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RDC: pour une alternative puissante

L'alternance entre les phases d'oppression et de libération singularise souvent le praxis existentiel des peuples qui les subissent. Et si la libération éleve l'espoir à son paroxysme, l'oppression, par contre avilit. Ceci se remarque dans la condition actuelle des populations congolaises écartelées entre les trahisons historiques des ses ''élites'' et ses aspirations légitimes.

L'engagement solennel pris par Patrice Lumumba, en la date mémorable du 30 juin 1960 résonne toujours dans nos oreilles: «...nous allons montrer au monde, ce que peut faire l'homme noir quand il travaille dans la liberté.» Ce fût ce jour-là, un de ces moments magnifiques où l'espoir engendre l'orgueil dans la conscience des patriotes.

Mais, les intérêts extérieurs puissants, conjugués à la perversion de leurs suppôts locaux, ne l'avaient pas voulu. Ils avaient vite fait d'inaugurer notre histoire politique post-indépendance par un crime de sang, en la personne de celui qui incarnait cet espoir légime, le fondateur historique du Mouvement National Congolais. Et ils ne s'étaient pas et ne pouvaient se contenter de son élimination politique et physique, car dit la sagesse africaine: «qui veut de bonnes récoltes extripe les racines de ''mauvaises herbes''». De la traque des nationalistes depuis 1960, au démentèlement total de l'État congolais, il n'y a que des détails d'un macabre plan d'ensemble. À la faveur de nombreux épisodes d"oppression et de résistance du peuple congolais, ils ont traverti le rêve de Patrice Emery Lumumba auquel ils ont substitué des anti-valeurs, avec au premier degré la culture de la promotion politique et matérielle indivuelle au détriment de la collectivité.

Le sang du peuple devient la mesure des ambitions, comme sa misère traduit l'insouciance des cadres face au péril qui guête la cité.

Les contradictions apparues sur le sort du citoyen sont une fonction directe de celles qui opèrent la déstructuration de toute la collectivité: la complicité, sinon la passivité coupable face à l'hypothèque de la souveraineté nationale et de l'intégrité du seul territoire au monde que Dieu a donné à notre peuple. Il parait même superflu de rappeler que ces attributs essentiels à la vie d'une nation ont été concedés, formellement, par nos compatriotes, et à divers moments, aux puissances limitrophes qui se posent en ennemis du peuple pacifique et hospitalier du Congo.

Ainsi, alors que Lumumba proclamait le 30 juin 1960, que «...le Congo va contribuer à la libération du reste de l'Afrique», le continent noir non seulement a vu le ''Zaïre'' de Mobutu s'allier aux ennemis de l'indépendance africaine, mais aussi, par une mutation réverse, le Congo lui même se retrouve être l'unique pays colonisé d'entre les 53 États de l'Afrique, en ce 21e siècle. Et il l'est par des pays qui étaient encore sous l'ordre colonial au moment du discours de Lumumba, donc par certains de ces pays, pour lesquels Lumumba nous investissait d'une mission libératrice.

Sur le plan économique, le premier chef de gouvernement congolais assignait à son cabinet l'ambition de «faire du Congo le centre de rayonnement de l'Afrique tout entière». Les périgrinations imposées à la nation par ses traitres de ''cadres'' agissant sous la commandite de leurs mentors d'outre atlantique ont relégué un foyer économique qui était si actif (la deuxième concentration industrielle du continent après L'Afrique du Sud alors), au rang d'un des pays les plus pauvres de la planète.

Nos ''cadres'' n'ont ni état d'âme ni contrition devant les conséquences aussi inacceptables de l'irresponsabilité. Au contraire, l'orgueil fondé sur les privilèges pécuniers mal acquis se traduit par des modes de vie ostentatoires et un discours méprisant.

Mais, si hier les intellectuels ''rampaient à quatre pattes'' pour paraphraser le président Kabila, en vue de justifier même les plus inommables bétises et prévarications de Mobutu, aujourd'hui, c'est toujours ces mêmes intellectuels qu'on retrouve autour des ''vautours'' mus par les intérêts extérieurs ou assoiffés de la démesure du pouvoir au détriment du peuple. Hier, c'est par la danse et l'intrigue que le cadre mobutiste gravissait les échelons pour accéder au droit à la prévarication des ressources communes, aujourd'hui c'est par le sang du peuple et la servilité au profit de nouveaux potentats qu'on cherche à gravir les échelons.

À Goma, à Kisangani, à Gbadolite comme à Kinshasa, il est apparu un autre genre de ''cadre'', qui, à l'opposé de Lumumba (Cfr: «On a voulu m'acheter, par des millions, j'ai estimé que pour mon pays, pour le Congo, je n'accepterai pas un sous») n'hésite pas à brader les intérêts supérieurs de la nation contre des colifichets, pourvu que ceux-ci soient destinés à sa seule poche; ce genre de cadre qui n'hésite pas à hypothéquer l'avenir de la nation à travers la signature des accords sécrets et la collaboration anti-patriotique aux opérations menées au seul profit des intérêts extérieurs, pourvu qu'on lui languisse l'espoir d'une position proéminente au sein des ''institutions nationales''.

