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[Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] Objet : CONTRE LES COLONIES OUGANDAISES DE PEUPLEMENT AU CONGOLA COMMUNAUTE NANDE CONTRE LES COLONIES OUGANDAISES DE PEUPLEMENT AU NORD-KIVU , EN R.D.C.La Communauté Nande du Nord-Kivu , regroupée au sein de l'Association Culturelle Nande, " KYAGHANDA, a.s.b.l. ", tient à faire la mise au point suivante, concernant les nouvelles ménaces contre la paix dans la Sous-Région des Grands Lacs, à la suite de l'implantation, sur le territoire de la République Démocratique du Congo, des colonies ougandaises de peuplement, en dépit de la signature de l'Accord de Lusaka, le 10 juillet 1999, par le Président MUSEVENI. En effet, une Organisation non gouvernementale (ONG) de Défense des Droits de l'Homme, installée à Goma, ainsi que d'autres sources indépendantes, parfaitement crédibles, signalent ce qui suit ; nous citons : " Pendant le mois de septembre 1999, les habitants du territoire de Beni ont vu arriver des gens en provenance de l'Ouganda , qui ont prétendu retourner dans leur pays, le Congo, qu'ils auraient quitté en 1964/65. Ces gens sont des Nilotiques et se disent de l'ethnie HEMA. Ils sont arrivés en deux vagues, la première de Trente personnes , essentiellement des hommes et la seconde de Deux Cents. Ils ont amené avec eux 2.000 têtes (deux mille) de bétail (vaches) et ont annoncé l'arrivée imminente d'autres familles avec leurs bétails. Ils se sont installés dans la plaine de la SEMLIKI, en plein secteur nord du Parc National des Virunga. Nous nous inquiétons du fait que ces gens, vraisemblablement des OUGANDAIS, arrivent sans un seul papier d'immigration. La population autochtone qualifie déjà cette situation de COLONIES DE PEUPLEMENT ET D'INVASION . Nous voyons derrière ce fait se profiler un conflit violent surtout qu 'il y a dans cette partie du pays, absence totale d'autorité responsable. La crainte est d'autant plus justifiée, car ces Nouveaux Congolais se sont installés dans une zone où les combattants Maï-Maï sont très actifs. Le sang risque de couler . C'est pourquoi, nous vous prions de dénoncer cet état de choses le plutôt possible pour éviter qu'un autre CAS BANYAMULENGE se construise sous nos yeux. Si nous attendons plus longtemps, il sera demain difficile, si pas impossible de rapatrier ou même de résoudre le conflit qui aura éclaté. Mieux vaut prévenir.... Ces nouveaux venus sont même passés à la radio locale de Beni, contrôlée par les militaires ougandais, pour expliquer leur désir de s'installer définitivement. Merci de l'attention que vous porterez à cette requête. " Fin de citation. Nous publions cette information, parce que toutes les Organisations à la recherche de la paix dans la Sous-Région des Grands Lacs ont toujours demandé d'être chaque fois mises au courant de tout ce qui est susceptible de contribuer à cette paix. Sur base des renseignements ci-dessus, elles ont donc l'opportunité d'agir sur les dirigeants politiques ougandais, afin de les amener à arrêter cette tragédie qui se profile à l'horizon. En effet, les revendications soulevées par ces nouveaux venus, ne sont donc que des provocations qui violent délibérément l'Accord de Lusaka dont l'Article III, en son point 15, stipule sans ambiguïté : " Rien dans cet Accord ne devra, en aucune manière, nuire à la souveraineté ni à l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. " Nous n'avons pas pour autant perdu de vue que l'actuelle Administration américaine, pour des raisons qui lui sont propres, prend toujours position en faveur de tout ce qui vient de l'Ouganda ou du Rwanda, même en violation des principes de promotion de la démocratie et des règles de protection ou de défense des droits de l'homme. C'est ainsi qu'en ayant parcouru le dernier rapport des messieurs John Prendergast et David Smock, sur la République Démocratique du Congo, (Special Report : The Democratic Republic of Congo) datée du 31 août 1999, nous sommes surpris et déçus de son contenu qui n'arrive même pas à identifier correctement la source principale de la crise dans les pays des Grands Lacs, qui n'est autre que le bellicisme des Hima-Tutsi, leur recherche effrénée de domination et leur soif inaltérable d'égorger tout celui qui porte ombrage à leurs desseins, le tout véhiculé dans un mensonge soigneusement élaboré et répercuté par les médias internationaux truffés de leurs agents patentés. Et compte tenu de la qualité des auteurs du rapport, ce dernier ne peut qu'être considéré comme " parole d'évangile " dans les hautes sphères du Congrès et de l'Administration américaine. Nous pensons, néanmoins, que ces erreurs sont excusables, dans la mesure où les intéressés ont certainement encore beaucoup à apprendre des peuples de la Sous-Région des Grands Lacs, avant de les connaître et de pouvoir proposer des solutions durables à la crise qui les secoue. Contrairement aux nombreux flatteurs qui