partenaires de membres du Réseau France Congo. D'autres appartiennent plus largement à la "société civile" et / ou sont membres du comité des sages (Kyaghanda) de Butembo. Toutes avaient signé un mémorandum le 22 septembre dernier [disponible sur demande] qui dénonçait la situation faite à la région. 2. Désiré Lumbu-Lumbu et Kasereka Kihuvi K ont été acheminés le 14 novembre à 15h à Kampala après avoir été flagellés et torturés au cachot de la DGI pendant 3 jours au point d'être déformés, selon des témoins. 3. Ces arrestations ont été accompagnées des arrestations des commandants militaires congolais du RCD-Wamba à Bunia (Mwamba?) et à Beni (Cdt. Kakolele), ainsi que de François Mwamba, ministre des Finances du MLC, qui était en tournée du côté de Butembo-Beni au même moment. Elles auraient été effectuées parce que le commandement militaire ougandais aurait appris qu'une attaque se préparait. De fait, dimanche 14 décembre, des mayi-mayi ont attaqué l'hôtel Beni, au centre de la ville du même nom, où se trouvait le major ougandais Reuben Ikondere, commandant des troupes ougandaises à Bunia d'où il était arrivé la veille. Ikondere a été tué au cours de l'attaque, après quoi les forces ougandaises cantonnées dans la ville auraient donné l'assaut, tuant soixante assaillants faisant de nombreux prisonniers, selon Kampala. En octobre, une attaque de Mayi-mayi avait déjà été repoussée. 4. Le COSI a réagi en saisissant le Professeur Wamba et les autorités ougandaises (Cf. texte de ces courriers ci-après). Nous vous invitons à faire de même, selon les possibilités que vous donne le mandat de votre organisation. Pour obtenir la libération des personnes arrêtées et l'arrêt des poursuites contre les acteurs de la société civile de Butembo-Beni, vous pouvez saisir les autorités suivantes : * RCD : Prof. Wamba dia Wamba, président du RCD-aile Wamba. Fax à Kampala : 256 41 22 37 08. E-mail: cmadishi@hotmail.com * Autorités ougandaises : - Président Museveni (qui est aussi ministre de la Défense) : Fax 256 44 23 54 59 et 256 44 34 40 12 ; - Amana Mbabazi, ministre d'Etat pour les Affaires politiques : Fax 256 44 2328 74 et 256 44 25 87 22 ; - Mayanja Nkangi, minsitre de la Justice et des Affaires consitutionnelles : Fax 256 44 25 48 29. Reçu le 17 Septembre 1999Nouvelles du Katanga: le CDH denonce le deni des droits economiques et sociaux "Les revendications sociales negligees, l'education sacrifiee" Le Centre des Droits de l'Homme et du Droit Humanitaire (CDH) demeure preoccupe par l'escalade des mouvements de revendications sociales constates dans la Province du Katanga et particulierement dans les entreprises parastatales comme la Generale des Carrieres et des Mines (GCM), le Centre d'Execution des Programmes Communautaires (CEPC), la Regie des Voies Aeriennes (RVA) et la Regie de Distribution d'Eau (REGIDESO). Ces revendications sociales sont une reponse a la violation d'un droit fondamental de tout travailleur, le droit au salaire. Ce deni du droit au salaire entraine celui du droit a l'education. En effet, par suite des retards cumules de paiement des salaires et de la suppression de certains avantages sociaux lies au contrat de travail (ravitaillement, primes, soins de sante, transport, etc.), les revendications qui ont debouche sur les greves ont ete signalees d'abord a la GCM /Groupe-Ouest a Kolwezi au mois d'aout 1999 puis a la GCM/Groupe-Sud a Lubumbashi. Les greves se sont poursuivies egalement au CEPC a Lubumbashi, a la REGIDESO, et a la RVA (Lubumbashi). Au mois de mai 1999, le Conseil d'Administration de la GCM, appliquant sa politique de "restructuration", a decide de mettre en "conge technique" plus de 10.000 travailleurs dans ses differents groupes. La directionde la GCM a tente de cacher la gravite de la mesure en l'appelant "dispense temporaire de l'obligation de prester". Les syndicats des travailleurs ne se sont pas laisses berner par cette phraseologie. Ils ont appele la mesure par son nom: "licenciement abusif", du fait que GCM les "autorisait" a chercher un nouvel emploi ailleurs en pretendant que cela ne prejudicierait pas aux droits acquis a savoir, anciennete et arrieres de remunerations alors que ces salaires ne sont toujours pas payes. Les avantages lies a cette mesure sont le droit aux soins medicaux dans les formations medicales de la GECAMINES, la scolarite des enfants dans les ecoles GCM ou a une indemnite, a la farine de mais suivant le quota actuel et au logement si on en dispose ou a une indemnite a certaines conditions. D'autre part, l'entreprise Zimbabweenne Central