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LES NATIONAUX ET LE PILLAGE DES RESSOURCES CONGOLAISES

Les revelations qui se succedent, tant sur les contracts apparement leonins negocies par les fractions armees avec le monde de la finance internationale, que sur les ponctions des gouvernants dans les caisses des entreprises publiques du Congo, renforcent la conviction des nationalistes assez critiques de ce pays, sur l'urgence de la pacification du pays, en vue de pouvoir etablir un ordre institutionnel susceptible d'assurer la transparence dans la gestion de la chose publique.

Les engagements pris en cette periode de troubles representent un grand danger pour le peuple congolais. Le raliement des interets financiers exterieurs aux ennemis actuels du Congo, a la suite de l'annulation des contrats signes dans le maquis de 1997. constituent un exemple eloquent sur les dommages que la collectivite toute entierement pourrait subir, a cause du comportement irresponsable de quelques individus.

Au moment ou la voix du Congo est sciemment etouffee sur la scene internationale a cause d'un sursaut nationaliste tardif, il se trouve d'autres filles et fils du pays qui re-editent l'erreur que Mr Kabila n'a pu reparer sans susciter, pour son peuple, une horreur tout aussi degoutante que l'effet qu'il voulait combattre. Comme on combat toujours difficillement une injustice sans devenir partisan, la denonciation des cabales montees contre l'economie congolaise par les milieux de la speculation financiere developpe une psychose qui a pour effet de proner le divorce avec le capital exterieur dans toute perspective de relance de l'economie congolaise.

Il y a lieu de constater que depuis son independance, le Congo n'a connu que rarement des experiences positives de cooperation economique et financiere. L'inclinaison des operateurs speculatifs au profit facile a trouve a l'entichement de plusieurs Congolais avec la corruption une Eldorado pour l'enrichissement rapide. Nombre de soit-disant investisseurs qui ont fait le chemin de Kinshasa ces trois dernieres decennies ne sont pour la plupart que des speculateurs. Les faveurs qui leurs avaient ete offertes par les gouvernants locaux cahaient des arrangements concernant des royalties, des pots de vin, et autres moyens de corruption. Nombre d'autres investissements ont ete decourages pour la simple raison que leurs promoteurs croyaient seulement aux facteurs comme la rentabilite (pour eux) et les retombees economiques pour le pays hote. Seuls un cadre institutionnel qui conditionnerait l'entree en vigueur de tout accord important par un debat libre et public des elus, devant ceux des Congolais qui l'ont negocie, avec possibilite d'un amendement ou d'un rejet pur et simple, pourrait relativement en limiter la frequence et l'impact. Il faudrait que l'elite nationale fasse suffisamment echo du fait que les engagements pris tant par les uns que par les autres n'astreignent pas le peuple congolais. Les revelations sur les contacts du professeur Wamba dia Wamba et les banquiers americains pourraient n'etre qu'une insignifiante pointe de glace qui signale la presence d'un enorme iceberg. Ceci pourrait etre vrai dans tous les regroupements politiques du pays: la RCD, le MLC, l'opposition dite pacifique, comme le gouvernement actuel.

Depuis les contrats signes dans le maquis de 1997, jusqu'aux projet Brink-Wamba, passant par le pillage des ressources congolaises par les Ougandais et les Ruandais, sans oublier les contrats actuels avec les Zimbabweens, les Namibiens, les Angolais, et les Nord-Coreens, etc,... Tout a ete fait dans un cadre non transparent.

Le but ultime ne sera certainement pas de refaire une operation qui a ete bien menee, s'il y en a une, moins encore de nuire au compatriote qui y a mene les negociations necessaires, mais de savoir qu'est-ce qui a ete fait et comment, afin de rendre compte au peuple, de ce dont on a fait de ses ressources communes.

Car tant que le peuple n'etablira pas des gardes-foux institutionnels, les malicieux parmi ses propres enfants s'allieront toujours des mauvais partenaires pour l'exploiter. L' avidite des aventuriers de la haute finance a s'empifrer de nos ressources, a notre detriment, ne s'arretera pas avec le discours, ni avec un coup d'eclat. Il nous faudra agir de maniere placide et legale de l'interieur tout en posant les jalons de la perenisation de l'auto-controle et du controle inter-institutionnel, seul moyen de juguler l'exploitation exterieure sans plonger le peuple dans la guerre.

Opula Lambert.


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