ont cependant des entrées faciles dans les cercles du pouvoir aux Etats-Unis, nous sommes disposés à offrir notre contribution à cet apprentissage, en ne disant que la vérité, même si celle-ci doit heurter les bonnes consciences. Ainsi au sujet des colonies ougandaises de peuplement sur notre territoire, nous n'avons aucun doute sur les intentions réelles de leurs commanditaires, car auparavant, beaucoup d'autres tentatives ont été tentées et observées, en prémices de ce qui est en train de se réaliser aujourd'hui. 1° En juin 1997, le Président MUSEVENI a initié une série de rencontres suspectes à Kampala avec des hommes d'affaires mais également des intellectuels, professeurs d'université et religieux de Beni et de Butembo, chacun invité à titre personnel. A l'occasion, il prétendra vouloir développer la contrée et pour cela, il fera miroiter monts et merveilles à ses interlocuteurs (électrification, routes asphaltées, transports en commun , téléphone,...), seulement à la condition que les notables Nande acceptent l'instauration d'un régime de libre circulation des personnes et des biens, avec même possibilité d'établissement libre sur le territoire Nande de toutes les composantes ethniques de la Sous-Région des Grands Lacs. Les interlocuteurs de Museveni, sans qu'il y ait eu concertation, vont poliment décliner cette offre, en lui faisant comprendre qu'en République Démocratique du Congo, les problèmes de souveraineté se traitent au niveau de Kinshasa. Pour ce refus, la suite fut dramatique pour les interlocuteurs congolais de Museveni. Une vengeance militaire impitoyable va s'abattre sur toute la population locale. Entre décembre 1997 et avril 1998, sous le commandement des officiers Tutsi, dont le sinistre commandant ABUBAKAR, des milliers de jeunes Nande vont être exécutés sauvagement ou enterrés vivants, à Butembo et à Beni, sous le fallacieux prétexte qu'ils étaient des combattants Maï-Maï, donc hostiles au pouvoir de Kinshasa, alors que les Maï-Maï n'avaient jamais caché de clamer haut et fort que leur combat n'était dirigé que contre les envahisseurs des terres de leurs ancêtres. Du 13 au 17 avril 1998, toute la population de la Cité de Butembo a été littéralement séquestrée par les mêmes militaires, encadrés par des officiers Tutsi , et personne ne pouvait prendre le risque de sortir de la maison sans se faire abattre. Des commerçants, des professeurs d'université et des religieux qui avaient pris part aux rencontres de Kampala seront les principales cibles. Ils vont être accusés d'être des commanditaires des Maï-Maï et importateurs d'armes, suite à leur refus de cautionner les projets chimériques de Museveni. Après des milliers des pertes en vies humaines des jeunes gens exécutés sommairement ou enterrés vivants, plus de cent personnes, toutes civiles, dont des chefs coutumiers et Professeurs d'université, ont, sans ménagement, été déportés dans une prison militaire à Kananga, dans la Province du Kasai Occidental. Suite aux tortures et autres sévices inhumains subis, certains vont y perdre leur vie et d'autres vont y sortir avec des traumatismes psychiques dont ils continuent à souffrir jusqu'à ce jour. 2° Il s'en est suivi la GUERRE DU 02 AOUT 1998, sous le prétexte apparent de la sécurisation des frontières ouest de l'Ouganda et du Rwanda, contre leurs propres rebelles. Plus d'une année après, on continue à parler de la sécurisation des frontières à partir des régions congolaises contrôlées par les armées rwandaises et ougandaises. Par contre, on voit tous les jours les richesses du Congo être pillées et acheminées au Rwanda et en Ouganda, sans que personne ne parle d'une quelconque attaque de ces convois par des rebelles rwandais ou ougandais. Ce que nous savons nous, c'est que les rebelles rwandais et ougandais se trouvent et opèrent à l'intérieur de leurs pays respectifs et non à partir du Congo, où personne n'est en mesure de citer une seule localité congolaise servant de base arrière à ces rebelles. Selon les témoignages des paysans congolais de la zone frontalière, les rares fois que les rebelles ougandais de la NALU ont été aperçus sur le territoire congolais, c'est lorsque, le jour du marché, ils y font parfois incursion , s'accaparent de certaines quantités de vivres et de marchandises et regagnent aussitôt leur maquis, en territoire ougandais. Souvent, ces scènes se déroulent en présence des militaires ougandais d'occupation. Et lorsque les Congolais leur disent : " voilà les rebelles NALU que vous prétendez être venus pourchasser sur le territoire congolais " ; ils répondent qu'il n'y a pas lieu d'inquiéter ces rebelles NALU qui viennent au marché pour chercher à manger. C'est suffisamment clair. Et les Congolais de conclure, qu'en fait les Ougandais, soldats gouvernementaux et rebelles ne sont pas venus au Congo pour se faire la guerre mais les uns et les autres pour la même mission de piller les richesses du Congo, en vue d'enrichir certainement pas leur pays, mais leurs familles respectives et leur lobby. 