Rapport final de l'Atelier National
des Eglises et de la Société CIVILE de la
République Démocratique du Congo
Le séminaire-atelier des Eglises et de la Société Civile de la République Démocratique du Congo s’est tenu au Centre Catholique Nganda du 6 au 9 octobre 1999. Il avait pour thème "Paix, Intégrité du territoire et Réconciliation". Et pour la première fois depuis l'agression dans l’histoire de la Société Civile congolaise, cet atelier regroupait les délégués de la Société Civile venus de toutes les provinces du pays, sans exception.
Il avait pour objectifs majeurs de faire une lecture commune de l'ACCORD de Cessez-le-Feu de Lusaka et de définir le rôle que la Société Civile et les Eglises doivent jouer pour consolider la paix ; afin de concevoir des stratégies qui permettent aux délégués de la Société Civile et des Eglises au Dialogue Intercongolais d’y parler le même langage. afin de contribuer aux efforts de restauration d’une paix durable à travers un processus concret de réconciliation nationale. Dans le respect de" l'intégrité de notre territoire et de la souveraineté du peuple congolais.;
Mercredi 06 octobre 1999, à 11 heures 37 minutes, a eu lieu au Centre Catholique Nganda de Kinshasa / Kitambo, la cérémonie d’ouverture de l’Atelier National des Eglises et de la Société Civile préparatoire au Dialogue Intercongolais.
Annoncée initialement pour lundi 4 octobre 1999, cette cérémonie d’ouverture est intervenue avec deux jours de retard pour des raisons des tractations aux fins d’obtenir l'agrément de l'Atelier des autorités nationales et provinciales. Une lettre d’autorisation du Gouverneur de la ville de Kinshasa a été signée et transmise ce jour même au comité organisateur.
La cérémonie a commencé par un culte oeucuménique un culte présidé par Mgr BUSE, Vicaire épiscopal de l’Archidiocèse de Kisangani et concélébré par :
Monseigneur BUSE a imploré Dieu le Père afin d’assister et de conduire cet Atelier au bon port avant de convier l’Assemblée à l’écoute de deux lectures : Daniel 3 :8-20 et Luc, 18-19.
Dans son homélie à l’occasion de ce culte, le Révérend Pasteur MULUNDA a souligné le fait que le peuple congolais refuse d’obéir à toute divinité où loi humaine contraire aux commandements de Dieu, à l’exemple des trois jeunes gens qui ont refusé de chanter et de danser à la gloire du roi Nabuchodonosor qui voulait se substituer à la toute puissance divine (Daniel 3 :8-20).Il ne veut plus obéir à la force ou à la puissance de quiconque qui ignore son inaliénable dignité.
L’officient affirme que la foi des congolais leur permettra de résister à toute oppression et de préserver les frontières, l’intégrité du territoire et les richesses leur confiées par Dieu.
Pour leur part, le Père MUYAYA et le Pasteur BEKOFE ont prié respectivement pour la réussite de l’Atelier et pour la paix en République Démocratique du Congo et en Afrique.
Le culte oeucuménique a été clôturé avec la bénédiction des participants par Monseigneur LANDU, Vicaire général de l’Archidiocèse de Kinshasa.
Avant d’entrer dans les discours de circonstance, l’Assemblée a chanté l’hymne national.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Son excellence Monsieur Mwenze Nkongolo, Ministre de la Justice et Garde des sceaux et Représentant du Gouvernement de Salut Pulic, en présence des personnalités suivantes :
Rapport des délégations
Les différents délégations des provinces, de la diaspora, et des plates – formes ont présenté leurs messages respectifs relatif à la situation générale de leurs entités ou du pays. Globalement , il en ressort les constats suivants :
Du fait de la présence sur le territoire congolais des troupes étrangères, nos populations ont subi et subissent encore le génocide et des crimes contre l’humanité, en l’occurrence : des massacres systématiques des civils sans défense, des viols à grande échelle des femmes et des filles, des violences physiques et morales, déportations, le déplacement des familles entières, l’exil forcé, etc.