Mining Group Corporation sprl (CMG) dirigee, apres le mandat de l'actuel President Delegue General de la GECAMINES (Billy Rautenbarch), par M. Frik Blaauw qui a repris les secteurs de Shituru, Kakanda et Kambove appartenant a la GCM, a par sa lettre-circulaire du 27 juillet 1999 decide de retroceder ses travailleurs a la GECAMINES alors qu'elle continue a utiliser de nouvelles unites sans contrat de travail et les anciens travailleurs de la GCM malgre leurs qualification et anciennete comme des journaliers. En plus CMG a decide la suppression du transport qui permettait a 90 % d'eleves et etudiants d'etudier a Likasi a plus ou moins 25 km de Kambove, leur lieu de residence. Cette mesure est attentatoire au droit a l'education. Les interets des travailleurs de la GCM constituent la derniere preoccupation de celle-ci: il n'existe plus d'ambulance, de corbillard, pas de medicaments dans les hopitaux, pas de mesures de securite consequentes sur les lieux de travail et aucune mesure n'est prise pour proteger la population contre la pollution de l'environnement avec les produits acides qui restent a meme le sol lors du parcours des lieux de production Kambove et Kakanda vers le lieu d'exploitation (Likasi, Shituru). En outre, il devient de plus en plus notoire que le salaire qui est un droit fondamental n'est paye que lorsque les travailleurs manifestent. Telle est la situation vecue a la GCM/Kolwezi ou les salaires ont ete payes - semble-t-il par le gouvernement - a la suite de la greve declenchee depuis le 15 aout. L'enveloppe salariale de 2 mois a d'abord ete refuse par les travailleurs avant d'etre pris sur intervention du gouverneur de la province puis du Ministre des Mines. C'est egalement le cas des anciens travailleurs de la GCM ("travailleurs dispenses") qui ont egalement manifeste a la fin du mois d'aout pour revendiquer les arrieres de salaires. La meme situation a ete vecue au CEPC (dont les travaileurs n'ont pu recevoir qu'un mois de salaire seulement sur 15), a la REGIDESO et a la RVA.
Reçu le 13 Septembre 1999Le RCD et l'apres-Lusaka Les dirigeants du RCD ont enfin signe les accords de Lusaka; mais leur allie-maitre rwandais ne l'entend pas comme cela. Kigali multiplie des actes de sabotage de l'accord : envoi des troupes sur les fronts de Bunyakiri, Kisangani, Kabinda..., manoeuvres pour une nouvelle "rebellion" dans la rebellion et une nouvelle guerre : plus de 150 personnes sont en formation a Kigali. Ils reviennent avec de nouveaux plans dont l'essentiel tourne autour de la secession, avec presence militaire rwandaise pendant 10 ans, etc... Meme les Banyamulenge s'inquietent cette fois, si ceux que nous avons rencontres peuvent etre sinceres. Apparemment, Kigali veut tourner le dos au RCD/Goma qu'il accuse de n'avoir rien fait pour ameliorer son image au sein des populations congolaises. De plus, vu les enormes pertes en homme subies a Kisangani et sur les fronts du Kivu, Kigali entend continuer a se payer en bloquant toute initiative de paix, alors que les congolais du RCD ne voient plus que les negociations pour sortir de leur bourbier. Ilunga et Ondekane ne se sentiraient d'ailleurs plus en securite a Goma, ou ils n'osent plus rester que quelques jours ou heures depuis les affrontements de Kisangani et la signature des accords de Lusaka. Les sources proches du [...] nous ont dit que les congolais du RCD n'etaient pas libres de leur mouvement a Lusaka ou les rwandais (Karaha et Cie) les empechaient de prendre contact avec les gens de Kabila. Depuis Kisangani la peur gagne chez les congolais du RCD. Depuis mercredi 8/9/99, les collegues [de la societe civile] Kizito, Omba et Raphael Wakenge ont ete liberes. Ils sont a la maison, apres que nous ayions paye une caution de 500 dollars. Ils n'avaient pas ete tortures, et nous avions pu leur rendre visite regulierement a la prison des le troisieme jour de leur arrestation apres qu'ils aient ete transferes du cachot de l'ANR a la prison centrale. A leur sortie, on a voulu leur faire signer une "declaration qu'ils ne s'interesseront plus aux affaires militaires et politiques". Nous avons insiste en disant que s'ils doivent signer un document, c'est pour dire qu'ils ne se sont jamais interesses aux affaires militaires et politiques et qu'ils vont continuer leurs activites et engagements pour le developpement, la democratisation et la defense des droits de l'homme. Des menaces et autres intimidations persistent quand meme a l'endroit des activistes de la societe civile, specialement des personnes qu'ils voulaient arreter. [...]