Ainsi, ci, (à Goma et à Butembo), des nationaux, apportent une caution prétendûment ''interne'' à la presence des forces d'agression contre le territoire national, devant la profusion du sang de nos compatriotes qui coule, ils ont bouche cousue et oreilles bouchées. Là, (à Gbadolite), la ''nomenclatura'' chère à l'autocratie répudiée par le peuple revient en force, en puisant aux comptes plantureux alimentés des décennies durant grâce à une gabégie nationale unique au monde, pour répandre la mort et la misère, lesquelles pourtant, avaient déjà excédé les limites suppportables pour un peuple. Là encore, (à Kinshasa) le resserement du peuple autour du besoin légitime de préserver l'existence de la nation menacée est perçue par le pouvoir comme une licence lui accordée pour gérer l'État à son seul entendement. Mais, aussi, le pouvoir en profite pour retirer aux autres le droit à l'expression plurielle, tout en développant sa machine personnelle de propagande, en vue de s'assurer, encore une fois seul, la conservation du pouvoir après la crise.

Partout dans ces pandéminiums, les responsables laissent libre cours à leurs alliés qui pillent les ressources congolaises autant qu'à la célèbre époque de LéopoldII. Pendant que Ougandais, Ruandais et Burundais ratissent l'Est de notre cher pays où ils pillent nos pierres et métaux précieux, Angolais, Zimbabwéens et Namibiens pillent le pétrole, le diamant et le cuivre.

Dernier en date, le drame des populations de Kisangani qui s'est déroulé dan l'indifférence totale de toutes les fractions se disant rebelles et du pouvoir de Kinshasa, a prouvé suffisament, si besoin en était encore, l'état d'abandon ou mieux d'orphelin dans lequel se trouve le peuple du Congo.

Ce peuple en effet, se retrouve dans la misère, un peu comme une gazelle qui meurt de soif au bord de la rivière, par faute de patriotisme réel dans les coeurs de ceux qu'il appaelle ses ''cadres''. Devant cette imbroglio, les formations politiques dites de l'opposition pacifique aurait pu constituer une alternative patriotique. Cependant, force est-il de constater que certaines d'entre elles ont tout simplement tourné au vinaigre, elles ont épousé littéralement les thèses de l'envahisseur, se coupant ainsi de la base qui croirait dès lors ne trouver de salut que sous la conduite du régime dictatorial de Kabila.

Le peuple est ainsi écartelé entre un péril sur sa souveraineté au front Est, et un autre sur ses libertés fondamentales dans le secteur non envahi, avec au centre la trahison de certains opposants dits pacifiques.

Il apparait dès lors légitime que s'élève une force capable d'accompagner le peuple dans sa dynamique pour récupérer ce que les uns et les autres cherchent respectivement à lui ravir.

C'est ici la mission que s'assignent les forces politiques nationalistes lumumbistes. En effet, dans le praxis actuel de notre peuple, les regroupements se réclamant du Mouvement National Congolais / Lumumba partent de la contradiction caractéristique entre les visées de ces différents camps et les vraies aspirations du peuple, à savoir: la souveraineté et l'intégrité du territoire national, un minimum au moins de bien-être social et le rétablissement des libertés élémentaires.

Dans le but de capitaliser les aspirations trahies par les uns et les autres, un vent fort souffle actuellement, dans le but de réunifier toutes les ailes du Mouvement National Congolais demeurées orthodoxes, en vue de lancer une alternative puissante aux traitrises d'ici et de là. Le moment est venu de mettre fin à l'exploitation du nom et de la mémoire du fondateur du MNC par tous ceux dont les actes divergent à 90 degrés avec le vrai idéal du grand nationaliste africain.

Partant du principe que le pays est dévasté par un séisme dont le champ est régional, mais l'épicentre est extra-régional, les lumumbistes identifient aussi aux désharmonies qui se sont développées depuis le 24 avril 1990, un territoire propice à ces dévastations. Il n' y a de solution à la crise que la prise en compte de toutes ces facettes de la crise, dans un élan combinant aux efforts militaires, une diplomatie intelligente et une stratégie économico-financière auto-centrée, mais rejettant des analyses anachroniques.

Se basant sur l'idéal de Lumumba en cequi concerne la nation («Pour mon pays, je n'ai ni famille, ni clan, ni tribu»), les lumumbistes ont toujours considéré que la citoyenneté relève du droit individuel qu'il convient d'examiner dans un esprit de justice et d'équité, conformément au droit congolais, sans préjudice des principes du droit international et aux pratiques en la matière, et n'entendent pas considérer cette question sur la base des tribus.

Le territoire Congo qui regroupe près de 400 tribus ne peut adopter une approche tribale dans le règlement des questions nationales sans plonger l'avenir de ce peuple qui a tant souffert des ingérences étrangères dans l'impasse.

Les mois qui viennent seront donc cruciaux pour le mouvement lumumbiste en particulier et la scène politique congolaise en général. Une alternative puissante est en voie d'émergence.

Pour la modération de Congo-Kin,

Opula Lambert.


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