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Communiqué de presse
Le monde entier a assisté pendant 3
jours à une bataille rangée entre les milices armées commises à la
protection de messieurs Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. Notre
parti, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), qui
avait prévenu de tels événements au vu de la préparation bâclée,
inique et hautement partisane du processus électoral actuel, est
fort indignée par ces événements peu honorables et déplore toutes
les morts inutiles survenues.
Les événements actuels ne sont que
la pointe de l‘iceberg d’une gigantesque débâcle d’un processus
électoral inique et vicié au départ pour n’avoir pas réalisé les
conditions minimales fixées il y a 3 ans au Dialogue Inter Congolais
(DIC) de Sun-City en Afrique du Sud, dont notamment : Un recensement
général de la population afin de déterminer la vraie carte
électorale du pays, la formation d’une armée nationale intégrée et
véritablement au service des institutions démocratiques à mettre en
place, et non une armée au service d’un seul des anciens chefs de
guerre, ainsi qu’un processus électoral juste, transparent et
inclusif de tous les Congolais en lieu et place d’une parodie
d’élection visant à couronner un vainqueur désigné à l’avance par
des parrains étrangers.
En favorisant globalement les chefs
de guerre dans la formule gouvernementale inédite du « 1+4 », plus
particulièrement Kabila, et en excluant, malicieusement le symbole
même de l’opposition politique qu’était l’UDPS et son président
national, M. Etienne Tshisekedi, de la gestion de la transition
ainsi que du processus électoral, le Comité International
d’Accompagnement de la Transition a réussi pendant 3 ans à créer
un environnement politique favorable pour son influence et ses
interventions de type néo-coloniale. Le gouvernement de transition
constitué essentiellement d’anciens belligérants, autrefois armés
par des acteurs extérieurs et portés à suivre les injonctions de
leurs maîtres externes, était ainsi un terrain propice pour la mise
sur pied d’une organisation électorale partisane. Ces mêmes anciens
belligérants ont nommé le parlement, la territoriale et la cour
suprême de justice, et sont restés, chacun, à la tête de sa
fraction armée. Deux de ces fractions armées s’affrontent
aujourd’hui. Ainsi donc, ce sont là des institutions publiques
cruciales pour le déroulement de la transition et du processus
électoral qui sont constituées des partisans politiques au lieu
d’être neutres. Le moment de vote venu, ce n’est pas de ces organes
et institutions qu’il fallait attendre la transparence. Au
contraire, nous récoltons les affrontements meurtriers actuels. Très
ironiquement, c’est maintenant, après les crépitements des armes,
que les parrains du processus préconisent la concertation et la
négociation.
L’UDPS invite la Communauté
Internationale à prendre toutes ses responsabilités pour reconnaître
ses erreurs dans le pilotage du processus électoral au Congo. En
effet, après l’échec patent dans la réalisation des objectifs de la
transition, celle-ci (la communauté internationale) a pris l’option
douteuse d’organiser dans la précipitation, pour 450.000.000 US$,
des élections à tout prix, en refusant, de manière ostentatoire de
tenir compte de l’expertise de l’UDPS, de baliser l’avenir par un
consensus préalable entre tous les acteurs politiques congolais qui
était pourtant la seule voie raisonnable d’aboutir à une
réconciliation nationale et d’assurer la concorde et la sérénité.
Aujourd’hui, le peuple congolais récolte le deuil et se retrouve au
point de départ du face à face meurtrier des 2 dernières guerres,
alourdi du remboursement inutile d’un demi-millard US$ dont les
bénéficiaires sont des fournisseurs étrangers d’équipements divers
et autres bulletins de votes. L’UDPS est en effet convaincue que si
un premier tour d’élections n’impliquant que d’anciens belligérants
débouche sur des affrontements du genre que l’on a vus ces derniers
jours, a fortiori un deuxième tour au cours duquel il y aura
forcément un vaincu pourrait carrément déboucher sur un vaste
carnage.
Enfin, l'UDPS estime que tout
véritable processus électoral devrait augurer d’une ère de
participation publique, mettant fin à la prépondérance excessive
accordée aux anciens belligérants aussi bien en politique que dans
la gestion générale du pays. Elle donnera au moment opportun, par
le biais de sa direction politique, son appréciation globale de
l’état actuel du pays ainsi que des voies de sortie de la crise.
Ainsi fait à Melrud, Ottawa, Paris,
Londres, et Bruxelles ce 25 août, 2006 :
Franklin Kanyinda, Représentant
UDPS/Suède
Marc Kapend, Représentant
UDPS/Canada
Dr René Mwania Kibanza, Représentant
UDPS/France
Phillipe Mandangi, Représentant
UDPS/Grande-Bretagne
Dr François Mpuila, Représentant
UDPS/Belgique et Luxembourg
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