Reçu le 11 Septembre 1999Nouvelles du Kivu: Nouveaux massacres a Mwenga (Sud-Kivu) [Message du 9/9/99]: La nouvelle d'un nouveau massacre perpetre par les troupes du RCD sur la population de Mwenga ( situee a 130 km a l'ouest de Bukavu) est arrivee par les premiers rescapes venant de la region de l'Urega. Selon les temoignages, les faits se sont ainsi deroules : Le vendredi 3 septembre, un groupe de May-May a attaque un detachement des soldats du RCD pres du village de Misulo a une quinzaine de kilometres de Mwenga sur la route qui mene vers l'Itombwe. Le lendemain samedi 4 septembre, l'action de represaille de l'armee du RCD s'est abattue sur la population des villages situes sur la route qui va de Vilalombili (6 km de Mwenga) a Kakulu (20 km de Mwenga). Selon les differents temoignages, on estime a plusieurs dizaines les victimes civiles du massacre. Sous la menace du RCD, cette population venait juste de regagner les villages. A present, elle a ete contrainte de fuir a nouveau en foret. A noter que dans cette zone opere un contingent d'environ 1000 soldats congolais sous le commandement rwandais. Une partie de ces soldats revient fraichement de Butare au Rwanda ou ils ont ete specialement formes en escadron de la mort selon le style rwandais. Le 9 septembre 1999 Reçu le 2 Septembre 1999[Dans un message du vendredi 27 août 99, il etait ecrit:] Dismas Kitenge, Président du Groupe Lotus [une organisation des droits de l'homme] de Kisangani, alors qu'il sortait à peine de l'hôpital où il était traité pour une fièvre typhoïde, a été convoqué au Bureau de sécurité et renseignements de la ville de Kisangani. Il s'y est présenté à deux reprises sans qu'il puisse rencontrer le responsable. Il a donc décidé de ne plus s'y représenter. Des menaces continuent à être proférées par le Coordinateur provincial du RCD/ Goma à la radio locale (RTNC) contre le Groupe Lotus, accusé d'avoir des contacts avec la fraction du RCD soutenant Wamba dia Wamba. Les militants de Lotus sont présentés comme des ennemis du RCD/Goma. D'autre part, depuis le 25 août, le Pasteur Claude OLENGA, Président de la Commission Justice et Paix est arrêté et détenu au cachot du Département de Sécurité et Renseignement de Kisangani (DSR) au motif qu'il était en contact avec Wamba dia Wamba. Un autre membre de la Commission Justice et Paix de Kinsangani, Mr KOSEKE, est également incarcéré avec le pasteur OLENGA. [...] [Un autre message, du mercredi 1er septembre 99, dit:] Nous venons de recevoir de nouvelles informations en provenance de Kisangani. Le Pasteur OLENGA et M. KOSEKE ainsi que M. PAKA (chauffeur de taxi ayant transporté un des membres du RCD/Wamba à l'aéroport) et M. TABU (soupçonné d'être en contact avec les Ougandais) étaient encore ce matin (1er septembre) détenus au DSR. Leurs conditions de détention se sont durcies depuis quelques jours (pas de visite, pas de repas en provenance de l'extérieur). Une délégation de la société civile de Kisangani composée de représentants des organisations "Les Amis de Nelson Mandela", Justice et Libération, Justice et Paix/ECC et Justice et Paix/Catholique, Groupe Lotus, FOMASI, Conseil cuménique, Groupe HOREB, REMOND et Bureau de coordination a été reçue hier, 31 août, par le Vice gouverneur de Kisangani auquel a été remis un mémorandum signé de ces organisations dénonçant la situation actuelle dans la Province Orientale. La promesse de libérer Claude OLENGA et M. KOSEKE sous quarante huit heures a été faite à la délégation. Par ailleurs, deux journalistes de Radio Liberté (utilisée par le RCD tendance Wamba) ont été enlevés par des éléments du DSR : Théophile MBUYI (depuis cinq jours) et Philippe BILISI (depuis le 30 août). [...] Enfin, une quarantaine de jeunes accusés d'être en contact avec les Ougandais seraient arrêtés et torturés actuellement dans les locaux de l'Etat major. Le coordinateur du RCD/Goma a publiquement qualifié le Groupe Lotus et le Groupe Justice et Libération d'ennemis du RCD à la solde des occidentaux dont ils reçoivent des fonds. [...] Reçu le 31 Aôut 1999Du Kivu: nouvelles arrestations dans les milieux des ONG Cher ... Depuis ce mercredi 26/8 a 17 heures 20, Kizito (Directeur de la radio Maendeleo) et son collegue Kamengele Omba (journaliste) sont arretes a l'ANR. Ils avaient ete apprehendes alors qu'ils rentraient d'une reunion du Crongd (assemblee generale). Dans leur vehicule, ils avaient pris six autres personnes dont une femme animatrice de Uwaki. Tous ont ete conduits au cachot de l'ANR ou ils ont passe la nuit. Hier soir, les 6 personnes ont ete relachees; sauf Kizito et Omba. Maintenant, les autorites, le gouverneur notamment, disent qu'ils les arretent parce qu'ils ont trouve dans leurs appareils de communication des frequences de l"armee, et qu'a partir de ces frequences, ils prenaient des informations militaires qu'ils transmettaient a "l'ennemi". Nous prenons tous les contacts necessaires pour voir ce qu'il y a lieu de faire. Personne ne peut les voir, meme pas leurs epouses. Nous pensons qu'ils sont tortures, et que c'est pour cela qu'on empeche de les voir. La premiere question posee par le Commandant Elias (un officier de l'armee rwandaise) lors de l'interrogatoire de 8 personnes a ete de savoir qui etait Kizito, Bagenda, Baharanyi, Chirhalwirwa ou Kaningini Didace. Il lisait les noms dans son agenda. Comme les quatre derniers n'etaient pas la, l'officier