Dans cette partie du pays prévaut une situation de quasi colonisation d’autant plus que des troupes étrangères ruandais et ougandais ont réglé leurs problèmes à Kisangani, en provoquant la mort d’hommes et destruction matérielle ; les autorités étrangères se permettent de créer de nouvelles provinces (Kibali – Ituri et Béni – Lubero) et d’organiser une administration publique à leur guise ; elle suppriment la frontière entre Goma au Congo et Gisenyi au Rwanda ; elles installent des populations ougandaises et ruandaises sur le territoire congolais, etc.
Entre temps, dans les territoires de Djugu Irumu, ces autorités n’ont pas ni empêcher ni gérer à bon escient un conflit ethnique violent et meurtrier entre Lendu et Hema.
Dans les provinces sous contrôle du Gouvernement, l’existence des institutions légales , la relative liberté d’expression et de circulation sont contrebalancées par la confiscation de l’espace politique, une tendance à la tribalisation de l’appareil de l’Etat, un pouvoir échappant au contrôle de la population, les violations des droits humains, la superposition des CPP (Comité de Pouvoir Populaire) avec l’Etat, la non réinsertion dans leurs milieux de vie de plus de 1.500.000 Kasaïens refoulés du Katanga, l’encadrement insuffisant des déplacés de guerre.
2.Au plan économique , on assiste à :
Au niveau social, les Congolais et les Congolaises sont confrontés aux maux tels que :
En guise de recommandation, toutes les délégations de Société civile et des Eglises soutiennent l’intégrité territoriale, l’intangibilité des frontières de la colonisation, l’unité et la souveraineté nationale.
Elles exigent le retrait des troupes étrangères, en commençant par celles d’agression, le respect du cessez-le-feu, l’application de l’Accord de Lusaka, le déploiement des observateurs internationaux et des forces de maintien de la paix.
Elles préconisent le règlement des conflits Congolais par les nationaux, la réconciliation et la reconstruction nationales sur fond de repentance, ainsi que la libre circulation des personnes et de leurs biens.
Elles invitent la Communauté Internationale, particulièrement les Etats-Unis, à exercer de fortes pressions sur le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi afin qu’ils mettent fin à la guerre.
Elles engagent la Société civile et les Eglises dans une mission de lobbying à travers le monde aux fins de modifier la situation géostratégique en RDC et dans les pays des Grands Lacs.
Les délégations en appellent à la démobilisation et à la réinsertion sociale des enfants -soldats ainsi qu’à la recherche des stratégies et des moyens pour la situation sanitaire et scolaire, entre autres par la revalorisation de la fonction enseignante.
Plus particulièrement la plate-forme des femmes revendique l’égalité des chances et la parité Homme/Femme aussi bien dans les systèmes éducatifs et dans les enjeux de portée nationale.
En rapport avec l’Accord de Lusaka, toutes les délégations se montrent unanimes quant à son opportunité et son importance dans l’établissement d’un nouvel ordre politique et socio-économique au Congo et ce, malgré quelques critiques pertinentes sur certaines de ses clauses.
S’agissant du Dialogue Intercongolais, il est accepté par toutes les délégations qui soulignent néanmoins sa démarcation avec le Débat National. L’ensemble de la Société Civile et des Eglises se dit disposé à y participer aux côtés des Institutions publiques et des forces politiques pacifiques et armées.
Néanmoins, les divergences apparaissent quant au lieu dudit Dialogue, les uns proposent Kinshasa ou une autre ville du Congo, pour raison de souveraineté nationale ; les autres suggèrent Nairobi, Lusaka ou Rome pour les raisons suivantes :
Les grandes options de cet atelier
Ainsi, les options principales qui ressortent des rapports des provinces sont:
Ainsi donc, nul n’a le droit de le gouverner s’il n’œuvre pour sa cohésion, pour la consolidation de son Etat.
Nul n’a le droit, de quelque façon que ce soit, de briser la dynamique de cohésion et les actions menées pour créer un courant de solidarité entre congolais, le seul qui vise la consolidation de ce peuple et de l’Etat congolais.
Seuls accéderont au pouvoir d’Etat ceux qui, non seulement auront fait la preuve de ce dévouement à la Patrie, mais auront sollicité et obtenu du peuple un mandat précis pour le gouverner.
