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La
dictature en marche
Alors que l'UDPS avait demandé par écrit,
comme l'exige la loi, l'autorisation de manifester publiquement
ce vendredi 10 mars en vue de réclamer des gestionnaires de la
transition son implication dans le processus électoral afin de
le crédibiliser et d'assainir de ce fait le climat politique
actuel, la dictature vient de donner la preuve de son
arrogance: la manifestation a été réprimée dans le sang par
l'armée et la police politique dès le départ: un sabotage contre
la fin de la transition.
Les manifestants ont été arrêtés par des
gaz lacrymogènes à hauteur du bâtiment de la Sozacom sur
l'itinéraire prévu qui débutait à la gare centrale en passant
par le boulevard du trente juin et devait les conduire à la
Monuc où un mémorandum du Parti devait être remis au Secrétaire
Général Adjoint des Nations Unies sur la situation politique du
moment.
Le droit de manifester est prévu par la
constitution de la 3ème République congolaise fraîchement
promulguée (18 février 2006) en ses articles 25 et 26, pour
autant que la manifestation soit pacifique : ce qu' a été le cas
de la manifestation de ce matin. La police, dans ce cas n'avait
que le devoir d'encadrer les manifestants, et non
d'interdire leur défilé le long du parcours préalablement
indiqué et pour lequel une demande écrite avait été légalement
adressée aux autorités compétentes dans les délais. Les
souteneurs internationaux du Pouvoir actuel qui se sont
félicités en accourant à Kinshasa pour fêter pompeusement
l'avènement de la "démocratie congolaise" devraient aujourd'hui
s'interroger sur la volonté réelle de leurs protégés de mettre
en place un état de droit démocratique. En effet, à quoi cela
sert-il de disposer d'instruments légaux pour l'encadrement de
la démocratie et dont on s'est tant targué si c'est pour les
fouler aux pieds à la première occasion? Ce " beau bébé",
qui vient à peine de sortir des fonts baptismaux, aurait dû
pourtant faire l'objet de soins les plus méticuleux afin de
démontrer aux yeux du monde qu'on en avait compris l'utilité.
Hélas, il faut déchanter, le peuple congolais continuera malgré
lui à subir la rengaine du non respect des prescrits, récurrente
depuis Sun City.
La répression sanglante dont viennent
d'être victimes les membres de l'UDPS est le prélude à ce qui
nous attend au bout du processus électoral actuel. Elle
démontre, pour la nième fois, que les tenants actuels du
pouvoir, dont les souteneurs vantent la volonté de
démocratisation, sont incapables de respecter l'esprit et la
lettre des règles qu'ils ont eux-mêmes édictées. On l'a vu
depuis Sun City, aucune règle n'est par eux respectée. Un loup,
même vêtu de la peau du plus doux agneau, demeure un loup.
Voilà pourquoi ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui seront
incapables d'instaurer l'a vraie démocratie au Congo. Pour
qu'elle le soit réellement, la participation de son "géniteur"
au Congo, l'UDPS, sera une impérieuse nécessité.
Ayons donc à l'esprit que les élections à
venir ne sont pas une fin en soi. Elles ne doivent être
considérées que comme l'aboutissement et le couronnement d'un
processus devant mener à l'apaisement et la concorde de toute la
nation congolaise vers une troisième République pacifique. Pour
ce faire, elles doivent se dérouler dans des conditions
équitables où chaque acteur politique retrouve son compte. Rien
ne sert de se précipiter dans un processus d'où résulteront
frustrations et contestations par manque de consensus préalable.
Les raisons aujourd'hui invoquées pour rejeter des arrangements
politiques salutaires, universellement admis à travers le monde,
risquent de paraître déraisonnable au lendemain des élections
précipitées convoquées aujourd'hui.
La manifestation de l'UDPS de ce jour
avait cet objectif de requérir l'obtention d'un consensus de la
classe politique en même temps que la conscientisation de la
communauté internationale sur le danger de la poursuite d'une
logique suicidaire dans laquelle on organise des élections sans
consensus sur base de raisons "futiles". Ces solutions
précipitées seront éphémères et nous mèneront à des lendemains
cauchemardesques. Il faut nous arrêter pour réfléchir.
Le Secrétaire Général, M. Rémy Masamba et
une centaine d'autres membres du Parti ont été victimes de la
répression policière, arrêtés et emmenés vers une destination
inconnue On dénombre de nombreux blessés parmi les manifestants.
Leur libération immédiate et sans condition est exigée.
La Rédaction |