3° Le monde entier sait que le Rwanda et l'Ouganda sont les plus grands foyers du VIH-SIDA, en Afrique Centrale. Ces pays ont envoyé au Congo plus de 2.000 (Deux Mille) militaires infectés de ce virus, pour le propager parmi nos populations et les décimer, afin de pouvoir, par la suite, occuper leurs terres ainsi restées vacantes. 4° Le 22 février 1999, tous les chefs coutumiers et les administrateurs des territoires de Beni et de Lubero, invités officiellement, à Rutshuru, par le Gouverneur Tutsi-Rwandais du Nord-Kivu , ont échappé miraculeusement à une fusillade des forces rwandaises dans le Parc des Virunga à la Rwindi. Sept gros véhicules de transport brûlés, vingt personnes, en majorité des femmes et des enfants tuées par balles et plusieurs blessés graves. L'objectif visé était d'exterminer les encadreurs traditionnels de notre Communauté, en vue de la plonger dans d'interminables querelles de succession et profiter de cet imbroglio, pour mieux l'asservir. 5° En juin 1999, environ mille individus se réclamant du clan BAKIRA, dont certains venus de l'Ouganda, se sont rassemblés à Kamutheve/Kisunga, village du Groupement Isale/Vuhovi, chefferie des Bashu, en territoire de Beni. Il était question d'introniser un certain monsieur Kasoki Sivirwa Loswiro Alphonse, présenté comme chef coutumier des Bakira, bien que ne disposant même pas d'un seul mètre carré de lopin de terre.Interpellés au cours d'une réunion de clarification du Comité mixte de sécurité des territoires de Beni et de Lubero, tenue à Butembo, du 15 au 16 juin 1999, ces prétendus délégués Bakira se sont réclamés de la famille des Nilotiques, proches parents des Hamites ou Hima-Tutsi, au pouvoir à Kampala et à Kigali et par surcroît, ressortissants de l'ancienne Egypte.En plus, ils n'ont pas caché leur démarche visant la création d'un royaume propre à leur clan, qui partirait du district ougandais de Kasese jusqu'au territoire congolais de Lubero, en incluant naturellement celui de Beni. Il est donc clair, que ce sont les Hema , qui ayant bien appris le Kikondjo, langue proche de celle des Bakira , croient avoir trouvé ici une occasion inespérée et appropriée pour se camoufler derrière ce clan, en vue de s'installer définitivement au Congo. 6° L'implantation dénoncée ci-haut des colonies de peuplement des pasteurs ougandais se situe dans la partie nord du Parc National des Virunga, en territoire de Beni , dans la Province du Nord-Kivu. Pourtant, il est universellement reconnu qu'aucun établissement humain ne peut s'installer dans ce Parc, proclamé par l'Unesco, SITE DU PATRIMOINE MONDIAL. Mais les autorités ougandaises qui n'ont jamais été condamnées par la Communauté Internationale pour leur agression contre la République Démocratique du Congo, estiment qu'elles peuvent se permettre d'occuper impunément ce patrimoine mondial, sans courir le risque de se faire condamner. Nous avons la conviction profonde que ces revendications insensées des Bahema ougandais sur le territoire Nande, ne peuvent être innocentes et leurs commanditaires ne sont pas à rechercher. Museveni a toujours longtemps cherché un alibi pour justifier la présence de ses troupes au Congo. Il veut maintenant trouver cet alibi lorsque les jeunes Nande vont réagir contre l'invasion de leurs terres par ces Tutsi ougandais dits Hema. C'est, en effet, pour ces jeunes, une question de vie ou de mort qui ne peut faire l'objet d'un quelconque marchandage. Si la Communauté Nande a tenu à lancer ce cri d'alarme, c'est afin de demander aux Organisations Internationales pour la Paix et aux hommes de bonne volonté, d'user de leur influence, pour amener le Président Museveni à arrêter et à renoncer à cette aventure qui, si elle n'est pas arrêtée, va certainement faire couler du sang . Et ils seront les premiers à crier au génocide, mais le mal aura été fait. Ne nous prenez surtout pas pour des alarmistes, nous ne faisons que notre devoir de dire la vérité. C'est ici l'occasion de rappeler que le Peuple NANDE, qui occupe majoritairement les territoires de BENI et de LUBERO, dans la Province du NORD-KIVU, est connu pour son pacifisme et n'a jamais développé une quelconque culture de violence, tout au long de son histoire. Cependant, depuis les différentes guerres dont ils ont été les principales victimes, les jeunes Nande sont en train d'être inoculés par les envahisseurs rwandais et ougandais, du mépris de la vie humaine, de la cruauté et de l'esprit de vengeance, profondément ancrés dans leur culture. Nous redoutons donc sérieusement ce qui peut arriver, à tout instant, dans la plaine de la Semliki. Nous savons, néanmoins, que les moyens existent pour prévenir cette virtuelle tragédie. POUR L'ASSOCIATION CULTURELLE NANDE " KYAGHANDA " LE 1er VICE-PRESIDENT Cuban L'YANZENZE LE PRESIDENT Julien MALIKIDOGO [Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] | |