COMMUNIQUE DE PRESSE N°046/RDC/VSV/CD/99

 

MOBILISATION POUR LA LIBERATION DE MONSIEUR LAURENT KANTU LUMPUNGU

 

Appréhendé samedi 29 mai 1999 au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK, ex prison centrale de Makala), monsieur Laurent Kantu Lumpungu, président de l’Association des Cadres Pénitentiaires du Congo (ACPC) a été aussitôt acheminé au cachot de l’Inspection Provinciale de la Police de Kinshasa (IPK, ex Circo), commune de Lingwala avant d’être conduit à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR)/avenue Lemera (ex Trois Z) à Gombe lundi 07 juin 1999.

 

Détenu longtemps sans audition, le président de l’ACPC a fait l’objet le 26 août 1999, de la part d’une équipe d’agents de l’ANR, composée de monsieur Nzazi et monsieur Mondongo et d’un journaliste reporter de la radio télévision nationale du Congo (RTNC), d’un montage vidéo qui mettait en cause monsieur Laurent Kantu Lumpungu et ses documents qualifiés de « subversifs » trouvés dans sa mallette à son arrestation. Ce montage vidéo diffusé le même jour sur les antennes de la RTNC était intitulé « un trafiquant pas comme les autres ».

 

Le 27 août 1999, dans la matinée, monsieur Laurent Kantu Lumpungu a été transféré au parquet près la Cour d’Ordre Militaire (COM) à Kinshasa - Gombe où il a été auditionné par le magistrat Ndaka avant d’être acheminé le 28 août 1999 au CPRK où il occupe la cellule n° 5A au pavillon 7.

 

Après 148 jours de détention, des voix ne cessent de s’élever tant en république démocratique du Congo (RDC) qu’à travers le monde pour réclamer la mise en liberté du défenseur congolais des droits de l’homme.

C’est le cas, entre autres, de :

- La société civile congolaise qui revendique dans la publication ECHOS n°10 d’août-septembre 1999 la libération immédiate de monsieur Laurent Kantu Lumpungu en déclarant non fondée en droit l’accusation d’atteinte à la sûreté de l’Etat mise à sa charge.

 

- ONG des droits de l’homme qui se sont réunies au siège de la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) le 24 septembre 1999 en concertation urgente portant sur la stratégie d’actions pour la libération de monsieur Laurent Kantu Lumpungu.

 

 

 

 

 

 

 

- Amnistie Internationale qui a lancé le 03 septembre 1999 un appel urgent pour, notamment, une mise en liberté immédiate et inconditionnelle de monsieur Laurent Kantu en demandant aux membres de son réseau mondial et à toute bonne volonté éprise de justice et de paix d’adresser une lettre aux autorités congolaises, plus particulièrement au président Laurent Désiré Kabila, au ministre de la justice, monsieur Mwenze Kongolo, au ministre des droits humains, monsieur Léonard She Okitundu et aux missions diplomatiques de la RDC à travers le monde.

 

- L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture et des exécutions capitales (ACAT)/France, qui, dans son appel urgent n° 108 du 15 septembre 1999 en faveur du prisonnier d’opinion monsieur Laurent Kantu Lumpungu, détenu au secret et sans inculpation depuis le 29 mai 1999, demande aux membres de l’ACAT-France d’écrire à son Excellence Laurent Désiré Kabila et à l’ambassade de la RDC à Paris, France pour, entre autres, la libération immédiate de monsieur Laurent Kantu.

 

- Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en république démocratique du Congo (RDC, monsieur Roberto Garreton qui a soumis plusieurs fois le cas aux autorités congolaises grâce au dossier lui préparé par le Bureau sur terrain en RDC du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

 

- Centre d’information et de solidarité avec le Congo-Kinshasa (COSI)/Lyon, France qui, à travers une lettre du 06 juillet 1999 adressée au ministre des droits humains, monsieur Léonard She Okitundu avec copie pour information à monsieur Jean Mbuyu, conseiller à la présidence de la république et au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme (Genève, Kinshasa), demande que monsieur Laurent Kantu soit libéré.

 

- L’observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, programme conjoint de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH)/Paris et l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)/Genève, à vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme victimes de violations et à leur apporter une aide quotidienne aussi concrète que possible, qui a lancé un appel urgent pour plaider en faveur de l’élargissement de monsieur Laurent Kantu auprès de monsieur le président Laurent Désiré Kabila, monsieur Gaetan Kakudji (ministre de l’intérieur), monsieur Mwenze Kongolo (ministre de la justice) et aux ambassades de la RDC à travers le monde.

 

- Human Rights Watch/New York, Etats Unis qui, profitant de la visite en ses bureaux à New York du ministre congolais de la santé, monsieur Mashako demande, par une lettre, avec copie au ministre des droits humains monsieur She Okitundu, au conseiller à la présidence de la république, monsieur Jean Mbuyu, au Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme (Genève, Kinshasa) une réponse positive et immédiate à ses appels, particulièrement la mise en liberté de monsieur Laurent Kantu.

 

 

 

Fait à Kinshasa, le 24 octobre 1999

 

La Voix des Sans - Voix pour les Droits de l'Homme (VSV)