a voulu savoir s'ils avaient aussi pris part a l'assemblee du Crongd. Les 6 personnes relaxees hier soir devront se presenter a l'ANR chaque jour, a partir de 8 heures. Ils ont ete entendus sur proces-verbal. Visiblement, les arrestations vont se poursuivre. Apparemment, il s'agit de prendre le devant pour empecher la reaction de la population vis-a-vis de l'accord de jumelage que le gouverneur vient de signer avec le Rwanda. Une delegation d'une quarantaine des personnes, membres de la Baraza-Assemblee provinciale, hauts fonctionnaires et commercants a accompagne le Govuerneur pendant un sejour de 10 jours a Kigali pour y "negocier" et signer l'accord de jumelage du Sud-Kivu a la ville de Kigali, au debut de cette semaine. A la cloture de la reunion du Crongd, le Vice-Gouverneur est venu menacer les participants. [...] Reçu le 29 Aôut 1999Message de la societe civile du Sud-Kivu (fwd) [Les organisations de developpement et des droits de l'homme du Sud-Kivu nous prient de distribuer le message suivant qu'ils nous ont adresse ce samedi 28 aout 99:] Apres avoir tente de faire limoger Mr Kizito NFUNDIKO de ses fonctions de Direteur de Radio Maendeleo (une radio privee des organisations non gouvernementales de developpement du Sud-Kivu), le RCD vient de l'arreter avec son directeur de Programmes, Mr Kamengele Omba, par ses services de Renseignements. Les deux sont detenus au cachot de l'ANR de Bukavu alors que leurs six compagnons d'infortune sont gardes a vue pour une semaine entiere. A l'allure ou vont les choses ces deux journalistes congolais risquent, soit d'etre elimines physiquement, soit d'etre transferes au Rwanda, pays ou leur compatriote Dr. Emile MUTANGA est toujours porte disparu. Maintenant, on le sait, la raffle de ce mercredi 25 aout 1999 qui a abouti a l'arrestation des journalistes KIZITO et OMBA visait en realite plusieurs acteurs de la societe civile du Sud-Kivu, dont Gervais CHIRHALWIRWA (vice-resident de la societe civile), Patient BAGENDA (secretaire General du Comite Anti-BWaki), Oscar BAHARANYI (du CEDAC), et Didace KANINGINI, membre du bureau de la societe civile. Ces personnes risquent de connaitre le meme sort que les deux journalistes precites qui sont toujours ecroues dans le cachot del'ANR et pour lesquels on craint le pire.
Societe Civile Reçu le 27 Aôut 1999RAPPORT D'ENQUETE SUR LES AFFRONTEMENTS SANGLANTS ENTRE HEMA ET LENDU EN TERRITOIRE DE DJUGU DISTRICT DE L'ITURI REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGOJuin 1999. INTRODUCTION Le 19 juin 1999, un conflit sanglant éclate entre Hema et Lendu, deux groupes ethniques habitant le territoire de Djugu. Ce conflit latent depuis plusieurs mois, a fini par un affrontement ouvert accompagné d'une violence à grande échelle. Le bilan fait état de plusieurs personnes tuées et de nombreux biens détruits. Il y a également plusieurs déplacés. Dans le but de connaître la génèse de ce conflit, l'identité de victimes et celle des acteurs de violations des droits de l'homme, XX a décidé de mener une enquête sur les lieux de faits. Pour mieux saisir les rapports des événements qui se sont succédé, il importe de connaître : la situation géographique les différents groupes ethniques habitant Djugu et les rapports qu'ils entretiennent entre eux le rôle joué par chaque groupe dans la survenance de ce conflit le rôle joué par l'autorité pour la prévention et la gestion de ce conflit. Ceci nous amène à adopter le plan de travail suivant : situation géographique et groupes ethniques génèse et historique du conflit le rôle de l'autorité politique le bilan les recommandations. Situation géographique et groupes ethniques Le territoire de Djugu est l'un des cinq territoires que compte le district de l'Ituri en plus de la ville de Bunia. Situé longtemps dans la Province Orientale (ex-Haut Zaïre) en République Démographique du Congo (ex-Zaïre), le territoire de Djugu fait partie de la nouvelle province auto-proclamée de KIBALI-ITURI. Il a une superficie de 8.730 km2 et est peuple de plus d'un million d'habitants répartis entre les groupes ethniques ci-après :
Les Hema. De tous ces groupes ethniques, les Hema et les Lendu constituent les ethnies dominantes. Les Hema sont par tradition, éleveurs et aspirent à acquérir plus d'espace devant servir de pâturages pour leurs troupeaux. Les Lendu par contre s'adonnent à la culture de la terre et se heurtent très souvent aux éleveurs dans le but de protéger leurs terres. Le conflit existant entre les deux groupes est donc un conflit foncier. II. Génèse et historique du conflit Historiquement, les Lendu seraient arrivés à Djugu avant les Hema mais après les pygmées qui eux, seraient venus de la forêt équatoriale. Les causes de l'actuel conflit sont à la fois lointaines et immédiates. 2.1. Causes lointaines du conflit Ces causes sont à rechercher dans l'antagonisme né des vocations opposées de deux groupes concernés. Comme signalé ci-dessus, les Hema, éleveurs, étaient toujours en quête de plus d'espace pour leurs troupeaux. La propension à acquérir davantage de l'espace rencontre la résistance des agriculteurs tournés vers la protection des terres arables que tentent d'envahir les éleveurs. Certaines périodes de l'histoire ont connu des manifestations violentes de ce conflit qui date de plusieurs décennies. A titre d'illustration, nous allons considérer les dates ci-après et les événements suivants : 1911. Assassinat du chef Hema BOMERA par les Lendu Bindi (Ngiti) et tueries des membres des deux ethnies. Quoique le fait détonateur ait été commis à Irumu, le conflit s'était étendu jusqu'à Djugu où les Lendu et les Hema s'étaient violemment affrontés. 