Le critère principal de la bonne gouvernance, sera la rigueur avec laquelle les gouvernants seront au service de cette cohésion de notre peuple, de la construction d’un Etat fort, respectable par nos voisins et par les puissances de ce monde.
L’objectif de toute gouvernance doit être l’insertion de la République Démocratique du Congo dans le concert des nations africaines avec une politique visant les relations pacifiques fondées sur le respect de la dignité du peuple congolais et sa souveraineté sur le sol de ces ancêtres.
Plus jamais les gouvernants n’auront le droit de tromper le peuple congolais par des discours qui masquent la déliquescence de l’Etat devenue un coquille vide.
La Société Civile et les Eglises décident d’œuvrer résolument dans l’éducation civique du peuple congolais e de créer une vaste dynamique de solidarité en vue d’une plus grande cohésion du peuple congolais et de mener concomitamment des actions concertées de développement par la diffusion des techniques maîtrisées en vue de réduire le joug de la dépendance et de conférer progressivement à notre peuple les bases matérielles d’une authentique liberté.
RAPPORTS DES ATELIERS
Les ateliers suivants ont présenté leurs rapports en plénière (hier ) le 08 octobre 1999.
Les rapports étaient conduits selon deux axes:
Il ressort de ces rapports et travaux que les neufs composantes précitées soutiennent l’Accord de Lusaka et soutiennent le processus du Dialogue inter – congolais comme l’aboutissement des efforts de la Société Civile et de la population congolaise pour la Paix et une solution négociée à la crise. C’est aussi un point de départ incontournable pour réconcilier les congolais entre eux et réamorcer le processus de démocratisation en vue de doter le pays d’institution stables et représentatives.
L’accord de cessez – le – feu de Lusaka, représente le produit de négociations interétatiques auxquels ont été associées des factions rebelles en conflit contre le pouvoir de Kinshasa. Il a été sanctionné par la Communauté Internationale et africaine à travers l’OUA, l’ONU et la SADC qui sont les garants de son application. Cet accord a été soumis ou/ et adopté par le conseil de sécurité de l’ONU. Il présente des avantages et il présente aussi des faiblesses que les participants ont recensé. Cependant malgré ses faiblesses.
Le consensus qui s’est dégagé au sein de la Société Civile et les Eglises rassemblées ici est
Recommandation de l’Atelier
Au terme des travaux de l'Atelier, les participants ont formulé les recommandations suivantes:
Pour le Soutien à l’Accord
En vue de démonter aux parties signataires ; aux grandes puissances, et l’OUA et à l’ONU la volonté et la détermination du peule congolais pour la paix, l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale., faire signer une pétition par la base dans toutes les provinces des groupes suivants :
La vulgarisation de l’Accord de Lusaka auprès de la population
Action de Lobbying spécifiques
è
Président des Etats – Unis et auprès
La surveillance de l’application de l’Accord et dénonciation des violations de l’Accord
Force de paix des Nations unies
Une force d’imposition de la Paix plutôt qu’une force de maintien de la paix avec comme siège au quartier Général à Kinshasa.
En rapport avec l'organisation du dialogue national et rôle de la société civile.
Objectif principal : Ramener la paix (de tous) de la majorité des congolais par la mise en place d’un nouvel ordre politique
Rôle de la Société Civile:
Désignation des participants et Institutions ou organisations
Principe :de base retenu : allouer un quota à chaque catégorie au sein de la Société Civile et des Eglises des provinces .
Concernant le Profil des délégués de la société civile
Les qualités suivantes sont requises de chaque délégué:
A propos du Contenu du dialogue
Les thèmes suivants doivent être débattus:
Discours de la Société civile
A propos du facilitateur
Toute les participants sont favorables au choix de la communauté de Sant Egidio comme facilitateur principal en raison de sa neutralité , sa compétence et son expérience.
Les autres propositions sont allés dans le sens d’ajoindre à la communauté Sant’Egidio trois autres personnalités :
On a pensé aussi que le Président CHILUBA de la Zambie pourrait jouer un rôle.
A l'issu des échanges sur l'ACCORD de Lusaka et les délégués ont réfléchi sur les activités concrètes à mener dans les provinces auprès de communauté ainsi que vis a vis de tous les acteurs de la crise congolaises.
Fait à Kinshasa, le 9 octobre 1999
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