1923. Pour prévenir d'autres incidents sanglants, l'autorité coloniale décide de délimiter les collectivités Hema et Bindi au Sud (Irumu) et celles de Hema et Lendu au Nord (Djugu). 1966. Insoumission des Lendu et Bindi aux autorités Hema administrant les localités de leur résidence. Cette attitude provoqua la répression de l'autorité provinciale de l'époque et il y eut des victimes. 1978. Un pacte de sang est conclu entre Hema et Lendu sous l'égide du gouverneur de province. Ce pacte n'a cependant pas empêché la résurgence de la violence vers les années 1990. Ces violences avaient occasionné plusieurs violations des droits de l'homme perpétrées par les protagonistes et les forces de l'ordre. 1998. Les Hema et les Lendu décident d'enterrer la hache de guerre et concluent un pacte de paix en présence du gouverneur de province YAGI SITOLO. Ce pacte semble avoir été consolidé par la résolution du Conseil Consultatif des Chefs Coutumiers de l'Ituri (COCCI) visant à régler le conflit foncier entre Hema et Lendu. Les incidents qui viennent d'être exposés prédisposent les groupes concernés à un antagonisme permanent. 2.2. Les causes immédiates du conflit Le conflit qui a éclaté le 19 juin 1999 a commencé en mars de l'année en cours. Bien que celui-ci ait comme soubassement le partage de l'espace vital, il a été occasionné par des faits précis qu'il convient d'évoquer dans ce rapport. 2.2.1. Exposé des faits Des informations recueillies sur terrain, il apparaît que les éleveurs Hema ont acquis plusieurs concessions parmi lesquelles celles ayant appartenu jadis aux étrangers. Dans le souci de les étendre, ils auraient demandé et obtenu de l'autorité compétente l'adjonction des espaces environnants. Ces espaces concédés contiendraient malheureusement des champs et habitations des populations locales, notamment les Lendu. D'où leur opposition. Sur ces faits chaque partie en conflit a sa position. 2.2.2. Position des éleveurs Les espaces qu'ils revendiquent ont été donnés en concessions par l'Etat conformément à la loi foncière. Ceci est d'autant plus vrai qu'au regard de cette loi le sol et le sous-sol appartiennent à l'Etat qui a seul le pouvoir d'en disposer. 2.2.3. Position des agriculteurs Les terres revendiquées par les éleveurs sont cultivées et habitées depuis plusieurs années par leurs ancêtres. Il s'agit donc des terres reçues en héritage. Se référant à la loi, ils soutiennent que quoique l'Etat soit propriétaire du sol et du sous-sol, avant de disposer d'un terrain, il est tenu d'entendre les personnes qui l'occupent afin d'envisager ensemble leur indemnisation éventuelle. Ce qui, d'après eux, n'a pas été fait. 2.2.4. Chronologie des faits Le 19 juin 1999. Les Lendu Pitsi auraient été traqués par des militaires qu'auraient amenés les membres des familles KODJO SINGA, SAVO et UGWARO. A la suite des affrontements entre militaires et civils, il y aurait eu 142 maisons incendiées, plusieurs civils tués et plusieurs autres déplacés ( Nos photos : 1 et 2). En répresaille, les Lendu auraient incendié 3 maisons dans la concession de monsieur UGWARO. Le 24 juin 1999. Les violences s'étendent dans les localités de SAIO-LOKINA , UTSUPA, BUBA et autres. Dans le même intervalle de temps, les concessionnaires KODJO SINGA, PANGA et DZ'BO KALOGI seraient tombés victimes d'énormes dommages dans leurs concessions respectives situées en territoire Lendu. Dans cet élan de violence, des écoles, des centres de santé et des centres administratifs auraient été détruits ou incendiés. Quelle est l'attitude de l'autorité publique face à cette situation ? III. Rôle de l'autorité publique Par le terme autorité publique, nous entendons toute autorité ayant une parcelle de pouvoir et qui est intervenue ou aurait pu intervenir dans ce conflit. Nous évoquons ici le rôle de l'autorité politico-administrative, de l'autorité judiciaire et de l'autorité militaire. 3.1. Rôle de l'autorité administrative L'autorité administrative a réagi par le canal du Comité de sécurité du district de l'Ituri en multipliant des contacts avec les groupes antagonistes. Une commission d'enquête a été mise sur pied en mai 1999. Le rapport fait par cette commission n'a pas fait objet d'une grande publicité ainsi qu'il n'a pas permis de dégager des pistes de solutions durables. L'ampleur du conflit, il faut l'avouer, contraint l'autorité administrative à des solutions politiques mais superficielles et éphémères. Ce constat est illustré par les positions de deux services techniques par lesquels agit l'autorité en matière foncière : Le Cadastre et les Titres fonciers. Le service de Cadastre. Chargé du lotissement des terrains, du mesurage et du bornage des parcelles, ce service doit veiller au respect de la procédure légale en matière d'octroi des concessions des terres aux particuliers. Interrogé, le Responsable de ce service, M. MUSUBI, rejette la responsabilité sur l'autorité qui délivre les titres de propriété foncière. Le service des Titres fonciers. Le Conservateur des Titres immobiliers estime quant à lui que la législation foncière en vigueur, par certaines de ces dispositions, favorise la fraude qui est, d'après lui, à l'origine de ce conflit. En effet, renchérit-il, certains concessionnaires obtiennent par fraude des titres de propriété qu'ils gardent cachés jusqu'à ce que ceux-ci deviennent inattaquables. Il accuse certains chefs locaux qui s'arrangent avec les concessionnaires au détriment des populations qu'ils sont censés protéger. Il conseille des mesures urgentes pour prévenir un génocide à Djugu. Rôle de l'autorité judiciaire Investie du pouvoir de trancher les litiges en application de la loi, l'autorité judiciaire n'intervient que lorsqu'elle est saisie par les mécanismes légaux prévus à cet effet. En ce qui concerne le conflit Hema-Lendu, deux procédures sont en cours devant la justice : L'un, enregistré sous le R.M.P_____ est en instruction au Parquet de Grande Instance de Bunia. L'autre, enregistré sous le R.P/CD 12466 est en instruction devant le Tribunal de Grande Instance de Bunia. Etant donné la lenteur des procédures judiciaires, il serait précoce d'apprécier le rôle que jouera la justice dans ce conflit. Toutefois, les opinions qu'émettent les groupes rivaux sur elle ne laissent aucun doute sur le rejet des décisions auxquelles elle pourrait aboutir. En outre, le conflit continue d'augmenter les cas de violation des droits de l'homme. Ce qui rend plus délicate l'instruction de ce dossier. Rôle de l'autorité militaire Dans le contexte de guerre où se trouve le Congo, le rôle de l'armée est difficile à circonscrire. Classiquement chargée de veiller sur la sécurité des personnes et de leurs biens contre toute agression étrangère, on la retrouve actuellement dans certaines opérations purement policières. Ceci a poussé certains, dont les Lendu, d'affirmer que l'armée est au service des Hema considérés comme forts financièrement. Elle est accusée d'avoir incendié plusieurs habitations appartenant aux Lendu et tué des dizaines de personnes. Elle se défend de ces accusations arguant que son rôle s'est limité à rétablir l'ordre public troublé par les incidents sanglants. Voyons à présent le bilan provisoire de ces affrontements. IV. Bilan Aux dires de beaucoup de personnes, le conflit Hema-Lendu a causé plusieurs centaines de morts dans les deux groupes et occasionné l'incendie de plusieurs habitations. Considérant la tension qui règne encore sur l'ensemble du territoire de Djugu et les instructions des autorités militaires, il est difficile d'accéder aux sources d'informations très fiables ; d'identifier les victimes et les auteurs des crimes commis lors des affrontements. Le bilan contenu dans ce rapport est donc provisoire et pourra être revu à la hausse comme à la baisse en fonction des éléments que va revéler la suite de l'enquête. Ce bilan sera présenté en respectant l'ordre suivant : Personnes tuées A cause des difficultés évoquées ci-haut, nous n'avons pas encore le nombre exact des victimes. L'opinion largement répandue fait état de plus de mille morts sans que les identités soient données. Dans son rapport du 10 juillet 1999, le chef de collectivité des Walendu Pitsi déclare qu'il n'est pas en possession du nombre exact de morts. Mais il n'avance aucun nom. Cette difficulté XX l'éprouve encore au moment de la rédaction de ce rapport . C'est pourquoi, nous n'avançons pas encore les quelques noms communiqués en attendant d'avoir plus d'assurance sur la matérialité des faits. Villages incendiés
MBREBU Les écoles endommagées 4.4 Centres de santé endommagés N° Dénomination Localisation Auteurs
Centre de santé de Linga, Groupement Hema-militaires
Linga .. Centres administratifs endommagés N° Dénomination Localisation Auteurs
01 Chef-lieu du Groupement Buba Lendu
groupement Buba 4.6. Centres commerciaux et négoces endommagés N° Dénomination Localisation Auteurs
01. Centre de Négoce Linga, Group Linga Lendu - Hema
de Linga 4.7. Concessions endommagées N° Dénomination et Localisation Auteurs Propriétaire
01 Lena, Kodjo Singa Gosenge Lendu Conclusion et recommandations Etant donné que pour XX l'enquête commencée le 24 juin doit être poursuivie et que le bilan ici avancé est provisoire, les recommandations formulées dans ce rapport tiennent compte de la conclusion qui se dégage à ce stade. Conclusion Le conflit qui déchire le territoire de Djugu aujourd'hui est une conséquence du conflit foncier qui date de très longtemps. Le conflit qui résulte de la lutte pour la conquête de l'espace vital entre les Hema, éleveurs et les Lendu agriculteurs, est entretenu par la mauvaise application de la législation foncière par l'autorité compétente. Cette mauvaise application de la loi est rendue facile par l'ignorance dans laquelle baigne la majorité des populations du Congo, surtout celles habitant les milieux ruraux au sujet du code foncier. Le retour d'une paix durable dans ce territoire de Djugu passe, croyons-nous, par un certain nombre de mesures. Recommandations Elles diffèrent selon qu'elles sont adressées à l'autorité publique ou aux organismes humanitaires et de défense des droits de l'homme. A l'autorité publique A très court terme
Organiser des rencontres suivies avec tous les groupes concernés par le
conflit afin de faire cesser les hostilités. A court terme
Envisager des mesures humanitaires en faveur des victimes des affrontements. A moyen et long termes Promouvoir l'éducation des masses en ce qui concerne le code foncier. Aux organismes humanitaires et de défense des droits de l'homme.
Accorder une assistance humanitaire aux populations sinistrées pour prévenir
d'autres désastres comme une catastrophe sanitaire. Bunia, le 08 juillet 1999 Pour XX, asbl Reçu le 26 Aôut 1999Nouvelles du Kivu: Jumelage (suite): une analyse [...]Depuis notre message d'hier, nous essayons d'obtenir une copie de cet accord de jumelage. Il s'avere actuellement difficile de mettre la main sur le fameux "accord de jumelage"; sachant que toute la population est irritee, les autorites prennent soin de ne pas le diffuser ni en parler dans les medias ici, bien que Kantitina en ait parle a la Voix de l'Amerique. L'accord a ete signe ce lundi 23 aout a Kigali. Katintima a ete interroge a ce sujet par la VOA (service français en direction de l'Afrique)aux informations du mardi 24.8, a 8 heures). [...] Parmi les personnes qui ont ete recemment a Kigali, il y a : tous les conseillers du Gouverneurs, des membres de Baraza dont Budinga Bantuzeko (agent des Contributions), Chihubagala Chinja (hommes d'affaires de la tribu du Gouverneur et president de la FEC), Mbonekube (chef de Division des Sports), Severin Mugangu, Prof. Bitijula (directeur de l'ISDR, nomme par le RCD et grand chantre de la rebellion dans le milieu academique), Maman Kongolo (presidente des femmes commerçantes), Sungura Kayembe (frere du gouverneur), Bamanya Mwilarhe, Mme Mukadi Tshisekedi (chef de Division interimaire de la Condition Feminine, presidente du groupe catholique des femmes charismatiques), les chefs coutumiers (bami) de Bafulero, de Kaziba et d'Idjwi-Sud, ...Apres avoir 'negocie' l'accord de jumelage, on leur a fait visiter les musees du genocide! L'Uganda et le Rwanda ont les memes agendas : balkaniser le Congo et se partager des zones (provinces) d'influences, mieux a diriger. Et ils y vont methodiquement en reagissant aux reactions populaires, en voulant les contourner, et en flouant toute la communaute internationale. Nous avons denonce, depuis 98, la creation d'une assemblee provinciale que Kabila voulait designer. Sans aucun mandat populaire, une telle assemblee nous paraissat en totale contradiction avec l'esprit de la CNS. De plus sa seule existence n'allait pas resoudre les "problemes ethniques" que les gens de Kinshasa pretendaient vouloir resoudre. (Entre parenthese, nous t'apprenons que certaines personnes qui, comme Mugangu, etaient deja candidats a cette assemblee de Kabila et qui avaient envoye leurs noms a Kinshasa, se retrouvent dans l'actuelle assemblee de Kigali). Ils ont contourne en creant cette fameuse Baraza (traduction swahili de parlement, assemblee). Il y a deux mois, nous denoncions le projet de secession-annexion du Kivu; ils viennent de contourner en parlant de "jumelage". C'est donc dans la logique directe de la ou ils veulent arriver. Au nOrd, c'est la province de Kibali-Ituri a laquelle les ugandais ont voulu annexer Beni et Butembo. Un officier ugandais, James Kazini, a recemment "nomme" une certaine Adele Lotsove comme gouverneur de cette provincette. Quel toupet!!! Et dire que des gens de la communaute internationale croient au role modere de l'Uganda par rapport au Rwanda et au pretendu conflit entre les deux! La fameuse Adele Lotsove etait jusque-la vice-gouverneur de la Province Orientale. Maintenant, elle dirige "sa province ugandaise" de Kibali-Ituri. On ne peut donc pas se tromper en croyant que l'Uganda est plus gentil et qu'il est en conflit avec le Rwanda. Reçu le 25 Aôut 1999Nouvelles du Kivu: Secession plus ou moins consommee Cher... [...]Cette fois Katintima [le gouverneur du Sud-Kivu] est alle plus loin dans sa trahison. Il vient de signer un accord de "jumelage" entre la province du Sud-Kivu et la ville de Kigali, apres un sejour de deux semaines sur place a Kigali. La question de ce jumelage avait ete debattue au niveau de sa "baraza-Assemblee provinciale" dont plus de la moitie des membres se sont aussi rendus a Kigali, par deux fois, pour y suivre des 'formations ideologiques'. Tout le monde s'etonne qu'un gouverneur de province signe un tel accord sans l'autorisation des autorites nationales. Dans cet accord, en effet, il est prevu que le Rwanda assure une cooperation militaire au Kivu, par la formation des militaires et des policiers. C'est tres grave !!! On savait bien qu'il roulait pour le Rwanda, mais personne n'aurait pense qu'il aille jusque-la. Nous savions aussi que le but vise en creant son assemblee provinciale-baraza' etait de donner une certaine legitimite aux folies et trahisons pour lesquelles le Rwanda leur assure des salaires et pourboires ridicules. Nous savions aussi que des strategies nouvelles etaient mises en route pour contourner les denonciations de la population a l'egard de leur plan de secession du Kivu. Et voila que ce groupe de traitres autour de Katintima viennent de franchir le rubicond! Car il n'y a pas de plus evidente manifestation de secession de leur part que de signer des accords qui contiennent des questions de defense qui sont de la competence d'un pays souverain. D'autre part c'est devenu courant que des fonctionnaires et autres recrues du RCD soient sommes d'aller au Rwanda pour y etre formes. On ne sait pas encore exactement ce que cela cache. On sait que dans ces formations, on leur repete que le Rwanda et le Congo (qu'ils limitent au Kivu) sont unis et leurs peuples doivent vivre ensemble (sic). Il y a a penser que les rwandais se sont bien rendus compte qu'ils ne peuvent exister, comme peuple et comme nation, sans le Congo. Et ils veulent ainsi forcer une union qu'ils sacrifient pourtant avec leurs guerres.[...] C'est Kigali qui nomme maintenant les fonctionnaires du Kivu apres les avoir endoctrines. Et comme les chomeurs et les opportunistes ne manquent pas, ils ont toujours des gens a attirer. Pendant ce mois d'aout, des jeunes qui se sont rendus a Kigali, sur recommandation de certains conseillers des Gouverneurs du Nord et Sud-Kivu, se sont vus amener dans des camps d'entrainement militaire au Rwanda. Certains auraient ete embarques pour aller combattre dans les affrontements qui ont oppose, a Kisangani, les deux ailes du RCD. Tous auraient ete tues. D'autre part, la volonte du Rwanda est de supprimer progressivement la frontiere entre les deux pays. Ainsi a Goma, des constructions se font sur le no man's land entre le quartier Birere et la ville de Gisenyi. Cette bande qui separe le Congo du Rwanda est progressivement envahie par des chantiers de construction appartenant aux Rwandais de Gisenyi. L'affaire a recemment souleve des tolles a Goma, la population se plaignait de cette invasion. Le maire de la ville de Goma a du intervenir a la radio. Il a maladroitement excuse les autorites rwandaises de Gisenyi, en disant qu'elles (ces autorites) ne savent pas ou passe la frontiere entre les deux pays, et qu'ils allaient s'accorder pour cela. Bien entendu, on n'en parle plus alors que les constructions se poursuivent. Le RCD Goma vient de declarer que tous les membres fondateurs pourraient aller signer les accords de Lusaka. Comme ils sont plus de 50 personnes, ils exigent d'avoir trois avions pour se rendre a Lusaka. Ils ont dit qu'ils ne prendront pas un seul avion pour des raisons de securite. [...] Reçu le 19 Aôut 1999Divergences RCD/Goma, Repartition de re cettes , Wamba/Bemba Cher[...] [...]il est aussi vrai qu'il y a nouvelle crise au sein du RCD/Goma: une lutte de leadership entre le "clan tutsi" et celui des "congolais". Les premiers veulent prendre la direction des affaires apres l'accord de Lusaka pour continuer la guerre alors que les autres accusent les premiers d'etre a la base de leur impopularite. Entre les deux il y a eu altercation qui a failli degenerer il y a presque deux semaines. On croit que l'affaire de Kisangani est dirigee entierement par les premiers, meme si c'est Ondekane qui fait le plus de bruit dans la presse internationale[...] De Beni, nous apprenons que l'on vient de proceder a la mise en place de nouvelles autorites locales (administrateurs de territoires et chefs de cite). Cela a ete fait cette semaine, par le MLC en collaboration avec le RCD/Wamba, comme du temps de l'Afdl, c'est-a-dire par "election" dans un stade. Butembo se serait oppose a cette operation. Un protocole d'accord signe entre Bemba et Wamba fait la repartition des recettes fiscales dans le territoire sous leur controle (Beni, Butembo, Haut-Uele...), a raison de 70 % pour Bemba et de 30 % pour Wamba. [...] [Page principale] [Home page ] [Archives] | |